Séance du 6 novembre 2025 /// n°34 /// 647 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Session ordinaire 2025 -2026

Séance du 6 novembre 2025 — 34e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Nadège Abomangoli.

647prises de parole
78orateurs
10points à l'ordre du jour
23scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
3436 l'amendement n° 156 de M. Raux et l'amendement identique suivant après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (p… 13 / 49 rejeté
3437 l'amendement n° 112 de M. Terlier après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 37 / 70 rejeté
3438 l'amendement n° 246 de M. Monnet après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 73 / 116 rejeté
3439 l'amendement n° 1709 de Mme Hamdane après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 63 / 129 rejeté
3440 l'amendement n° 229 de M. Davi après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 75 / 132 rejeté
3441 l'amendement n° 833 de M. Clouet après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 34 / 128 rejeté
3442 l'amendement n° 234 de Mme Sandrine Rousseau après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 64 / 124 rejeté
3443 l'amendement n° 839 (rect.) de Mme Amiot après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 65 / 122 rejeté
3444 l'amendement n° 165 de M. Monnet et l'amendement identique suivant après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 … 67 / 126 rejeté
3445 l'amendement n° 844 de Mme Amiot après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 61 / 138 rejeté
3446 l'amendement n° 173 de M. Guedj et l'amendement identique suivant après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (… 64 / 135 rejeté
3447 l'amendement n° 174 de M. Guedj après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 66 / 133 rejeté
3448 l'amendement n° 180 de Mme Gruet et l'amendement identique suivant après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 … 125 / 79 adopté
3449 l'amendement n° 179 de mme Runel et l'amendement identique suivant après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 … 67 / 132 rejeté
3450 l'amendement n° 846 de Mme Leboucher après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 60 / 137 rejeté
3451 l'amendement n° 848 de Mme Amiot après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 68 / 158 rejeté
3452 l'amendement n° 849 de M. Maudet après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 64 / 161 rejeté
3453 l'amendement n° 111 de M. Sitzenstuhl après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 117 / 113 adopté
3454 l'amendement n° 840 de Mme Amiot après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 78 / 174 rejeté
3455 l'amendement n° 841 de M. Maudet après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 79 / 187 rejeté
3456 l'amendement n° 1569 (rect.) de M. Maudet après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 72 / 187 rejeté
3457 l'amendement de suppression n° 21 de Mme Sylvie Bonnet et les amendements identiques suivants à l'article 8 du projet de loi de financement de la sécu… 101 / 182 rejeté
3458 l'amendement n° 183 de M. Guedj à l'article 8 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 152 / 111 adopté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 647 — page 1 / 4.

Nadège Abomangoli president · LFI #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à neuf heures.)

Cessation de mandat de plusieurs députés et reprise de mandat de plusieurs députés

J’informe l’Assemblée que la présidente a pris acte, en application de l’article L.O. 176 du code électoral, de la cessation, le 5 novembre 2025 à minuit, du mandat de député de Mmes Emmanuelle Hoffman, Sylvie Dezarnaud, Marie-Ange Rousselot, de MM. Xavier Lacombe, Thierry Liger, Salvatore Castiglione et de la reprise de l’exercice du mandat de Mmes Astrid Panosyan-Bouvet, Véronique Louwagie, Valérie Létard, de MM. Yannick Neuder, Laurent Marcangeli, Marc Ferracci, dont les fonctions gouvernementales ont pris fin le 5 octobre 2025.

Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026

Nadège Abomangoli president · LFI #9

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (nos 1907 et 1999, 2057, 2049).

Deuxième partie (suite)

Nadège Abomangoli president · LFI #11

Hier soir, l’Assemblée a poursuivi la discussion des articles de la deuxième partie du projet de loi, s’arrêtant aux amendements no 156 et identique portant article additionnel après l’article 7.

Après l’article 7 (suite)

Nadège Abomangoli president · LFI #13

Je suis saisie de trois amendements, nos 156, 437 et 1431, pouvant être soumis à une discussion commune.Sur les amendements identiques nos 156 et 437, je suis saisie par le groupe de la Gauche démocrate et républicaine d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Jean-Claude Raux, pour soutenir l’amendement no 156.

article Après_ 7 · amendement 156

Sept ans après la recommandation de la Cour des comptes – sept ans de réflexion qui auraient dû suffire pour la réforme à laquelle vous dites travailler, madame la ministre –, la taxe sur les salaires continue de constituer une charge importante dans le budget des centres de santé, des établissements publics de santé et des établissements sociaux et médico-sociaux. De par la structure de la rémunération du personnel de santé, ces établissements se trouvent largement assujettis au taux majoré de cette taxe. Alors qu’ils font face à un enjeu de recrutement, la taxe sur les salaires vient grever leur capacité à proposer des rémunérations attractives ou à fidéliser le personnel.Les centres de santé pluriprofessionnels sont des acteurs essentiels de la lutte contre la désertification médicale et pour l’accès aux soins. Ils accueillent tous les publics, particulièrement les plus vulnérables […]

article Après_ 7 · amendement 156
Nadège Abomangoli president · LFI #16

La parole est à M. Yannick Monnet, pour soutenir l’amendement no 437. Je vous rappelle que le temps de parole est désormais limité à une minute.

article Après_ 7 · amendement 437

Je défendrai cet amendement et le suivant en moins d’une minute, puisque Jean-Claude Raux a très bien exposé leur objet. Je rappelle que l’amendement no 437 a été modifié à la suite du débat que nous avons eu en commission, avec l’appui du rapporteur.

article Après_ 7 · amendement 437
Nadège Abomangoli president · LFI #18

Votre amendement no 1431 est donc défendu.La parole est à M. Thibault Bazin, rapporteur général de la commission des affaires sociales, pour donner l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune.

article Après_ 7 · amendement 437
Thibault Bazin rapporteur général de la commission des affaires sociales · DR #20

Monsieur Raux, monsieur Monnet, vous avez raison. Vous aviez présenté en commission des amendements proches mais incompatibles – l’un visait les hôpitaux et les établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESMS), mais pas les centres de santé, et l’autre visait les hôpitaux et les centres de santé, mais pas les ESMS. Dans une approche constructive et parce que nous savons tous que bien des établissements sont en difficulté – cela a été évoqué hier –, j’avais déposé un sous-amendement fusionnant vos deux propositions.Mais je vous dois un mea culpa : après une analyse plus poussée, dans les délais contraints que nous connaissons, il apparaît que la perte de recettes pour la sécurité sociale serait de 1 à 2 milliards d’euros – voire de 5 milliards selon certaines hypothèses. Près de 40 % du produit de la taxe sur les salaires vient de ces structures et, je l’ai souligné hier […]

La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, pour donner l’avis du gouvernement.

Stéphanie Rist ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées · EPR #24

Nous avons débattu hier de la taxe sur les salaires. Amélie de Montchalin a expliqué pourquoi il faudrait la réformer, tout en indiquant que cela ne pouvait se faire par le biais d’un amendement compte tenu des effets de bord très importants.Ces amendements visent à instaurer des incitations à destination des centres de santé non lucratifs. Je voudrais redire l’intérêt des labellisations France santé, qui incluront des centres de santé non lucratifs ; ces derniers pourront ainsi bénéficier d’une incitation financière. Je rappelle que ce projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) prévoit un financement de plus de 130 millions d’euros pour les labellisations France santé – je pourrai mieux vous l’exposer si nous examinons la troisième partie.Avis défavorable.

La parole est à M. Hendrik Davi.

Je soutiens l’amendement de Jean-Claude Raux, d’abord parce qu’il est très important de développer partout sur le territoire des centres de santé publics et non lucratifs. Ces centres répondent à une demande des jeunes médecins, qui préfèrent s’orienter vers un exercice collectif de la médecine – très peu s’installent en libéral –, afin de pouvoir être remplacés en cas d’absence et de pouvoir dialoguer avec d’autres membres du personnel soignant – des infirmiers, des infirmières et des collègues exerçant une autre spécialité. Ils permettent également de remédier réellement au problème des déserts médicaux, dans les zones rurales mais aussi dans les quartiers populaires.À Marseille, une très belle expérimentation a été lancée, que je vous invite à aller voir, madame la ministre, le Château en santé. De son côté, l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) a implanté de nombreux […]

La parole est à M. Michel Lauzzana.

Attention au tout public en matière de santé. Selon les chiffres de la sécurité sociale, pour remplacer un médecin qui part à la retraite, il faut 2,3 médecins – les plus jeunes veulent se limiter aux 35 heures et ne pas faire trop de gardes. Dans ces conditions, le tout public pose quelques problèmes s’agissant des centres de santé. Il est vrai que le modèle des centres de santé privés n’est pas suffisamment solide pour le moment – ce qui les met souvent en difficulté –, mais nous avons besoin d’une complémentarité.

Nadège Abomangoli president · LFI #33

Je mets aux voix les amendements identiques nos 156 et 437.

#34

(Il est procédé au scrutin.)

Nadège Abomangoli president · LFI #35

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 71 Nombre de suffrages exprimés 62 Majorité absolue 32 Pour l’adoption 13 Contre 49

#36

(Les amendements identiques nos 156 et 437 ne sont pas adoptés.)

#37

(L’amendement no 1431 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Nadège Abomangoli president · LFI #38

Je suis saisie de plusieurs amendements, nos 112, 663, 1068, 1257, 1935, 658, 1258 et 1939, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 663, 1068, 1257 et 1935, sont identiques, de même que les amendements nos 658, 1258 et 1939. La parole est à M. Jean Terlier, pour soutenir l’amendement no 112.

article Après_ 7 · amendement 112

J’en profiterai pour défendre également les amendements nos 663 et 658. Madame la ministre, votre parole hier soir a été clairement entendue ; il est important que vous vous soyez engagée à retravailler sur la taxe sur les salaires. Il serait tout aussi important aujourd’hui d’envoyer des signaux aux structures de l’économie sociale et solidaire (ESS).Ces amendements ne tendent pas à supprimer la taxe sur les salaires, ni même à en réduire le taux ; ils visent à permettre que, pour ces structures, qui manquent parfois d’attractivité pour recruter, la rémunération au titre de l’intéressement soit moins taxée.Les amendements nos 663 et 658 sont des amendements de repli, que j’ai déposés sur le conseil de M. le rapporteur général, que je remercie. Alors que l’amendement no 112 englobe toutes les structures de l’EES, les amendements de repli visent respectivement les associations employant […]

article Après_ 7 · amendement 112
Nadège Abomangoli president · LFI #42

L’amenement no 663 a donc été défendu.La parole est à Mme Marie-Agnès Poussier-Winsback, pour soutenir l’amendement identique no 1068.

article Après_ 7 · amendement 112

Madame la ministre, j’ai entendu également vos propos hier soir. Je voudrais insister sur le fait que l’ESS emploie 25 % des salariés en milieu rural. J’aime à le répéter : nombre de crèches et d’Ehpad relèvent de ce secteur – il n’y a pas d’Ehpad privés lucratifs en milieu rural. Sans de telles structures, nous n’aurons plus de services au public.

article Après_ 7 · amendement 112
Nadège Abomangoli president · LFI #45

La parole est à M. Jean-Victor Castor, pour soutenir l’amendement no 1257.

article Après_ 7 · amendement 1257

Il s’inscrit dans le prolongement de la loi du 29 novembre 2023 relative au partage de la valeur au sein de l’entreprise. Le PLFSS pour 2026 poursuit la logique d’incitation à l’emploi et à la fidélisation des salariés. Aujourd’hui, ce dispositif de partage collectif du résultat ou de la performance est réservé de fait aux entreprises à but lucratif. Les associations, fondations et autres structures de l’économie sociale et solidaire, qui ne sont pas soumises à l’impôt sur les sociétés (IS), ne bénéficient d’aucune incitation équivalente.Pourtant, ces structures représentent près de 10 % de l’emploi en France ; cette part est encore plus importante dans les territoires dits d’outre-mer, régis par l’article 73 de la Constitution. En Guyane, elles constituent un pilier de l’emploi local. Elles assurent la gestion de crèches, de structures médico-sociales, de dispositifs d’insertion et de […]

article Après_ 7 · amendement 1257
Nadège Abomangoli president · LFI #48

La parole est à M. David Taupiac, pour soutenir l’amendement no 1935.

article Après_ 7 · amendement 1935

J’en profiterai pour défendre aussi l’amendement no 1939. Les structures de l’ESS ont besoin de proposer de l’intéressement pour leurs salariés. Dans certains territoires comme les quartiers de la politique de la ville ou les milieux ruraux, l’ESS représente une part importante de l’économie, du fait de l’absence d’entreprises et de modèle économique dans certains secteurs d’activité.Pour soutenir l’attractivité du secteur de l’ESS, il est important d’instaurer un régime fiscal des accords d’intéressement plus favorable aux associations. L’amendement no 1935 concerne les associations employant moins de 250 salariés ; le no 1939, qui est un amendement de repli, cible les associations employant moins de 50 salariés.

article Après_ 7 · amendement 1935
Nadège Abomangoli president · LFI #51

L’amendement no 658 de M. Jean Terlier a été défendu, ainsi que les amendements identiques no 1258 et no 1939.Quel est l’avis de la commission ?

article Après_ 7 · amendement 1935
Thibault Bazin rapporteur général · DR #53

Je précise que comme le texte a été rejeté en commission, d’un point de vue juridique, il n’y a aucun avis favorable de la commission sur les amendements. Je m’exprime donc toujours à titre personnel.

On a voté, quand même !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #55

Cela dit, seul l’amendement no 112 a été présenté en commission. Il a d’ailleurs été retiré après que j’ai indiqué que son champ était très large – remarque dont M. Terlier a tenu compte en proposant des amendements de repli, ce dont je le remercie.Mme la ministre de l’action et des comptes publics a évoqué la nécessité de réformer la taxe sur les salaires. À mon sens, les enjeux spécifiques à l’outre-mer, soulevés par M. Castor, devront être intégrés à cette réflexion. Madame la ministre, pourriez-vous rassurer notre collègue à ce sujet ? J’essaie pour ma part de m’y montrer le plus attentif possible – la situation des outre-mer sera certainement évoquée de nouveau dans la matinée.Sur le fond, l’amendement no 1257 prévoit non pas une exonération mais une admission en déduction des primes d’intéressement versées par les organismes que vous avez mentionnés. Je trouve l’idée intéressante […]

La parole est à Mme la ministre de l’action et des comptes publics, pour donner l’avis du gouvernement.

Amélie de Montchalin ministre de l’action et des comptes publics · LaREM #61

Comme je l’ai dit hier soir, la taxe sur les salaires, avec des taux, des assiettes, des périmètres et des déductions différents, est une belle usine à gaz, qui a des effets assez négatifs. Mais la moitié de ses recettes, de près de 18 milliards, est affectée à la branche vieillesse et on on ne saurait priver brutalement cette dernière de plus de 9 milliards de ressources.Mon avis sera défavorable sur tous les amendements concernant la taxe sur les salaires, mais je ne suis pas du tout défavorable à une réforme d’ampleur de la taxe. Elle pourra aborder les spécificités des outre-mer, qui ne sont pas concernés par les enjeux de TVA, mais aussi la situation des organismes non lucratifs – associations et établissements de santé – et même de certaines administrations publiques.Cette taxe, très coûteuse, crée des incitations paradoxales en termes de ressources humaines. Elle encourage le […]

La parole est à M. Jérôme Guedj.

Tous ces amendements, qu’ils portent sur l’économie sociale et solidaire, les centres de santé, les structures médico-sociales ou le tissu associatif, utiliser le levier de l’exonération et de la déduction et poursuivre ainsi le mitage de l’assiette est problématique à un moment où nous avons besoin de recettes pour la sécurité sociale. Une réflexion globale sur la taxe sur les salaires, comme le propose Mme la ministre, me semble préférable.Je prends l’exemple des Ehpad, qui intéresse particulièrement Stéphanie Rist : la différence des coûts sociaux et fiscaux entre un Ehpad public, un Ehpad associatif et un Ehpad commercial est de l’ordre de 20 % à 25 %.

C’est vrai !

Dans ce secteur, les métiers sont en tension et les opérateurs publics nous disent qu’ils n’y arrivent pas. Pour la même activité – Ehpad ou services à domicile, par exemple –, il faudra, à l’occasion de la remise à plat de la taxe, regarder dans leur globalité les cotisations et la fiscalité qui s’appliquent aux opérateurs publics et aux associations qui réalisent des missions d’intérêt général. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)

La parole est à M. Jean Terlier.

Il est savoureux d’intervenir après M. Guedj pour soutenir une exonération de taxe… Madame la ministre, je suis très sensible à l’un de vos arguments : on ne va pas priver la branche vieillesse de 9 à 10 milliards de recettes ! Toutefois, mes amendements concernent l’intéressement, très peu pratiqué par les structures de l’EES, justement parce que la taxe sur les salaires n’y incite pas. Ils n’auraient donc aucun impact sur ces ressources, mais permettraient à ces structures de fidéliser leurs salariés et de rendre leurs métiers plus attractifs. (Mme Marie-Agnès Poussier-Winsback applaudit.)

Tout cela est trop à gauche pour nous ! (Sourires.)

La parole est à M. Jean-Victor Castor.

Dans nos territoires, ces structures sont en train de s’effondrer. Il y a donc urgence. Je veux bien qu’on ouvre un chantier, mais cela fait huit ans que les macronistes sont au pouvoir et il semble qu’ouvrir un chantier soit la solution à tous les problèmes. Quand y aura-t-il un résultat ? En Guyane, toutes ces associations, notamment celles qui gèrent les crèches, sont en train de fermer. On ne peut pas attendre que tout soit remis à plat pour faire quelque chose !

La parole est à Mme la ministre.

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #77

J’entends l’alerte que vous lancez. Il faudra faire le point avec le préfet, le directeur de la CAF – caisse des allocations familiales – et le directeur de l’ARS – agence régionale de santé – pour coordonner les différents fonds de subvention concernés. La branche famille distribue des subventions aux structures d’accueil de la petite enfance et les ARS gèrent différents fonds de soutien, comme le FIR – fonds d’intervention régionale. Ces leviers peuvent être actionnés pour répondre à l’urgence que vous décrivez, qui commande que nous agissions vite.Les effets financiers des amendements seraient marginaux par rapport aux problèmes que vous décrivez. Une approche d’ensemble est donc préférable car elle permettra de prendre en compte tous les enjeux liés à la progression salariale et, de façon globale, l’équation financière de l’économie sociale et solidaire et de tout le secteur social. […]

Nadège Abomangoli president · LFI #80

Je mets aux voix l’amendement no 112.

#81

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Nadège Abomangoli president · LFI #82

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 124 Nombre de suffrages exprimés 107 Majorité absolue 54 Pour l’adoption 37 Contre 70

#83

(L’amendement no 112 n’est pas adopté.)

#84

(Les amendements identiques nos 663, 1068, 1257 et 1935 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
#85

(Les amendements identiques nos 658, 1258 et 1939 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Nadège Abomangoli president · LFI #86

Je suis saisie de deux amendements, nos 291 et 797, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à M. Bertrand Bouyx, pour soutenir l’amendement no 291.

article Après_ 7 · amendement 291

Il vise à lutter contre le phénomène de la financiarisation, qui est à l’œuvre dans de nombreuses professions de santé, particulièrement dans le secteur de la pharmacie d’officine. Comme d’autres professions libérales, ce secteur doit faire face à un phénomène de captation de l’outil de travail par des fonds d’investissement. L’amendement propose que les pharmaciens s’engageant dans des réseaux coopératifs bénéficient d’exonérations.J’invite tous ceux qui veulent protéger l’indépendance des officines et l’exercice libéral de la pharmacie à voter pour cet amendement.

Nadège Abomangoli president · LFI #89

La parole est à M. Cyrille Isaac-Sibille, pour soutenir l’amendement no 797.

article Après_ 7 · amendement 797

J’irai dans le même sens que mon collègue. Les différents maillons de la chaîne de la pharmacie – fabricants, distributeurs et réseaux de pharmaciens – sont régulés, mais les groupements – qui rendent des services très importants aux pharmaciens – ne le sont pas. Ces groupements peuvent prendre la forme vertueuse d’une coopérative ou celle d’une société. Dans ce dernier cas, ils sont généralement détenus par des fonds de pension, qui prélèvent une part importante – de l’ordre de plusieurs centaines de millions d’euros – de la valeur créée par la filière du médicament. Pour lutter contre cette financiarisation, il faut privilégier le mode coopératif.

article Après_ 7 · amendement 797

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #92

Je précise que l’amendement n° 291 n’a pas été examiné par la commission. Monsieur Bouyx, je connais votre attachement aux officines de proximité et je comprends votre volonté de soutenir le réseau des officines et d’inciter les pharmaciens à recourir à la forme coopérative. Je vous rejoins également pour dénoncer les dérives de la financiarisation, qui crée des risques réels, notamment par le biais d’emprunts dont les clauses peuvent être problématiques.Toutefois, la disposition que vous proposez relève davantage du projet de loi de finances – vous le reconnaissez d’ailleurs vous-même dans votre exposé sommaire –, car elle touche aussi bien la fiscalité d’État que celle affectée à la sécurité sociale. Votre amendement prévoit une exonération complète de prélèvements dont le taux cumulé est de 17,2 % : 9,2 % de CSG – contribution sociale généralisée –, 0,5 % de CRDS – contribution pour […]

Quel est l’avis du gouvernement ?

Stéphanie Rist ministre · EPR #97

Ces amendements prévoient effectivement des exonérations trop larges. Je rejoins le rapporteur général sur la nécessité de lutter contre la financiarisation. Encore faut-il prendre soin de bien la définir, afin de ne pas y inclure des secteurs qui n’en relèvent pas. Vous avez entamé un travail en ce sens et nous sommes à vos côtés pour le poursuivre. J’espère que nous pourrons examiner des amendements qui se rapportent à cette question dans la troisième partie du PLFSS.Je rappelle aussi qu’un travail a été lancé avec les pharmaciens pour revoir toute la chaîne de valeur et le modèle économique des pharmacies d’officine. Avis défavorable.

La parole est à M. le président de la commission des affaires sociales.

Frédéric Valletoux président de la commission des affaires sociales · HOR #100

Je veux à mon tour souligner l’intérêt de ces amendements. Le dispositif proposé n’est sans doute pas totalement ajusté, mais il répond à deux préoccupations qui s’expriment très souvent dans notre commission : l’avenir du modèle économique des officines et la financiarisation du système de santé. Sur la première, le travail évoqué par Stéphanie Rist est important. Sur la seconde, nous disposons désormais d’un rapport de l’Igas – Inspection générale des affaires sociales – et de l’IGF – Inspection générale des finances.J’invite le gouvernement à s’emparer des propositions contenues dans ce rapport et à engager, avec la représentation nationale, une réflexion sur le sujet rampant de la financiarisation – un phénomène qui transforme rapidement les modèles économiques et l’offre de soins et qui bouscule et inquiète les pharmaciens. Il me semble très important que cette question soit à […]

La parole est à M. Cyrille Isaac-Sibille.

Je comprends vos arguments. Néanmoins, on parle de la financiarisation depuis des années, notamment dans plusieurs rapports du Sénat et de l’Igas, mais on ne fait pas grand-chose. Certes, nous avons adopté un texte sur les centres de santé, mais cela remonte à combien d’années ?Deux types de groupements existent : il faut faire la différence entre le bon grain et l’ivraie. Ce PLFSS est l’occasion de favoriser les groupements coopératifs pour les rendre plus compétitifs que les groupements financiers.

La parole est à Mme Joëlle Mélin.

Nous soutiendrons ces amendements, même si nous sommes conscients que l’étude d’impact est imparfaite et mériterait d’être approfondie : en particulier, il conviendrait de définir de quelle financiarisation nous parlons.Ce qui est parfaitement clair, en revanche – le rapport de l’Igas et de l’IGF publié en juin sont éclairants –, c’est qu’il sera très difficile de sortir de cette financiarisation, surtout dans les domaines où sa logique est déjà bien implantée, à savoir dans toutes les cliniques privées et de nombreuses pharmacies, dans tous les laboratoires d’analyses et certains services publics.En effet, les investissements ont été réalisés grâce à l’emprunt, et jamais sur fonds propres : le moindre faux pas nous met donc en grand danger. C’est pourquoi il est temps de reprendre la main et de mettre un terme à l’ambiguïté qui fait des officines à la fois des délégations de service […]

La parole est à M. Bertrand Bouyx.

J’ai bien entendu les arguments selon lesquels les exonérations que je propose sont trop élevées, mais il était important à mes yeux de vous alerter sur la nécessité d’avancer dans ce domaine. S’agissant par exemple des professions vétérinaires, le Conseil d’État a déjà prononcé l’interdiction d’ouverture de certaines cliniques.L’administration de l’État a tardé à se saisir de la question de la financiarisation, qui concerne désormais aussi la pharmacie d’officine. Il est donc urgent de légiférer sur ce sujet. Je me tiens à la disposition de mesdames les ministres et du rapporteur général pour y travailler. J’accepte de retirer mon amendement, mais soyons responsables : si nous voulons une santé indépendante, il nous faut des professionnels indépendants.

#112

(L’amendement no 291 est retiré.)

#113

(L’amendement no 797 est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Nadège Abomangoli president · LFI #114

Je suis saisie de trois amendements, nos 246, 171 et 172, pouvant être soumis à une discussion commune.Sur l’amendement no 246, je suis saisie par les groupes La France insoumise-Nouveau Front populaire et de la Gauche démocrate et républicaine d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Yannick Monnet, pour le défendre.

article Après_ 7 · amendement 246

Une simple boutade : pendant que certains dépensent, il faut bien engranger quelques recettes supplémentaires. (Sourires.) C’est pourquoi cet amendement vise à dégager une recette substantielle.Les quarante plus grandes entreprises françaises, quels que soient leurs résultats, ont distribué 98 milliards de dividendes à leurs actionnaires. Nous ne proposons pas de taxer les PME ni les petits artisans, mais d’instaurer une taxe de 2 % sur les dividendes versés aux actionnaires : à l’image de la journée de solidarité instaurée pour les salariés, ce serait une forme de journée de solidarité pour les dividendes.

article Après_ 7 · amendement 246

Vous l’avez déjà créée hier soir !

Pour ceux qui douteraient du bien-fondé de cette taxe, rappelons qu’elle s’apparente à une forme de cotisation. En effet, c’est la richesse produite par les salariés qui permet de distribuer des dividendes : leur taxation est donc pleinement légitime, notamment pour financer la branche autonomie, principalement alimentée aujourd’hui par la CSG, qui pèse sur les salaires. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.)

article Après_ 7 · amendement 246

Évidemment !

Pour créer des richesses, il faut du travail et du capital !

Nadège Abomangoli president · LFI #121

La parole est à M. Arnaud Simion, pour soutenir les amendements nos 171 et 172, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

article Après_ 7 · amendement 171 et 172

Nous constatons tous l’évolution démographique et nous savons que la création de la branche autonomie n’a pas donné lieu à un financement pérenne. Les difficultés de cette cinquième branche sont triples : la revalorisation indispensable des métiers du grand âge ; le sous-financement chronique des Ehpad et des services d’aide et d’accompagnement à domicile (Saad) ; enfin, la forte pression financière exercée sur les départements.C’est pourquoi nous proposons une contribution de 1 %, assise sur les revenus des capitaux mobiliers – les revenus du capital en ce qui concerne l’amendement no 171, les dividendes distribués s’agissant de l’amendement no 172.

article Après_ 7 · amendement 171 et 172

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #125

Ces amendements ont été rejetés par la commission. Monsieur Monnet, le montant de 2,4 milliards que mentionne votre exposé sommaire serait le bon, si la taxe que vous proposez ne s’appliquait qu’aux entreprises du CAC40. Mais la rédaction de votre amendement vise tous les dividendes, donc toutes les entreprises. Votre mesure rapporterait ainsi 6,01 milliards.Or, quand on taxe tous les dividendes, on touche aussi des artisans qui ne se versent pas de salaire mais se versent le bénéfice, quand ils ne l’affectent pas à la réserve de l’entreprise : c’est en effet une modalité qu’ils peuvent utiliser pour se rémunérer. Prenons-y garde : les dividendes ne concernent pas seulement les personnes qui vivent selon les préceptes de Mme Rousseau – l’éloge de la paresse –,…

Vous devriez y réfléchir, monsieur le rapporteur général ! (Sourires.)

Thibault Bazin rapporteur général · DR #128

…mais ils bénéficient parfois aux actifs qui travaillent tous les jours de l’année, parfois très durement, et qui n’ont pas le statut de salarié. Je préfère appeler votre attention sur ce point : votre amendement va aussi les toucher.Avis défavorable.

Mais cotisent-ils ?

Quel est l’avis du gouvernement ?

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #132

Sans malice de ma part, l’augmentation de la CSG sur les revenus du patrimoine votée hier soir satisfait en grande partie votre amendement. En effet, elle alourdit la fiscalité sur les dividendes : 1,4 point de CSG supplémentaire sur les revenus du patrimoine représente environ 500 millions de recettes additionnelles sur les dividendes distribués en France.

C’est bien de le reconnaître !

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #134

Vous nous dites qu’on peut toujours aller plus loin.

Ils ne s’arrêteront jamais !

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #136

Pour ma part, je considère que l’amendement adopté hier a déjà introduit une hausse de fiscalité amplement suffisante sur les revenus du patrimoine et les dividendes.En outre, les fameux actionnaires dont vous parlez, ce sont tous les Français : 35 % des 2 000 milliards d’assurance vie – le produit d’épargne le plus distribué en France – sont constitués d’actions ; 35 % du rendement du petit pécule que les Français ont mis de côté dans leur assurance vie, pour eux, pour leur retraite ou parfois pour leurs enfants, est donc constitué de dividendes.Dans notre pays, la masse des dividendes est donc distribuée, soit à des chefs d’entreprise de très petites, petites et moyennes entreprises (TPE-PME) qui se versent des dividendes plutôt que des salaires, soit à des épargnants. Si l’on envisage la question sous cet angle, le constat diffère un peu du vôtre. Enfin, je le répète : l’amendement […]

La parole est à M. Charles Sitzenstuhl.

Monsieur Monnet, vous ne pouvez pas affirmer que les dividendes ne sont pas taxés : vous oubliez le prélèvement forfaitaire unique (PFU). Les dividendes sont déjà imposés au titre de l’impôt sur le revenu et de la CSG. Ne laissez donc pas accroire le contraire : des Français nous écoutent et pourraient prendre au pied de la lettre vos propos, déjà entendus lors de l’examen de la première partie du projet de loi de finances. Je le répète : les dividendes sont déjà taxés.

Moins que le travail !

Enfin – la ministre m’a ôté les mots de la bouche –, notre assemblée a déjà voté hier soir une hausse de la fiscalité sur les dividendes : votre amendement est satisfait.

La parole est à M. Yannick Monnet.

Mesurez-vous vraiment l’état du secteur de la santé et les ressources que nous devons mobiliser ? Je ne le crois pas. Vous ne mesurez pas que nos hôpitaux et nos Ehpad sont à genoux et que six Français sur dix renoncent à se soigner. Ce n’est pas pour le plaisir que je propose de taxer les dividendes.Monsieur le rapporteur général, si vous étiez sincèrement convaincu de la nécessité de taxer les entreprises du CAC40, et s’il ne s’agissait que d’un problème d’écriture légistique, vous auriez pu déposer un sous-amendement.

Exactement !

Prendre 2 % des 98 milliards versés ne me paraît pas scandaleux – à vous, peut-être. Cela me semble nécessaire, parce que les besoins de santé sont immenses et ne sont pas satisfaits.

Excellent !

Je vais donner la parole à un orateur par groupe, pour ceux dont aucun membre ne s’est encore exprimé. La parole est à Mme Cyrielle Chatelain.

Je veux aller dans le sens de mes collègues qui soutiennent ces amendements. Les besoins de financement de notre système de santé sont colossaux : où aller chercher l’argent ? Vous l’avez rappelé, madame la ministre, de nombreux Français sont actionnaires – en réalité, environ 10 % d’entre eux perçoivent des dividendes, c’est-à-dire ceux qui détiennent des parts dans certaines entreprises.Vous évoquiez l’assurance vie, je parle des Français qui détiennent des parts de sociétés, des actions. En moyenne, ces Français actionnaires perçoivent environ 100 euros par an. Qui bénéficie réellement de la majeure partie des dividendes ? Près de 94 % d’entre eux sont captés par les très gros actionnaires, ceux qui possèdent des parts importantes et qui étaient visés par la taxe Zucman – des personnes détenant de 40 % à 55 % des très grandes entreprises.Derrière cette image du petit actionnaire, il […]

La parole est à M. Fabien Di Filippo.

Madame la ministre, vous touchez du doigt les conséquences de l’adoption, hier soir, de l’amendement visant à augmenter la CSG. En cédant au chantage de la gauche, vous lui avez donné la légitimité qui lui permet d’affirmer qu’« il faut prendre l’argent là où il est ».

Ça va pas, ou quoi ?

M. Monnet, s’inspirant sans doute du premier chapitre du Petit livre rouge, nous explique qu’il veut juste récupérer l’argent du travail et le redistribuer aux salariés. Non ! Pour produire de la richesse, il faut du travail mais il faut aussi du capital ! (Vives exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.)

Mes chers collègues, laissez terminer l’orateur, s’il vous plaît !

La vérité les dérange, madame la présidente, il faut les comprendre. Ils étaient entre eux, bien tranquilles et heureux, à philosopher sur leur dogme communiste. (Mêmes mouvements.)

C’est votre bilan qui oblige à prendre ces mesures !

Quand on leur rappelle certaines réalités, on les dérange. Alors, au lieu de répéter constamment : On prend l’argent ! et de tuer notre outil productif et notre économie, parlons des économies ! Trouvez-vous normal de constater, à la lumière des 240 000 contrôles effectués, qu’un tiers des arrêts maladie se révèlent illégitimes ? Alors, parlons des économies et arrêtez de vous en prendre à ceux qui ont le courage d’entreprendre ! (Applaudissements sur les bancs des groupes DR et HOR ainsi que sur quelques bancs des groupes RN et UDR.)

La parole est à M. Christophe Proença.

On prend l’argent où il y en a : malheureusement, monsieur Di Filippo, on ne peut pas aller le chercher chez les pauvres. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) On juge une nation à l’attention qu’elle porte à ses anciens. Or nos anciens sont en grande difficulté. Le grand âge n’est pas assuré. Par conséquent, dans nos départements à la population vieillissante – tant mieux, les gens vivent plus longtemps –, nombre de personnes âgées sont gardées chez elles car elles ne peuvent pas financer un séjour en Ehpad, ce qui donne lieu à des cas de maltraitance. Au lieu de parler des actionnaires, parlez donc de nos anciens ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

Nous, nous protégeons les anciens, et vous, les milliardaires !

Vous allez fiscaliser le financement de la dépendance !

La parole est à M. René Pilato.

Si le ruissellement fonctionnait, cela se saurait. Si les investisseurs qui réalisent des bénéfices réinvestissaient ces sommes pour relancer l’industrialisation en France, cela se saurait. Nous sommes passés du capitalisme que vous défendez – qui était peut-être défendable – à un capitalisme financier qui ne fonctionne plus de la même façon. Taxer les actions, c’est obliger ces gens-là à remettre l’argent dans le circuit. Vous ne l’avez pas compris. Vous êtes vraiment la vieille France : vous vous appuyez sur des schémas de pensée qui ne marchent plus. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et SOC. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Voilà !

Nous soutiendrons cet amendement sensé. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

La parole est à M. Nicolas Turquois.

Je commencerai par une remarque de forme. L’amendement vise la création d’une taxe supplémentaire sur les dividendes. À force de voter de nouvelles taxes, nous sommes en train de rendre le code général des impôts totalement illisible.

Vous avez voté la hausse de la CSG hier !

Nous débattions tout à l’heure de la taxe sur les salaires ; alerté sur ce point par des associations d’action sociale, je m’y suis penché et j’ai constaté sa totale opacité. Nous parlons d’universalité mais, afin de répondre à certains besoins, nous en arrivons à produire un droit incompréhensible et peu vertueux.Par ailleurs, étant donné les besoins de financement de la sécurité sociale et ceux des entreprises, ne serait-il pas temps de cesser de faire reposer sur le travail tout notre système de protection sociale ? C’est un poids phénoménal qui grève le pouvoir d’achat des salariés. Nous pourrions plutôt nous tourner vers la taxation des importations. Nous pourrions financer par la TVA une partie de notre modèle social, sans nuire à la compétitivité de la France, déjà dégradée par rapport à la concurrence internationale.

La parole est à M. Hervé de Lépinau.

Il est savoureux d’entendre M. Turquois plaider contre l’augmentation de la fiscalité sur les actions alors qu’il a voté hier l’augmentation de la CSG. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)Par ailleurs, je me méfie du fléchage souvent illusoire des taxes ou impôts vers la dépendance. Cela me rappelle furieusement la vignette automobile, que les plus jeunes d’entre vous n’ont pas connue. La recette de cette taxe était censée aller vers nos anciens, mais elle a servi au comblement systématique du déficit de la sécurité sociale. L’amendement me semble donc une fausse bonne idée.

Vous aimez les dividendes !

Si nous voulons faire des économies et privilégier nos proches plutôt que les lointains, il faudrait plutôt débattre de la préférence nationale. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

La parole est à Mme la ministre.

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #181

Dans cet hémicycle, l’Assemblée nationale est souveraine. Il n’y a ni chantage ni marchandage (Sourires et exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN), il n’y a rien d’autre qu’un débat au terme duquel chaque député, en conscience, se prononcera pour ou contre, chacun d’entre vous décidant souverainement de chacun de ses votes. Monsieur Di Filippo, les débats peuvent être vifs, mais pour qu’ils se déroulent sereinement, nous ne saurions laisser penser qu’ils sont influencés par un quelconque chantage. Il n’y a pas de chantage, il y a du travail.

Il y a des négociations de couloir !

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #183

J’ai rappelé qu’il serait utile pour la soutenabilité de la sécurité sociale que l’augmentation de la CSG sur les revenus du patrimoine puisse être débattue au cours de la navette. Ainsi, si les mesures d’économie proposées ne sont pas votées, nous aurons un outil pour éviter de mener la sécurité sociale droit dans un mur financier qui la mettrait en grave danger. Cela étant, j’espère que certaines mesures d’économie feront consensus. J’espère que nous partagerons l’ambition de maîtriser le prix des médicaments, de réviser le régime des ruptures conventionnelles pour éviter certains excès, de concentrer les remboursements sur les prestations les plus médicalement utiles, ou encore de mieux encadrer les arrêts maladie pour que l’argent de la sécurité sociale serve aux salariés réellement malades plutôt qu’à compenser des problèmes de ressources humaines internes à l’entreprise. Nous […]

Nous espérons y arriver !

Nadège Abomangoli president · LFI #185

Je mets aux voix l’amendement no 246.

#186

(Il est procédé au scrutin.)

Nadège Abomangoli president · LFI #187

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 191 Nombre de suffrages exprimés 189 Majorité absolue 95 Pour l’adoption 73 Contre 116

#188

(L’amendement no 246 n’est pas adopté.)

#189

(Les amendements nos 171 et 172, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Nadège Abomangoli president · LFI #190

Sur l’amendement no 1709, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme Zahia Hamdane, pour le soutenir.

Par cet amendement, je vous propose une nouvelle source de recettes. Il s’agit d’instaurer, pour l’année 2026, une contribution de 10 % sur les bénéfices des Ehpad privés à but lucratif.La mesure ne concerne pas les établissements publics ni associatifs, mais les groupes qui réalisent des profits sur l’hébergement de personnes âgées. Ces structures dégagent des bénéfices élevés, reçoivent des financements publics et versent des dividendes à leurs actionnaires. Dans le même temps, les Ehpad publics manquent de personnel, ferment des lits et n’arrivent plus à recruter. Tout le monde constate, y compris les auteurs de rapports officiels, que l’écart entre le privé lucratif et le public se creuse. Dans ce secteur, l’argent circule, mais ne va pas là où il serait utile. Les bénéfices augmentent, les conditions d’accueil stagnent et les établissements publics n’ont plus les moyens de suivre. […]

article Après_ 7 · amendement 171 et 172

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #195

L’amendement n’a pas été examiné par la commission, mais je vous répondrai à titre personnel. Vous ciblez les Ehpad privés qui réalisent des bénéfices. S’ils n’en réalisaient pas, ils mourraient ; telle est la réalité de toute entreprise. Avec ces bénéfices, ils peuvent investir pour rénover leur établissement, améliorer les conditions de vie des résidents et les conditions de travail du personnel. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Ils ne versent pas de dividendes, alors ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #197

Vous parlez de bénéfices élevés. Je serais curieux de connaître vos chiffres car, d’après les miens, le secteur est plutôt en difficulté.

Leurs propriétaires sont parmi les 500 plus grandes fortunes !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #199

Avec le vieillissement de la population et la perte d’autonomie qui l’accompagne, si le secteur était si rentable que vous le dites, des maisons de retraite se développeraient dans tous les villages de France, ce qui n’est pas le cas. Il est heureux que des Ehpad privés soient implantés dans certains territoires ; sans eux, les habitants n’auraient pas d’autre solution.

Les Ehpad privés s’installent rarement dans des territoires sous-dotés !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #201

Enfin, si l’amendement était adopté, ce sont les résidents qui en paieraient le prix, car les tarifs des Ehpad augmenteraient. Pour toutes ces raisons, mon avis est défavorable.

Nadège Abomangoli president · LFI #202

Sur l’amendement no 229, je suis saisie par le groupe Écologiste et social d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Quel est l’avis du gouvernement sur l’amendement no 1709 ?

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #204

Défavorable.

La parole est à Mme Annie Vidal.

J’aimerais m’exprimer sur l’ensemble des amendements qui visent, et c’est légitime, à trouver des financements pour la branche autonomie. Il me semble que ce véhicule législatif n’est pas le bon : la méthode consistant à prendre des mesures au gré des PLFSS, ou d’autres textes, nous a privés d’une vision globale sur la question de l’autonomie. Je rappelle que, dans le cadre de la loi « bien vieillir » du 8 avril 2024, nous avons voté le principe d’une loi de programmation que nous n’avons pas eue.

Eh oui !

Nous faisons tous le même constat : nous avons des difficultés à financer à la fois les retraites et les mesures rendues nécessaires par le vieillissement de la population. Mesdames les ministres, ne pensez-vous pas qu’il serait temps de travailler à un texte qui concernerait la transition démographique dans toutes ses composantes ? Force est de reconnaître que nous en avons un grand besoin. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC. – M. Jean-Carles Grelier et Mme Véronique Riotton applaudissent également.)

La parole est à Mme Sandrine Rousseau.

Nous soutiendrons l’amendement de Mme Hamdane. Il soulève une question philosophique : est-il admissible de confier la vie de personnes âgées ou très âgées à des structures à but lucratif qui, par définition, ont pour objet d’en tirer un bénéfice ? Selon une étude publiée en septembre par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), dans les établissements privés, le taux d’encadrement est moindre et les personnes les plus dépendantes sont moins bien traitées que dans les structures associatives ou publiques. Comment pouvons-nous tolérer cela ? C’est une question de philosophie et de modèle de société. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Nous voterons donc cette contribution exceptionnelle de 10 % sur les bénéfices.

Nadège Abomangoli president · LFI #211

Je mets aux voix l’amendement no 1709.

#212

(Il est procédé au scrutin.)

Nadège Abomangoli president · LFI #213

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 195 Nombre de suffrages exprimés 192 Majorité absolue 97 Pour l’adoption 63 Contre 129

#214

(L’amendement no 1709 n’est pas adopté.)

Nadège Abomangoli president · LFI #215

La parole est à M. Jérôme Guedj, pour soutenir l’amendement no 1033.

article Après_ 7 · amendement 1033

Je souscris totalement à la proposition de Mme Vidal. Plutôt que d’aborder séparément les questions relatives au financement de la prise en charge du grand âge, des Ehpad et des services à domicile, nous souhaitons en débattre dans le cadre d’une loi de programmation sur le grand âge, demandée l’an dernier à l’unanimité par l’Assemblée nationale. Cette méthode nous donnerait une vision panoramique sur les modalités de financement.L’amendement procède du même esprit que celui de Mme Hamdane. Quand les opérateurs de téléphonie mobile se voient confier par l’État une fréquence pour qu’ils l’exploitent commercialement, ils versent une redevance à l’État. Quand les opérateurs autoroutiers se voient confier par l’État une concession autoroutière pour qu’ils l’exploitent commercialement, ils versent une redevance à l’État. Or dans le cas des Ehpad, l’État accorde à des opérateurs privés une […]

article Après_ 7 · amendement 1033

Très bien !

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #220

Je comprends ce que vous voulez dire, bien que la comparaison que vous faites entre le régime d’autorisation des Ehpad et celui des licences de téléphonie ou des concessions autoroutières ne me semble pas adaptée. Je pense comme vous qu’il faut assurer le plus largement possible l’accès aux Ehpad. En revanche, je peine à comprendre en quoi la mesure proposée servirait ce but.Les amendes prononcées contre les villes ne respectant pas le quota de logements sociaux sont notoirement inefficaces. Votre amendement souffre du même problème : il ne tient aucun compte des différences entre les territoires. S’il était adopté, certains établissements auraient des lits vides, quand d’autres, au-delà d’un certain seuil d’occupation, forceraient des personnes âgées ayant travaillé toute leur vie à partir pour faire de la place.En outre, la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la […]

Je l’ai mentionné !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #224

Il concernerait aussi certains établissements privés à but non lucratif, dont certains sont habilités à l’aide sociale. Heureusement qu’ils existent et qu’ils contribuent à la prise en charge du grand âge ! Il existe un subtil équilibre entre les acteurs du système ; l’instauration d’une telle taxe risque de nuire à ceux qui jouent le jeu. Pour toutes ces raisons, je suis défavorable à l’amendement.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Stéphanie Rist ministre · EPR #226

L’avis du gouvernement est le même que celui du rapporteur général. Madame Rousseau, il est important de rappeler que le Parlement et le gouvernement ont renforcé le contrôle des Ehpad commerciaux par une série de mesures prises depuis 2023 et l’affaire Orpea.

L’étude de la Drees date de septembre !

Stéphanie Rist ministre · EPR #228

Dorénavant, les Ehpad commerciaux seront tenus à une comptabilité analytique attestée par un commissaire aux comptes et retraçant l’utilisation des fonds publics qui leur sont alloués. Ils sont désormais soumis, pour l’intégralité de leur budget et de leurs filiales, au contrôle de l’Igas et de l’IGF, ainsi qu’à celui de la Cour des comptes. En cas de constitution d’excédents qui s’avéreraient injustifiés, un décret de décembre 2023 précise les conditions dans lesquelles les dotations versées doivent être réduites. Le décret relatif à la comptabilité analytique est en cours de préparation.Ces mesures sont destinées à rassurer quant aux profits qui pourraient être faits, non pas sur les sections soins et dépendance, mais sur la section hébergement, pour laquelle une diversification de l’offre me paraît légitime. Nous privilégions cette voie plutôt que la taxe qui pourrait poser un […]

La parole est à M. Cyrille Isaac-Sibille.

La proposition de M. Guedj me semble intéressante. En donnant une autorisation, l’État permet aux établissements de générer un chiffre d’affaires et, éventuellement, des bénéfices. Il ne me paraît pas forcément pertinent d’instaurer une taxe en contrepartie de cette autorisation ; en revanche, lorsque ces établissements vendent des lits et des autorisations à d’autres acteurs après avoir bénéficié d’une autorisation gratuite – je ne conteste pas celle-ci, dans la mesure où ils rendent effectivement un service public –, il me paraît souhaitable que l’État prenne une partie du bénéfice des ventes.

La parole est à M. Fabien Di Filippo.

Voici une énième proposition de taxe supplémentaire. (Exclamations sur les bancs du groupe SOC.)

Toujours la même rengaine !

Madame la ministre de l’action et des comptes publics vient de sortir, mais je voulais souligner que ce n’est pas elle qui fait du chantage ; elle en est plutôt la victime – qu’elle soit consentante ou non, je n’en sais rien à ce stade. Quand le Parti socialiste dit qu’il faut un impôt sur la fortune, sans quoi il censurera le gouvernement, qu’il faut une hausse de la CSG, sans quoi il fera capoter le PLFSS, je n’appelle pas cela une négociation constructive ou une coconstruction du budget, mais un chantage. (Protestations sur les bancs du groupe SOC.) Nous pouvons sortir le Larousse pour regarder la définition. À jouer ce jeu-là, à trop tirer le diable par la queue, vous obtiendrez exactement le contraire de ce que vous voulez : la troisième partie ne sera pas examinée et vous ne pourrez pas parler des retraites. (Exclamations sur les bancs du groupe SOC.)

#237

(L’amendement no 1033 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt

La parole est à Mme Cyrielle Chatelain, pour un rappel au règlement.

Au titre de l’article 70, alinéa 3. Parler de chantage est calomnieux pour l’ensemble des groupes de gauche, alors qu’il s’agit du débat parlementaire. (M. Pierre Pribetich applaudit.) C’est particulièrement malvenu de la part d’un membre du parti qui a fait exploser un gouvernement par tweet, dont le président… (Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice.)

Il ne s’agit pas d’un rappel au règlement.Sur l’amendement no 833, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Hendrik Davi, pour soutenir l’amendement no 229.

Il tend à instaurer une contribution additionnelle progressive sur les bénéfices des établissements de santé et des entreprises à but lucratif opérant dans le champ des soins, quand leur taux de rentabilité dépasse 15 %.Nous observons une financiarisation croissante de certains secteurs de la santé comme la biologie ou l’imagerie médicale. Elle s’accompagne d’une concentration accrue des acteurs, qui présentent parfois une rentabilité très élevée car ils jouissent d’une position dominante sur le marché. Selon le rapport « Charges et produits » de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), les entreprises en radiologie – écoutez bien ces chiffres – ont vu leurs rendements progresser de 16,4 % à 27,2 % entre 2018 et 2022 ; dans la biologie médicale, ils ont progressé de 14,8 % à 23,7 % ; pour les audioprothésistes, de 10,4 % à 15,8 %. Ces profits ne se traduisent pas par une […]

article Après_ 7 · amendement 1033

Il est un peu plus de 10 heures et nous avons examiné 17 amendements. Cela correspond à un rythme de 16 amendements par heure. Il en reste 1 462 à examiner, soit quatre-vingt-sept heures de débat.Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #248

Monsieur Davi, l’amendement no 229 avait été rejeté par la commission.

C’est dommage !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #250

La rédaction de l’amendement va un peu plus loin que ce que vous avez soutenu. En effet, la contribution proposée toucherait aussi les groupements d’intérêt économique (GIE) intervenant dans le secteur des soins. Dans la plupart des territoires, par exemple pour l’imagerie médicale, que vous avez évoquée, des autorisations sont données à des groupements d’intérêt économique – à la demande des ARS, d’ailleurs –, lesquels sont maîtrisés en majorité par les hôpitaux publics. En instaurant une telle contribution, vous ne pénaliserez pas seulement les entreprises que vous mentionnez, mais aussi, potentiellement, des hôpitaux car les bénéfices des GIE remontent vers ces derniers. Cela permet aux hôpitaux et aux structures qui leur sont associées de réinvestir, de se moderniser, d’innover et de recruter. Or je crois que nous avons besoin d’une montée en charge qualitative pour satisfaire les […]

Eh oui !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #252

Ce sont ceux qui assurent toute la semaine, y compris le samedi, le dimanche ou la nuit, un service d’imagerie médicale. Je ne pense pas que vous vous en rendiez compte, mais à travers l’amendement no 229, vous pénaliserez injustement une partie de ceux qui jouent le jeu pour relever les défis de la santé publique. Les besoins en santé sont tels que nous ne pouvons nous priver d’aucun de ses acteurs. Nous avons besoin de tous les acteurs, quel que soit leur statut.Avis défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Stéphanie Rist ministre · EPR #255

Je vous renvoie à l’article 24 du PLFSS, qui figure dans sa troisième partie et qui aborde de façon beaucoup plus globale les questions de la rente excessive et de la financiarisation du système de santé. Il fait d’ailleurs suite aux recommandations du rapport « Charges et produits » de la Cnam. J’espère que vous adopterez l’article 24, qui sera plus efficace que la proposition que vous faites avec cet amendement.Avis défavorable.

La parole est à M. le président de la commission des affaires sociales.

Frédéric Valletoux président de la commission des affaires sociales · HOR #258

Vous avez dit un mot, madame la présidente, du rythme auquel nous avançons. Il me semble que nous étions convenus en conférence des présidents d’adopter le principe « un pour, un contre » pour les prises de parole sur les amendements, or j’ai l’impression que le débat s’étire un peu parfois. Je vous demande donc simplement s’il est possible que nous nous en tenions à cette règle de manière à avancer un peu plus rapidement. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN, EPR et Dem.)

Nous continuons d’appliquer la règle « un pour, un contre ». J’ai fait exception pour des amendements en discussion commune très importants pour l’ensemble des groupes ; et sur une autre série d’amendements en discussion commune, j’ai donné la parole aux auteurs des amendements, afin de savoir s’ils les maintenaient.La parole est à M. Jordan Guitton.

Le groupe Rassemblement national s’opposera évidemment à l’instauration de cette nouvelle taxe proposée par le Nouveau Front populaire. Depuis le début de la séance, vous n’arrêtez pas d’opposer les fonds publics aux fonds privés, les instituts publics aux instituts privés, dans le domaine de la santé. Actuellement, on compte 15 millions de personnes de plus de 65 ans ; il y en aura à peu près 20 millions en 2070 si on prolonge les courbes démographiques. Pour gérer ces questions de santé publique, nous avons besoin des fonds privés et des fonds publics. L’État ne pourra assurer à lui seul, d’ici 2070, l’accueil de 20 millions de Français de plus de 65 ans dans les services de santé, ces mêmes services qui accueillent déjà bien souvent des personnes âgées qui ne souhaitent plus rester à leur domicile. Il faut se réjouir qu’il y ait des fonds privés qui font des bénéfices,…

C’est intéressant, votre position !

…capables d’investir dans nos territoires et qui, demain, pourront proposer de nouveaux établissements privés pour assurer l’accueil des personnes âgées.

On en reparlera !

Sinon, avec votre logique, il n’y aura plus aucun établissement pour accueillir les aînés dans notre pays. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

La parole est à M. Hendrik Davi.

Monsieur Bazin, vous travaillez très bien en tant que rapporteur général, mais j’ai parfois envie de vous pousser dans vos retranchements. Vous avez raison, les GIE entrent dans le cadre de la contribution que l’amendement vise à instaurer, mais ils ne seront pas touchés dans les faits, car rares sont les GIE qui présentent un taux de rentabilité supérieur à 15 %.Madame la ministre de la santé, vous avez fait référence à l’article 24. Certes, celui-ci comporte des avancées, mais le problème est qu’il prévoit de baisser uniformément les tarifs, si bien qu’il touchera toutes les structures. Nous, nous proposons de toucher celles qui profitent d’une position dominante et qui perçoivent des rentes absolument inadmissibles.Pour répondre au collègue du Rassemblement national, je souligne que nous parlons ici de radiologie et d’audioprothèse. Il n’y a pas de problème avec le secteur privé en […]

Nadège Abomangoli president · LFI #270

Je mets aux voix l’amendement no 229.

#271

(Il est procédé au scrutin.)

Nadège Abomangoli president · LFI #272

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 209 Nombre de suffrages exprimés 207 Majorité absolue 104 Pour l’adoption 75 Contre 132