Séance du 29 mars 2023 /// n°196 /// 1 010 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2022-2023

Séance du 29 mars 2023 — 196e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Sébastien Chenu.

1 010prises de parole
72orateurs
16points à l'ordre du jour
14scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
1316 la motion de rejet préalable, déposée par M. Boris Vallaud, de la proposition de loi visant à protéger les logements contre l'occupation illicite (deu… 60 / 121 rejeté
1317 l'amendement de suppression n° 1 de M. Echaniz et les amendements identiques suivants à l'article 1er A de la proposition de loi visant à protéger les… 18 / 91 rejeté
1318 l'amendement n° 146 de Mme Genevard à l'article 1er A de la proposition de loi visant à protéger les logements contre l'occupation illicite (deuxième … 38 / 56 rejeté
1319 l'amendement n° 37 de Mme Simonnet à l'article 1er A de la proposition de loi visant à protéger les logements contre l'occupation illicite (deuxième l… 16 / 74 rejeté
1320 l'amendement n° 105 de Mme Lechanteux à l'article 1er A de la proposition de loi visant à protéger les logements contre l'occupation illicite (deuxièm… 29 / 63 rejeté
1321 l'amendement n° 101 de Mme Lechanteux à l'article 1er A de la proposition de loi visant à protéger les logements contre l'occupation illicite (deuxièm… 28 / 62 rejeté
1322 l'amendement n° 102 de Mme Lechanteux à l'article 1er A de la proposition de loi visant à protéger les logements contre l'occupation illicite (deuxièm… 30 / 65 rejeté
1323 l'amendement n° 103 de Mme Lechanteux à l'article 1er A de la proposition de loi visant à protéger les logements contre l'occupation illicite (deuxièm… 30 / 61 rejeté
1324 l'amendement n° 8 de M. Tivoli à l'article 1er A de la proposition de loi visant à protéger les logements contre l'occupation illicite (deuxième lectu… 32 / 65 rejeté
1325 l'amendement n° 9 de M. Tivoli à l'article 1er A de la proposition de loi visant à protéger les logements contre l'occupation illicite (deuxième lectu… 32 / 63 rejeté
1326 l'article 1er A de la proposition de loi visant à protéger les logements contre l'occupation illicite (deuxième lecture). 82 / 18 adopté
1327 l'amendement de suppression n° 2 de M. Echaniz et les amendements identiques suivants à l'article 1er B de la proposition de loi visant à protéger les… 16 / 82 rejeté
1328 l'article 1er B de la proposition de loi visant à protéger les logements contre l'occupation illicite (deuxième lecture). 83 / 17 adopté
1329 l'article 1er bis A de la proposition de loi visant à protéger les logements contre l'occupation illicite (deuxième lecture). 73 / 16 adopté

Verbatim Le compte rendu

Tours 201 à 400 sur 1010 — page 2 / 6.

Discussion générale

…un septuagénaire rentrant chez lui après quelques jours d’absence et qui trouve son appartement squatté à Besançon, en octobre 2022 ;…

C’est la faute à Mélenchon !

…plus récemment, une propriétaire condamnée par la justice à payer des dommages et intérêts à des squatteurs : trois cas de squat, parmi tant d’autres, dont la presse s’est fait l’écho.Alors même que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a consacré en 1789 la propriété comme « droit inviolable et sacré », l’état actuel de notre législation ne permet pas de le garantir. Trop souvent, pour ne pas dire presque toujours, la procédure privilégie les squatteurs plutôt que de protéger et d’aider le propriétaire.Songeons un instant, mes chers collègues, à la réalité de ce qui se joue derrière ces situations. Des propriétaires qui ont acquis un bien immobilier, une résidence principale ou secondaire, un appartement qu’ils louent pour compléter leurs revenus, s’en trouvent dépossédés du jour au lendemain. Ils seront confrontés à des mois, voire des années de démarches et de […]

Merci qui ?

En effet, si le texte initial était déjà porteur de mesures attendues et nécessaires, que nous appelions de nos vœux, la première lecture, à l’Assemblée nationale comme au Sénat, a permis d’élargir la portée de la proposition de loi. Ainsi, il est prévu que l’État peut indemniser les propriétaires victimes de squat, dans le cas où le préfet refuserait de recourir à la force publique pour exécuter une décision d’expulsion. Une autre disposition libère le propriétaire de son obligation d’entretien du bien squatté. D’autres mesures, bienvenues, visent à accompagner les locataires en difficulté.Ce projet, tel qu’il nous est revenu de la Chambre haute, contient, pour l’essentiel, des mesures proposées par Marine Le Pen. Elles ont été reprises dans une proposition de loi qu’elle avait déposée en mars 2021, et dans une autre, déposée en novembre 2022. Il est vrai que de nouvelles dispositions […]

La parole est à Mme Danielle Simonnet.

Je voudrais dédier cette intervention à Aminata. Aminata a 10 ans, elle est en CM2, elle dort dans son école avec sa maman car elles sont sans logement ; d’autres parents, solidaires, dorment dans les mêmes locaux. En France, 42 000 enfants sont SDF !Je pense aussi aux locataires de ma circonscription qui se mobilisent en ce moment car ils ont découvert que leurs charges locatives mensuelles allaient augmenter de 200 euros par mois – vous rendez-vous compte ?, parce que vous avez refusé de bloquer les prix de l’énergie. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)Monsieur Kasbarian, vous nous dites : « Mettez-vous à la place des propriétaires ! » Je vous demande de vous mettre à la place d’Aminata, de ces locataires qui ont peur, qui se disent qu’ils ne pourront pas payer le loyer, qu’ils seront les futurs expulsés. Mettez-vous à la place de ces gens-là !

Accueillez-les chez vous !

Monsieur le ministre du logement, vous avez reconnu que « cette proposition de loi n’a jamais eu pour objectif de résoudre les problèmes du logement en France ». Au moins, c’est un aveu honnête : cette loi ne résout rien ; au contraire, elle contribuera à aggraver les situations. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)Quel sens du timing vous avez, à quelques jours de la fin de la trêve hivernale, alors que nombre d’associations anticipent une explosion des impayés et des expulsions ! Cette loi antilocataires est une honte absolue !Vous prévoyez de condamner à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende les sans-logis qui occupent un local ou un logement vacant ; or ils le font pour éviter la rue, parce que la rue tue ! Vous prévoyez aussi d’attaquer les locataires pour impayés de loyer, en portant à 7 500 euros l’amende punissant le maintien dans le logement après un […]

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #316

Rien que ça !

Un désastre qui criminalisera les locataires en impayés de loyer et facilitera, dans ce contexte de crise, les expulsions !Je vous le dis, monsieur Kasbarian, votre proposition de loi, soutenue par l’aile la plus brutale de la Macronie, accompagnée de députés LR, emboîte allègrement le pas au Rassemblement national…

…en reprenant les propositions de ce dernier contre les locataires, au prétexte de quelques faits divers qu’à l’époque, la ministre Emmanuelle Wargon elle-même décrivait comme anecdotiques.

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #321

Ne parlez pas à sa place !

Vous allez condamner à la rue et à la prison des milliers de mal-logés et de locataires en impayés de loyer. Votre proposition de loi viole au passage nombre de droits fondamentaux comme l’écrit le président de la CNCDH : liberté d’association, liberté d’expression, liberté de la presse et même droit de grève, puisqu’elle permet de pénaliser les piquets de grève, alors qu’un bras de fer est engagé sur la réforme des retraites ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)De tous les points de vue, cette loi est scélérate, c’est une honte !

Oui, c’est honteux !

Nous la combattrons de toutes nos forces. Je vous invite à rejoindre la manifestation qui aura lieu le 1er avril, pour marquer la fin de la trêve hivernale. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)

La parole est à Mme Annie Genevard.

Le squat est un enjeu de société, comme en atteste hélas l’actualité récente. Ces occupations illicites placent les propriétaires, souvent modestes, ou les locataires, dans une détresse absolue. Elles sont si éprouvantes que certains propriétaires, cherchant désespérément des moyens d’accélérer la procédure d’expulsion, vont jusqu’à entamer une grève de la faim.Les squatteurs exploitent les failles laissées par les vides juridiques et rivalisent d’astuces frauduleuses pour demeurer dans un local sans y être légalement autorisés.

Absolument !

Parmi ces aberrations, on compte même la diffusion d’une brochure en ligne donnant des conseils pour occuper illégalement un logement. Un comble !

M. Éric Dupond-Moretti garde des sceaux, ministre de la justice #331

Eh oui !

Tout à fait !

À cela s’ajoute parfois, il faut le dire, l’inaction de l’administration qui, par crainte des troubles à l’ordre public, choisit parfois de ne pas procéder à l’expulsion des occupants. C’est d’autant plus anormal que la Cour de cassation a estimé en 2019 que le droit de faire expulser des squatteurs constitue un droit absolu, lié au droit de propriété protégé par la Constitution et qu’il ne peut être mis en balance avec le droit au respect du domicile de l’occupant.Le législateur devait donc s’emparer du sujet pour mettre fin à l’insécurité juridique et à ces situations heurtant le bon sens et l’impératif de justice. Lors de la précédente législature, sous l’impulsion de Julien Aubert, le groupe Les Républicains avait déposé une proposition de loi visant à punir pénalement l’appropriation du bien d’autrui sans motif légitime.

Nous prévoyions déjà d’aggraver les peines existantes en cas d’introduction dans le domicile et de les tripler en cas de maintien. Toutefois, notre texte avait été inexplicablement rejeté au bénéfice de mesures insuffisantes, ce dont l’actualité nous a apporté la preuve depuis.J’ai moi-même déposé une proposition de loi en septembre dernier, et si j’ai été prise de vitesse par la majorité, cher président Kasbarian (Sourires sur les bancs de la commission), j’ai jugé utile d’apporter ma contribution au texte de votre majorité. Notre groupe a ainsi été à l’origine d’avancées, que je crois déterminantes.

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #338

Tout à fait !

Elles consistent en la définition du délit d’occupation frauduleuse, qui constitue un pas important dans la restauration de la justice bafouée par les squatteurs et en la prise en compte de la diversité des situations de squat, grâce à l’intégration des locaux à usage d’habitation et de ceux à usage économique. Enfin, l’initiative de notre excellent collègue Thiériot a permis de libérer les propriétaires de leur obligation d’entretien du bien pendant le squat, leur responsabilité ne pouvant plus être engagée en cas de dommages résultant du défaut d’entretien,…

Très bien !

…les marchands de sommeil, qui n’ont aucune excuse, étant bien entendu exclus de cette disposition.

Comment faites-vous la différence entre les uns et les autres ?

Le groupe Les Républicains est en faveur de ce texte qui vise à protéger plus efficacement les propriétaires, grâce au triplement de la peine prévue pour le squat du domicile, à sécuriser les rapports locatifs, à réduire les délais contentieux et à distinguer, chers collègues de la NUPES, les squatteurs des locataires défaillants ou en difficulté, tout en accompagnant ces derniers.Il est toutefois regrettable que la proposition de loi reste silencieuse sur certains sujets.Il convient de reconnaître pleinement les situations de squat pour les locaux à usage économique. Il ne s’agit pas de demi-squats : si le domicile est protégé au titre de l’atteinte à la vie privée, le local économique doit l’être également. Même si je salue l’extension de la procédure d’évacuation forcée, jusque-là réservée au domicile, aux locaux à usage d’habitation, le sort réservé aux locaux à usage économique […]

Ce n’est pas normal !

Il faut revenir sur ce point, qui ne me paraît pas conforme à l’esprit de justice.

C’est scandaleux !

Enfin, la proposition de loi ne prévoit aucune obligation de remise en état du logement, ce qui conduit à dédouaner le squatteur de la responsabilité des dégradations occasionnées durant la période d’occupation illégale.Les sommes que doivent engager les propriétaires atteignent pourtant parfois des montants considérables : le propriétaire d’un immeuble squatté à Lyon a ainsi dû payer 500 000 euros, un demi-million, pour effectuer les réparations nécessaires à la remise en état de son bien occupé illégalement !

C’est considérable !

Ajoutons que les charges locatives liées à la consommation d’énergie et d’eau durant la période du squat restent à la charge des propriétaires.

Il faut conclure, madame la députée.

La proposition de loi, certes utile, a bénéficié de toute notre implication, mais elle sera probablement à reprendre car certaines injustices perdureront malgré son adoption. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR et sur plusieurs bancs du groupe RN.)

La parole est à M. Éric Martineau.

Chacun d’entre nous garde en tête la médiatisation récente d’affaires ayant mis en évidence les grandes difficultés auxquelles ont été confrontés des propriétaires en raison de l’occupation illicite de leur logement, affaires qui ont fait naître un profond sentiment d’injustice. Les auditions menées par M. le rapporteur nous ont montré combien les personnes exposées à de telles situations, qu’il s’agisse de leur résidence principale ou de leur résidence secondaire, pouvaient se sentir désabusées et découragées.Nous sommes conscients de la nécessité d’améliorer la loi pour lutter contre ces occupations inacceptables. La propriété privée est l’un des principes fondamentaux de notre constitution, inscrit dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, et nous nous devons d’agir lorsque celle-ci est remise en cause.

Eh oui !

Rappelons, une fois de plus, que la plupart des propriétaires immobiliers sont de petits propriétaires.

Très juste !

Issus de la classe moyenne, ils ont souvent dû épargner durant de nombreuses années, voire leur vie durant, pour se doter d’un patrimoine dont les revenus devraient compléter leur retraite.La loi doit donc évoluer, lorsque cela est possible et utile. Le squat est d’ores et déjà puni par notre droit. Une procédure accélérée d’expulsion des squatteurs a été créée en 2007, mais des fragilités subsistent dans ce dispositif. Nous considérons que la caractérisation légale du squat inscrite dans la proposition de loi va dans le bon sens, ainsi que l’alourdissement des sanctions à l’encontre des marchands de sommeil voté en commission.En première lecture, nous avons émis le souhait que toutes les situations puissent être prises en compte. S’il y a des abus, il y a aussi des locataires en grande difficulté que les pouvoirs publics doivent être en mesure d’aider en prenant le relais. Nous avons […]

La parole est à M. Inaki Echaniz.

« Une proposition de loi brutale », « un recul sans précédent du droit au logement » aboutissant à « un accroissement considérable du nombre de personnes sans domicile » : tels sont les termes employés par soixante-neuf associations et syndicats, particulièrement inquiets du contenu du texte que nous examinons.Dans un contexte de difficultés accrues pour les Français, qui subissent inflation et crise du logement, cette proposition de loi semble déconnectée des réalités du terrain. Atténuée par le Sénat, elle constitue néanmoins une épée de Damoclès pour des milliers de personnes en situation de précarité et handicape les associations qui œuvrent, jour et nuit, pour leur venir en aide.J’aimerais à ce titre saluer le travail remarquable des acteurs associatifs et des bénévoles qui font face, très concrètement, à la misère et la contiennent autant que faire se peut. Le temps n’est pas venu […]

La parole est à M. Luc Lamirault.

Nous examinons aujourd’hui la proposition de loi visant à protéger les logements contre l’occupation illicite, proposée par notre collègue Guillaume Kasbarian. S’il est vrai que le phénomène du squat n’est pas massif en France, ce texte n’en est pas moins utile pour répondre aux situations inadmissibles de violation de la propriété, qui suscitent une émotion légitime dans notre pays. Il s’agit donc de renforcer la protection de la propriété des personnes, principe fondamental de notre République.Le texte a été enrichi par le Sénat et au cours des travaux menés en commission des affaires économiques, afin qu’il apporte des réponses concrètes et efficaces, attendues sur le terrain. Ainsi, l’article 1er bis prévoit le triplement de la peine pour le délit de violation de domicile, qui passera à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.L’article 1er A crée également un nouveau […]

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #390

Tout à fait !

Le groupe Horizons et apparentés votera donc la proposition de loi. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR, ainsi que sur quelques bancs des groupes RE et Dem.)

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard.

Protéger sa propriété et avoir le droit de jouir de son bien en toute quiétude : ce sont deux évidences, et pourtant ! Depuis des années, la presse relate le calvaire quotidien de propriétaires honnêtes qui, du jour au lendemain, ne peuvent plus franchir la porte de leur maison ou de leur appartement, parce que leur logement est squatté par une autre famille qui se trouve protégée par un droit faiblard, pour ne pas dire complaisant.Les témoignages abondent. À Grenoble, un retraité de 77 ans s’est vu déposséder de sa maison, qu’il devait vendre pour assurer sa retraite, par une famille roumaine de neuf personnes. Lorsque la police a enfin pu intervenir, la maison avait été pillée et saccagée. Ce fut un drame pour cet homme et une honte pour notre État de droit.À Marseille, un couple de retraités s’est retrouvé contraint de vivre dans un camping-car, à cause d’un locataire qui n’avait pas […]

Inadmissible !

Leur histoire avait ému la France entière tant leur détresse était criante. Finalement, la squatteuse et sa fille ont fini par être expulsées de la maison après que le couple a dépensé 18 000 euros en frais de procédure.À Vannes, c’est une jeune femme de 30 ans qui, après avoir hérité de deux maisons divisées en appartements, a vécu un véritable enfer. Trois appartements sur quatre ont été squattés : carreaux cassés, serrures changées, lettres recommandées déchirées et jetées dans le jardin. La maison de sa mère a été ravagée. La propriétaire a dû saisir la justice pour tenter d’obtenir l’expulsion des squatteurs. La préfecture avait justifié son inaction en expliquant que les trois conditions à l’évacuation d’une habitation squattée n’étaient pas réunies : le local squatté n’était ni meublé ni habité ; les occupants n’empêchaient donc pas réellement la plaignante de disposer de son […]

Très bien !

Sébastien Chenu president · RN #405

La discussion générale est close.

Discussion des articles

Sébastien Chenu president · RN #407

J’appelle maintenant, dans le texte de la commission, les articles de la proposition de loi sur lesquels les deux assemblées n’ont pu parvenir à un texte identique.

Avant l’article 1er A

Sébastien Chenu president · RN #409

La parole est à M. Aurélien Taché, pour soutenir l’amendement no 52.

article Avant_ 1er A · amendement 52

Cet amendement, qui a surtout une valeur symbolique, vise à rétablir une certaine vérité et à faire la lumière sur vos véritables intentions, monsieur le rapporteur et chers collègues de la majorité : afin que tous les Français comprennent la portée de votre loi, je propose de substituer au titre actuel du chapitre 1er « Mieux réprimer le squat » l’intitulé suivant : « Mieux réprimer les personnes sans-abri ».C’est en effet à cela qu’aboutira, en définitive, votre proposition de loi. Vous n’avez tenu compte d’aucune des remarques des grandes associations qui viennent en aide aux sans-abri et aux mal-logés, qu’il s’agisse de la Fondation Abbé Pierre ou de bien d’autres. Soyez au moins cohérents et acceptez de modifier le titre de ce chapitre ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Écolo-NUPES et LFI-NUPES.)

Il a raison !

La parole est à M. Guillaume Kasbarian, rapporteur, pour donner l’avis de la commission.

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #414

Vous souhaitez transformer le titre pour faire croire que nous souhaiterions réprimer les personnes sans-abri plutôt que le squat. C’est de la provocation, monsieur Taché, et c’est profondément faux ! Vous ne voulez ni admettre qu’il existe des squatteurs malintentionnés ni reconnaître que le squat est un délit dans notre pays. Vous assimilez les squatteurs à de pauvres personnes de bonne foi sans abri. Vous niez totalement que les squatteurs existent, que le squat est un délit et qu’il n’est pas seulement le fait de personnes sans abri. Vous mixez les concepts entre eux. Avis défavorable sur cet amendement de provocation.

La parole est à M. le garde des sceaux, pour donner l’avis du Gouvernement.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #416

Défavorable également.

#417

(L’amendement no 52 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt

Article 1er A

Je vous informe que sur les amendements identiques nos 1, 22, 36, 66, 88, 110 et 133, je suis saisi par le groupe Socialistes et apparentés d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Plusieurs orateurs sont inscrits sur l’article.La parole est à M. Frédéric Boccaletti.

Le présent article vise à compléter le code pénal par un chapitre intitulé : « De l’occupation frauduleuse d’un local à usage d’habitation ou à usage économique ». Selon la dernière étude de l’Observatoire des squats, sur les cinq premiers mois de l’année 2021, pas moins de 124 demandes de procédures d’expulsion de squatteurs ont été recensées. La création d’un chapitre traitant de ce sujet dans le code pénal est un signal positif pour les victimes, qui avaient l’impression de ne pas être reconnues en tant que telles. L’instauration d’une amende, ainsi que d’une peine de prison, l’est tout autant.On peut cependant craindre la multiplication de manœuvres en tous genres de la part de professionnels de l’abus de droit, qui s’engouffreront dans les dérogations du texte pour gagner du temps. En outre, aucune garantie n’est prévue dans l’hypothèse où le représentant de l’État, ou le juge […]

La parole est à M. William Martinet.

Avec cet article, vous faites la démonstration de la grande confusion, voire du mensonge, que vous essayez d’insuffler dans l’esprit des gens. Vous nous faites croire depuis le début – nous l’avons d’ailleurs bien entendu dans les interventions de la minorité présidentielle – que la proposition de loi vise les squatteurs qui occuperaient notamment le domicile de pauvres gens partis en vacances qui, revenant chez eux, constateraient que leur maison est occupée. Mais pas du tout ! Elle ne concerne pas cette situation…

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #426

L’article 1er, si ! Lisez-le !

…pour une raison très simple : la loi n’a pas besoin d’être modifiée pour ce type de situations. Heureusement, dans notre pays, lorsque vous rentrez de vacances et que quelqu’un occupe votre domicile, vous pouvez solliciter l’aide de la police pour reprendre possession des lieux. La proposition de loi ne traite donc pas ces cas. L’article 1er A permet, en réalité, de s’attaquer à des gens qui sont dans la misère, sans abri, et qui, par exemple, occuperaient un parking de supermarché, un garage vide ou s’installeraient dans un local situé dans une zone industrielle, ce qui correspond à une stratégie de survie.Vous nous accusez de mauvaise foi. C’est très intéressant. Mais je vous propose, en tant que législateurs, de nous intéresser à des gens qui, se trouvant sans abri, sont obligés d’occuper ces locaux par stratégie de survie. Il est désolant et inacceptable de constater que de telles […]

Il s’agit de criminaliser le squat !

Telle est l’essence de la proposition de loi. C’est pourquoi nous rejetterons l’article 1er A, comme l’ensemble du texte.

La parole est à Mme Annie Genevard.

Je veux souligner qu’avant la contribution apportée par le groupe Les Républicains, il n’existait pas de délit ni de peine pesant sur le squat d’un immeuble, sur le fondement de l’atteinte au droit de propriété. Nous avons donc déposé un amendement en commission, lors de l’examen du texte en première lecture, afin d’ajouter au code pénal un nouveau chapitre relatif à l’occupation frauduleuse d’un immeuble.Nous avons aussi voulu élargir le délit d’introduction sans titre aux locaux à usage d’habitation ou à usage économique, afin de protéger les locaux vides d’entreprises, de commerces et d’immeubles de bureaux.Nous soutenons la modification introduite par le Sénat concernant la gradation des peines. Initialement, en effet, il était prévu une peine de trois ans de prison assortie de 45 000 euros d’amende. Le Sénat a souhaité affaiblir ce quantum en l’abaissant à deux ans d’emprisonnement […]

Sébastien Chenu president · RN #436

Je suis saisi de sept amendements identiques, nos 1, 22, 36, 66, 88, 110 et 133, visant à supprimer l’article 1er A.La parole est à M. Inaki Echaniz, pour soutenir l’amendement no 1.

article 1er A · amendement 1

« La protection du droit de propriété est bien évidemment un objectif légitime, un droit fondamental même, au sens de l’article 17 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Le droit au respect du domicile, garanti par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, est toutefois aussi fondamental », a rappelé le président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme au sujet de la présente proposition de loi. Dans un courrier de janvier dernier, la CNCDH s’est inquiétée des atteintes au droit disproportionnées que crée le texte, en raison de la sévérité des sanctions contre les personnes et les associations, et de la réduction des garanties dont bénéficient les personnes menacées d’expulsion.La criminalisation des ménages précaires ne constitue en rien une solution aux difficultés des petits bailleurs. Non seulement ces sanctions ne sont pas […]

Sébastien Chenu president · RN #439

La parole est à M. Stéphane Peu, pour soutenir l’amendement no 22.

article 1er A · amendement 22

S’il s’agissait de lutter efficacement contre la violation de domicile, nous serions au rendez-vous pour voter cet article, voire pour en renforcer l’efficacité. À l’occasion d’une précédente loi, j’ai d’ailleurs moi-même proposé d’étendre la notion de violation de domicile à des biens non meublés pour lesquels un bail était signé. Dans ma vie d’élu local, j’ai en effet constaté que, lorsque des squatteurs investissent des lieux entre la signature du bail et l’emménagement des occupants, période souvent mise à profit pour réaliser des travaux de peinture et des aménagements, on est confronté à un flou juridique.Ce n’est toutefois pas de cela qu’il s’agit ici. En étendant la notion de violation de domicile à tous les biens, y compris économiques, vous l’affaiblissez. Cette extension a une conséquence très dangereuse, puisqu’elle pourrait s’appliquer aux occupations d’entreprise et aux […]

Sébastien Chenu president · RN #442

La parole est à M. François Piquemal, pour soutenir l’amendement no 36.

article 1er A · amendement 36

Les connaissez-vous ? (L’orateur montre à l’assemblée le portrait de deux femmes.) Il s’agit de Simone et Christiane. (« Il est interdit de montrer des documents ! » sur les bancs des groupes RE, RN et LR.)

Vous n’avez aucun respect pour cette assemblée !

Veuillez ranger immédiatement ce document, monsieur le député : le règlement de l’Assemblée nationale ne permet pas d’en exhiber. Il serait dommage que vous subissiez une sanction. (M. François Piquemal range le document.)

Il s’agit donc de Simone et Christiane… (Protestations sur les bancs des groupes RE, RN et LR.) Si vous vouliez bien cesser vos injectives, je pourrais poursuivre.

Monsieur le député, je vous rappelle que notre règlement interdit de montrer des documents dans l’hémicycle. Je vous ai demandé de ranger votre document, et vous pouvez vous exprimer durant le temps qui vous est imparti : il vous reste une minute trente.

Simone et Christiane, sœurs jumelles, vivaient depuis leur naissance dans un appartement à Nice. Elles n’avaient pas de contrat de location : comme beaucoup de Français, elles se situaient dans une zone grise du logement. Elles assuraient les fonctions de concierges dans l’immeuble, en contrepartie de quoi la propriétaire d’alors les laissait occuper un appartement. Un nouveau propriétaire est arrivé et les a expulsées. Il était dans son droit, puisqu’elles étaient occupantes sans droit ni titre. Aucune proposition de relogement n’a été faite à ces deux femmes de 75 ans, qui perçoivent des pensions de retraite très basses. Elles se sont retrouvées seules et isolées devant la porte de leur appartement. Elles occupent désormais une cave. Avec votre loi, monsieur le rapporteur, elles risquent deux ans de prison, puisqu’elles sont considérées comme des occupantes sans droit ni titre – […]

Sébastien Chenu president · RN #450

La parole est à M. Aurélien Taché, pour soutenir l’amendement no 66.

article 1er A · amendement 66

En répondant à mon amendement précédent, M. le rapporteur a essayé de nous faire croire que les squatteurs étaient tous des gens de mauvaise foi, qui refusaient de payer : ce seraient tous d’odieux criminels.

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #452

Le squat est un délit !

Il oublie que souvent, les personnes qui sont en situation de squat n’ont nulle part où aller. Si l’article 1er A est adopté, une famille qui s’installe dans un bureau ou dans un garage vide – M. Martinet l’a évoqué –, voire sur terrain avec une tente, parce qu’elle n’a nulle part où aller, encourra deux ans d’emprisonnement pour avoir voulu se mettre à l’abri. Il en sera de même pour les militants du droit au logement qui s’efforcent, par certaines actions, de réveiller les pouvoirs publics. Je l’avais déjà rappelé en première lecture : en 2007, quand Les Enfants de Don Quichotte ont installé des tentes le long du canal Saint-Martin, la droite de l’époque, à savoir M. Chirac, n’a pas réagi en réprimant les squatteurs, mais en créant un droit au logement opposable. Vous, vous proposez deux ans de prison aux militants du droit au logement !

Et aux zadistes !

Vous proposez deux ans de prison aux familles qui n’ont nulle part où aller !Par ailleurs, l’article 1er A s’étend à des gens qui ne sont absolument pas des squatteurs, mais qui ont des loyers impayés – depuis le début, vous essayez d’entretenir la confusion.

Cela n’a rien à voir !

Pourquoi se trouvent-ils dans cette situation ? M. Martinet l’a expliqué : vous avez augmenté les loyers, vous avez réduit les APL et vous avez réduit les allocations chômage. (M. Jean-François Coulomme applaudit.)

Et nous avons réduit le chômage !

Voilà pourquoi les gens ne peuvent plus payer leur loyer et sont en difficulté. Vous voudriez maintenant leur infliger 7 500 euros d’amende ? On marche sur la tête ! Votre politique antisociale fera exploser le nombre de sans-abri ; vous devrez en porter la responsabilité. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Stéphane Peu applaudit également.)

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #461

C’est extraordinaire !

Sébastien Chenu president · RN #462

La parole est à M. Hubert Julien-Laferrière, pour soutenir l’amendement no 88.

article 1er A · amendement 88

Vous auriez pu proposer un texte équilibré, qui protège à la fois les petits propriétaires et les locataires fragiles ; mais vous ne l’avez pas voulu. Vous préférez criminaliser des dizaines de milliers de locataires et d’habitants défavorisés, y compris des mineurs, des personnes âgées et des malades – de nombreux exemples ont été évoqués. Le champ d’application de votre texte est tellement large qu’il couvre jusqu’aux bâtiments industriels vides. Nous nous opposons donc à l’article 1er A, et nous invitons les députés à voter nos amendements de suppression. (M. Stéphane Peu applaudit.)

Sébastien Chenu president · RN #464

La parole est à Mme Sandra Regol, pour soutenir l’amendement no 110.

article 1er A · amendement 110

En pleine crise économique due à l’inflation, au lieu de vous attaquer à la crise du logement qui frappe de plein fouet nos concitoyens, vous faites – comme trop souvent – le choix de la répression. Vous ne proposez pas de solutions pour loger tout le monde à un coût abordable. M. Molac a évoqué la garantie universelle des loyers : si vous vouliez lutter contre les impayés et punir les réels fraudeurs, si vous vouliez aider les petits propriétaires, et par conséquent ouvrir le marché et contenir les coûts, c’est ce mécanisme que vous devriez mettre en place.Après la protection du rien et du vide à Sainte-Soline, vous proposez la protection de locaux vides – entrepôts, hangars – en introduisant deux nouveaux délits dans le code pénal, avec, à la clé, des peines de prison et des amendes. C’est une réponse disproportionnée à la pauvreté et à la paupérisation qui frappent les plus […]

Sébastien Chenu president · RN #468

L’amendement no 133 de Mme Cyrielle Chatelain est défendu.Quel est l’avis de la commission sur ces amendements ?

article 1er A · amendement 110
Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #470

Dans notre droit, monsieur Taché, le squat est…

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #471

Un délit !

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #472

…un délit. J’aimerais que vous nous expliquiez si, oui ou non, vous reconnaissez les lois de la République.

Bonne question !

Eh oui !

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #475

Condamnez-vous le squat, qui est considéré comme un délit par la loi ? Reconnaissez-vous que le squat est un délit ? Si vous répondez par la négative, j’en conclurai que vous défendez des délinquants.

Exactement !

Ce ne sera pas la première fois !

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #478

M. Piquemal a évoqué des victimes, les personnes en situation de précarité. Pour notre part, nous écoutons tout le monde : les victimes en situation de précarité, les locataires qui ont du mal à joindre les deux bouts, et les petits propriétaires…

Les gros propriétaires !

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #480

…qui se retrouvent dans des situations difficiles. Mme Simonnet était présente lors des auditions de la commission ; elle sait donc que nous avons entendu des victimes – car oui, il existe des petits propriétaires victimes d’occupations illicites durant des années.

Combien sont-ils ?

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #482

Ils ne perçoivent plus de loyers mais doivent malgré tout rembourser des prêts, payer des charges et acquitter des taxes. Ils ne s’en sortent plus et se retrouvent eux-mêmes en difficulté et dans la précarité. Vous citez des victimes, mais reconnaissez qu’il en existe d’autres, y compris dans votre département, monsieur Piquemal. Je pourrais vous communiquer des courriers d’habitants de Toulouse qui sont victimes de telles situations ; ils attendent des députés qu’ils les protègent d’occupations illicites qui durent depuis des années. Un peu d’équilibre ne nuirait pas.

Eh oui !

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #484

Selon M. Julien-Laferrière, nous aurions dû proposer un texte qui protège à la fois les petits propriétaires et les locataires fragiles : c’est exactement ce que nous faisons.

C’est vrai.

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #486

Le texte est équilibré. Le travail parlementaire qui a eu lieu en première lecture, à l’Assemblée et au Sénat, a permis de l’améliorer, de l’équilibrer et d’y ajouter des dispositions afin qu’il protège à la fois les petits propriétaires victimes et les locataires en difficulté : des mesures d’accompagnement social ont en effet été intégrées au texte. Je suis donc défavorable à ces amendements de suppression.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #488

Défavorable. Je tiens à répondre à certains propos. Je remercie tout d’abord Mme Ménard et Mme Genevard, la première pour avoir cité des exemples que nous avons tous à l’esprit, la seconde pour avoir rappelé qu’il y a parfois une véritable organisation autour des squatteurs. Voilà comment ils procèdent : ils passent deux fois devant un immeuble d’habitation qui semble inoccupé, et ils y déposent un papier ; s’il n’est pas retiré, ils en concluent que l’immeuble est vide et s’y installent.Prenons un autre exemple, que j’avais également donné en première lecture : une vieille dame qui a travaillé toute sa vie décide, parce qu’elle ne peut pas faire autrement, d’aller vivre dans un Ehpad. Passent quelques malfrats – c’est ainsi qu’il faut les appeler –, qui considèrent qu’ils sont chez eux chez elle.

Exactement !

Il a raison !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #492

La fille de cette vieille dame arrive et proteste : c’est l’appartement de sa mère. Ce à quoi les malfrats répondent : « Expulsez-nous donc ! » Un document rédigé par un avocat est même collé sur la porte du logement pour expliquer à la fille de la propriétaire que, si elle venait à forcer les choses, elle serait poursuivie. Et vous trouvez cela formidable ?

Mais qu’est-ce que votre loi va changer à cela ?

Allonger une peine d’un an à trois de prison n’y change rien !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #495

Pardon de vous le dire, mais, dans cet hémicycle, il y a, d’un côté, les députés qui ont du bon sens et, de l’autre, comme d’habitude, les idéologues, les dogmatiques. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)Vous ne respectez pas le droit de propriété inscrit dans la Constitution. D’ailleurs, vous ne respectez pas la Constitution non plus, alors cette règle-là ou une autre… (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et RN. – Mme Emmanuelle Ménard applaudit également. – Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)Que vous ne respectiez pas le code de procédure pénale, le code pénal et le code civil, la belle affaire ! Que vous méprisiez quotidiennement nos institutions, les propriétaires, les grands comme les petits, au fond, cela correspond à votre posture. Mais ce n’est pas la nôtre. Ce que nous voulons n’est pas très compliqué : nous voulons que ceux qui […]

Exactement !

Eh oui !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #500

…nous voulons que plus jamais des gens n’aient à subir cette injustice – une injustice totale, à laquelle il faut mettre un terme définitivement.Cette réponse vaudra pour les différents amendements que vous avez déposés. Il y a la raison d’un côté, l’idéologie de l’autre : les auteurs de ces amendements sont dans l’idéologie. À propos, je suis allé voir ce qu’était la propriété privée au Venezuela : c’est gratiné ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)

Ridicule !

La parole est à M. René Pilato.

Monsieur le garde des sceaux, vous le savez, les prisons sont pleines. Alors, quand vous dites que vous allez mettre les squatteurs en prison, permettez-nous de rigoler !

Il faut les empêcher de squatter, c’est ça le principe !

Je ne fais qu’énoncer un fait. Quant à la propriété privée au Venezuela, je peux y revenir sans problème si vous le souhaitez.Au moyen des textes qu’il soumet au Parlement, le Gouvernement organise la précarité. Quand les locataires ont des difficultés pour payer leur loyer, leur situation est de plus en plus précaire et ils n’ont d’autre solution que de devenir squatteurs. Il est là le problème !

Ce sont des gens malhonnêtes !

Dans une société toujours plus inégalitaire et injuste, les gens ont de plus en plus de mal à boucler leurs fins de mois et à payer leur loyer.

Ça ne se passe pas comme ça !

Ils deviennent squatteurs et vous les criminalisez.

Les honnêtes gens ne font pas ça !

Cette proposition de loi reflète la politique que vous menez depuis que vous êtes au pouvoir. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

La parole est à M. Rémy Rebeyrotte.

Chers collègues, permettez-moi de formuler un vœu au moment où nous examinons cette proposition de loi. Aujourd’hui, un grand nombre de propriétaires renoncent à louer leurs biens,…

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #516

Eh oui !

…lesquels seraient d’ailleurs, dans certains cas, des biens à loyers modérés, voire très modérés. Ce que ces propriétaires nous disent est simple : « La loi ne nous protège pas, ne nous protège plus des locataires indélicats. » (« Eh oui ! » sur plusieurs bancs du groupe RE.) Il convient de distinguer l’occupant sans titre, qui ne jouit pas de son logement de manière conforme à la loi,…

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #518

Voilà !

…du locataire qui en jouit de manière classique, en payant son loyer et en prenant soin du logement qu’il occupe.

Les députés de La France insoumise ne savent pas ce que c’est !

Voilà ce qui est en cause ! J’attends donc aussi de la proposition de loi qu’elle donne envie à un grand nombre de propriétaires, et de petits propriétaires, de remettre enfin leurs biens sur le marché.

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #522

Tout à fait !

Étant donné ce que je vois à l’échelle de ma circonscription, je pense que des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de logements pourraient être reloués dans notre pays ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RE. – Mme Maud Petit et M. Frédéric Cabrolier applaudissent également.)

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #525

Très bien !

Sébastien Chenu president · RN #526

Je mets aux voix les amendements identiques nos 1, 22, 36, 66, 88, 110 et 133.

#527

(Il est procédé au scrutin.)

Sébastien Chenu president · RN #528

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 109 Nombre de suffrages exprimés 109 Majorité absolue 55 Pour l’adoption 18 Contre 91

#529

(Les amendements identiques nos 1, 22, 36, 66, 88, 110 et 133 ne sont pas adoptés. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

Sébastien Chenu president · RN #530

La parole est à M. Stéphane Peu, pour soutenir l’amendement no 23.

article 1er A · amendement 23

Il fait écho à l’amendement de suppression que j’ai défendu il y a quelques minutes puisqu’il propose de supprimer l’extension de l’article 1er A aux locaux à usage économique. Je ne reviendrai donc pas sur les exemples que j’ai donnés et sur les effets de bord d’une disposition qui mélange des biens à usages différents – logements à usage d’habitation, biens non meublés pour lesquels un bail a été signé, locaux à usage économique –, ni sur les aspects vertueux que peuvent avoir pour l’emploi et l’économie certaines occupations par des salariés.Monsieur le garde des sceaux, sur le sujet que nous examinons, il n’y a pas, d’un côté, les idéologues et, de l’autre, les pragmatiques. Faut-il rappeler que la moitié des membres de votre gouvernement n’ont jamais été élus ni exercé de responsabilités publiques ? En tant qu’élu local depuis maintenant une trentaine d’années, ancré dans mon […]

Quel est l’avis de la commission ?

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #534

Avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #536

Avis défavorable.

La parole est à M. Jean-François Coulomme.

Vous dites que nous sommes anticonstitutionnels, monsieur le garde des sceaux, mais votre gouvernement traîne tant de casseroles qu’il n’est plus un gouvernement, mais une batucada !Vous prétendez vouloir développer la construction de nouveaux logements, mais, récemment, vous avez fait adopter une loi qui préempte le budget du livret A pour financer des centrales nucléaires. Comment ne pas douter de votre volonté de développer le logement social quand vous détournez de tels moyens de financement au profit des énergies non renouvelables ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Aurélien Taché applaudit également.)

La parole est à M. Marc Le Fur.

Je n’ai pas la même conception que mon collègue et ami Stéphane Peu. Il vient de nous dire que cette proposition de loi visait les propriétaires, c’est-à-dire, selon ses mots, « une infime partie de la population ».

C’est faux : 58 % des Français sont propriétaires !

En l’occurrence, on ne parle que des propriétaires bailleurs.

Dans mon territoire, les propriétaires sont souvent des retraités du secteur agricole qui ont voulu compléter leur retraite en transformant leur maison en un logement qu’ils louent. Quand ils perdent l’avantage de cette location, en raison de l’occupation de leur bien par des squatteurs ou par des locataires qui ont cessé de payer leur loyer, c’est une vraie difficulté pour eux. Il me semble indispensable, quand nous légiférons, de penser aussi à cette catégorie de Français. Les propriétaires modestes sont nombreux et ne représentent pas « une infime partie de la population », cher collègue !

Très bien !

#546

(L’amendement no 23 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sébastien Chenu president · RN #547

La parole est à M. le rapporteur, pour soutenir l’amendement no 148.

article 1er A · amendement 148
Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #548

Il procède à une clarification juridique en précisant la portée de la mesure. Dans la formule « l’introduction dans un local à usage d’habitation ou à usage économique », je vous propose de remplacer le mot « économique » par les mots « commercial, agricole ou professionnel ». Cette rédaction me semble plus précise.J’aimerais toutefois connaître l’avis de Mme Genevard sur cet amendement, puisque c’est elle qui, la première, a soulevé le problème spécifique des locaux à usage économique.

C’est vrai !

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #551

La modification me semble utile, mais Mme Genevard peut-elle me confirmer qu’elle est fidèle à ce qu’elle souhaitait ?

Monsieur le garde des sceaux, si vous en êtes d’accord, je vais donner la parole est à Mme Genevard avant de vous demander votre avis sur l’amendement.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #553

Je la lui cède bien volontiers.

La parole est à Mme Annie Genevard.

Si vous me certifiez que cette nouvelle rédaction conforte le texte sur le plan juridique, je vous fais confiance et je suis prête à l’accepter, monsieur le rapporteur. Je vous remercie d’ailleurs de subordonner votre avis au mien – j’y suis bien sûr sensible. Reste que, logiquement, ce qui est commercial et agricole est aussi professionnel. Par ailleurs, le terme « professionnel » est-il suffisamment large pour inclure les locaux artisanaux et tous ceux auxquels nous n’aurions pas pensé ?

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #556

Oui !

Si vous pensez que cette nouvelle formulation sécurise le texte, alors j’y souscris.

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #558

Oui, nous le pensons !

Monsieur le garde des sceaux, si cela vous convient, je propose de donner la parole à M. Martinet. Vous pourrez ensuite donner votre avis sur l’amendement et répondre aux orateurs.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #560

Je suis d’accord, monsieur le président.

La parole est à M. William Martinet.

Considérons-nous que le squat est un délit, a demandé M. le rapporteur ? À cette question, notre réponse est claire : occuper le domicile d’une personne contre son gré est absolument inacceptable. Personne n’a le droit de s’installer chez vous. (« Ah ! » et applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et Dem.)

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #563

On progresse ! (Sourires.)

Cela dit, parlons des dispositions prévues par la proposition de loi en cas d’occupation d’un local commercial, agricole ou professionnel. Il est facile, quand on est un député confortablement installé dans l’hémicycle et qu’on va regagner ce soir un endroit chaud, un bel appartement ou une belle maison, de dire : « Une telle occupation est illégale ! Elle va à l’encontre de la Constitution et du droit de propriété ! ». (Protestations sur plusieurs bancs des groupes RE, RN et LR.)Je vous invite à adopter un autre point de vue et à rencontrer les associations qui luttent contre le mal-logement et qui accompagnent les personnes sans abri. Quand vous êtes une famille à la rue, vous occupez un local professionnel – en fait un garage vide – tout simplement parce que vous avez peur de mourir de froid dehors. Ce qui vous prend aux tripes, quand vous dormez dans la rue, c’est que tous les […]

Démagogie !

Le squat ne peut pas être la solution à cela ! Nous sommes en France !

Il y a des dizaines de milliers de Français qui se logent illégalement !

Dans de telles conditions, occuper un garage vide n’est peut-être pas légal, monsieur le rapporteur, mais c’est moral, parce que c’est une question de survie ! Ce qui fera toujours la différence entre vous et nous, c’est notre humanité ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Aurélien Taché applaudit également.)

C’est votre propension à violer la loi qui fait la différence entre vous et nous !

Nous n’avons pas de leçon d’humanité à recevoir de la part de La France insoumise !

Quel est l’avis du Gouvernement sur l’amendement de M. le rapporteur ?

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #573

Madame Genevard, les locaux artisanaux et industriels, mais aussi les locaux des professionnels libéraux et tous ceux qui se rattachent à une activité professionnelle, sont inclus dans la rédaction proposée par l’amendement no 148, dont le sens est très large. L’amendement sécurise le texte de manière opportune. Le Gouvernement y est évidemment favorable.