Séance du 13 juin 2023 /// n°267 /// 944 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2022-2023

Séance du 13 juin 2023 — 267e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

944prises de parole
133orateurs
36points à l'ordre du jour
1scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
1804 la proposition de résolution relative à l'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur (article 34-1 de la Constitution). 281 / 58 adopté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 944 — page 1 / 5.

Yaël Braun-Pivet president · EPR #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à quinze heures.)

Questions au Gouvernement

Yaël Braun-Pivet president · EPR #6

L’ordre du jour appelle les questions au Gouvernement.

Conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan

La parole est à Mme Isabelle Santiago.

Ma question s’adresse à Mme la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Il ne s’est pas passé un jour cette semaine sans que l’Azerbaïdjan viole le cessez-le-feu de novembre 2020 et tire sur les positions militaires ou sur des cibles civiles en Arménie et dans le Haut-Karabakh.La terrorisation du peuple arménien continue dans l’indifférence de la communauté internationale. Avec le blocus du corridor de Latchine, le Haut-Karabakh est devenu une prison à ciel ouvert. À chaque instant, 120 000 Arméniens, dont 30 000 enfants, risquent leur vie. Ne fermons pas les yeux !

Elle a raison !

Depuis six mois, ces populations manquent de tout et peinent à survivre. Le gaz et l’électricité sont coupés, les biens de première nécessité comme la nourriture et les médicaments ne peuvent plus être acheminés. Pendant ce temps, l’Europe accroît ses importations de gaz depuis l’Azerbaïdjan. Or les crises majeures que nous traversons ne sauraient nous faire oublier la situation du peuple arménien. C’est une réalité que nous devons regarder en face. La France a un lien historique et fraternel avec l’Arménie. Il est du devoir de notre nation d’agir.Madame la ministre, la France doit soutenir l’adoption sans délai d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies visant à rétablir la libre circulation entre l’Arménie et le Haut-Karabakh et faire respecter l’accord tripartite de cessez-le-feu signé le 9 novembre 2020.

Très bien !

Il convient de demander la mise en place d’une force d’interposition et de donner enfin à l’Arménie les moyens de se défendre. À cette même tribune, le 3 novembre 1896, Jean Jaurès dénonçait le prélude du génocide des Arméniens de 1915. Alors, une nouvelle fois, indignons-nous et réagissons. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC, sur de nombreux bancs des groupes RN et LR et sur quelques bancs des groupes Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)

La parole est à Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères.

Catherine Colonna ministre de l’Europe et des affaires étrangères #17

Je vous remercie pour votre question qui m’offre l’occasion de rappeler qu’aucun pays – je dis bien aucun – n’agit autant que le nôtre pour aboutir à un accord de paix entre l’Arménie et son voisin.Nous sommes aux côtés de l’Arménie pour aller vers une paix juste. La France l’a encore démontré lorsque le Président de la République a réuni le 1er juin, à Chisinau, en marge du sommet de la Communauté politique européenne, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian et le Président de l’Azerbaïdjan Ilham Aliyev, en présence également du chancelier Scholz et du président du Conseil européen. Une nouvelle réunion se tiendra à Bruxelles le 21 juillet. Nous saluons par ailleurs les efforts de médiation de notre partenaire américain avec lequel nous nous coordonnons de façon étroite.Nous sommes aussi aux côtés de l’Arménie lorsqu’il s’agit de faire baisser les tensions sur le terrain. Nous […]

La parole est à Mme Isabelle Santiago.

J’ai bien compris qu’une action était menée. Nous sommes tous mobilisés. Cependant cette situation dure depuis six mois. Il y va de la survie d’un peuple. Voilà pourquoi il est important de rappeler ces faits à l’occasion de la séance des questions au Gouvernement, en précisant que nous soutenons totalement le peuple arménien. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, RN, LFI-NUPES, LR, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)

Je vous informe que je recevrai, dans les prochaines semaines, mon homologue arménien qui doit venir en visite à l’Assemblée nationale. Nous pourrons alors lui rappeler notre soutien. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE, Dem et sur quelques bancs du groupe LR.)

Politique migratoire

La parole est à M. Yoann Gillet.

Monsieur le ministre de l’intérieur et des outre-mer, sept Français sur dix sont favorables à un référendum sur la politique migratoire. Ils sont 80 % à demander de la fermeté en la matière. Les Français subissent une immigration dérégulée, massive et anarchique qui a de lourdes conséquences. Voici trente ans qu’ils sont privés de leur droit d’être consultés sur le sujet. Ils n’en peuvent plus de cette immigration massive qui change le visage de notre pays…

Notre pays n’a pas le visage du RN en tout cas !

…et est vecteur d’insécurité. Les Français ne veulent plus la financer. Ils en ont assez de voir des demandeurs d’asile ou même des étrangers sous OQTF, l’obligation de quitter le territoire français, remplir les pages des journaux, non pas pour des actes positifs mais pour des meurtres et des agressions quotidiennes.Pourquoi donc avez-vous toujours refusé de donner la parole au peuple sur cette question ? Vous semblez patiner alors que si ce sujet majeur était pris, tel le taureau, par les cornes, nous économiserions des dizaines de milliards par an. Cela devrait d’ailleurs intéresser le ministre délégué chargé des comptes publics et votre gouvernement, lequel est à la rue financièrement puisque, rappelons-le, il détient le record de dette qui s’élève à 3 000 milliards.

Eh oui !

Si vous vous attaquiez enfin au sujet de l’immigration, les Français pourraient aussi retrouver leur tranquillité. Cela devrait guider votre action chaque matin car votre devoir est de protéger ceux qui ne peuvent le faire eux-mêmes, notamment nos compatriotes les plus fragiles.Qu’attendez-vous pour agir ? Nous avons un projet déjà prêt, clés en main, celui de Marine Le Pen. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – « Ah ! sur les bancs du groupe RE.)

Ah ! Nous verrons alors le visage de la France !

Fayot !

Nous vous donnons notre accord pour le copier-coller. Vous pourriez ainsi vous attaquer au droit du sol et à la délinquance en expulsant les délinquants étrangers, réformer l’AME, l’aide médicale de l’État, ainsi que le droit d’asile.Bref, vous pourriez, avec le projet de Marine Le Pen, répondre aux attentes légitimes des Français et tourner la page du manque de courage politique. Vous pourriez aussi tourner le dos à tous ceux qui se succèdent depuis des décennies…

Vous voulez tourner le droit au droit d’asile !

…et se contentent d’assister à l’ensauvagement de notre pays sans rien faire, en détournant le regard.Monsieur le ministre, quand agirez-vous enfin et nous présenterez-vous un projet solide pour protéger les Français ? (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

La parole est à M. le ministre de l’intérieur et des outre-mer.

Gérald Darmanin ministre de l’intérieur et des outre-mer · EPR #42

J’aimerais faire deux remarques. Premièrement, je vous remercie d’avoir enfin retrouvé un peu de décence et de ne pas vous être jetés sur votre téléphone ou sur votre clavier d’ordinateur (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE. – Exclamations sur les bancs du groupe RN) pour dénoncer je ne sais quel dysfonctionnement de la part du Gouvernement afin d’appuyer vos thèses, fondées sur la peur.

L’indécence, c’est de ne pas protéger les Français !

Et Aurore Bergé ?

Gérald Darmanin ministre · EPR #45

Vous vous êtes sans doute inscrit pour poser cette question au Gouvernement avant de vous rendre compte du caractère énorme, innommable et insupportable de vos réactions le jour des événements absolument désastreux qui se sont produits à Annecy (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE. – Protestations vives et prolongées sur les bancs du groupe RN) et à propos desquels je veux dire quelques mots.D’ailleurs, les victimes ne vous intéressent pas.

Vous devriez avoir honte ! C’est scandaleux !

Gérald Darmanin ministre · EPR #48

Dans votre question, vous n’avez pas eu mot pour les enfants ni pour les parents. Il semble que l’histoire ne se déroule pas comme l’imaginaient Mme Le Pen et l’ensemble du Rassemblement national. Je peux vous dire que c’est du dégoût que nous inspirent vos propos sur ce sujet. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE.)

Plus c’est gros, plus ça passe !

Répondez à la question !

Gérald Darmanin ministre · EPR #51

Deuxièmement, vous avez parlé d’appel au peuple. Mais je vous ferai remarquer que Mme Le Pen a déjà été jugée sur son programme.

Ça va, les leçons !

Gérald Darmanin ministre · EPR #53

Par deux fois elle a été battue à l’élection présidentielle. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE.) Depuis cinquante ans, votre parti prône la division, le refus de l’altérité et la haine, et chaque fois les Français lui disent non. C’est un grand peuple que le peuple français. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.)

Allez rejoindre la NUPES !

Attaque à Annecy

La parole est à M. Antoine Armand.

Jeudi, un peu avant 10 heures, sur le jardin du Pâquier à Annecy, un homme est entré dans une aire de jeu et a poignardé des enfants jusque dans leurs poussettes.

Récupération !

Que faisait-il sur notre sol ?

Merci Henri !

Depuis, nos pensées sont avec Peter, 22 mois, avec Ennio et Alba, 2 ans, avec Ettie, 3 ans, ainsi qu’avec Manuel, 72 ans et Yusuf, 78 ans. Nous pensons à eux. (Mmes et MM. les députés se lèvent et applaudissent.– Mmes et MM. les membres du Gouvernement se lèvent également.)Tous sont en vie grâce au prodigieux rempart d’humanité qui s’est immédiatement dressé contre la barbarie. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.) Ce rempart a le visage d’Henri, celui des passants et des agents d’entretien qui se sont interposés. Il a le visage des policiers d’Annecy, des militaires, des pompiers, du Samu et de la sécurité civile. Il a le visage des soignants d’Annecy, de Grenoble et de Genève.

Il n’a pas le visage de M. Darmanin !

Bravo Henri !

Aujourd’hui, devant la représentation nationale, je leur dis – nous leur disons – merci. (Applaudissements sur tous les bancs.)Dès jeudi, madame la Première ministre, vous êtes allée sur place avec le ministre de l’intérieur. Le lendemain, le Président de la République s’est rendu à son tour à Annecy pour exprimer la reconnaissance de toute la nation. Dimanche, Annéciennes et Annéciens, nous nous sommes rassemblés fraternellement pour partager cette gratitude plus forte que les mensonges des récupérateurs sordides et des opportunistes de la haine. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE. – Protestations sur les bancs du groupe RN.)Mais cette gratitude ne suffira pas face aux questions qui nous hantent. Nous aurons besoin de réponses en matière de mécanismes européens d’asile, de sécurité de proximité et de psychiatrie. Pour cela, nous avons besoin que la justice fasse son […]

Et ça, ce n’est pas de la récupération ?

La parole est à Mme la Première ministre.

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #71

Nous avons été frappés de stupeur face à l’attaque sauvage dont ont été victimes de tout petits enfants jeudi dernier à Annecy. Quelques heures après cet événement, le ministre de l’intérieur et des outre-mer et moi-même étions en effet sur place avec vous.Mes pensées vont en premier lieu à ces petits enfants, à leurs familles ainsi qu’aux autres victimes, adultes, de cette terrible attaque.Je veux à mon tour rendre hommage aux forces de l’ordre, remercier la police nationale et la police municipale. (Mmes et MM. les députés se lèvent et applaudissent.– Mmes et MM. les membres du Gouvernement se lèvent également.) Ils sont intervenus quelques minutes après le début de cet événement et ont neutralisé l’agresseur.Je veux également rendre hommage aux forces de secours qui se sont retrouvées en première ligne face à ce drame absolu au cours duquel de tout petits enfants ont été blessés. […]

Vous êtes impuissants !

Élisabeth Borne Première ministre · EPR #76

L’heure est à l’émotion. Naturellement, l’enquête doit permettre de faire toute la lumière sur le parcours de l’agresseur et sur ses motivations. En revanche, ne mélangeons pas tout. Ne récupérons pas des drames épouvantables tels que ceux que nous avons traversés. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.) Apportons, dans la sérénité, des réponses à nos concitoyens que nous devons plus que jamais protéger. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.)

Fonds Marianne

La parole est à M. Aurélien Saintoul.

Ce n’est pas tant une question que je veux poser à cet instant à Mme Schiappa mais une supplication que je formule : démissionnez ! Faites-le séance tenante. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Permettez-nous de croire un instant que le mot « responsabilité » peut avoir du sens pour un membre du Gouvernement.

C’est vous qui parlez de responsabilité !

La création et l’attribution de l’argent du fonds Marianne constituent d’ores et déjà une immense tache que seule votre démission peut laver. Quelle que soit l’hypothèse retenue : que vous ayez fait preuve de légèreté, d’incompétence ou d’un cynisme révoltant, pour répondre politiquement de vos actes il faut démissionner.Et si vous vous obstinez à vouloir rester, la Première ministre doit vous congédier. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Le scandale du fonds Marianne est proprement inouï et intolérable dans un régime démocratique. Mme Schiappa a permis, et peut être même organisé, l’instrumentalisation de l’assassinat ignoble de Samuel Paty. (Vives exclamations sur de nombreux bancs des groupes RE et Dem. – Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.)

C’est scandaleux de dire ça !

Ce crime abominable qui voulait mettre à l’épreuve l’unité de notre peuple, elle l’a utilisé pour cibler des adversaires politiques, pour détourner des moyens de l’État au service d’une campagne électorale et pour stipendier de prétendus experts de la lutte contre l’islamisme ! (Mêmes mouvements sur les bancs des groupes RE et Dem.) Tout le confirme : les auditions publiques de la commission d’enquête au Sénat, le rapport de l’inspection de l’administration et la démission de M. Gravel, l’homme lige de M. Valls, à qui elle a confié comme une récompense le soin de lutter contre la radicalisation. Tout est lamentable dans ce scandale, y compris la tentative de diversion impudente qu’elle a organisée en posant pour un magazine de charme. (« Eh oui ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.) Comment la honte ne l’a-t-elle pas ensevelie ? Comment soutient-elle encore le regard de ses pairs […]

La parole est à Mme la secrétaire d’État chargée de la citoyenneté.

Sonia Backès secrétaire d’État chargée de la citoyenneté #87

Visiblement, vous ignorez ce qu’est l’État de droit, un État dans lequel c’est la justice qui juge et ce ne sont ni le tribunal populaire ni les députés ! (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes RE et Dem.)

Eh oui ! Il y a encore une justice !

Sonia Backès secrétaire d’État #89

Et la justice, vous le savez tous, a pris en main ce dossier. La ligne du Gouvernement a été claire depuis le début : transparence et réactivité. Dès connaissance des premières alertes sur le sujet,…

En octobre, j’ai posé une question écrite et on ne m’a toujours pas répondu !

Sonia Backès secrétaire d’État #91

…Gérald Darmanin et moi avons saisi l’inspection générale de l’administration – l’IGA – et la procureure de la République de Paris sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale. Le premier rapport de l’IGA a été rendu public et met en évidence des erreurs, voire des fautes, en matière de suivi administratif du fonctionnement du fonds. L’enquête judiciaire est ouverte : il n’appartient donc pas plus aux députés qu’au Gouvernement de la commenter.Mais le Gouvernement n’est dupe de rien, monsieur le député Saintoul : certains ici se réjouissent de cette affaire qu’ils instrumentalisent à souhait (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES), dont vous-même, pour mettre à terre l’esprit de cette initiative lancée après le terrible attentat de Conflans-Sainte-Honorine qui nous avait tous terriblement choqués. En salissant l’action engagée de Marlène Schiappa en la […]

Quel rapport ?

Déserts médicaux

La parole est à M. Laurent Panifous.

Ma question s’adresse à M. le ministre de la santé.S’il y a bien une préoccupation majeure et ancienne que nous entendons tous les jours au cœur de nos territoires, c’est la difficulté d’accès aux soins. (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe LIOT.) Les collectivités se mobilisent pour y répondre ; la région Occitanie, par exemple, s’est engagée activement en recrutant des médecins pour ses territoires sous-dotés, dans le cadre du dispositif « Ma santé, ma région ». À l’Assemblée nationale, un groupe transpartisan sur les déserts médicaux s’est constitué, apportant de nombreuses propositions, et d’autres initiatives parlementaires se multiplient : les lois Khattabi et Rist viennent d’être promulguées et nous sommes en train d’examiner la proposition de loi Valletoux. Nous nous réjouissons forcément, au groupe LIOT, que des propositions de loi soient examinées… même lorsqu’elles […]

Eh oui !

Toutes ces décisions sont certes positives et à mettre au crédit de votre ministère, mais c’est encore insuffisant et, en attendant davantage, la désertification médicale s’aggrave, les conditions d’accueil mais aussi de travail dans les hôpitaux et dans les Ehpad se dégradent, les délais de prise en charge s’allongent à la veille de la période estivale et les urgences ferment déjà dans trop de territoires. Il faut aller plus loin que les mesures prises ! On ne peut pas attendre dix ans que les nouveaux médecins arrivent. (M. Guillaume Garot applaudit.) Tout n’a pas été fait, tout n’a pas été essayé. N’est-il pas temps de s’engager sur une grande loi Santé et territoires ? N’est-il pas temps de faire de la santé une priorité nationale ? (Applaudissements sur les bancs des groupes LIOT et SOC.)

Très bien !

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’organisation territoriale et des professions de santé.

Agnès Firmin Le Bodo ministre déléguée chargée de l’organisation territoriale et des professions de santé · HOR #103

Vous l’avez dit : la santé est en effet la première préoccupation de nos concitoyens. Et c’est bien pour cette raison que le Gouvernement est pleinement mobilisé, que nous faisons feu de tout bois pour répondre à cette problématique. Chacun connaît le diagnostic et sait qu’il n’existe pas de solution unique parce que les besoins de santé sont différents selon les territoires. Notre cap est clair et cohérent depuis 2017, il a été rappelé par le Président de la République lors de ses vœux au personnel soignant en janvier dernier. Notre méthode est très claire de par son pragmatisme : avancer avec les territoires, pour les territoires et à partir des territoires, aux côtés des professionnels. Nous devons mobiliser tous les leviers à notre disposition, créer de nouvelles solutions et les développer pour répondre de façon concrète au problème de l’accès aux soins. C’est le sens du plan « […]

Rémunérations des fonctionnaires

La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian.

Monsieur le ministre de la fonction publique, après une revalorisation de 3,5 % du point d’indice l’an passé quand l’inflation a atteint presque le double, le Gouvernement annonce désormais une hausse de 1,5 % quand l’inflation sur l’année dépasse le triple… À ce rythme, faudra-t-il tabler sur une hausse négative du point d’indice l’année prochaine ? Depuis tant d’années, on demande aux agents du service public d’accepter sans broncher coupes budgétaires, réductions d’effectifs et modération salariale au point qu’ils ont perdu 20 % de pouvoir d’achat en vingt ans ! J’ai bien dit 20 % ! Une perte de pouvoir d’achat accompagnée d’une dégradation de leurs conditions de travail, résultat de la logique comptable que vous appliquez et qui produit pour les fonctionnaires une immense perte de sens et pour les usagers tant de problèmes d’accès à des services publics de qualité.Les agents du […]

La parole est à M. le ministre de la transformation et de la fonction publiques.

Stanislas Guerini ministre de la transformation et de la fonction publiques · RE #113

Au fond, la question qui vous me posez comme à l’ensemble du Gouvernement est celle de la responsabilité. Est-ce que nous sommes à la hauteur de nos responsabilités…

Stanislas Guerini ministre · RE #115

…pour répondre aux préoccupations premières des agents de la fonction publique, concernés comme les autres Français par les questions de pouvoir d’achat ? Je m’exprime devant vous en ayant sur cette question toujours pris mes responsabilités. Tout d’abord, je vous rappelle que je suis le ministre de la fonction publique qui a, l’année dernière, le plus augmenté le point d’indice, bien davantage que sous toutes les majorités précédentes. C’était une augmentation historique, jamais atteinte depuis trente-sept années ! (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe RE.) Et je suis cette année encore à la hauteur de mes responsabilités.

Guerini aura marqué son époque ! C’est historique !

Ministre de quoi ?

Stanislas Guerini ministre · RE #118

J’ai reçu ainsi hier l’ensemble des organisations syndicales et j’ai pu leur faire des annonces fortes sur la question du pouvoir d’achat et de la rémunération de nos agents publics. J’ai annoncé d’abord que nous allions, cette année encore, consacrer à la revalorisation des salaires des fonctionnaires la même enveloppe que l’année dernière. Nous renouvelons donc cette année un effort historique. Il y aura ainsi une augmentation de 2,5 % de la rémunération indiciaire, c’est-à-dire de la part fixe, à savoir 1,5 % dès juillet et des distributions de points supplémentaires pour tous dès janvier 2024. (Mme Anne Brugnera applaudit.) Mais j’assume aussi que nous devons concentrer nos efforts sur les bas salaires et sur les classes moyennes de la fonction publique. Et c’est la raison pour laquelle j’ai aussi annoncé des mesures spécifiques pour accompagner les bas salaires en atténuant […]

La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian.

Quand ce gouvernement décide de donner la possibilité aux propriétaires d’augmenter les loyers de 3,5 %,…

N’importe quoi !

…tandis que les fonctionnaires ne sont augmentés que de 1,25 %, on se dit… (Son temps de parole étant écoulé, le micro de l’oratrice est coupé. – Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES. – M. Sébastien Jumel applaudit également.)

Attaque à Annecy

La parole est à Mme Anne-Cécile Violland.

Ma question s’adresse à M. Darmanin, ministre de l’intérieur et des outre-mer.Il est des événements auxquels notre mandat nous confronte et dont nous ne trouvons les mots à la hauteur de nos émotions. Ainsi, à Annecy, jeudi dernier, trois enfants et deux adultes étaient gravement blessés, sans oublier les témoins malgré eux de cette tragédie. Tout notre soutien leur est adressé. C’est un acte d’une violence inouïe, de l’ordre de l’irreprésentable, de l’indicible, qui nous a d’abord tous sidérés, puis particulièrement bouleversés. S’il n’existe aucune explication à un geste d’une telle atrocité, ne cédons pas à l’instrumentalisation et à la démagogie : l’enquête poursuit son cours. (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes HOR et RE.) Soyons fermes et justes ! Faisons pleinement confiance à la justice pour permettre aux familles et aux victimes de se reconstruire. De ce drame […]

N’importe quoi !

Aux côtés des forces de l’ordre et de secours, ce sont aussi nos maires et l’ensemble de nos élus locaux que nous devons soutenir et remercier car ils sont eux aussi, au quotidien, les premiers de cordée au service de notre pays et de sa protection. Cette solidarité et cette humanité font la fierté de notre nation. Nous leur en sommes immensément reconnaissants. Notre action politique se doit d’être à la hauteur de leur engagement au quotidien. Comment pouvons-nous accompagner, monsieur le ministre, nos élus locaux pour les aider à faire face à ces situations d’urgence et de crise, et pour développer davantage l’« aller vers » des structures d’accueil de ces populations marginales ? (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes HOR, RE et Dem.)

« Aller vers » ? Vous avez oublié le style inclusif !

La parole est à M. le ministre de l’intérieur et des outre-mer.

Gérald Darmanin ministre de l’intérieur et des outre-mer · EPR #133

Comme l’a dit Mme la Première ministre, à Annecy, l’innommable s’est produit. Vous vous êtes rendue sur place, madame Violland, aux côtés de vos collègues parlementaires et du maire d’Annecy. Je me joins également à la Première ministre pour remercier les policiers municipaux, les pompiers et le personnel de santé qui, étant intervenus très rapidement, ont permis de sauver la vie de ces bébés et de ces très jeunes enfants. En moins de trois minutes, la police est parvenue à interpeller l’assaillant et, en quelques secondes, les blessés les plus graves ont été conduits vers les hôpitaux de d’Annecy, de Grenoble et de Genève.Vous avez aussi évoqué le travail très important que nous menons avec l’ensemble des collègues du département pour aider les élus locaux à intervenir dans ce genre de drame, quel qu’il soit – celui-là est particulièrement grave et touchant. Dans votre département, si […]

Tout à fait !

Gérald Darmanin ministre · EPR #136

En Haute-Savoie, il existe d’ailleurs une plateforme unique – un numéro d’urgence – qui assure le plus rapidement possible la coordination entre le Samu, les pompiers et les autres personnels dont le métier consiste à sauver la vie des gens. J’ai organisé une visite sur place à vos côtés, madame la députée. J’ai été heureux de constater que, malgré ces événements particulièrement dramatiques, la police, les pompiers, le Samu et les médecins ont pu intervenir en moins de trois minutes pour sauver la vie de ces enfants.J’espère que cela nous inspirera toutes et tous : faisons en sorte que les « Bleus », les « Blancs » et les « Rouges », comme on dit au ministère de l’intérieur, soient encore plus réactifs demain pour sauver d’autres vies. (Mêmes mouvements.)

Déserts médicaux

La parole est à M. Nicolas Sansu.

Madame la Première ministre, on compte trois fois plus de médecins généralistes pour 100 000 habitants sur l’arc Atlantique et sur la Côte d’Azur que dans les départements du centre de la France, et dix fois plus d’ophtalmologistes à Paris que dans le département du Cher, sans oublier les plus grands déserts médicaux de notre pays que sont Mayotte, la Guyane et la Seine-Saint-Denis. La réalité, c’est que des millions de concitoyens vivent l’absence de médecins traitants comme une violence, une injustice, une rupture d’égalité d’accès aux soins – c’est le symbole d’une France humiliée. (M. Antoine Léaument applaudit.) Quand les déserts médicaux avancent, c’est la République qui recule !La République qui recule, c’est la progression, pour la première fois depuis 1945, de la mortalité infantile dans notre pays ; c’est aussi l’engorgement des urgences dans nos hôpitaux. La position du […]

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’organisation territoriale et des professions de santé.

Agnès Firmin Le Bodo ministre déléguée chargée de l’organisation territoriale et des professions de santé · HOR #145

Ce que vous dites n’est pas vrai : il n’existe pas de territoires dans lesquels il y aurait trop de médecins. (Exclamations sur les bancs des groupes GDR-NUPES et LFI-NUPES.)

Nous n’avons jamais dit cela !

Agnès Firmin Le Bodo ministre déléguée · HOR #147

Aujourd’hui, 87 % des territoires en France sont des déserts médicaux. La régulation de l’installation est une idée séduisante en apparence, mais il s’agit en fait d’une fausse bonne idée : elle est malheureusement inadaptée à la réalité de notre démographie médicale et n’a d’ailleurs jamais été adoptée par aucun gouvernement, ni de droite ni de gauche, pour la simple et bonne raison qu’elle ne fonctionne pas.J’ai déjà eu l’occasion de le dire : la régulation ne résoudra malheureusement pas nos problèmes – vous qui êtes sur le terrain, vous le savez autant que moi. Qui peut me prouver qu’il y a trop de médecins sur son territoire ? Je serais curieuse de le savoir. La mesure que vous évoquez risque de décourager les étudiants en médecine, voire de créer une médecine à deux vitesses en encourageant le déconventionnement des médecins. Or je sais que vous ne le souhaitez pas.Notre […]

Dissolution de l’association Les Soulèvements de la Terre

La parole est à Mme Véronique Louwagie.

Je veux avant tout, à la suite des événements dramatiques d’Annecy, renouveler mes pensées pour les victimes et leur famille. Je veux également remercier les secours et plus particulièrement le jeune Henri (« Bravo ! » sur les bancs du groupe RN), pour son courage, son sens de l’altruisme et son civisme : Les Français peuvent être fiers de l’héroïsme dont il a fait preuve. (Mmes et MM. les députés se lèvent et applaudissent. – Les membres du Gouvernement se lèvent également.)Monsieur le ministre de l’intérieur, dimanche matin, à l’appel du collectif Les Soulèvements de la Terre, des militants écologistes ont arraché, près de Nantes, des plants de muguet et des tuyaux qui les irriguaient pour dénoncer l’utilisation intensive de l’eau et du sable. User de la violence, saccager le travail d’autrui et commettre des détériorations gratuitement est tout simplement inacceptable. Aucun […]

Et il a des complices ici même !

…d’autant qu’il frappe une profession agricole qui travaille dur et qui souffre beaucoup. Comment admettre ces appels à la violence et au sabotage en toute impunité ? Aujourd’hui, les actes sont signés, revendiqués et assumés.

Ils sont aussi soutenus par certains députés de cette assemblée !

Il est d’autant plus urgent d’agir que les prochains méfaits sont ouvertement annoncés avec le mode d’emploi : « couper l’eau aux accapareurs », « démanteler des mégabassines », « squatter des piscines »,…

Ce sont des écoterroristes, ni plus ni moins !

…« bétonner les accès aux vannes », « mener des opérations contre divers sites comme la ligne Lyon-Turin » – et j’en passe !Monsieur le ministre, il y a quelques semaines, vous annonciez qu’une procédure de dissolution était engagée à l’encontre des Soulèvements de la Terre.

Eh oui ! Où en êtes-vous ?

Comment comprendre qu’elle n’ait toujours pas abouti, alors que cette association continue à semer la haine et la violence autour d’elle ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

La parole est à M. le ministre délégué chargé du renouveau démocratique, porte-parole du Gouvernement. (« Oh non ! » sur les bancs du groupe LFI-NUPES et sur quelques bancs du groupe LR.)

Olivier Véran ministre délégué chargé du renouveau démocratique, porte-parole du Gouvernement · RE #164

Je vous remercie pour votre question, madame Louwagie. L’association à laquelle vous faites allusion prétend aimer la Terre et la servir avec une forme d’activisme qui lui appartient.

Vous n’allez tout de même pas la justifier !

Olivier Véran ministre délégué · RE #166

Quand on aime la Terre qu’on veut la préserver, on développe les énergies renouvelables : c’est ce que nous faisons en multipliant par dix les installations solaires et en créant cinquante parcs éoliens en haute mer. (« Et alors ? Quel est le rapport ? » sur les bancs du groupe RN.) Quand on aime la Terre, on fait le choix du nucléaire, qui est une énergie propre,…

Vous souteniez Hulot !

Olivier Véran ministre délégué · RE #168

…on engage une rénovation thermique massive des bâtiments, on interdit les véhicules thermiques, on arrête les locations de passoires énergétiques. (Protestations sur les bancs du groupe LR. – Mme Clémence Guetté s’exclame.)

Vous ne répondez pas à ma question !

Olivier Véran ministre délégué · RE #170

Attendez, je vais répondre à votre question, madame la députée. Quand on aime la Terre, on interdit l’exploitation des fonds sous-marins : c’est ce qu’a demandé le Président de la République et il a obtenu que cela puisse être réalisé à l’échelle mondiale. (Exclamations sur les bancs des groupes RN, LFI-NUPES et LR.)

Un peu de silence, chers collègues !

Olivier Véran ministre délégué · RE #172

Quand on aime la Terre, on organise des forums mondiaux pour venir en aide aux forêts, on prend des mesures concrètes qui sont efficaces pour la planète et pour ceux qui l’habitent. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.)

S’il vous plaît, chers collègues !

Olivier Véran ministre délégué · RE #174

Cette association ne fait rien de cela. Vous dénoncez son activisme à raison, car il est négatif : en effet, on n’aime pas et on n’aide pas la Terre lorsqu’on arrache des salades ou du muguet et lorsqu’on s’en prend aux agriculteurs qui nous nous nourrissent et nous font vivre. Pire encore, on n’aime pas la Terre ni les humains lorsqu’on organise des manifestations interdites, auxquelles on convie des militants violents étrangers dans le seul objectif est de s’en prendre aux forces de l’ordre et de fouler aux pieds la République.

En attendant, c’est vous qui commettez des écocides !

Olivier Véran ministre délégué · RE #176

Madame la députée, le Gouvernement partage votre indignation et vos marques de soutien à destination de tous les agriculteurs de ce pays ;…

Des solutions !

Olivier Véran ministre délégué · RE #178

…il s’indigne avec vous de la présence d’élus locaux ou nationaux qui, en soutien à cette association, portent l’écharpe tricolore sur les lieux de certaines manifestations. (Mme Mathilde Panot s’exclame.)Je vous rappelle qu’à la demande du ministre de l’intérieur, un dossier a été monté en vue de procéder à la dissolution des Soulèvements de la Terre (« Ah ! » sur les bancs du groupe RN), si les conditions sont réunies.

Vous les protégez !

Complices !

La parole est à Mme Véronique Louwagie.

Monsieur le ministre, vous n’avez finalement répondu que partiellement à ma question. En effet, la cause écologique est encore une fois dévoyée par ceux qui prétendent le mieux la servir. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.) Mais il y a une chose plus grave : l’État doit se faire respecter et faire respecter la loi.

Bien entendu !

Si la loi n’est pas respectée, à quoi servons-nous ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

Amiante dans les écoles

La parole est à M. Louis Boyard. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RE, RN et LR.)

Monsieur le ministre de l’éducation nationale, c’est une bombe sanitaire qui vient d’exploser avec l’enquête journalistique « Vert de rage ». Au minimum, 700 000 enfants sont en danger dans notre pays car ils pourraient respirer de l’amiante dans leurs écoles, en particulier dans les quartiers populaires et les zones rurales.Cette enquête révèle que sur près des 20 000 écoles primaires et maternelles passées au crible de l’investigation, 30 % sont amiantées. Huit fois sur dix, il y avait de l’amiante dans la salle de classe. S’ils respirent cet amiante, les enfants pourraient développer un cancer d’ici trente à quarante ans. Monsieur le ministre, il y a urgence ! Nous devons savoir combien d’élèves, de collégiens, de lycéens, de professeurs, d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), d’agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem), d’employés de cantines […]

La parole est à M. le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse.

Pap Ndiaye ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse #191

Comme vous le savez, ce sont les collectivités qui sont chargées du bâti scolaire et, depuis vingt ans, elles sont également chargées du désamiantage de leurs équipements publics. (Mmes Sophia Chikirou et Mathilde Panot s’exclament.) Néanmoins, le ministère de l’éducation nationale, par définition, se préoccupe de la santé et de la sécurité de ses personnels et des élèves. Il veille donc particulièrement à ce que les procédures de désamiantage soient suivies de manière régulière. En fonction des cas, il est nécessaire d’évaluer les risques. Aussi les collectivités doivent-elles transmettre des informations relatives à la présence d’amiante dans les locaux scolaires, afin que les chefs d’établissement puissent prendre toute mesure nécessaire. C’est notamment vrai pendant les phases de travaux.Nous avons également créé, en 2019, une cellule « Bâti scolaire et aménagement d’espaces […]

Elle ne sert à rien !

Pap Ndiaye ministre #194

…qui a publié un guide de désamiantage de manière à informer les usagers et les collectivités.

Il est technocrate à souhait, le ministre !

Pap Ndiaye ministre #196

Nous sommes conscients de certaines données de santé publique dont vous faites état. À ce titre, je suis tout à fait favorable à ce qu’un partage d’informations entre le ministère de l’éducation nationale et les collectivités puisse avoir lieu, de manière à avancer sur cette question importante de santé publique.

Vous n’êtes responsable de rien !

La parole est à M. Louis Boyard.

Monsieur le ministre, comment pouvez-vous être satisfait de cette réponse ? Vous parlez, mais rien ne change. C’est pourtant vous qui avez la responsabilité d’assurer la sécurité des enseignants et des élèves ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – Exclamations sur les bancs des groupes RE, LR et Dem.) Vous n’avez pas de chiffres, alors organisez des prélèvements dans toutes les écoles et publiez vos résultats !

Il est stupéfiant, le Boyard !

Vous demandez aux mairies de rénover les écoles, mais vous savez très bien qu’elles n’en ont pas les moyens. C’est à l’État qu’il revient de créer un fonds public national pour les rénover. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Vous ne faites rien de tout cela : vous préférez faire l’autruche et sacrifier les générations futures, juste pour ne pas avoir à payer.Au sujet de l’amiante, la réponse de l’État, c’est l’omerta. Je me tourne donc vers vous, chers collègues. Dans cette assemblée, pas un seul d’entre nous n’est épargné (« Oh ! sur les bancs des groupes RN et LR) : il y a des enfants exposés à l’amiante dans chacune de nos circonscriptions. Au-delà des clivages politiques, nous avons tous le devoir d’agir. Aussi, madame la présidente de l’Assemblée nationale, acceptez notre demande de créer une commission d’enquête pour trouver les solutions et protéger les enfants […]

La parole est à M. le ministre.

Pap Ndiaye ministre #204

Je viens de vous répondre en vous indiquant qu’il s’agit d’une question importante de santé publique. Sachez que nous nous en saisissons :…

Donnez les moyens ! (« Oh ! Rasseyez-vous ! » sur les bancs du groupe LR.)

Pap Ndiaye ministre #206

…cela vaut mieux que votre numéro habituel de démagogie ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RE. – Mme Géraldine Bannier applaudit également.) Il nous faut travailler sérieusement sur cette question ; nous sommes d’ailleurs en lien avec les collectivités. Je vous prie de croire que nous y travaillons sérieusement. Encore une fois, cela vaut mieux que de la démagogie. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR. – Mme Caroline Abadie se lève et applaudit.)

Transports

La parole est à Mme Aude Luquet.

Monsieur le ministre délégué chargé des transports, la loi d’orientation des mobilités de 2019 a fixé un objectif de doublement de la part modale du transport ferroviaire dans les grands pôles urbains. Depuis, les annonces se succèdent. Celle du Président de la République concernant la construction de RER métropolitains a été suivie par celle relative à un plan inédit de développement du ferroviaire, doté de 100 milliards d’euros d’ici à 2040. Cette semaine, vous-même avez annoncé une dotation de 8,6 milliards pour les contrats de plan État-région pour les années 2023 à 2027. Les deux tiers de cette enveloppe iront aux infrastructures ferroviaires et aux transports publics.À un moment où il faut inciter les Français à utiliser des transports décarbonés et multiplier les mobilités propres, il est indispensable que tous les territoires bénéficient d’un réseau de transport performant et […]

La parole est à M. le ministre délégué chargé des transports.

Clément Beaune ministre délégué chargé des transports · RE #214

Vous avez souligné l’importance de notre investissement dans le domaine des transports. C’est un enjeu essentiel pour la vie quotidienne de nos concitoyens et pour de nombreux territoires, notamment votre circonscription et ceux que vous avez cités. C’est aussi un enjeu central pour la décarbonation, puisque les transports représentent, nous le savons, 30 % de nos émissions de gaz à effet de serre.C’est dans cet esprit et dans le prolongement de la loi d’orientation des mobilités que la Première ministre a annoncé au mois de février dernier, un investissement exceptionnel, dans le cadre du plan d’avenir pour les transports. Nous sommes en train de décliner ces annonces faites il y a quelques semaines.Nous avons engagé une concertation avec les régions. J’ai effectivement annoncé la semaine dernière que, dans les contrats de plan État-région, qui manifestent notre partenariat et notre […]

Finances publiques et relations avec l’Union européenne

La parole est à M. Kévin Mauvieux.

Ma question s’adresse au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.Connaissez-vous le point commun entre vous et l’Union Européenne ? Votre totale incompétence, qui engraisse la banque et la finance sur le dos des contribuables ! (« Oh ! » sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem.)

Toujours dans la nuance !

Quatre cent quatorze pour cent ! C’est la hausse, en 2022, du coût de la dette indexée sur l’inflation, dont vous êtes responsables, avec la gauche qui a créé cette indexation et avec Les Républicains qui l’ont perpétuée pendant des décennies. À ce stade, rien qu’en intérêts, 14 milliards sont encore prévus cette année !Trois cents pour cent ! Les sommes sont considérables ! C’est la hausse estimée du coût pour le plan de relance européen, les intérêts prévus s’élevant désormais à 42 milliards, au lieu de 15. Dans cette histoire, la France est le dindon de la farce, puisqu’elle n’a perçu que 37 milliards sur les 40 prévus dans ce plan.La dette n’est pas un bon vin : elle n’est pas meilleure parce qu’elle est plus chère ! On apprend que les 15 milliards initialement prévus pour huit ans seront épuisés dès cet été et que, pour couvrir l’année prochaine et uniquement celle-ci, Bruxelles […]

La taxe sur la bêtise !

Ça peut rapporter…

Quand allez-vous vous attaquer à notre dette, qui nous coûte désormais plus que le budget de notre défense ? (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

La parole est à M. le ministre délégué chargé des comptes publics.

Et de la dette !

Gabriel Attal ministre délégué chargé des comptes publics · EPR #234

J’ai été assez surpris par votre question.

Ça ne m’étonne pas !

Gabriel Attal ministre délégué · EPR #236

Vous nous donnez des leçons de responsabilité budgétaire (« Oui ! » sur les bancs du groupe RN), alors que, dans les débats budgétaires que nous avons eus depuis un an, vous n’avez jamais été capables de proposer une piste d’économie sérieuse. (Exclamations prolongées sur les bancs du groupe RN.)

La fraude, pourtant, ça vous a inspirés !

Gabriel Attal ministre délégué · EPR #238

En revanche, vous proposez systématiquement des dépenses supplémentaires. Je vous avoue que c’est un peu difficile d’entendre de telles leçons de votre part, mais nous aurons prochainement d’autres débats à ce sujet.

Avec une dette pareille !

Vous bottez en touche, monsieur le ministre délégué ! Ne vous défilez pas !

Gabriel Attal ministre délégué · EPR #241

Pour ce qui est de la trajectoire et du désendettement, Bruno Le Maire et moi avons présenté il y a quelques semaines un nouveau programme de stabilité pour les cinq années à venir, plus ambitieux encore que le précédent : il accélère d’un an le désendettement de la France ; il prévoit un retour du déficit budgétaire à 2,7 % du PIB en 2027, donc sous les 3 % du PIB, et une diminution de 4 points de la charge de la dette rapportée au PIB.

On va désendetter le RN, car les Russes n’y suffiront pas !

Gabriel Attal ministre délégué · EPR #243

Cela étant dit, il va nous falloir réaliser un certain nombre d’économies.

Donc l’austérité, c’est bien cela ?

Gabriel Attal ministre délégué · EPR #245

Or, chaque fois que nous proposons des économies et une maîtrise de la dépense publique, je constate que vous n’êtes jamais au rendez-vous, que vous refusez de nous accompagner. (Exclamations prolongées sur les bancs du groupe RN.) En revanche, vous proposez systématiquement des dépenses supplémentaires. C’est un problème, car cela va à l’encontre du discours que vous affirmez tenir sur la souveraineté et l’indépendance de notre pays. Vous voulez condamner notre pays à rester durablement endetté, donc durablement soumis aux marchés financiers et à la dette. (Mêmes mouvements.)

Et les emprunts indexés ?

Gabriel Attal ministre délégué · EPR #247

Nous assumons d’agir pour l’indépendance et la souveraineté de notre pays. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et Dem.)

La parole est à M. Kévin Mauvieux.

Décidément, la modestie ne vous étouffe pas. Pourtant, vous devriez en afficher un peu. Les cadeaux que vous faites aux banques, volontairement ou par incompétence, permettraient de financer plusieurs fois la baisse de TVA que Marine Le Pen et nous proposons (Applaudissements sur les bancs du groupe RN), outre une hausse des salaires par une diminution des charges. Les cadeaux que vous faites aux banques permettraient de financer un plan d’envergure pour lutter contre la désertification médicale. Bref, les cadeaux que vous faites aux banques et à l’Union européenne, qui nous prend plus qu’elle ne nous donne, devraient plutôt profiter aux Français. Avec Marine Le Pen, nous leur rendrons leur argent. (Mêmes mouvements.)

Ah bon ?

C’est au ras des pâquerettes !

La parole est à M. le ministre délégué.

Gabriel Attal ministre délégué · EPR #253

Quels cadeaux faisons-nous donc à l’Union européenne ? Vous critiquez en permanence la contribution de la France à l’Union européenne, mais ce qui vous pose un problème, c’est l’adhésion de la France à l’Union européenne. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE. – « Non ! » sur les bancs du groupe RN.) Vous vous cachez derrière des questions budgétaires, mais, en réalité, ce que vous voulez, c’est la sortie de la France de l’Union européenne. Vous prétendez que ce serait une mesure d’économie, alors que ce serait la ruine de notre pays ! Voilà ce qui arriverait si vous accédiez aux responsabilités. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe HOR. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Ce sont des frexiteurs !

Crise de la démocratie

La parole est à Mme Cécile Untermaier.

Madame la Première ministre, la question que je vous pose ce 13 juin n’est pas la mienne. Pour la première fois, des citoyens de ma circonscription se sont réunis pour poser au Gouvernement une question citoyenne. Ces citoyens, qui sont présents dans les tribunes (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe Écolo-NUPES – M. Stéphane Peu applaudit aussi) et dont je ne suis que la porte-parole, ont retenu plusieurs thèmes : les déserts médicaux, la vie chère et le manque d’enseignants. Néanmoins, c’est la question de la démocratie qu’ils ont choisie, et leur défiance qu’ils ont décidé d’exprimer ici.Ils disent tous qu’ils continuent à s’intéresser à la politique, mais que rien n’a changé pour eux, ni avec le grand débat, ni avec les conventions citoyennes, ni avec les promesses d’une démocratie plus représentative.

C’est normal, c’est de l’escroquerie !

« Au contraire, disent-ils, nous assistons à l’utilisation en rafale des articles 49.3, 47-1 et, dernièrement, de l’article 40. » (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et Écolo-NUPES. – M. François Piquemal applaudit aussi.) Or la démocratie ne se limite pas à des procédures constitutionnelles. Ce qui la caractérise, c’est la délibération et la discussion publique, où s’échangent les arguments contradictoires. Ces citoyens considèrent qu’ils ne pèsent plus sur le cours des choses et que nous, députés qui les représentons, sommes ligotés, que notre mandat est vidé de sens. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

Il est un peu orienté, ce collectif !

Quittez la NUPES !

Neuf d’entre eux sont ici présents pour vous alerter sur le fossé qui se creuse avec les gouvernants.

Bien évidemment, le comportement des députés de la NUPES n’y est jamais pour rien !

Ils vous demandent si vous en avez conscience et quelles mesures concrètes et immédiates vous entendez proposer pour que la vie politique renoue avec le « tous ensemble ». Je précise qu’ils vous écoutent ; ne les décevez pas. (Mmes et MM. les députés du groupe SOC se lèvent et applaudissent. – Les députés du groupe Écolo-NUPES ainsi que plusieurs députés des groupes LFI-NUPES, GDR-NUPES et LIOT applaudissent aussi.)

Quelle démagogie !

La parole est à M. le ministre délégué chargé du renouveau démocratique, porte-parole du Gouvernement.

Olivier Véran ministre délégué chargé du renouveau démocratique, porte-parole du Gouvernement · RE #268

Je salue les neufs citoyens dont vous vous faites le porte-voix et vous félicite à titre personnel pour cette initiative fondamentale. Bienvenue à tous les citoyens qui sont présents dans les tribunes, comme c’est le cas chaque semaine, et écoutent nos débats. Ils sont parfois interloqués par le bruit qui peut régner lors de certaines interventions…

Par la nullité des réponses, surtout !

Par le ministre qui ne connaît jamais rien au sujet !

Olivier Véran ministre délégué · RE #271

…et, en général, se font assez vite une idée de qui, dans cet hémicycle, sont les pompiers et de qui sont les pyromanes. (« Oh, le démago ! » et « Pas de leçons ! » sur les bancs du groupe RN.)Vous l’avez dit, nous traversons une crise de confiance dans le politique. La crise de confiance concerne aussi les médias que l’on qualifie désormais de « traditionnels », comme pour mieux les distinguer de médias qui seraient « non traditionnels », que l’on voit notamment sur les réseaux sociaux. La crise de confiance touche la science, comme nous l’avons vu pendant le covid-19.

Quel blabla !

Olivier Véran ministre délégué · RE #274

En tout cas, la crise de confiance dans le politique dépasse tous les clivages. Il y a quelques années, madame Untermaier, nous siégions sur les mêmes bancs…