Séance du 2 novembre 2023 /// n°35 /// 785 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2023-2024

Séance du 2 novembre 2023 — 35e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Valérie Rabault.

785prises de parole
42orateurs
5points à l'ordre du jour
15scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
2840 l'amendement n° 1455 de Mme Garrido à l'article 35 et État B de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2024 (première lecture) - Mission … 18 / 30 rejeté
2841 l'amendement n° 1822 de Mme Roullaud à l'article 35 et État B de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2024 (première lecture) - Mission… 18 / 33 rejeté
2842 l'amendement n° 697 de Mme Faucillon à l'article 35 et État B de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2024 (première lecture) - Mission… 21 / 51 rejeté
2843 l'amendement n° 1844 de M. Iordanoff et l'amendement identique suivant à l'article 35 et État B de la seconde partie du projet de loi de finances pour… 24 / 29 rejeté
2844 l'amendement n° 1855 de Mme Bassire à l'article 35 et État B de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2024 (première lecture) - Mission … 14 / 34 rejeté
2845 l'amendement n° 1860 de Mme Untermaier à l'article 35 et État B de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2024 (première lecture) - Missi… 23 / 33 rejeté
2846 l'amendement n° 1856 de Mme Bassire à l'article 35 et État B de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2024 (première lecture) - Mission … 36 / 33 adopté
2847 l'amendement n° 770 de Mme Bordes à l'article 35 et État B de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2024 (première lecture) - Mission Ju… 19 / 48 rejeté
2848 l'amendement n° 670 de M. Schreck à l'article 35 et État B de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2024 (première lecture) - Mission Ju… 19 / 49 rejeté
2849 l'amendement n° 771 de Mme Bordes à l'article 35 et État B de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2024 (première lecture) - Mission Ju… 15 / 37 rejeté
2850 l'amendement n° 1435 de M. Coulomme à l'article 35 et État B de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2024 (première lecture) - Mission … 17 / 59 rejeté
2851 l'amendement n° 1436 de Mme Garrido à l'article 35 et État B de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2024 (première lecture) - Mission … 18 / 60 rejeté
2852 l'amendement n° 1456 de M. Coulomme à l'article 35 et État B de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2024 (première lecture) - Mission … 9 / 42 rejeté
2853 l'amendement n° 1839 de M. Iordanoff à l'article 35 et État B de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2024 (première lecture) - Mission… 12 / 44 rejeté
2854 l'amendement n° 1449 de Mme Garrido à l'article 35 et État B de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2024 (première lecture) - Mission … 12 / 45 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 601 à 785 sur 785 — page 4 / 4.

Suspension et reprise de la séance

Éric Coquerel président de la commission des finances · LFI #869

Je réponds à M. Erwan Balanant sur une question de procédure. Le Gouvernement aura recours à l’article 49, alinéa 3, de la Constitution. Or il est possible que certains amendements soient retenus tandis que les autres ne le seront pas. Par sécurité, il vaut donc mieux voter les deux amendements nos 1800 et 1852.

Vous avez raison. C’est pour cela que je l’ai soutenu.

Jean-René Cazeneuve rapporteur général · EPR #871

Visionnaire !

#872

(Les amendements identiques nos 1852 et 1800 sont adoptés.)

· ADOPTION de plusieurs amendements (main levée) adts
Valérie Rabault president · SOC #873

La parole est à M. Jérémie Iordanoff, pour soutenir l’amendement no 1841.

Par cet amendement, le groupe Écologiste propose un renforcement substantiel des crédits alloués à la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).Les juges des enfants témoignent de difficultés croissantes des services de la PJJ. Leur fonction d’assistance éducative est particulièrement bouleversée, du fait des moyens affectés à la mise en œuvre dite prioritaire du code de justice pénale des mineurs. La priorité donnée au pénal aggrave sensiblement la situation des mineurs en danger, d’autant que le nombre d’enfants suivis a augmenté de 15 % entre 2015 et 2021.Alors qu’un enfant meurt tous les cinq jours du fait de maltraitances de son entourage proche, quatre-vingt-douze emplois supplémentaires seulement seront affectés au budget de la PJJ cette année. Cela nous semble insuffisant, d’où cet amendement.

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #878

L’amendement ayant été rejeté en commission, avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #880

Même avis.

#881

(L’amendement no 1841 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Valérie Rabault president · SOC #882

La parole est à Mme Cécile Untermaier, pour soutenir l’amendement no 1550.

Comme le précédent, il vise à augmenter les moyens de la protection judiciaire de la jeunesse, mais seulement à hauteur de 30 millions d’euros. Ces moyens supplémentaires sont nécessaires pour augmenter le nombre de psychologues aidant ce public qui en a vraiment besoin.

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #885

Il a également été rejeté par la commission. Avis défavorable.

#886

(L’amendement no 1550, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Valérie Rabault president · SOC #887

La parole est à M. Jérémie Iordanoff, pour soutenir l’amendement no 1843.

Par cet amendement, le groupe Écologiste-NUPES propose que toutes les victimes soient assistées d’un avocat lors des auditions, au titre de l’AJ. Bien que le droit à l’assistance d’un avocat ait été réaffirmé dans le code de procédure pénale en 2022, aucune ligne budgétaire ne permet à ce jour d’indemniser les interventions de l’avocat pour assister la victime au stade de l’enquête, à l’exception des séances de confrontation ou d’identification des suspects. Comme le souligne le récent rapport parlementaire « Plan rouge vif – Améliorer le traitement judiciaire des violences intrafamiliales », une extension de l’AJ à la phase d’enquête permettrait notamment un meilleur accompagnement des victimes de violences intrafamiliales.

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #890

Cet amendement n’a pas été examiné par la commission. Avant de l’étendre, il est nécessaire de consolider le pilotage de l’AJ – ce à quoi j’ai appelé à de multiples reprises –, pour lui garantir un financement pérenne et soutenable. Avis défavorable.

#891

(L’amendement no 1843, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Valérie Rabault president · SOC #892

La parole est à Mme Cécile Untermaier, pour soutenir l’amendement no 1861.

C’est un amendement « mieux-disant », qui vise à augmenter les moyens de l’AJ à hauteur de 100 millions d’euros, contre 80 millions dans l’amendement précédent.

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #895

Pour les mêmes raisons que précédemment, avis défavorable.

#896

(L’amendement no 1861, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Valérie Rabault president · SOC #897

La parole est à Mme Pascale Bordes, pour soutenir l’amendement no 767.

Il vise à abonder le budget consacré à l’accompagnement des victimes d’infractions, afin notamment de permettre l’augmentation du nombre de bracelets antirapprochement (BAR) et de téléphones grave danger.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #899

On n’en manque pas.

Le rapport annuel de performances indique que l’aide aux victimes pénales bénéficiera en 2024 d’un budget de 46,5 millions d’euros, en hausse de 2 millions par rapport à 2023. S’il est louable, cet effort budgétaire n’en reste pas moins insuffisant pour lutter efficacement contre les violences conjugales, et singulièrement contre les violences faites aux femmes.À titre d’exemple, l’Espagne, qui est régulièrement considérée comme un modèle en matière de lutte contre les violences faites aux femmes et s’est dotée d’une des lois les plus protectrices au monde sur ce sujet, y a consacré pas moins de 748 millions d’euros en 2021. Trois ans plus tard, la France ne prévoit que 46,5 millions d’euros, et même si elle a augmenté le nombre de TGD, elle en compte toujours quinze fois moins que l’Espagne.Un effort considérable a déjà été consenti, mais nous n’avons plus le temps d’attendre : la […]

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #904

Cet amendement n’ayant pas été examiné en commission, je m’en remettrai, à titre personnel, à la sagesse de l’Assemblée. Le déploiement de TGD et de BAR va dans le bon sens, mais le quantum est-il le bon ? Ce sujet, qui a pris toute sa place dans le débat public, mérite un échange avec M. le garde des sceaux.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #906

Nous avons suffisamment de BAR en stock pour remplacer immédiatement auprès de la juridiction l’appareil qu’elle aurait attribué : tel est notre étalon. Auriez-vous eu connaissance d’une juridiction où un magistrat se serait retrouvé dépourvu de BAR alors qu’il aurait souhaité l’utiliser ? Comme je l’avais expliqué dans une circulaire – qui avait été d’ailleurs été qualifiée de comminatoire –, ces outils importants n’ont pas vocation à rester dans les tiroirs. Je pense avoir été entendu : 5 500 TGD et 1 028 BAR sont actifs dans tout le territoire. Dès lors que les dispositifs sont immédiatement remplacés lorsqu’un magistrat décide d’y avoir recours, je suis défavorable à votre amendement.J’ajoute que nous présenterons bientôt un texte – en cours d’examen au Conseil d’État – tendant à raccourcir les délais des ordonnances de protection, qui pourront désormais être prises très rapidement […]

La parole est à Mme Pascale Bordes.

Contrairement à ce que vous affirmez, les juridictions manquent manifestement de ces matériels. Vous m’avez demandé si j’avais eu connaissance d’un dysfonctionnement : j’ai un exemple très récent. Il y a à peine un mois, le tribunal judiciaire de Nîmes a été dans l’incapacité de délivrer à une femme un TGD qu’elle avait pourtant attendu longtemps, au motif qu’il était dysfonctionnel. J’ignore quel était précisément le problème, mais elle n’a pas eu le téléphone en temps et en heure et a à nouveau subi les coups de son conjoint violent. Il existe donc bel et bien des dysfonctionnements. De nombreuses associations d’aide aux victimes comme les victimes elles-mêmes déplorent les difficultés rencontrées avec ces outils : peut-être faudrait-il les renouveler.

La parole est à M. le garde des sceaux.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #912

Je ne peux pas vous laisser dire ça. Si un TGD ne fonctionne pas, ce n’est ni de votre faute, ni de la mienne : c’est un aléa technique. Et un téléphone qui ne marche pas doit évidemment être remplacé – je répète que nous en avons à disposition.J’en profite pour préciser, puisque vous ne l’avez pas fait – mais peut-être l’ignorez-vous –, que nous lancerons très prochainement une nouvelle génération de BAR, que je qualifie de BAR « 5G ». Ces outils, qui usent d’une technologie plus moderne, seront plus efficaces. Mécontent d’un opérateur, j’ai par ailleurs pris des dispositions fortes pour le remplacer :…

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #915

…les outils sont à disposition, et ils doivent fonctionner.Mais ce n’est pas parce qu’un TGD était dysfonctionnel à Nîmes que tout le système doit être considéré comme défaillant : c’est bien loin d’être le cas. De même que vous pourriez tomber sur un appareil défectueux en achetant un smartphone, ce sont des choses qui arrivent…

Les conséquences sont quand même très différentes !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #918

…– et peut-être existe-t-il quelques autres cas en France. Cela ne doit pas pour autant conduire à remettre en cause la politique du ministère, qui encourage à utiliser au maximum ces outils devenus absolument indispensables pour lutter le plus efficacement possible contre les violences intrafamiliales.

#919

(L’amendement no 767 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Valérie Rabault president · SOC #920

La parole est à Mme Pascale Bordes, pour soutenir l’amendement no 768.

Il est de repli.

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #923

Sagesse.

#924

(L’amendement no 768, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Valérie Rabault president · SOC #925

La parole est à Mme Béatrice Roullaud, pour soutenir l’amendement no 1821.

Il vise à augmenter les moyens, encore insuffisants, octroyés par l’État aux victimes de violences, particulièrement lorsqu’il s’agit de femmes et d’enfants. Des efforts doivent notamment être faits en matière de formation des professionnels de la justice et de suivi psycho-social des victimes.On sait à présent qu’il est important d’être bien formé pour recueillir la parole de l’enfant, et qu’il est tout aussi nécessaire de suivre des formations pour mieux connaître les mécanismes d’emprise et de sidération que subissent les femmes victimes de violences, afin de mieux saisir leur discours et leurs réactions. Un policier ou un magistrat sera plus à même de questionner et d’auditionner – voire, pour ce dernier, de protéger et de juger – s’il est formé sur ces questions. Cette formation, préconisée par la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants […]

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #931

Je ne dispose pas du programme de formation de l’ensemble des personnels de justice, mais d’après les informations qui figurent sur son site internet, l’École nationale de la magistrature (ENM) considère la formation comme un outil majeur dans la prise en charge et le traitement des violences intrafamiliales. À ce titre, elle dispensera à la promotion 2023 des élèves magistrats une séquence pédagogique de trois jours dédiée à ces violences. L’association La Voix de l’enfant est également intervenue à plusieurs reprises à l’ENM.Pour finir, je salue le très grand investissement de M. Édouard Durand, coprésident de la Ciivise et spécialiste de ces questions. Ce sujet important me semble bien couvert par les dispositifs de formation. À titre personnel, puisque la commission n’a pas examiné l’amendement, je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #934

La prise en charge des enfants victimes est un sujet majeur. Au-delà de l’augmentation des subventions aux associations d’aide aux victimes, notamment mineures, le budget que j’ai l’honneur de vous présenter prévoit également des moyens pour développer les unités d’accueil pédiatrique des enfants en danger (Uaped).Nous en voulions une par département à l’origine. Il en existe désormais 145 – j’ai inauguré celle de Brive-la-Gaillarde la semaine dernière – et je souhaite leur création dans le ressort territorial de chaque tribunal judiciaire.Je pourrais également évoquer l’indemnisation des administrateurs qui aident les enfants, les chiens d’assistance judiciaire ou la formation des magistrats. Nous sommes très attentifs à cette question, qui vous préoccupe légitimement, mais à laquelle notre budget répond déjà. C’est pourquoi je suis défavorable à votre amendement. (Mme Béatrice […]

#937

(L’amendement no 1821 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Valérie Rabault president · SOC #938

La parole est à M. Antoine Léaument, pour soutenir l’amendement no 1446.

Il vise à créer des pôles judiciaires de lutte contre les discriminations et les violences intrafamiliales, sexuelles et sexistes dans les tribunaux – M. Pradié a défendu la même idée il y a quelques mois, en plaidant pour la création de juridictions spécialisées. Cette idée avait alors recueilli l’assentiment de notre assemblée.Il serait bon d’avancer. De tels pôles iraient de pair avec la formation de magistrats, fondamentale en la matière. (Mme Béatrice Roullaud s’exclame.) Quand les choses se passent bien, je sais le reconnaître. En l’espèce, le développement de la formation dans les commissariats et les gendarmeries a été une de vos priorités. Tout n’est pas parfait, mais la situation s’améliore également du fait de la prise en considération sociale. Nous estimons que la création de pôles spécialisés permettrait d’accélérer le mouvement.

Il faut être cohérent !

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #943

Votre demande de création, dans les tribunaux, de pôles judiciaires de lutte contre les discriminations et les violences intrafamiliales, sexuelles et sexistes a été rejetée en commission. La Première ministre a annoncé cette année que près de 200 pôles spécialisés dans les VIF seront créés dans les tribunaux. Vous avez raison, la proposition avait été débattue dans l’hémicycle, et soutenue par notre collègue Aurélien Pradié. Votre amendement est donc en partie satisfait. Je laisserai le ministre vous répondre quant à la pertinence de l’extension des compétences de ces pôles aux violences sexuelles et sexistes.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #945

À la suite des recommandations du remarquable rapport d’Émilie Chandler, députée, et Dominique Vérien, sénatrice, qui ont entendu plus de 400 témoins et se sont déplacées partout en Europe pour analyser ce qui se fait de mieux, l’idée de créer des pôles dédiés aux violences intrafamiliales a émergé. Le décret est à l’étude devant le Conseil d’État. Nous pourrons bientôt les mettre en place – le plus vite possible j’espère. En conséquence, avis défavorable.

#946

(L’amendement no 1446 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Valérie Rabault president · SOC #947

L’amendement no 769 de Mme Pascale Bordes est défendu.

#948

(L’amendement no 769, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Valérie Rabault president · SOC #949

La parole est à M. Jérémie Iordanoff, pour soutenir l’amendement no 1840.

Nous proposons d’augmenter les moyens alloués à la lutte contre les violences intrafamiliales et, plus spécifiquement, au financement des structures de contrôle judiciaire avec placement probatoire des conjoints violents.Le CJPP est un dispositif expérimental créé en 2020 à la suite du Grenelle des violences conjugales. Cet outil permet l’éviction immédiate du conjoint violent qui a l’obligation de fixer sa résidence au sein d’une structure déterminée par le magistrat, et qui se voit imposer une prise en charge assurée par une association habilitée et par le service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip).Le groupe Écologiste-NUPES soutient ce dispositif qui présente de nombreux bénéfices : c’est à la fois un moyen d’assurer la protection des victimes et une alternative innovante à la détention provisoire, qui permet à l’auteur des violences de conserver une activité […]

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #955

Cet amendement a été rejeté par la commission ; avis défavorable donc.

#956

(L’amendement no 1840, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Valérie Rabault president · SOC #957

La parole est à Mme Emeline K/Bidi, pour soutenir l’amendement no 701.

Il s’agit d’allouer des crédits supplémentaires au suivi des auteurs de violences intrafamiliales. La lutte contre ces violences a été déclarée grande cause nationale, et des moyens considérables ont été débloqués pour les victimes. Nous saluons ce résultat – il faut reconnaître quand les choses vont bien.Notre amendement vise à consacrer également des moyens au suivi des auteurs, en créant notamment des centres de suivi spécialisés puisque l’expérimentation semble concluante. Il ne s’agit pas de faire preuve d’empathie envers les auteurs de telles violences, mais un meilleur suivi permettrait d’éviter la réitération des faits, protégeant ainsi mieux les victimes.

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #961

La commission ne s’est pas exprimée sur cet amendement. À titre personnel, je m’en remets à la sagesse de notre assemblée.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #963

Le contrôle judiciaire avec placement probatoire a beaucoup évolué. Après l’expérimentation menée fin 2020 à Nîmes et Colmar, le dispositif a été étendu à huit sites supplémentaires dès avril 2022. Désormais, les 165 places d’hébergement représentent une dépense annuelle de 2,5 millions d’euros. Depuis la fin de 2020, 264 personnes ont été prises en charge dans le cadre d’un CJPP.Le dispositif monte en puissance mais, je vous rassure, son financement est entièrement couvert par les crédits prévus pour 2024. Je suis donc défavorable à votre amendement.

La parole est à Mme Cécile Untermaier.

Cet amendement est important car il met en lumière un sujet majeur. En effet, les ordonnances de protection ne sont pas toujours respectées et l’on s’aperçoit que l’auteur des faits revient parfois là où l’on lui a pourtant interdit d’aller, entrant en contact avec la victime, sans que l’institution dispose des moyens d’identifier de tels dysfonctionnements ou de les contrôler. Ces 2,5 millions d’euros doivent donc également permettre de financer un dispositif qui garantisse la bonne exécution des décisions de justice.

#967

(L’amendement no 701 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Valérie Rabault president · SOC #968

La parole est à M. Philippe Schreck, pour soutenir l’amendement no 694.

Il s’agit d’un amendement dont la portée financière est limitée – 2 millions d’euros – visant à augmenter le budget alloué au bracelet antirapprochement. Monsieur le ministre, vous estimez que, dans la mesure où chaque décision s’accompagne de la mise à disposition de matériel, il n’y a pas lieu d’augmenter le budget. Mais, au 1er juillet 2023, quand on comptait quelque 930 BAR en service en France, on en dénombrait 3 500 en Espagne. Si les violences intrafamiliales sont une grande cause nationale, comment expliquer une telle différence ? C’est tout simplement que le stock ne suit pas…

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #970

Mais si !

Et si, demain, il y a 1 000 demandes de bracelets antirapprochement, le stock ne suivra pas.

Il suit depuis le début, le stock !

C’est pourquoi nous plaidons pour une montée en charge financière. L’Assemblée doit la voter car on ne peut pas dire, comme le fait le ministre, que ce n’est pas grave si cela ne fonctionne pas puisque cela arrive aussi parfois quand on achète un téléphone dans un magasin. Les enjeux individuels et collectifs sont ici bien supérieurs ! Un tel stock permettrait de pourvoir au remplacement de dispositifs qui, parfois, dysfonctionnent.

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #975

La commission ne s’est pas exprimée. À titre personnel, je m’en remets à la sagesse de notre assemblée.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #977

Monsieur Schreck, vous avez repris à votre compte une partie de nos échanges sur ce fameux téléphone qui ne fonctionnait pas à Nîmes.

Je n’ai pas parlé de téléphones, mais de bracelets !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #979

D’ailleurs, madame Bordes, je vous informe que je ferai appeler Nîmes demain. C’est aussi l’intérêt de l’échange avec les parlementaires !Vous me parlez de l’Espagne. Mais les Espagnols ont été proactifs dès 2004, ce qui n’est pas notre cas. Pour autant, nous n’avons pas à rougir de l’évolution du déploiement des BAR et des TGD. En 2024, nous poursuivons la montée en charge de ces dispositifs, et le financement sera assuré sur les crédits du programme 107 en tant que de besoin, voire par redéploiement de crédits. L’abondement n’est donc pas nécessaire. Votre amendement étant satisfait, je vous propose de le retirer ; sinon j’y serai défavorable.

#981

(L’amendement no 694 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Valérie Rabault president · SOC #982

La parole est à Mme Sarah Legrain, pour soutenir l’amendement no 1457.

Il s’agit d’un amendement d’appel plaidant pour une évaluation des besoins en bracelets antirapprochement et en téléphones grave danger dans les territoires. Notre débat illustre que nous ne sommes pas d’accord sur l’adéquation du nombre d’équipements aux besoins. Une étude permettrait d’évaluer les besoins dans les territoires et de répondre à cette question. En outre, une telle évaluation permettrait aussi au ministère de plaider, le cas échéant, pour un renforcement des moyens en s’appuyant sur les statistiques de terrain. Personne ici ne peut s’y opposer car une telle étude nous permettrait ensuite d’ajuster au mieux le budget.

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #985

Sagesse.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #987

Je comprends votre préoccupation, mais, je le répète, dès qu’un BAR est utilisé, un nouveau arrive automatiquement. Les juridictions sont donc déjà parfaitement en mesure d’exprimer leurs besoins en bracelets antirapprochement et en téléphones grave danger. Elles disposent déjà d’un stock. Nous n’avons pas besoin d’étude. N’ayez crainte : aucun justiciable ne sera démuni et tous peuvent être protégés. Avis défavorable.

La parole est à Mme Sarah Legrain.

J’entends ce que vous me dites, mais cela ne fonctionne pas ainsi pour les téléphones grave danger…

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #990

Mais si !

…– seulement pour les BAR. Je m’étonne aussi des chiffres que vous nous donnez : ils me semblent bien faibles rapportés au nombre de départements. Si on fait une simple division, on arrive en effet à 10 TGD par département. Il serait donc utile de disposer des chiffres exacts pour connaître les besoins précis des territoires.

La parole est à Mme Pascale Bordes.

Nous sommes opposés à cette mesure : il existe effectivement d’autres moyens d’obtenir les chiffres. Surtout, il n’est pas question de dépenser 1 million pour une étude qui prendra du temps – dans l’intervalle, les moyens feront défaut et les femmes continueront à mourir. Elles n’ont pas le luxe d’attendre : le temps est à l’action et pas aux études !S’agissant des problèmes liés au téléphone grave danger, vous semblez oublier que ce ne sont pas les victimes qui demandent à bénéficier d’un téléphone ou d’un bracelet : c’est la juridiction qui le leur propose, et s’il n’y a pas de stock, elle ne le fait pas ! Ces données sont donc totalement faussées et je maintiens que nous manquons de matériel, de téléphones comme de bracelets.

La parole est à M. le président de la commission des finances.

Éric Coquerel président de la commission des finances · LFI #996

Monsieur le garde des sceaux, j’entends vos réponses sur le nombre suffisant de téléphones grave danger et de bracelets antirapprochement, mais je souhaiterais vous poser une question. Il y a deux ans, à Épinay-sur-Seine, dans ma circonscription de Seine-Saint-Denis, une femme a été tuée par son conjoint alors qu’elle possédait un téléphone grave danger ; personne ne l’avait prévenue que son conjoint avait été libéré. Des dispositions ont-elles été prises pour éviter qu’une telle situation se reproduise ?

La parole est à M. le garde des sceaux.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #998

J’ai pris deux décrets qui me tiennent à cœur. Le premier permet de considérer l’enfant témoin de violences conjugales entre ses parents comme une victime, avec les droits afférents. Le deuxième permet que le conjoint – c’est généralement une femme – soit prévenu de la libération du détenu incarcéré pour des faits de violence à son encontre. Nous avons donné des directives très claires. L’administration est en effet tenue de signaler les libérations : ce texte, réglementaire, est aujourd’hui entré en application.

C’était indispensable !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #1000

C’était indispensable, vous avez raison. De fait, quelques victimes se sont retrouvées face à leur bourreau, sorti de prison sans qu’elles le sachent.Pour le reste, je maintiens que nous avons passé consigne aux juridictions de se faire livrer dès qu’elles utiliseraient un TGD ou un BAR ; la Chancellerie reste à leur disposition en cas de problème. Je ne comprends donc pas que certaines juridictions ne disposent pas du matériel nécessaire ; si tel est le cas, ce n’est en tout cas pas du fait de la Chancellerie.Je suis sérieux quand je vous dis que j’appellerai la juridiction nîmoise : je le ferai parce que c’est mon boulot. Je vous promets que je leur demanderai pourquoi ce satané téléphone n’a pas fonctionné – alors qu’il est si nécessaire dans ce genre de situation –, pourquoi aucun autre n’était disponible et pourquoi les commandes qui auraient dû être passées ne l’ont pas été.J’en […]

#1005

(L’amendement no 1457 n’est pas adopté.) (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Valérie Rabault president · SOC #1006

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard, pour soutenir l’amendement no 1174.

Nous avons évoqué les dysfonctionnements qui concernent l’approvisionnement en bracelets antirapprochement et en téléphones grave danger. Je voudrais en signaler d’autres, qui alourdissent le dispositif et poussent certaines juridictions, notamment Paris, à en attribuer particulièrement peu, si ce n’est pas du tout.Ludovic Fossey, magistrat au tribunal de Créteil et membre de l’Association nationale des juges de l’application des peines (Anjap) estime ainsi que « sur le plan technique, c’est une catastrophe. Pour dix bracelets en cours, on a tous les jours trente ou quarante rapports. Dans la masse des rapports, de vrais incidents, il y en a relativement peu ». Cécile Delazzari, vice-présidente de l’Anjap, ajoute : « on est tellement noyés sous les alertes qu’on ne réussit pas à les regarder toutes en temps réel comme on le devrait. Ça tue l’efficacité. »Des ressources supplémentaires […]

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #1010

Cette vision des choses est insupportable !

Ce n’est pas moi qui le dis !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #1012

Ce n’est pas bien faire ça !

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #1014

La commission ne s’est pas exprimée sur le sujet. Il s’agit d’un amendement d’appel pour permettre au garde des sceaux d’apporter des précisions. Je m’en remets donc à la sagesse de cette assemblée.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #1016

Je vais être très franc : tant qu’à critiquer, on pourrait préalablement dire ce qui fonctionne bien. J’entends vos critiques – je pense même qu’elles sont légitimes. Cependant, en 2022, les bracelets antirapprochement ont déclenché 3 634 interventions des forces de sécurité intérieure. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on a évité 3 634 crimes, mais sans ces interventions, certains faits auraient pu s’avérer extrêmement graves.Ensuite, il est vrai qu’il y a eu des difficultés, notamment en région parisienne – pour des raisons purement techniques. Je suis incapable de vous expliquer les détails – je ne suis pas technicien –, mais cela semble tenir à la densité de population dans les grandes agglomérations.Ces difficultés ont été résolues de deux façons : j’ai d’abord eu une réunion musclée avec les opérateurs, pour leur dire que, si les bracelets antirapprochement ne marchaient pas, nous […]

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard.

C’était exactement le but de mon amendement, qui était un amendement d’appel. Nous nous retrouvons sur ces constats. À Béziers aussi, nous avons notre lot de féminicides et de femmes qui sont victimes tous les jours des coups de leur conjoint ou de leur ex-conjoint. Je serais donc bien la dernière à remettre en cause le dispositif du bracelet antirapprochement et du téléphone grave danger. J’ai simplement pointé du doigt des dysfonctionnements que je n’ai pas inventés, mais qui ont été dénoncés par des magistrats. C’est l’objet de cet amendement : améliorons autant que possible les mécanismes qui sont à notre disposition – je pense que nous sommes tous d’accord sur ce point.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #1022

Oui !

Et si pour ce faire il faut ajouter un peu d’argent, faisons-le. Nous sommes tous d’accord là-dessus, et je m’en réjouis !

#1024

(L’amendement no 1174 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt

Sur l’amendement 1839, je suis saisie par le groupe Écologiste-NUPES d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme Mereana Reid Arbelot, pour soutenir l’amendement no 1045.

Je ne comprends pas bien la place de cet amendement ; peut-être s’est-il égaré ? Quoi qu’il en soit, nous allons changer de sujet et, le temps de mon intervention, nous transporter loin d’ici.En Polynésie française, 58 % des terres sont en indivision. Cette situation s’explique au départ par la transposition du droit hexagonal en Polynésie, notamment pour la procédure d’enregistrement des terres. À la fin du Protectorat, en 1880, la propriété foncière n’étant pas clairement établie, l’État s’est approprié toutes les terres. Il en a ensuite rétrocédé certaines, en premier lieu à ceux qui avaient réussi à respecter les délais et la procédure – procédure pensée par les hommes de lois de l’Hexagone et totalement inadaptée au peuple polynésien, en particulier du fait de la barrière linguistique.Le coût est un autre facteur limitant pour sortir de l’indivision. Une aide a été créée par une […]

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #1032

Cet amendement n’a pas été débattu en commission. Il s’agit d’un sujet extrêmement complexe et les contentieux sont légion, au point d’engorger les tribunaux, comme le rappelait un rapport sénatorial de 2016. Le ministère de la justice doit jouer son rôle en fournissant les moyens nécessaires et en assurant un suivi précis des dossiers fonciers. Cependant, du fait du statut de la Polynésie, c’est le pays qui détient les principaux leviers d’action. Je m’en remets donc à la sagesse de l’Assemblée.

#1033

(L’amendement no 1045, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Valérie Rabault president · SOC #1034

La parole est à Mme Cécile Untermaier, pour soutenir l’amendement no 1551.

Cet amendement déjà défendu en commission vise à augmenter les crédits réservés à la formation dans les centres pénitentiaires. Cette charge relève certes des régions – mais elles ne peuvent l’assumer seules. La Chancellerie pourrait apporter son soutien à travers les crédits d’État mentionnés ici.Qu’on le veuille ou non, le détenu sortira un jour de prison. Il lui faut un métier, auquel il doit être formé pendant son temps de détention. Monsieur le garde des sceaux, vous avez fait des efforts : vous allez nous répondre qu’il est désormais possible de travailler en prison et qu’on y signe même des contrats de travail. J’ai cependant pu constater que ces contrats portent sur des métiers – liés à la manipulation, à l’emballage – qui n’en sont pas véritablement et qui sont voués à disparaître. Aux détenus qui sortiront un jour ou l’autre de prison, il faut proposer des métiers d’avenir.

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #1038

La commission a rejeté cet amendement, au motif que la formation professionnelle des détenus relève de la compétence des conseils régionaux.

#1039

(L’amendement no 1551, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Valérie Rabault president · SOC #1040

La parole est à M. Antoine Léaument, pour soutenir l’amendement no 1438.

Cet amendement d’appel vise à augmenter le budget relatif aux placements à l’extérieur, qui constituent une solution alternative à l’emprisonnement ; ils limitent les récidives et coûtent moins cher que le placement en prison. L’amendement a pour objectif d’augmenter tant la rémunération de la journée de placement que les budgets alloués aux associations, afin que celles-ci puissent travailler de manière satisfaisante.Vous nous avez expliqué tout à l’heure que la création de nombreuses places de prison permettrait d’atteindre l’objectif d’encellulement individuel. Je vous soupçonne de vouloir emprisonner plus de gens, ce qui ne permettra donc pas d’atteindre cet objectif, mais admettons que l’on vous croie : d’une certaine manière, cet amendement ira dans votre sens, puisque le placement à l’extérieur est un moyen moins onéreux de parvenir à l’encellulement individuel, tout en évitant […]

Il n’a pas totalement tort !

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #1046

La commission ne s’est pas exprimée sur cet amendement. À titre personnel, j’y suis défavorable parce qu’il ne faut pas opposer les différents dispositifs existants.

#1047

(L’amendement no 1438, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt

Sur l’amendement no 1449, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouvelle Union populaire, écologique et sociale d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Jérémie Iordanoff, pour soutenir l’amendement no 1839.

Comme celui que M. Léaument vient de défendre, cet amendement vise à augmenter les financements alloués aux mesures de placement à l’extérieur. De l’avis de nombreux professionnels, le placement à l’extérieur est la modalité d’exécution de la peine la plus adaptée aux personnes condamnées qui sont isolées et fragilisées. Il permet de sanctionner sans exclure, et constitue à ce titre un levier d’insertion et de prévention de la récidive particulièrement efficace. Les chiffres, si on les regarde de près, sont assez éloquents.Le placement à l’extérieur est de loin la mesure la moins prononcée. Au 1er juillet 2023, seules 968 personnes en ont bénéficié, en raison du manque de structures. Ce chiffre est dérisoire ; l’explication en est assez simple. Le prix de journée attribué aux associations ne correspond pas au coût de la prise en charge. En conséquence, celles-ci se désengagent du […]

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #1053

Avis défavorable sur cet amendement, qui a été rejeté par la commission.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #1055

Même avis.

Valérie Rabault president · SOC #1056

Je mets aux voix l’amendement no 1839.

#1057

(Il est procédé au scrutin.)

Valérie Rabault president · SOC #1058

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 56 Nombre de suffrages exprimés 56 Majorité absolue 29 Pour l’adoption 12 Contre 44

#1059

(L’amendement no 1839 n’est pas adopté.)

Valérie Rabault president · SOC #1060

L’amendement no 702 de Mme Elsa Faucillon est défendu.

#1061

(L’amendement no 702, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Valérie Rabault president · SOC #1062

La parole est à Mme Sarah Legrain, pour soutenir l’amendement no 1449.

Cet amendement de cohérence vise à prévoir un accompagnement juridique pour les travailleurs des plateformes qui souhaiteraient entamer des démarches de requalification pour être reconnus comme salariés. Malgré plusieurs décisions de justice – notamment l’arrêt Uber du 4 mars 2020 de la Cour de cassation –, vous vous obstinez à refuser la présomption de salariat ; vous refusez de considérer que ces travailleurs sont en réalité des salariés déguisés, que leurs plateformes ne reconnaissent pas comme tels.Si vous ne reconnaissez pas la présomption de salariat de ces travailleurs, il faut les aider à aller en justice pour réclamer leur requalification. En effet, ces démarches prennent du temps et demandent un accompagnement. Si vous ne considérez pas ces travailleurs comme des salariés et pensez qu’ils doivent recourir à la justice pour le prouver – celle-ci a d’ailleurs tranché en leur […]

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #1066

Premièrement, l’élaboration du dialogue social entre les plateformes et les travailleurs ayant conclu un contrat commercial avec elles est désormais assurée par l’Autorité des relations sociales des plateformes d’emploi (Arpe), qui a été créée en 2021. Deuxièmement, au printemps dernier, trois accords ont été signés, qui visent à renforcer les droits des livreurs indépendants de ces plateformes. Troisièmement, comme tous les justiciables, les travailleurs des plateformes peuvent bénéficier de l’aide juridictionnelle pour leur contentieux avec les entreprises pour lesquelles ils assurent une prestation de service. Ces trois arguments ont abouti au rejet de l’amendement par la commission. Avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #1068

Même avis.

La parole est à M. Antoine Léaument.

Il nous est difficile de comprendre pourquoi vous vous opposez à cet amendement. Le peuple a intérêt à ce que les personnes ubérisées, ces salariés déguisés, accèdent au statut de salariés effectifs. Collectivement, nous y avons tous intérêt. Ces travailleurs ont un statut de microentrepreneurs et travaillent, la plupart du temps, pour un seul donneur d’ordre ; parfois pour deux ou trois, parce qu’il est préférable d’être inscrit sur plusieurs plateformes pour obtenir des revenus suffisants.Contre l’avis du peuple tout entier, vous avez réformé notre système de retraite. Or salarier ces travailleurs est un moyen de financer celui-ci. Si vous voulez faire tourner ce système, vous avez intérêt à salarier des gens. Vous ne vous attendiez pas à cet argument ! (Mme Béatrice Roullaud s’exclame.)Puisque nous défendons ici l’intérêt général et que je ne doute pas que vous préfériez défendre ce […]

Valérie Rabault president · SOC #1073

Je mets aux voix l’amendement no 1449.

#1074

(Il est procédé au scrutin.)

Valérie Rabault president · SOC #1075

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 57 Nombre de suffrages exprimés 57 Majorité absolue 29 Pour l’adoption 12 Contre 45

#1076

(L’amendement no 1449 n’est pas adopté.)

Valérie Rabault president · SOC #1077

La parole est à M. Alexandre Portier, pour soutenir les amendements nos 863 et 862, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

Ce sont deux amendements de mon collègue Seitlinger. Le n° 863 vise à transférer 35 millions de crédits de la mission Conduite de la politique pénale et jugement des affaires pénales, du programme Justice judiciaire, vers la mission Soutien et formation du programme Administration pénitentiaire, afin de revaloriser les salaires des personnels pénitentiaires.L’amendement n° 862 vise à redéployer les crédits du programme Justice judiciaire vers le programme Administration pénitentiaire, afin de permettre la construction de places de prisons supplémentaires.

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #1081

Ces deux amendements n’ont pas été débattus en commission. Je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée.

#1082

(Les amendements nos 863 et 862, repoussés par le Gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Valérie Rabault president · SOC #1083

La parole est à Mme Cécile Untermaier, pour soutenir l’amendement no 1552.

J’ai évoqué tout à l’heure à la tribune l’importance de la justice restaurative, qui n’est plus à démontrer ; vous en êtes vous-même convaincu, monsieur le ministre. Dès 2024, nous devons envoyer un message fort aux magistrats, en leur faisant savoir que 30 millions d’euros sont réservés à la justice restaurative et qu’ils doivent s’en servir. Si nous ne le faisons pas, nous perdons du temps ; or nous devons agir très vite, tant la justice restaurative est essentielle à la lutte contre la récidive.Je vous ai parlé du Québec, je pourrais tout aussi bien vous parler des violences intrafamiliales ; la justice restaurative est essentielle. Sans opposer l’enfermement aux mesures alternatives à la détention, elle doit les accompagner. Faire figurer une intention dans le rapport annexé me semble insuffisant ; ce n’est pas à la hauteur du sens que nous devons donner à la peine. La justice […]

Quel est l’avis de la commission ?

Patrick Hetzel rapporteur spécial · DR #1087

Mme Untermaier vient d’insister sur le rôle spécifique et pertinent de la justice restaurative. La commission des finances a donné un avis négatif. À titre personnel, sagesse.

Par conséquent, avis défavorable.Quel est l’avis du Gouvernement ?

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #1089

Madame Untermaier, j’ai déjà eu l’occasion de dire que la justice restaurative méritait d’être développée. Avec certains parlementaires, dont vous-même, je suis en train d’y travailler.La majorité des crédits de l’action Aide aux victimes est destinée aux associations locales qui accompagnent les victimes d’infractions pénales et qui recourent déjà à des mesures de justice restaurative. Du point de vue organisationnel, un Comité national de la justice restaurative (CNJR) réunit les directions et les services du ministère pour coordonner les efforts. Le budget proposé dans le PLF me semble plus adapté aux besoins identifiés sur le territoire, ainsi qu’à la structuration de la démarche et de l’offre au niveau local. Il œuvre en particulier au déploiement d’une offre de justice restaurative partout sur le territoire, en dépassant toutes les disparités constatées.J’émets un avis défavorable […]

La parole est à M. Antoine Léaument.

Je vais nous faire gagner du temps. Je soutiens l’amendement no 1152, et j’en profite pour défendre l’amendement suivant, no 1450, qui est analogue.Pour celles et ceux qui ne sauraient pas ce qu’est la justice restaurative – parfois, à la commission des lois, nous sommes assez jargonnants –, elle consiste à effectuer une médiation entre l’auteur d’un acte et la victime. Par la parole, il s’agit de responsabiliser l’auteur, afin d’éviter la récidive et de permettre à la victime de se reconstruire.Monsieur le garde des sceaux, je comprends que vous souhaitez approfondir cette question et avancer. L’Assemblée nationale peut envoyer des signaux. En votant l’amendement de Mme Untermaier – si vous souhaitez faire des économies, le budget prévu par notre amendement est inférieur de 10 millions d’euros –, elle enverrait un bon signal, notamment au Gouvernement sur l’urgence de prendre en […]

#1096

(L’amendement no 1552 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Valérie Rabault president · SOC #1097

L’amendement no 1450 de M. Jean-François Coulomme est défendu.

#1098

(L’amendement no 1450, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

Valérie Rabault president · SOC #1099

Je vous indique qu’il reste 90 amendements à examiner ; cet après-midi, nous en avons examiné 60.La suite de la discussion budgétaire est renvoyée à la prochaine séance.

Ordre du jour de la prochaine séance

Valérie Rabault president · SOC #1102

Prochaine séance, ce soir, à vingt et une heures trente :Suite de la discussion de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2024 : suite de l’examen des crédits de la mission Justice.La séance est levée.

#1103

(La séance est levée à vingt heures.)

#1104

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra