Séance du 6 mars 2024 /// n°137 /// 1 278 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2023-2024

Séance du 6 mars 2024 — 137e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

1 278prises de parole
96orateurs
34points à l'ordre du jour
20scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
3412 l'amendement n° 18 de M. Bernalicis de suppression de l'article premier de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infra… 34 / 75 rejeté
3413 l'article premier de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère raciste, antisémite ou discriminato… 77 / 39 adopté
3414 l'amendement n° 55 de M. Odoul à l'article 2 de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère raciste,… 30 / 80 rejeté
3415 l'amendement n° 62 de M. Meyer Habib à l'article 2 de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère ra… 44 / 45 rejeté
3416 l'amendement n° 56 de M. Odoul à l'article 2 de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère raciste,… 30 / 72 rejeté
3417 l'amendement n° 57 de M. Odoul à l'article 2 de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère raciste,… 31 / 69 rejeté
3418 l'amendement n° 72 de M. Meyer Habib à l'article 2 de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère ra… 41 / 74 rejeté
3419 l'amendement n° 34 (rect.) de Mme Untermaier à l'article 2 de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à cara… 95 / 27 adopté
3420 l'article 2 de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère raciste, antisémite ou discriminatoire (p… 71 / 46 adopté
3421 l'amendement n° 16 de Mme Obono après l'article 2 de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère rac… 27 / 84 rejeté
3422 l'amendement n° 12 de M. Léaument après l'article 2 de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère r… 25 / 91 rejeté
3423 l'article 3 de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère raciste, antisémite ou discriminatoire (p… 58 / 33 adopté
3424 l'article 4 de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère raciste, antisémite ou discriminatoire (p… 82 / 27 adopté
3425 l'amendement n° 9 de Mme Obono après l'article 5 de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère raci… 28 / 97 rejeté
3426 l'amendement n° 11 de M. Léaument après l'article 5 de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère r… 28 / 97 rejeté
3427 l'amendement n° 13 de Mme Obono après l'article 5 de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère rac… 48 / 71 rejeté
3428 l'amendement n° 8 de Mme Abomangoli après l'article 5 de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère… 49 / 71 rejeté
3429 l'amendement n° 10 de Mme Abomangoli après l'article 5 de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractèr… 28 / 103 rejeté
3430 l'amendement n° 17 de Mme Obono après l'article 5 de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère rac… 30 / 102 rejeté
3431 l'ensemble de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère raciste, antisémite ou discriminatoire (pr… 107 / 0 adopté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 1278 — page 1 / 7.

Yaël Braun-Pivet president · EPR #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à quatorze heures.)

Questions au Gouvernement

Yaël Braun-Pivet president · EPR #6

L’ordre du jour appelle les questions au Gouvernement.

Violences faites aux femmes

La parole est à Mme Sarah Legrain.

Être une femme aujourd’hui en France, c’est, grâce à la détermination de générations de féministes, voir enfin la liberté de disposer de son corps inscrite dans la Constitution ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Et ce, malgré votre opposition initiale, malgré l’appel présidentiel au réarmement démographique !Mais c’est aussi voir ce droit entravé : suppression de centres réalisant des interruptions volontaires de grossesse (IVG), pénurie de pilules abortives, inutile deuxième clause de conscience.Être une femme aujourd’hui en France, c’est porter plainte pour viol et affronter des violences supplémentaires – fuites policières et médiatiques – et, dans 80 % des cas, un classement sans suite.Être une femme aujourd’hui en France, c’est voir la France s’allier à Victor Orbán pour bloquer une directive européenne contre le viol. (Applaudissements sur les bancs du groupe […]

La honte !

Ce n’est pas Macron, c’est la justice !

Être une femme aujourd’hui en France, c’est vous entendre, Aurore Bergé, lancer une mission pour « comprendre les mécanismes à l’œuvre » dans les violences sexuelles, pendant que vous attaquez les associations qui luttent depuis des années contre ces violences. Elles réclament des milliards ? Vous rabotez de 10 % le budget égalité femmes-hommes et vous vous amusez à menacer leurs subventions pour faire plaisir aux soutiens inconditionnels d’Israël. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)Être une femme aujourd’hui en France, c’est accueillir seule son enfant – faute de congé paternité égalitaire –, arrêter de travailler – faute de place en crèche – et vous entendre présenter comme des progrès un congé parental au rabais, un service public fantôme, un groupe de travail sur les mères isolées alors que vous passez votre temps à les stigmatiser.Être une femme aujourd’hui en […]

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.

Aurore Bergé ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations · EPR #20

Vous mélangez à peu près tous les sujets : il va être difficile de vous répondre sur chacun d’entre eux.Être une femme en France en 2024, c’est plus simple que cela ne l’était en 2017.Être une femme aujourd’hui en France, c’est permettre, en cas de plainte pour viol, qu’il y ait 30 % de condamnations de plus qu’en 2017 et c’est faire en sorte qu’elles débouchent dans 98 % des cas sur une peine de prison ferme avec, en moyenne, onze ans de réclusion criminelle.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux, ministre de la justice #23

Voilà !

Aurore Bergé ministre déléguée · EPR #24

Être une femme en 2024, c’est avoir une égalité professionnelle qui progresse, et c’est tant mieux !

À ce rythme-là , on aura atteint l’égalité dans deux cent ans !

Aurore Bergé ministre déléguée · EPR #26

Être une femme en 2024, c’est voir ses droits de plus en plus et de mieux en mieux respectés, notamment en matière de santé.Être une femme en 2024, c’est entendre les femmes ayant signé le manifeste des 343 nous dire récemment : « Vous avez dépassé nos rêves. Jamais nous n’aurions imaginé que l’IVG serait inscrite dans la Constitution » ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.) Et si ce rêve a été rendu possible, c’est parce qu’elles ont été là au premier jour et parce que nous avons été là collectivement.

Grâce à Mathilde Panot !

Aurore Bergé ministre déléguée · EPR #29

La grande différence entre vous et nous, c’est que nous, nous n’avons jamais essayé de mettre notre nom sur une proposition de loi. (Vives protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – Mme Ségolène Amiot mime un nez qui s’allonge.)

Quelle honte !

C’est Aurore Bergé qui dit cela !

Aurore Bergé ministre déléguée · EPR #32

Nous avons considéré que toutes celles qui y avaient contribué avaient permis cette victoire collective, qu’ils ou elles soient sénateurs ou députés, membres du Gouvernement ou qu’il s’agisse du Président de la République car c’est lui, madame la députée, qui a convoqué le Congrès.Être une femme en 2024, c’est considérer, malheureusement, qu’un groupe politique devrait faire son examen de conscience sur le sujet.

Parlez pour vous !

Aurore Bergé ministre déléguée · EPR #35

Être une femme en 2024, c’est constater avec regret que lorsqu’un député condamné pour violences conjugales a réintégré vos rangs, vous vous êtes levés, comme une seule femme et comme un seul homme, pour l’applaudir. (Nouvelles protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Ça suffit !

Vous ne savez que mentir !

Aurore Bergé ministre déléguée · EPR #38

Moi, je considère qu’on n’applaudit pas un homme coupable de violences conjugales,…

Ça suffit !

Aurore Bergé ministre déléguée · EPR #40

…on l’exclut de son groupe politique et on évite de donner des leçons de morale à tous les autres ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.)

Ecoutez la maîtresse !

Situation dans la bande de Gaza

La parole est à Mme Sabrina Sebaihi.

Gaza meurt de faim. Des dizaines d’enfants sont déjà morts de faim dans la bande de Gaza. Des milliers d’autres sont en situation de famine extrême. Ramasser la nourriture à même le sol est devenu pour eux le dernier espoir de survie. À Gaza donc, la déshumanisation organisée par Israël ne laisse aux Palestiniens qu’un seul choix : se nourrir de détritus ou mourir de faim.C’est dans ce contexte de famine généralisée que, le 29 février dernier, l’armée israélienne a tiré sur des civils lors d’une distribution d’aide humanitaire et a fait plus de cent morts. À Gaza, on meurt de faim…et on meurt aussi, parce qu’on a faim, dans l’indifférence la plus totale.Monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, nous voyons les horreurs et la bestialité de l’armée israélienne au quotidien, qu’il s’agisse de soldats se photographiant au milieu de sous-vêtements de femmes palestiniennes […]

La parole est à M. le ministre délégué chargé de l’Europe.

Jean-Noël Barrot ministre délégué chargé de l’Europe · Dem #51

Je vous prie de bien vouloir excuser l’absence de Stéphane Séjourné, ministre de l’Europe et des affaires étrangères.La guerre que le Hamas a déclenchée le 7 octobre dernier contre Israël, se rendant ainsi coupable du plus grand massacre antisémite du XXIe siècle, provoque au Proche-Orient une tragédie dont nous mesurons tous ici la gravité.À quelques jours du 8 mars, l’ONU vient de confirmer l’ampleur des atteintes à caractère sexuel commises envers les femmes israéliennes.La France est, après Israël, le pays qui compte le plus de victimes des attaques du 7 octobre. Trois Français sont toujours retenus comme otages à Gaza ; ils doivent être libérés.Après cinq mois de guerre, vous l’avez dit, la situation humanitaire à Gaza est catastrophique. Nous l’affirmons depuis le premier jour, et nous le répétons avec davantage de force aujourd’hui, les Palestiniens n’ont pas à être les victimes […]

Il faut agir !

Jean-Noël Barrot ministre délégué · Dem #59

Loin des polémiques, la France agit pour la paix et pour la protection des civils. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)

La parole est à Mme Sabrina Sebaihi.

Au delà des mots, nous attendons des actes. Je vous ai posé des questions très précises auxquelles vous n’avez pas répondu.Le largage de l’aide alimentaire est un aveu d’échec, celui de votre incapacité à faire ouvrir un couloir humanitaire destiné à assurer l’acheminement de cette aide aux Palestiniens. Je réitère ma question : qu’avez-vous prévu de faire concrètement pour mettre fin au génocide des Palestiniens ? (Applaudissements sur les bancs des groupes Écolo-NUPES, LFI-NUPES et GDR-NUPES. – Madame Fatiha Keloua Hachi applaudit également.)

Accompagnement des victimes de violences intrafamiliales

La parole est à Mme Aude Luquet.

Ce 8 mars se tient la Journée internationale des droits des femmes, droits qui doivent être défendus et martelés, au premier rang desquels figure celui d’être protégées contre les violences.Des progrès ont été faits, en matière aussi bien de réponse pénale que de dispositifs de signalement, de protection et de prise en charge. Dernièrement, une aide financière a été instituée afin que les victimes de violences puissent s’extraire au plus vite du foyer au sein duquel leur intégrité physique et psychologique sont menacées.Je tiens également à mettre en avant notre travail législatif et, notamment, le vote, hier soir, de la proposition de loi visant à créer l’ordonnance provisoire de protection immédiate.Mais s’il faut saluer les actions menées, seul compte le recul tangible des violences faites aux femmes. Or celles-ci subsistent. « Gigi », tuée par son conjoint à Cagnes-sur-Mer fin […]

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.

Aurore Bergé ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations · EPR #73

Nous étions ensemble chez vous à Melun pour échanger avec les forces de l’ordre, les gendarmes, l’ensemble des associations, qui tous forment cette chaîne de solidarité et d’écoute qui s’installe autour des femmes pour les aider à sortir de la spirale de la violence que vous avez décrite. Vous avez raison, la parole des victimes s’est libérée, de même que celle des témoins qui doivent pouvoir alerter et signaler. Il y a surtout une libération de l’écoute.Les femmes ont toujours parlé, décrit ce qu’elles subissaient mais aujourd’hui nous les écoutons et nous les croyons. Souvent, pour les extraire du cycle de la violence, elles sont bloquées par l’absence d’autonomie financière. Lorsque vous n’avez plus de compte bancaire, de métier, lorsque vous n’avez pas la capacité de payer un billet de train ou une nuit d’hôtel, vous ne pouvez pas vous échapper. Pour y remédier, une initiative […]

Budget des outre-mer

La parole est à M. Max Mathiasin.

Ma question s’adresse au Premier ministre. Supprimer purement et simplement 79 millions de crédits au budget des outre-mer, est-ce là toute votre ambition pour nos territoires ultramarins ? Cela représente plus de 8 % du budget dédié au logement, aux collectivités locales, au secteur sanitaire et social, à la jeunesse et à la continuité territoriale, si essentielle à nos compatriotes ultramarins – sans compter les annulations de crédits sur les autres budgets puisque vous annulez en tout 10 milliards d’euros, et cela sans concertation, sans même que les élus de la nation en aient été informés.Recours au 49.3, annulation de crédits, insincérité budgétaire, est-ce là la nouvelle méthode tant prônée par le Président de la République ? J’y vois, moi, toujours le même mépris pour les outre-mer et pour les élus.La réalité est que vous accentuez le sous-financement chronique face à une […]

Ils ne comptent pas !

…dynamiser les économies, faire face aux changements climatiques et assurer la souveraineté alimentaire et l’autonomie énergétique dans nos territoires ultramarins tout en supprimant leurs crédits ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT.)

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée des outre-mer.

Marie Guévenoux ministre déléguée chargée des outre-mer · RE #88

J’aurais préféré que, dans le cadre de votre question, vous notiez la hausse budgétaire sans précédent du ministère des outre-mer : elle s’élève à 380 millions, portant ce budget à 3,1 milliards pour l’année 2023, malgré les annulations de crédits évoquées.Par ailleurs, j’aimerais vous rassurer. Les priorités du Ciom, le comité interministériel des outre-mer, seront préservées, tout comme l’équilibre des discussions parlementaires qui avaient permis l’adoption, par des députés issus de tous les groupes, de 280 millions d’euros de crédits.Je me suis fixé deux priorités s’agissant du budget des outre-mer. La première est le logement, dont le budget de 291 millions – soit une hausse de 50 millions par rapport à l’année 2023 – est sanctuarisé. Cela permettra de construire et de réhabiliter des logements pour les ultramarins.La deuxième est la continuité territoriale, dont les crédits […]

La parole est à M. Max Mathiasin.

Le budget que nous avions préparé et duquel nous avions discuté prévoyait la prise en considération des retards structurels observés dans les outre-mer. Or vous supprimez une grande partie de ce budget. Nous continuerons de nous battre et nous vous invitons à vous battre avec nous. (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT.)

Interdiction de la benfluraline

La parole est à M. Pierre-Henri Dumont.

Monsieur le Premier ministre, les portes du Salon de l’agriculture viennent à peine de se refermer et déjà vous trahissez vos engagements, trahissez les agriculteurs, trahissez la ferme France.« Pas d’interdiction sans solution » : telle était votre devise sur les barrages d’agriculteurs ou dans les allées du salon. Pourtant, vous vous apprêtez à sacrifier les filières endives et chicorée, représentant 7 000 emplois, en particulier dans les Hauts-de-France, et près de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires.Ces deux filières emblématiques de notre patrimoine vont subir l’interdiction au niveau européen de la benfluraline, seule molécule efficace pour lutter contre les chénopodes, rendant le désherbage impossible autrement que par une explosion des coûts de main-d’œuvre et privant ainsi ces deux filières de toute compétitivité.

Eh oui !

Ne nous y trompons pas : si l’Union européenne a interdit cette molécule utilisée depuis environ un demi-siècle, c’est bien parce que la France ne s’y est pas opposée lors du Comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et de l’alimentation animale – Scopaff – de décembre 2022, préférant une honteuse abstention à la préservation de notre souveraineté alimentaire.

C’est toujours pareil !

Si nos voisins belges et néerlandais pourront continuer à produire, c’est parce qu’ils ont demandé, et obtenu, une dérogation d’utilisation de cette molécule – ce que la France, c’est-à-dire votre gouvernement, se refuse à demander à son tour, créant ainsi les conditions d’une concurrence déloyale.

Eh oui !

Les filières endive et chicorée ne survivront pas à cette interdiction. Vous préparez un plan social de 7 000 personnes, touchant les producteurs, les sécheurs, les torréfacteurs et leurs familles, mais aussi les collectivités locales rurales où sont implantées les usines. En refusant d’agir, vous incitez à importer des produits étrangers ne respectant pas nos normes, par exemple des cossettes de chicorée issues d’Inde.Ma question est donc simple : allez-vous, à l’instar des autres pays producteurs européens, demander une dérogation d’utilisation de la benfluraline…

Il serait temps !

…en attendant de trouver, comme vous vous y étiez engagé, une solution alternative à la molécule, solution qui devra être accompagnée par la création d’un fonds de soutien financier ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

La parole est à Mme la ministre déléguée à l’agriculture et à la souveraineté alimentaire.

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée à l’agriculture et à la souveraineté alimentaire · EPR #110

Oui, les producteurs d’endives et de chicorées sont confrontés à une potentielle impasse technique pour le désherbage à la suite du retrait de la benfluraline au niveau européen.Vous le savez, le Gouvernement soutient pleinement les endiviers. Il est à l’œuvre pour leur apporter des solutions concrètes, d’abord parce que la filière est une fierté française : 95 % de la production vient des Hauts-de-France, nous sommes le leader mondial dans ce secteur. Je suis aux côtés des endiviers de cette région – vous le savez car nous avons en commun ce territoire.

La réponse !

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée · EPR #113

En revanche, personne n’ignore, malheureusement, que les résultats des analyses sur les risques écotoxicologiques de cette molécule sont très clairs : il existe une forte suspicion de caractère cancérigène et toxique pour la reproduction. Il nous faut donc travailler à des solutions alternatives.D’abord, nous avons sécurisé la campagne de 2024 sur la base des autorisations existantes – vous le savez, il serait donc honnête de le rappeler. C’est bien le Gouvernement qui a mené ce travail.Se pose à présent la question de la production de 2025.

Nous mangerons des endives belges !

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée · EPR #117

Mon ministère est pleinement mobilisé pour permettre que des herbicides adaptés, ou d’autres technologies, soient disponibles. Nous soutenons ainsi des tests sur deux substances d’intérêt qui pourraient se substituer au Bonalan. Nous soutiendrons tous les projets de l’Association des producteurs d’endives de France, qu’il s’agisse de désherbage mécanique automatisé ou de pulvérisation intelligente ultralocalisée.

Nous voulons des solutions !

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée · EPR #119

Ces solutions ne sont pas encore arrivées à maturité mais elles existent, sont testées et nous y travaillons. J’ai rendez-vous cette semaine avec l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, l’Inrae, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement et les organisations professionnelles. Nous travaillons afin que des solutions soient trouvées pour chaque interdiction de molécule, nous ne braillons pas. (M. Thomas Rudigoz applaudit.)

La parole est à M. Pierre-Henri Dumont.

Il est tout de même dommage que votre parachutage dans le Pas-de-Calais soit déjà marqué par un mensonge aux agriculteurs et aux producteurs de chicorées et d’endives. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

Santé auditive

La parole est à M. François Gernigon.

Cette question s’adresse à Frédéric Valletoux, ministre délégué chargé de la santé et de la prévention. Les données de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale indiquent qu’en France un adulte sur quatre souffre d’un trouble de l’audition, ce qui représente près de 12 millions de nos concitoyens ; 7 millions d’entre eux sont affectés par divers degrés de surdité.Cet enjeu de santé publique ne se limite pas à nos aînés. En effet, nos jeunes, de plus en plus exposés, risquent de devenir les prochaines grandes victimes de troubles auditifs, souvent à cause de l’usage intensif de casques audio et d’écouteurs, à des niveaux sonores nocifs.La perte auditive, au-delà de la barrière de communication qu’elle instaure, est source d’isolement social, de stress, de dépression et peut accélérer la survenue de démence chez les personnes âgées. Tous ces effets démontrent qu’il est […]

La parole est à M. le ministre délégué chargé de la santé et de la prévention.

Frédéric Valletoux ministre délégué chargé de la santé et de la prévention · HOR #131

Je veux tout d’abord saluer votre question relative aux troubles de l’audition, un sujet sur lequel vous faites preuve d’une vigilance extrême. Vous avez raison de rappeler régulièrement l’importance de ce fléau.Comme vous l’avez dit, il s’agit d’un enjeu de prévention majeur puisque ce mal, contrairement à certaines idées reçues, touche toutes les générations. Il faut donc agir tout au long de la vie et le plus tôt possible : dépistage systématique dès la naissance puis au cours de l’enfance et jusqu’à l’âge de 18 ans, à l’occasion de tous les examens médicaux obligatoires.Comme l’ensemble des parlementaires le savent, la dernière loi de financement de la sécurité sociale prévoit l’instauration de rendez-vous de prévention afin de procéder à des dépistages aux tranches d’âge clés – 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans –, autant de rendez-vous qui permettront de détecter les troubles de […]

Revalorisation des retraites

La parole est à Mme Michèle Martinez.

Ma question s’adresse à Mme la ministre du travail, de la santé et des solidarités. Emmanuel Macron et son gouvernement avaient promis une revalorisation de 100 euros pour les plus petites retraites. Or, dans un rapport publié la semaine dernière par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques – la Drees – qui dépend de votre ministère, nous apprenons que cette hausse sera en moyenne de 30 euros et que seuls 185 000 nouveaux retraités bénéficieront de celle qui a été promise.Cela fait un mensonge de plus – un mensonge qui représente 70 euros par mois, soit 840 euros par an –, afin de tenter de mettre sous le tapis les dégâts d’une réforme inutile, passée en force à coups de 49.3. Lorsque le Gouvernement promettait une retraite minimale à 1 200 euros pour tous, c’était aussi un coup de communication. Aujourd’hui, c’est encore un rendez-vous manqué avec […]

Ce n’était pas lui, vous confondez ! C’était Jérôme Guedj, l’inspecteur Guedget !

…mais il y a un an, déjà, le Gouvernement se cachait dans ses fiches et ne répondait pas.

Cela ne s’est pas tout à fait passé comme ça !

Le rêve d’un minimum contributif à 85 % du Smic net…

Ce n’est pas vraiment ce qui est arrivé !

…est donc bien lointain, et le cauchemar de la précarité, des restrictions alimentaires et des renoncements aux soins, lui, se poursuit.Dans un tel contexte, que comptez-vous faire pour concrétiser cette revalorisation de 100 euros afin de traduire enfin vos paroles en actes ? (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

La parole est à Mme la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Catherine Vautrin ministre du travail, de la santé et des solidarités · Les Républicains #150

Il est intéressant que vous parliez de joindre la parole aux actes quand c’est précisément ce que vous ne faites pas (Protestations sur plusieurs bancs du groupe RN) puisque, pendant toute la réforme des retraites, vous et vos collègues avez passé votre temps à vous battre contre cette réforme, que bien sûr vous n’avez pas votée, et, aujourd’hui, vous vous érigez comme la grande défenseure de celles et ceux qui auraient pu en bénéficier. (Protestations sur les bancs du groupe RN.)

On n’a pas pu voter !

Le 49.3 !

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #153

Comme quoi, de temps en temps, il y a une petite différence entre ce que l’on a fait hier et ce que l’on revendique aujourd’hui. (Mêmes mouvements.)

Il faut répondre !

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #155

Mais regardons la situation telle qu’elle est très concrètement. Je rappelle tout d’abord que l’indexation des retraites sur l’inflation est appliquée depuis le début du quinquennat.

Un peu de courage !

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #157

Ainsi, dès le mois de juillet 2022, la revalorisation a été anticipée de 4 % pour répondre à la situation économique, et en janvier 2024, les pensions du régime général de retraite ont été revalorisées de 5,3 % pour protéger le pouvoir d’achat des retraités. Tout cela s’est évidemment fait sans vous.

Vous ne voulez pas répondre ! Vous mourrez de trouille !

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #159

S’agissant de la revalorisation, vous avez juste raté le rendez-vous. Je rappelle que c’est bien cette majorité qui, lors de la réforme, a annoncé cette revalorisation…

Des annonces, pas des actes !

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #161

…et que, dès 2024, 185 000 nouveaux retraités vont bénéficier d’une pension de retraite supplémentaire (Exclamations sur les bancs du groupe RN), soit un nouveau retraité sur quatre. (M. Rémy Rebeyrotte et Mme Danielle Brulebois applaudissent.) Voilà une mesure de plus que vous n’avez pas votée. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)Enfin, la réforme a prévu dès le mois d’octobre une hausse de 50 euros par mois pour 550 000 petites pensions – vous n’étiez pas non plus là pour la voter. Quant aux petites pensions liquidées avant 2012, elles vont être versées en mars, une fois encore sans vous ! (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)Donner des leçons, c’est un peu compliqué pour celles et ceux qui n’ont rien fait ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RE et sur plusieurs bancs du groupe Dem. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

La parole est à Mme Michèle Martinez.

Les Français ne sont pas dupes. Vos mensonges ne passent plus. Et vous et votre gouvernement serez sanctionnés le 9 juin prochain. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem.)

Personne ne vous a dit que c’était une élection européenne ? !

Inégalités scolaires en Seine-Saint-Denis

La parole est à M. Stéphane Peu.

Madame la ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse, en 2019, suite à un rapport parlementaire, le Premier ministre Édouard Philippe a engagé le plan gouvernemental : « Un État plus fort en Seine-Saint-Denis ». Vous étiez à l’époque ministre de la justice et aviez su contribuer positivement à ce plan. Nous vous en sommes reconnaissants.Mais si des effets positifs ont été constatés dans bien des secteurs, à l’inverse, dans l’éducation nationale, tout s’est dégradé. Dans ce département, le plus jeune et le plus pauvre de France hexagonale, l’école ne se contente pas de reproduire les inégalités de naissance : elle les creuse, ce constat est révoltant. Beaucoup de parents ont le sentiment que l’école de la République ne tend pas la main aux enfants, mais leur met un pied sur la tête pour les enfoncer. Il y a urgence à agir.Le 26 février dernier, en séance publique, vous avez […]

Tout à fait !

…et demain aura lieu une mobilisation qui s’annonce massive. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR-NUPES et sur de nombreux bancs des groupes SOC et Écolo-NUPES.) Déjà, il y a quelques semaines, dans notre rapport parlementaire, ma collègue Christine Decodts et moi-même proposions que le ministère rassemble tous les protagonistes de l’éducation pour bâtir un plan : « Pour une école plus forte en Seine-Saint-Denis ».Madame la ministre, vous ne pouvez pas priver d’espérance sociale et républicaine les familles populaires de ce département. Êtes-vous disposée à engager le travail nécessaire en traitant à la fois de l’urgence des moyens et des innovations souhaitables, un travail qui fasse de la singularité de la Seine-Saint-Denis une force pour nos enfants et pour la nation tout entière ? (Mêmes mouvements.)

La parole est à Mme la ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse.

Nicole Belloubet ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse #177

Oui, je suis favorable à une école plus forte en Seine-Saint-Denis mais aussi à une école plus forte dans toute la France. Et c’est bien la tâche à laquelle je m’attelle et à laquelle se sont également attelés mes prédécesseurs.La singularité de la Seine-Saint-Denis, je la connais, vous l’avez rappelé, et c’est bien parce que je sais que ce département concentre tout à la fois de nombreux atouts et de vraies difficultés que le ministère y apporte une attention particulière et que des dispositifs spécifiques y sont déployés.Vous avez eu raison de rappeler que les travaux menés à l’initiative du Premier ministre Édouard Philippe en 2019 avaient mis en exergue les différents moyens apportés par tous les départements ministériels pour un État plus fort en Seine-Saint-Denis. S’agissant de l’éducation nationale, le Premier ministre d’alors s’était concentré sur deux axes : d’une part, une […]

Défense de la laïcité à l’école

La parole est à M. Jérôme Guedj.

La loi sur le port des signes religieux à l’école a vingt ans. Merci à la commission Stasi, au président Chirac et au législateur de 2004. « Les écoles doivent rester, disait Jean Zay, l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas », ce lieu d’émancipation et de construction du libre arbitre fondé sur la raison, la science et l’esprit des Lumières. Et je tiens à dire notre soutien indéfectible aux équipes parfois menacées dans leurs missions : elles doivent demeurer accompagnées, jamais isolées ; et je pense en cet instant à Samuel Paty et à Dominique Bernard. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur plusieurs bancs du groupe RE. – M. Olivier Falorni applaudit également.)La bataille culturelle est bien là. Aujourd’hui, une majorité de jeunes pensent que la laïcité est une loi d’interdiction et pas une loi de liberté, ce qu’elle est pourtant. Il faut dire […]

La parole est à M. le Premier ministre.

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #188

La laïcité est inscrite sur le fronton de nos mairies, de nos écoles et de nos préfectures parce qu’elle se retrouve dans la devise républicaine.

Il faut l’y ajouter !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #190

La laïcité, c’est la liberté de croire ou de ne pas croire, c’est l’égalité devant la loi et aussi la fraternité parce que c’est ce qui nous permet de vivre ensemble en tolérance.Vous l’avez dit : vingt ans ont passé depuis la loi de 2004 et je veux saluer le président Chirac qui, à l’époque, l’a permise. (M. Olivier Marleix applaudit.) Cette loi a permis de rendre effective l’application de la laïcité à l’école. Mais ce qui transparaît dans votre question et vous avez raison, c’est que la laïcité reste un combat permanent. Elle a ses défenseurs. Je suis à la tête d’un gouvernement de trente-quatre défenseurs de la laïcité, et nos préfets, nos recteurs, nos directeurs, nos responsables d’administrations sont chaque jour défenseurs de la laïcité.

Et nous aussi.

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #193

Vous avez évoqué celles et ceux qui sont en première ligne dans ce combat : je pense notamment aux chefs d’établissement et aux professeurs à qui je veux rendre hommage. (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupe RE, SOC, Dem et HOR, ainsi que sur quelques bancs des groupes RN et LR.) Je serai lundi à Arras où je présiderai la cérémonie nationale d’hommage aux victimes du terrorisme parce que c’est là que Dominique Bernard, professeur à la cité scolaire Gambetta, a été tué. La laïcité a ses défenseurs partout en France, et vous en faites partie, monsieur le député, tout comme votre groupe, je le crois profondément.Mais la laïcité a aussi ses fossoyeurs, dont certains sont représentés dans cet hémicycle…

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #196

À propos de soutiens aux équipes pédagogiques et aux proviseurs, j’ai vu qu’il y a quelques jours un proviseur a fait l’objet de menaces de mort parce qu’il a cherché à faire appliquer la loi de 2004 dans son établissement en demandant à une élève de retirer son voile, et qu’une députée de La France insoumise a relayé les théories propagées sur les réseaux sociaux contre lui. (« Eh oui ! » sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem. – Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Eh oui, c’est une réalité. Je remarque que quand j’ai pris la décision en tant que ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse d’interdire le port de l’abaya et du qamis à l’école, ce sont, encore une fois, les députés de La France insoumise qui se sont dressés sur mon chemin pour chercher à m’empêcher d’appliquer cette règle. (« Eh oui ! » sur les bancs des groupes RE et Dem.) Je remarque aussi que […]

N’importe quoi !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #198

Il ne peut pas y avoir de laïcité à la carte ! De même qu’il n’y a qu’une seule république, il n’y a qu’une seule laïcité ! Et nous devons toutes et tous, au quotidien, en être les défenseurs ! Je sais que vous l’êtes, monsieur Guedj, mais je regrette de constater que cette cohérence n’est pas partagée au sein de la NUPES, loin de là, notamment avec la France insoumise. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE et sur plusieurs bancs des groupes Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Où est la NUPES ?

Village olympique

La parole est à M. Benjamin Dirx.

Madame la ministre des sports et des Jeux olympiques et paralympiques, jeudi dernier, à moins de cent cinquante jours de l’ouverture des Jeux olympiques, vous avez, aux côtés du Président de la République, participé à un jalon majeur dans la préparation de cet événement international : la remise des clés du Village olympique par la Solideo – la société de livraison des ouvrages olympiques – au comité d’organisation de Paris 2024. Cet événement n’est pas seulement une étape cruciale dans la préparation des Jeux ; il illustre également, de manière éclatante, la capacité de la France à réaliser d’importants projets dans un cadre temporel restreint, budgétairement maîtrisé et environnementalement ambitieux.

Oh là là !

Le Village olympique, livré en temps et en heure, sans aucune dérive budgétaire, démontre l’engagement de notre pays envers l’innovation, la durabilité et l’héritage. Construit sur plus de 50 hectares, il accueillera plus de 14 000 athlètes pendant les Jeux et plus de 9 000 pendant les Jeux paralympiques, avant de se transformer en un véritable village vivant, permettant d’accueillir entre autres 6 000 habitants et 6 000 salariés.Cependant, alors que nous nous approchons de l’ouverture des Jeux, des questions demeurent : quels sont les défis restants dans l’aboutissement de ce grand projet ? Et surtout, au-delà de ce village, quel héritage les Jeux laisseront-ils sur le moyen et le long terme aux Françaises et aux Français ? Notre ambition doit aller au-delà de l’organisation d’un événement sportif international : nous devons saisir cette occasion pour réaffirmer les valeurs de notre […]

Quelle question difficile !

C’est quoi, la question ?

La parole est à Mme la ministre des sports et des Jeux olympiques et paralympiques.

Il n’y a pas eu de question, pourquoi faire une réponse ?

Amélie Oudéa-Castéra ministre des sports et des Jeux olympiques et paralympiques #210

Merci d’avoir rappelé l’exploit que représente la livraison, par la Solideo, du village des athlètes. Cette construction, réalisée dans le respect du calendrier et des budgets, selon les plus hauts standards en matière sociale et environnementale,…

Des sommiers en carton, oui !

…vient rappeler que notre pays est une grande nation de bâtisseurs. Nous allons poursuivre l’effort. Il nous reste un ensemble de travaux à conduire pour que ces Jeux olympiques et paralympiques soient un grand succès, le succès que notre pays mérite.Ces Jeux laisseront un héritage utile et durable, en particulier en Seine-Saint-Denis.D’abord, sur le plan matériel, le village des athlètes va se transformer en un parc de 3 000 logements, dont 40 % de logements sociaux, en deux groupes scolaires, en 100 000 mètres carrés de bureaux, en espaces de commerces et de partage. Il en ira de même pour le village des médias, que nous allons inaugurer prochainement.Avec les équipements sportifs, dont vingt bassins de natation et le centre aquatique olympique, les Jeux transformeront le cadre de vie du département. Les nouvelles infrastructures urbaines de transport – l’extension supplémentaire de […]

Retirez de la crème du gâteau, c’est immangeable !

Yaël Braun-Pivet president · EPR #219

Nous avons terminé les questions au Gouvernement.

Suspension et reprise de la séance

Yaël Braun-Pivet president · EPR #221

La séance est suspendue.

(La séance, suspendue à quatorze heures quarante-cinq, est reprise à quinze heures, sous la présidence de Mme Naïma Moutchou.)

Naïma Moutchou president · HOR #224

La séance est reprise.

Discussion d’une proposition de loi

Naïma Moutchou president · HOR #228

L’ordre du jour appelle la discussion de la proposition de loi de M. Mathieu Lefèvre et plusieurs de ses collègues visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère raciste, antisémite ou discriminatoire (nos 1727, 2246).La parole est à M. Mathieu Lefèvre, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République.

Mathieu Lefèvre rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République · EPR #230

Vendredi dernier, dans le 20e arrondissement de Paris, Marco, porteur d’une kippa, a été traité de « sale juif » à sa sortie d’une synagogue, avant de chuter au sol et de recevoir des coups de poing et de pied. Cet acte ignoble, comme tant d’autres injures ou violences à caractère discriminatoire, a bien eu lieu dans le pays des Lumières, en plein Paris, en 2024. Il n’est hélas que la dernière manifestation d’un mal profondément ancré dans l’inconscient de notre société et qui va croissant.Ainsi, entre 2016 et 2023, les atteintes à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux ont augmenté de plus de 56 %. L’année 2023 a été particulière avec une hausse de plus de 31 % de ces atteintes et 1 676 actes antisémites contre 436 en 2022. Cette explosion du nombre d’actes antisémites, qui a débuté dès le lendemain des attentats terroristes barbares du Hamas contre Israël et contre laquelle le […]

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux, ministre de la justice #235

Eh oui !

Mathieu Lefèvre rapporteur · EPR #236

Dépourvu de fondement juridique, ce mandat d’arrêt était évidemment illégal.Caroline Yadan, les députés Renaissance et moi-même préférons qu’Alain Soral dorme en prison plutôt que tranquillement chez lui après avoir commis de tels actes. L’article 1er de la proposition de loi vise ainsi à mettre fin à ce qu’on pourrait qualifier de dévoiement des principes de la liberté d’expression. Il s’agit de permettre aux tribunaux correctionnels de délivrer un mandat d’arrêt ou de dépôt contre les prévenus condamnés à une peine d’emprisonnement pour apologie ou contestation de crimes contre l’humanité. En commission, cette faculté a été élargie à d’autres graves délits de presse grâce à nos collègues Caroline Yadan et Jérémie Patrier-Leitus, que je remercie.Il y a quinze ans encore, l’extrême droite jugeait « liberticides » et « scélérates » les lois Gayssot et Pleven.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #239

Eh oui !

Mathieu Lefèvre rapporteur · EPR #240

Face à la banalisation et à l’explosion du mal qu’elles combattent, le temps est venu de les renforcer, avec le soutien des républicains de tous bords.Notre société fait face à une désinhibition croissante des auteurs de provocations à la haine, de diffamations ou d’injures. Les réseaux sociaux portent une très lourde responsabilité dans cet état de fait, puisqu’ils sont venus ajouter une forme de facilité à l’ignominie. Si les propos ou les écrits publics délictueux semblent suffisamment réprimés, la sanction prévue pour leurs équivalents non publics paraît sous-dimensionnée, en raison de l’inflation de leur nombre par rapport à celui des infractions publiques, de la conception assez large qu’a la jurisprudence de l’infraction non publique – conception que nous ne souhaitons pas remettre en cause – et des moyens nouveaux que se donnent les provocateurs pour éviter la caractérisation de […]

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #243

Très bien !

Mathieu Lefèvre rapporteur · EPR #244

…et en prévoyant, à l’initiative de Cécile Untermaier, que soit systématiquement proposée une mesure de justice restaurative aux auteurs et aux victimes. La correctionnalisation de ces délits permet également d’introduire une circonstance aggravante si l’une de ces infractions est commise par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public.Fort de cette exigence de fermeté absolue, singulièrement dans le service public, je récuse avec la même fermeté l’idée selon laquelle il existerait un racisme systémique, voire un racisme d’État. En matière d’exemplarité, il y aura aujourd’hui ceux qui agissent et ceux qui ajoutent le soupçon à la division, ceux qui condamnent fermement les fautifs et ceux qui stigmatisent aveuglément les forces de l’ordre.Toujours à l’initiative de Caroline Yadan et de Jérémie Patrier-Leitus, le travail en commission a […]

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #247

Oui !

Mathieu Lefèvre rapporteur · EPR #248

Aujourd’hui, dans une entreprise ou une salle de spectacle, il est possible de nier la Shoah ou de minimiser le génocide arménien.

C’est scandaleux !

Mathieu Lefèvre rapporteur · EPR #250

Grâce à leurs amendements, cela ne sera plus le cas demain.

Vivement demain !

Mathieu Lefèvre rapporteur · EPR #252

Vous le voyez, chers collègues, le cheminement pragmatique qui a abouti au texte que nous vous présentons ne remet pas en cause les équilibres anciens du droit de la presse ou de la liberté d’expression. Notre proposition se compose d’adaptations nécessaires et proportionnées à l’objectif poursuivi.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #253

Oui !

Mathieu Lefèvre rapporteur · EPR #254

Je remercie le garde des sceaux pour son ouverture d’esprit. Il est le garant d’un équilibre qui dépasse nos querelles actuelles.Tout le monde, sur ces bancs comme dans la société, est susceptible de subir le racisme, l’antisémitisme ou toute autre forme de discrimination. Je pense aux discriminations en raison de l’identité de genre ou de l’orientation sexuelle, que concerneront les amendements de Raphaël Gérard.Tant de ceux qui ont fait la France ont eu à subir la haine et la rengaine déchirante de la discrimination, parce qu’ils étaient nés sous statut étranger, parce qu’ils étaient binationaux, parce qu’ils étaient noirs, parce qu’ils étaient descendants d’immigrés, parce qu’ils étaient juifs. Aujourd’hui, rendre hommage à ces figures de notre histoire nous paraît évident, chers collègues. De même, nous sommes révulsés de savoir qu’on a pu les injurier en raison de leur origine […]

M. Éric Dupond-Moretti garde des sceaux, ministre de la justice #259

Bravo !

La parole est à M. le garde des sceaux, ministre de la justice.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux, ministre de la justice #261

« N’ayez d’intolérance que vis-à-vis de l’intolérance », écrivait le philosophe Hippolyte Taine. Aujourd’hui, j’exprime à nouveau, avec force, mon intolérance la plus ferme envers tous les comportements et discours racistes, antisémites ou discriminatoires, qui sont des parasites nuisibles de notre pacte social, de notre République. Le racisme et l’antisémitisme sont des fléaux anciens, enracinés depuis des siècles. C’est pourquoi le combat contre toutes les formes de haine de l’autre, et notamment contre le racisme, est un combat permanent.Il est de notre devoir de faire preuve de courage et de ne laisser aucune place à la résignation. Le repli communautaire ou religieux qui frappe notre société va de pair avec l’augmentation des injures, des diffamations et des provocations haineuses, racistes ou antisémites. Ennemis de nos valeurs d’égalité et de fraternité, de tels comportements ne […]

Absolument.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #266

Je vous informe, si vous ne le savez pas, qu’un suspect a été interpellé ce matin. Naturellement, je ne peux pas en dire davantage, le garde des sceaux ne pouvant pas intervenir dans les affaires en cours.Soyez assurés de ma totale mobilisation et de l’engagement de mon ministère pour lutter fermement contre les auteurs de telles infractions abjectes. La répression de leurs auteurs doit être certaine et implacable.Souvent, ces actes commencent sur les réseaux sociaux. C’est pourquoi la circulaire du 24 novembre 2020, que j’ai signée, a créé le pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH), près le parquet de Paris, compétent pour centraliser le traitement des affaires significatives de cyberharcèlement et de haine en ligne.La Chancellerie n’a jamais baissé la garde dans le combat contre l’intolérance et les manifestations de haine de l’autre. Notre lutte repose sur […]

Mathieu Lefèvre rapporteur · EPR #273

Très bien !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #274

Dès le 10 octobre 2023, par circulaire, j’ai rappelé aux procureurs de la République que toute atteinte physique à caractère antisémite exigeait une réponse pénale ferme, rapide et systématique, privilégiant la comparution immédiate. Je les ai également invités à poursuivre les auteurs de propos tendant à porter un jugement favorable sur les crimes du Hamas, sous la qualification adaptée d’apologie du terrorisme – car il s’agit bien de cela : de terrorisme. (M. le rapporteur, Mme Astrid Panosyan-Bouvet et M. Meyer Habib applaudissent.) Je leur ai précisé que des incriminations spécifiques, telle la provocation publique à la haine ou à la violence, devaient être impérativement retenues à l’encontre des délinquants. J’ai demandé une réponse implacable et, je le dis, l’engagement de l’institution judiciaire a été sans faille.Au 19 janvier 2024, 623 enquêtes judiciaires portant sur des […]

Dixit !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #284

…aucune place pour la banalisation du mal. Je vois dans cette proposition de loi un message de détermination et, surtout, d’espoir – l’espoir que les générations futures ne tombent pas dans la xénophobie, le racisme, l’antisémitisme et la haine de l’autre, qu’elles soient, au contraire, fières des valeurs de la République et que les jeunes soient les fers de lance de notre lutte contre ces bas instincts. En attendant que cet espoir devienne réalité, il est indispensable, impérieux, que la loi pénale rappelle avec force à tous que la haine est non pas une opinion, mais un délit. C’est pourquoi je vous appelle à adopter cette proposition de loi. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR. – M. Meyer Habib applaudit aussi.)

Discussion générale

Dans la discussion générale, la parole est à M. Éric Pauget.

« Ne composez jamais avec l’extrémisme, le racisme, l’antisémitisme ou le rejet de l’autre. » Dix-sept ans ont passé depuis que le président Jacques Chirac a lancé cet avertissement. Plus que jamais, l’actualité nous rappelle combien ses inquiétudes d’hier sont devenues nos préoccupations d’aujourd’hui.Alors que l’on ne comptait qu’une dizaine d’actes de cette nature par an dans les années 1990, le nombre d’atteintes antisémites commises en France a été multiplié par quatre pendant l’année 2023, pour atteindre 1 673 faits recensés. Pis, ils ont augmenté de 1 000 % depuis les attaques terroristes du 7 octobre dernier.

Cette tendance est plus terrifiante encore : désormais, selon un rapport du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), 60 % de ces faits concernent des atteintes aux personnes.Le nombre d’actes racistes enregistrés par la police et la gendarmerie ne cesse d’augmenter en France. D’après le ministère de l’intérieur, les plus graves d’entre eux, à savoir les crimes et délits racistes, ont même connu une hausse de 29 % entre 2017 et 2022. Par ailleurs, il est à craindre que la prolifération des discours racistes, antisémites ou xénophobes tenus sur les réseaux sociaux ne banalise et, partant, ne légitime le passage à l’acte raciste. Si ces tendances se poursuivaient, il s’agirait d’un profond recul pour la société française.Bien que le dernier bilan du ministère de la justice sur le traitement des infractions à caractère raciste démontre une volonté de répondre […]

Très bien !

…racistes ou xénophobes, ou de les expulser, car ces actes sont totalement incompatibles avec les valeurs de la République française. (M. Meyer Habib applaudit.)Cette volonté commune de renforcer les sanctions s’inscrit dans la continuité d’un droit qui combat fermement les dérives racistes, antisémites et leurs mutations depuis plus de cinquante ans. Des délits spécifiques sur la violence raciale, votés sous le président Pompidou, à la loi Gayssot réprimant le racisme, l’antisémitisme ou la xénophobie, nous avons toujours su nous adapter à l’évolution des faits pour que la justice puisse apporter une réponse efficace et dissuasive à ces actes inadmissibles.Dans un contexte alarmant de flambée inquiétante des actes et des propos antisémites, les députés Les Républicains estiment que le renforcement des peines proposé est le bienvenu. Néanmoins, nous sommes aussi convaincus qu’il faut […]

La parole est à M. Éric Martineau.

Depuis le 7 octobre dernier, la France a dénombré pas moins de 1 247 actes d’antisémitisme. Dans notre république laïque et indivisible, ce décompte est insupportable. Oui, face à l’insupportable résurgence de l’antisémitisme, garantir l’unité de la nation est une nécessité impérieuse. Le Président de la République soulignait à raison, il y a peu, qu’il ne peut y avoir de tolérance pour l’intolérable. Rappelons que, dans notre histoire, l’antisémitisme a toujours été un prélude à d’autres haines comme le racisme. C’est pourquoi le combat qu’il nous faut mener face à l’antisémitisme ne doit pas et ne peut pas exclure la lutte contre d’autres formes de racisme et de discrimination, bien au contraire. C’est d’autant plus vrai que la haine dont se nourrit la violence sait se réinventer : telle un caméléon, elle est redoutable et sait parfaitement s’adapter, en particulier sur les réseaux […]

Mathieu Lefèvre rapporteur · EPR #305

Tout à fait !

La présente proposition de loi est un énième pas dans cette lutte sans faille qu’il nous appartient de mener face au racisme et à l’antisémitisme. Désormais, et c’est heureux, le tribunal correctionnel pourra délivrer un mandat d’arrêt ou de dépôt en cas d’apologie de crimes et de contestation de crimes contre l’humanité. L’élargissement de cette possibilité à d’autres délits visés par la loi de 1881, adopté en commission des lois, nous paraît relever du bon sens. En outre, le renforcement de la répression des provocations, diffamations et injures non publiques présentant un caractère raciste, discriminatoire ou homophobe est une véritable avancée.Notre groupe salue les évolutions apportées par la commission. Elles permettront d’offrir davantage de garanties aux victimes en permettant d’appréhender l’orientation sexuelle ou l’identité de genre à laquelle s’identifie la victime, mais […]

La parole est à Mme Cécile Untermaier.

« Soixante-dix ans se sont écoulés depuis la nuit de l’Occupation. […] Et l’antisémitisme est toujours vivant. […] La tâche est immense et l’enjeu considérable. Car il en va de l’antisémitisme comme du racisme. Ce sont des poisons de la République. À une certaine dose, elle en meurt. » Tels étaient les mots de Robert Badinter, au soir de sa vie, au sujet de ce fléau contre lequel il a lutté sa vie durant.Il n’est pas besoin d’appartenir à une communauté pour en défendre les droits. Les principes humanistes et républicains prévalent.Les crispations identitaires se développent ; le racisme et l’antisémitisme s’expriment à découvert. La France est menacée par ces comportements séparatistes. Renouveler l’universalisme, au-delà des religions ou des origines, doit se faire dans notre république, dans la fraternité qui signifie l’accueil et l’ouverture, et non le repli.Nous sommes tous […]

La parole est à M. Jérémie Patrier-Leitus.

« Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde. » Les derniers mots de la farce tragique de Bertolt Brecht résonnent avec d’autant plus de force que notre pays, comme de nombreux pays d’Europe et du monde, fait face à une augmentation préoccupante et inacceptable des actes antisémites. On oublie souvent la phrase qui précède cette formule finale de Bertolt Brecht : « Vous, apprenez à voir, plutôt que de rester les yeux ronds. » Comme nous y invite le dramaturge allemand, nous devons continuer de regarder droit dans les yeux l’augmentation des actes antisémites et racistes et y apporter des réponses fortes et concrètes.Nous devons affronter la crudité et la brutalité des chiffres. Les Français de confession juive représentent moins de 1 % de la population et subissent à eux seuls plus de la moitié des actes et injures discriminatoires recensés. Au pays des Lumières et de […]

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #323

Est-elle jamais vraiment partie ?

Après la Shoah, on pensait que la bête avait été gavée de sang ; et pourtant, elle renaît – Robert Badinter nous avait mis en garde au soir de sa vie. « Heureux comme un juif en France », disait le dicton. Est-ce toujours le cas ? Je ne veux pas ici noircir le tableau ou jouer les Cassandre : la France protège et continuera de protéger les Français de confession juive et je connais, monsieur le garde des sceaux, votre détermination et celle du Gouvernement comme des gouvernements précédents. Les plans nationaux de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations se succèdent.Néanmoins, force est de constater que, malgré les mesures que nous avons prises, malgré l’engagement et la détermination de nos policiers, gendarmes et magistrats, nous avons encore du chemin à faire pour lutter contre les discours de haine et les actes de violence. Par conséquent, je veux saluer la […]

La parole est à Mme Sandra Regol.

La haine de « l’autre », cette altérité fantasmée, est un poison violent et profond, qui abîme notre contrat républicain et sape les valeurs de notre démocratie. Cette haine est multiple : elle prend la forme des racismes, de l’antisémitisme ou des LGBTphobies, et trace les contours d’une norme, elle aussi fantasmée, que certains voudraient imposer ; en d’autres termes, elle constitue un dangereux projet politique.En effet, ce contre quoi nous luttons et ce à quoi voudrait s’opposer votre texte, c’est une vision politique. Et par chance, vous avez les moyens d’agir : à défaut de disposer d’une majorité au Parlement, vous êtes représentants du parti présidentiel, ce qui vous donne des moyens que nous, oppositions, n’avons pas. Or, et c’est bien dommage, ce texte se contente de sanctionner davantage sans construire pour prévenir de tels actes, sans réparer ce qui nous conduit à une telle […]

Regardez-vous dans une glace !

Et vos amis islamistes ?

…vous vous contentez de durcir les peines qui existent déjà. Certes, Emmanuel Macron disait qu’il ne peut y avoir « de tolérance pour l’intolérable » ; malgré tout, la réalité, c’est que la tolérance à l’intolérable atteint aujourd’hui un niveau dangereux. Souvenez-vous, il y a quelques années, on regardait avec étonnement et incrédulité le Tea Party, aux États-Unis, construire son audience dans les médias, puis prendre la main sur des médias entiers et conquérir ainsi l’opinion jusqu’à l’élection de Donald Trump. Aujourd’hui, c’est en France que l’empire médiatique de Bolloré défraye la chronique, en reprenant les mêmes recettes.

Non mais c’est incroyable !

C’est une obsession !

Des mots et expressions antisémites – souvenez-vous des fameux « Qui ? » – aux propos racistes décomplexés, jusqu’aux récentes attaques sur le droit des femmes à disposer de leur corps, tout y passe, exactement comme aux États-Unis. Alors oui, il est temps d’agir, dans la sphère publique comme privée, n’en déplaise à mes voisins de droite.Vous avez choisi de considérer un champ large de discriminations, et je vous dis merci. Si vous me permettez de le reformuler ainsi, je dirai même que vous êtes, par votre travail, entrés dans le champ qui définit l’aspect systémique de ces haines. Je sais que vous n’aimez pas trop cette expression de racisme systémique, parce que vous pensez qu’elle est accusatoire pour nos institutions ou pour nos concitoyens. Sachez-le : vraiment, il n’en est rien. Mais comme je préfère le fond à la forme, le sens aux mots, je me contente de constater qu’à défaut de […]

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #346

Ceux que vous n’avez pas voulu voter !

Mathieu Lefèvre rapporteur · EPR #347

Et vous disiez ne pas vouloir faire de politique politicienne ?

À ce jour, rien, ou quasi rien : j’en veux pour preuve – et je vais vous répondre, monsieur le ministre, même si vous aimez beaucoup m’interrompre –…

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #349

Je vous écoute !

…les nombreux amendements que nous avons défendus, depuis bientôt deux ans, visant à renforcer la formation sur ces sujets, à développer des campagnes de sensibilisation auprès des plus jeunes (Mme Nadège Abomangoli applaudit) ou encore à travailler ensemble à changer le regard sur l’autre et à s’accepter collectivement, pour ne citer que quelques exemples.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #351

Avec quels moyens ?

Ils ont toujours subi votre rejet ferme ou gêné, selon les cas.

Mathieu Lefèvre rapporteur · EPR #353

Il n’y a aucune gêne, madame Regol !

À défaut d’une loi d’ampleur, donc, permettant de lutter ensemble contre la haine, et à défaut de renforcer encore plus la liberté, l’égalité et la fraternité, nous soutiendrons les amendements proposant le recours à une justice restaurative – il en a déjà été question – ou encore ceux visant à permettre aux associations d’ester en justice.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #355

C’est lunaire !

Cependant, monsieur le rapporteur, plusieurs amendements menacent de dévoyer l’outil même que vous proposez. Si nous soutenons votre démarche, il m’est difficile, avant de connaître leur sort, d’appeler à voter ou non votre texte. Monsieur le rapporteur, monsieur le ministre, vous qui êtes si volubiles en cet instant, la balle est dans votre camp. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #357

C’est-à-dire ?

Bien parlé, madame Regol !

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #359

On va préparer une deuxième LOPJ !

La parole est à M. Davy Rimane.

Nous sommes réunis pour examiner le texte visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère raciste et antisémite. Cher collègue Lefèvre, je tiens à saluer cette proposition de loi, qui va dans le bon sens puisqu’elle contribue à lutter contre toutes sortes de dérives racistes, antisémites ou xénophobes dans notre pays ; nous en avons besoin.Toutefois, nous mettons un bémol à cette approbation, car votre proposition se concentre surtout sur le volet pénal de la réponse ; en effet, elle s’emploie à renforcer, à durcir les peines prévues pour les personnes coupables d’infractions de ce type. Nous l’avons dit en commission : pour nous, le « tout-prison » ne peut pas être la réponse à un tel problème de société. C’est un mal qui est profond, ancré dans la société française ; pour lutter contre lui, comme certains collègues l’ont déjà dit, nous sommes certes d’accord […]

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #364

Un peu, si !

Nous pouvons seulement formuler des hypothèses. Je peux vous dire que même si la proposition de loi est votée aujourd’hui, elle ne suffira pas à arrêter ce qui est enclenché depuis des années. Je me fais ici le porte-voix de celles et ceux que l’on n’entend pas, que l’on ne voit pas et qui pourtant, chaque jour, subissent des actes racistes ; tous ces hommes et ces femmes qui n’ont pas accès au travail ou au logement, à cause de leur couleur de peau ou de leur orientation sexuelle, voire religieuse. C’est inadmissible dans un pays comme la France ; et pourtant, c’est une réalité du quotidien.Les chiffres ont été rappelés : des millions de personnes refusent de porter ces affaires devant la justice, parce qu’elles pensent que cela ne servira à rien. La tâche qui nous incombe est donc essentielle, car le problème est profond, et c’est pour cette raison que le groupe GDR s’abstiendra […]

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #367

Eh oui !

…mais elles ne sont pas nécessairement contradictoires et je pense que nous pouvons parvenir à un compromis. Mais pour cela, nous devons travailler ensemble et débattre sur le sujet.Je terminerai en rappelant que nous vivons des heures dangereuses. Critiquer un gouvernement, quel qu’il soit, peut désormais faire de nous un antifrançais ou un antisémite ; de tels amalgames, assumés par différentes sphères du pouvoir, se font jour depuis quelque temps et empêchent de parvenir à des solutions. La critique : oui ! L’insulte : non ! L’infraction : non ! Nous vivons des heures troubles, je l’ai dit, notamment en ce qui concerne le conflit entre Israël et la Palestine, et je tiens à apporter un soutien indéfectible à mon collègue Jean-Paul Lecoq, qui subit des injures et des menaces répétées, au quotidien, parce qu’il a adopté une position politique en critiquant un gouvernement et non un […]

Mathieu Lefèvre rapporteur · EPR #370

Ce n’est pas tout à fait ça !