Séance du 21 janvier 2025 — 75e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Tours 1 à 200 sur 760 — page 1 / 4.
La séance est ouverte.
(La séance est ouverte à quinze heures.)
L’ordre du jour appelle les questions au gouvernement.
La parole est à Mme Alma Dufour.
Avant-hier, quelques minutes avant le début du cessez-le-feu, un père et ses sept enfants rentraient dans le nord de Gaza. L’espoir n’était pas mort en eux car les enfants sont l’espoir. Pourtant trois d’entre eux ne reverront jamais leur maison : ils ont été abattus par un missile israélien.Les snipers étaient là pour finir leur sale besogne et ont tiré sur un homme qui a tenté de leur porter secours. L’âne qui les transportait, tournant son regard vers les assassins, a semblé leur demander : « Comment puis-je être plus humain que vous ? »Cent vingt-deux Gazaouis ont été tués depuis l’annonce d’un cessez-le-feu. En Cisjordanie, Israël a annoncé aujourd’hui l’invasion de Jénine qui n’est pas contrôlée par le Hamas. Pouvons-nous marcher dans les ruines de Gaza et en Cisjordanie sans prendre une balle dans la tête provenant de snipers israéliens ? Que tous ceux qui prétendent qu’Israël […]
On ne vous entend pas sur le Hamas !
Donald Trump a déclaré ce matin qu’il n’était pas certain que le cessez-le-feu tienne. Il a ajouté : « C’est leur guerre. » L’extrême droite veut tuer l’idée qu’il existe la même humanité en chacun de nous mais aucun humain n’est un étranger sur cette terre (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs des groupes EcoS et GDR) et ce n’est pas simplement leur guerre : c’est l’humanité qui, bombardée et affamée pendant des mois, exige justice. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Votre gouvernement n’a rien fait pour empêcher la guerre mais il peut encore aider la paix. (Mêmes mouvements.) Emmanuel Macron a refusé de reconnaître l’État palestinien au motif que cela aurait nui à un cessez-le-feu. Or le cessez-le-feu est en vigueur même si nous ne savons pas pour combien de temps : allez-vous enfin reconnaître l’État palestinien ? (Applaudissements […]
Ce n’est pas un génocide !
…mais il peut encorer sauver des vies !
Condamnez-vous le Hamas ?
La Cour nationale du droit d’asile a reconnu la protection subsidiaire aux Gazaouis mais vous les empêchez d’en bénéficier alors qu’Emmanuel Macron s’était engagé à rapatrier des enfants blessés.Allez-vous organiser le rapatriement des blessés graves, notamment des enfants qui mourront de leurs blessures avant qu’on ait commencé à reconstruire Gaza ? (Mme Caroline Yadan proteste.) Emmanuel Macron ment tous les jours aux Français mais peut-il être cynique au point de violer une promesse faite à des enfants dont les jours sont comptés ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et GDR.)
La parole est à M. le ministre délégué chargé de la francophonie et des partenariats internationaux.
Je vous prie d’excuser l’absence du ministre de l’Europe et des affaires étrangères.La France salue l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu et de libération des otages à Gaza dont la signature a été rendue possible grâce aux efforts de médiation des États-Unis, du Qatar et de l’Égypte. Nous appelons les parties à mettre en œuvre sans délai cet accord qui doit permettre la libération de tous les otages encore détenus à Gaza. À cet égard, la libération des trois premiers otages israéliens est source d’espoir. De même, nous espérons retrouver rapidement et en bonne santé Ofer Kalderon et Ohad Yahalomi, nos deux compatriotes toujours retenus par le Hamas. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)L’accord doit aussi mettre fin aux souffrances injustifiables des populations civiles à Gaza, confrontées à la faim, à l’absence d’aide humanitaire et d’accès aux soins. Face à […]
La parole est à M. Philippe Latombe.
Avec parfois le sentiment de prêcher dans le désert, voilà plus de cinq ans que j’alerte sur l’obligation dans laquelle nous nous trouvons d’assurer notre souveraineté numérique et notre autonomie stratégique face à l’allié américain.
Il a raison !
Ce qui était déjà pertinent pour la France et l’Europe sous l’administration Biden prend toute son acuité avec l’arrivée de Donald Trump. Le pire s’annonce : le président américain a administré sans ambiguïté à l’Europe ce que le ministre français des armées appelle, à raison, « un coup de pied au derrière ». Ainsi, nous allons devoir à la fois assumer pleinement notre défense – si possible en achetant du matériel américain… – et affronter une guerre économique avec une Amérique particulièrement agressive. La présence d’Elon Musk aux côtés du président Trump et le ralliement immédiat des autres patrons des géants américains ne laissent aucun doute sur l’ampleur d’une telle offensive et sur le rôle essentiel qui sera celui de ces industriels.Or la réaction du vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la stratégie industrielle et de la prospérité comme celle de la […]
La parole est à M. le ministre délégué chargé de la francophonie et des partenariats internationaux.
Les États-Unis sont nos plus anciens alliés. Nous partageons des valeurs, des intérêts et une histoire communs. La France est engagée aux côtés de ses partenaires européens et des États-Unis au sein de l’Otan pour la préservation de la paix et de la sécurité dans la zone euro-atlantique. Le président de la République a déjà travaillé plusieurs années avec le président Trump. Au lendemain de l’investiture, nous sommes prêts à travailler avec cette nouvelle administration et à défendre nos intérêts. (M. Raphaël Arnault s’exclame.)Dans ce contexte, l’Europe a un grand rôle à jouer : nous sommes le plus grand marché économique du monde et nous sommes une puissance militaire avec laquelle personne n’a intérêt à entrer en conflit. La configuration géopolitique actuelle est une chance pour l’Europe de s’affirmer comme la puissance stratégique qu’elle est. Le ministre de l’Europe et des […]
Je vous prie d’être plus silencieux dans l’hémicycle.La parole est à Mme Caroline Parmentier.
Monsieur le premier ministre, mardi dernier, lors de votre discours de politique générale, vous avez parlé de tout et surtout de rien.
Il faudrait savoir : de tout ou de rien ?
Mais vous n’avez pas voté la censure !
Vous avez parlé de tout sauf de la principale priorité des Français : le pouvoir d’achat, grand absent de votre déclaration. Nous avons eu un vague espoir lorsque vous avez évoqué les gilets jaunes – la plus grande révolte de la France du travail depuis un siècle – mais vous n’avez rien dit pour cette majorité de Français qui placent le pouvoir d’achat en tête de ses inquiétudes.
Il faut travailler pour avoir du pouvoir d’achat !
En janvier et février 2025, les hausses de prix vont toucher de plein fouet les classes moyennes et populaires : augmentation des tarifs des mutuelles – 6 % en 2025 après une hausse de 8 % en 2024, de sorte que de plus en plus de Français renoncent à se soigner –, augmentation du prix du gaz, des tarifs de la poste, des péages ; s’y ajoutent le coût prohibitif du logement, la baisse du livret A décidée contre la France qui fait des sacrifices et des efforts pour épargner, la paralysie des salaires frappant la France qui travaille alors que l’épisode inflationniste a occasionné des difficultés économiques durables pour les Français.Dans ma circonscription du Pas-de-Calais, celle de Béthune et des trente et une communes des alentours, les habitants ne me parlent pas de vous, monsieur le premier ministre, mais de leurs préoccupations quotidiennes : ne pas arriver à vivre de leur salaire […]
La parole est à M. le ministre délégué chargé des relations avec le Parlement.
Il est exact que la préoccupation des Français est de savoir comment ils vivront mieux, aujourd’hui et demain.
C’est pour cela que tu n’as pas été réélu !
Le gouvernement est entièrement mobilisé et concentré sur cet objectif : faire en sorte que le travail paye mieux et, pour ce faire, poursuivre les efforts réalisés depuis sept ans. (« Ah ! » sur les bancs du groupe RN.) Je rappelle à la représentation nationale que, s’il est un résultat à porter au crédit des élus qui se sont battus en matière économique et sociale depuis sept ans, c’est d’avoir vaincu le chômage de masse. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur quelques bancs des groupes Dem et HOR. – Protestations sur les bancs du groupe RN.)
Le plus gros mensonge de la Macronie !
Et le bilan de la précarité ?
Ce travail, réalisé avec les partenaires sociaux, en faisant confiance au monde de l’entreprise et en libérant les énergies, doit se poursuivre. J’observe qu’une des premières atteintes portée au pouvoir d’achat des Français durant les derniers mois résulte de l’inquiétude et de l’incertitude des milieux économiques consécutives à la censure à laquelle vous n’êtes pas étrangère. (Protestations sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Un peu de silence, s’il vous plaît !
Je souhaite vous assurer que l’objectif principal du gouvernement conduit par François Bayrou est de ne pas toucher aux impôts des classes moyennes et des classes les plus fragiles de notre société. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR. – Protestations sur les bancs du groupe RN.) Dans les semaines qui viennent, notre premier devoir sera de les protéger et de les servir grâce à une action publique se déployant sur le terrain. Action publique et services publics constituent en effet les premiers biens de ceux qui en ont peu.
Bla bla bla !
Nous accompagnerons ces Français au cours des semaines et des mois qui viennent pour qu’aux côtés des partenaires sociaux réunis en conférence sociale, nous puissions déterminer les initiatives gouvernementales destinées à garantir que le travail paie mieux et à sortir des bas salaires. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.)
La parole est à Mme Caroline Parmentier.
Puisque vous n’avez plus de circonscription, je vous invite à m’accompagner dans le quartier des cheminots de Béthune et dans celui du Mont-Liébaut : vous répondrez cela vous-même à leurs habitants. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
La parole est à M. Thierry Sother.
Madame la présidente, monsieur le premier ministre, comme moi, vous êtes utilisateur de X. Comme moi, vous avez vu surgir du jour au lendemain les publications d’Elon Musk qui ont porté Trump au pouvoir. Comme moi, vous avez lu les messages appuyant les volontés d’annexion du Canada et du Groenland ainsi que les messages favorables à la candidate d’extrême droite aux élections allemandes. X est aujourd’hui un espace violent et rempli de contrevérités. C’est un espace de débat dont les règles sont faussées pour favoriser son patron et ceux qu’il décide d’aider, c’est devenu une jungle au service de l’extrême droite.Un homme seul, un milliardaire américain, membre de l’administration Trump, homme aux comportements et expressions erratiques, ayant eu hier des gestes qui rappellent les heures les plus sombres de notre histoire (Exclamations sur les bancs du groupe RN) se trouve en mesure de […]
Commencez avec l’Algérie !
La parole est à M. le ministre délégué chargé de la francophonie et des partenariats internationaux. (Exclamations sur divers bancs.)
J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer à ce sujet dans ma réponse à la question portant sur les relations entre les États-Unis et l’Europe.Je le répète, les États-Unis sont notre plus ancien allié. Nous partageons des valeurs, des intérêts et une histoire. Vous m’interrogez plus précisément à propos de X et des écarts commis par Elon Musk sur ce réseau.
Des « écarts » ?
Jusqu’ici, Elon Musk agissait en tant que citoyen. Désormais il fait partie du gouvernement américain. Vous l’avez dit, l’Europe s’est dotée de moyens pour répondre à ces attaques d’une nouvelle génération. Le moment venu, l’Europe, avec en tête la France, apportera les réponses adéquates face aux excès – si excès il y a – d’un tel comportement.
Il est urgent de ne rien faire, c’est ça ? Nous nous sentons protégés !
La parole est à M. Thierry Sother.
L’Europe a lancé une enquête non pas la semaine dernière mais il y a un an. Elle a abouti l’été dernier. Ceux qui l’ont consultée savent qu’elle incrimine X et Elon Musk. Vous le savez comme moi, elle a été relancée la semaine dernière, tout simplement parce que nous n’osons rien faire d’autre.Dès lors, laissez-moi reformuler ma question : attendrez-vous que Musk revendique sur X Saint-Pierre-et-Miquelon pour défendre nos intérêts ? Quand agirez-vous ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur plusieurs bancs des groupes EcoS et GDR.)
Avant de lui donner la parole, je suis heureuse de souhaiter, en votre nom à tous, la bienvenue à Mme Camille Galliard-Minier, élue ce dimanche députée de la première circonscription de l’Isère. (Les députés des groupes EPR et Dem se lèvent pour applaudir. – Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur plusieurs bancs du groupe DR.)
Dimanche dernier, les habitants de la première circonscription de l’Isère m’ont fait l’honneur de les représenter de nouveau dans cette Assemblée. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR.) De mes échanges quotidiens avec eux sur le terrain émergent des attentes fortes et convergentes : retrouver la confiance dans nos institutions, le respect dans le débat démocratique et la stabilité indispensable à la bonne marche du pays.
Il faudrait déjà respecter le fait de ne pas faire front commun avec l’extrême droite !
J’ai perçu une profonde inquiétude face au risque de dégradation de la situation de notre pays qui pénaliserait d’abord les plus défavorisés de nos concitoyens. Cette crainte est amplifiée par une situation internationale particulièrement complexe et dangereuse.Ces attentes, qui transcendent les clivages, expriment une volonté partagée de construire ensemble des réponses adaptées aux urgences économiques, sociales et environnementales ; construire ensemble avec une majorité de députés qui s’engagent à dialoguer dans le respect des convictions de chacun en ayant pour objectif commun l’intérêt général ; construire ensemble en associant nos concitoyens par une pratique renouvelée de la démocratie participative.Pour mener les réformes indispensables et élaborer un budget adapté aux besoins du pays, quelle nouvelle forme de préparation de la décision, de dialogue transpartisan pouvons-nous […]
Voilà une question qui n’est pas « loufok » ! (Sourires.)
Comment envisagez-vous d’associer, de la façon la plus large possible, nos concitoyens aux décisions les plus sensibles, qui concernent leur vie quotidienne ? Comment faire en sorte que l’intérêt général, notamment à long terme, puisse être bien évalué, compris et protégé dans les textes législatifs que nous aurons à mettre en débat ? (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.)
La parole est à M. le premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique. (Ah ! sur divers bancs.)
Quel théâtre !
Je veux tout d’abord saluer votre élection. (Applaudissements sur les bancs des groupe EPR et Dem.)
Avec les voix de l’extrême droite !
D’une part, c’est pour vous une victoire personnelle au terme d’une campagne de terrain exceptionnelle. D’autre part, je note que les électeurs de la première circonscription de l’Isère ont envoyé un message qui me semble d’une clarté aveuglante : pour faire face aux problèmes de notre pays, ils soutiennent une démarche de rassemblement. (Mêmes mouvements.)
Seulement 35 % de participation au premier tour !
Vous l’avez dit, ces électeurs vous ont fait part de leur aspiration à la stabilité. Ils éprouvent le besoin que des sensibilités différentes acceptent de se réunir, notamment parce que notre pays connaît des difficultés particulières, comme nous l’avons observé ces derniers temps…
Ça s’appelle le non-respect des urnes !
…mais aussi en raison de l’état du monde. L’élection, pour un deuxième mandat, de celui qui est devenu quarante-septième président des États-Unis a montré à quel point, désormais, sous toutes les latitudes de notre planète, le rapport de forces et la volonté de dominer étaient revenus au premier plan de l’histoire de notre humanité.Dès lors, il est inimaginable que nous relevions de tels défis en étant divisés, en nous livrant aux injures et aux accusations réciproques. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur plusieurs bancs du groupe HOR.)
Commencez par respecter le front républicain !
Le choix que nous avons fait est précisément de nous rassembler pour répondre aux défis qui nous attendent. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR.)
Alors, c’est quoi, la réponse ?
La parole est à M. Vincent Trébuchet.
Ma question s’adresse à Mme la ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique. Dans la grande famille de la contrefaçon, j’appelle à la barre HelloQuitteX, application tricolore développée par des agents du CNRS avec l’argent du contribuable.Le premier centre de recherche publique français dévoie-t-il le travail d’équipes entières pour coder une application qui siphonne les données d’utilisateurs de X, le tout au profit de personnalités politiques ne supportant plus la contradiction ? La question se pose. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.)
C’est de la désinformation ! Vous avez des problèmes de vocabulaire !
La gauche française détournerait-elle cet argent public pour sauver son nombre de followers ?HelloQuitteX est une énième et pathétique tentative d’imposer une chape de plomb politique alors que les réseaux sociaux ont contribué à libérer l’information. Les mêmes qui dénoncent l’ingérence d’un Elon Musk chantent les louanges d’un George Soros et sont bien souvent, depuis des décennies, financés par ses succursales. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.) Contrairement à certains à gauche, ici nous chérissons la pluralité et la libre contradiction. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.)
Et Elon Musk ?
La vérité doit être faite. Comment une application développée par des agents publics a-t-elle pu aspirer et traiter les données personnelles de millions de personnes de manière automatisée sans le consentement des utilisateurs ?
On en parle, d’Elon Musk ?
Comment justifier que des agents de la fonction publique aient développé, sur leur temps de travail, avec les moyens du CNRS, une opération politique sans rapport avec leur mission scientifique ?Quelles sanctions envisagez-vous ? Une enquête de la Cnil est-elle prévue ? Mettrez-vous fin à la propagande qui gangrène le milieu de la recherche publique française ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
La parole est à Mme la ministre déléguée chargée du commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises et de l’économie sociale et solidaire.
Je vous prie tout d’abord de bien vouloir excuser Mme la ministre Clara Chappaz, retenue, comme d’autres membres du Gouvernement, au Forum économique mondial de Davos. (« Ah ! » sur divers bancs.) Vous m’interrogez sur l’application HelloQuitteX, un projet de science participative – c’est important de le souligner –,…
Eh oui !
…conduit par le laboratoire ISC-PIF – l’Institut des systèmes complexes de Paris-Île-de-France – du CNRS. Cette unité, spécialisée depuis une dizaine d’années dans l’étude de l’impact des réseaux sociaux sur la société, a développé plusieurs dispositifs permettant de mieux informer…
Désinformer !
…les utilisateurs : Politoscope et Climatoscope.Avec le rachat de Twitter, et bien que la réglementation européenne prévoie que la communauté de recherche académique puisse avoir accès aux données de X, les API – les interfaces de programmation d’application – sur lesquelles s’appuyaient des centaines de projets de recherche ont visiblement été coupées.Pour continuer à étudier l’impact des réseaux sociaux, le laboratoire s’est tourné vers des dispositifs alternatifs dits ouverts, tels que Bluesky ou Mastodon, et a mis à disposition des utilisateurs une application leur permettant de reconnecter leurs abonnés et de ne pas perdre d’audience. Il est important qu’ils puissent poursuivre leurs projets de recherche. Je souligne au passage que l’opération est internationale.
C’est n’importe quoi !
Répondez à la question !
L’émergence de cette application soulève toutefois une question plus vaste : convient-il, ou non, de quitter la plateforme X ? Je comprends que plusieurs de nos concitoyens choisissent de quitter certains réseaux au vu de la recrudescence de contenus haineux sur ces plateformes.
Comment se faire rouler dans la farine !
Cependant notre constat est simple : 5 millions de Français s’informent quotidiennement sur X et chaque individu reste libre de s’inscrire sur le réseau social de son choix.Dès lors, il ne s’agit pas de se couper de ces 5 millions de Français ou de cesser de leur parler mais plutôt d’obliger les plateformes à respecter les règles que nous nous sommes fixées si elles souhaitent continuer d’opérer en France. À cet égard, Clara Chappaz m’a confirmé qu’elle veillerait à faire appliquer de manière effective le règlement DSA, le Digital Services Act. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR.)
La parole est à M. Vincent Trébuchet.
Je vous remercie pour ces aveux : l’alliance de LFI à LR est donc bien vivante ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC.)
Dit celui qui a voté la censure avec LFI…
La parole est à Mme Anne-Cécile Violland.
Madame la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, force est de constater qu’encore aujourd’hui, en 2025, de trop nombreux enfants, en France, ne sont pas suffisamment protégés et sont laissés à eux-mêmes face à la cruauté humaine.Le drame d’Amandine, décédée à 13 ans après des années de souffrance malgré plusieurs signalements restés sans suite, met en lumière les graves défaillances de la protection de l’enfance. Elle fait partie de celles et ceux pour qui l’État n’a pas su être un rempart face aux violences, aux négligences ou à l’indifférence, malgré notre système de protection de l’enfance, dont les acteurs – assistants sociaux, éducateurs spécialisés et associations – font preuve d’un travail et d’un dévouement absolument remarquables qui inspirent le respect de la représentation nationale.Il est indéniable que des avancées importantes ont été réalisées […]
La parole est à Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles.
La situation que vous décrivez est absolument terrible et le drame vécu par la petite Amandine nous oblige.Vous rappelez à juste titre le contexte de ce drame, qui s’est déroulé pendant la crise du covid-19, mais ce rappel ne constitue pas en lui-même une solution : la situation exige que notre société se donne la capacité de construire différentes réponses.À raison, vous venez de mettre en exergue les difficultés d’un secteur dont je veux souligner l’engagement des professionnels, qui sont nombreux puisqu’ils sont issus tant du secteur médico-social que du système de santé.Nous le savons : notre pays manque de pédopsychiatres, de professionnels que nous devons former. Nous devons travailler à améliorer l’attractivité de ces métiers qui, comme tous les métiers de l’humain, sont des métiers d’engagement qui exigent beaucoup de ceux qui les exercent.
Elle a raison !
J’en profite pour remercier Mme Santiago, qui a relancé les travaux de la commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance, qui nous permettent d’aller plus loin ensemble. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)
Concrètement, vous faites quoi ?
Madame Chikirou, s’il vous plaît !
Où est le haut-commissaire à l’enfance ? Ce n’est pas suffisant !
Le premier ministre a pris l’engagement de créer un haut-commissariat à l’enfance, qui nous permettra d’examiner l’ensemble des politiques menées. Notre réponse doit toujours viser à préserver l’intérêt de l’enfant, à nous tourner vers lui partout où il se trouve, en nous fondant sur la réalité du terrain. C’est en travaillant ensemble que nous trouverons les solutions dont nous devons l’application à chacun des enfants de notre pays.
Très bien !
Il n’y a pas de ministre !
La parole est à Mme Julie Ozenne.
Locaux détruits et incendiés, voitures sabotées, menaces à répétition : depuis des mois, tel est le quotidien des agents de l’Office français de la biodiversité.Et que faites-vous, madame la ministre de l’agriculture ? Vous décidez de leur rendre le travail un peu plus difficile encore en leur demandant de porter leurs armes discrètement, au détriment de leur sécurité. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – Exclamations sur les bancs des groupes RN et DR.)
C’est scandaleux !
Los Angeles brûle, nous nous empoisonnons d’eau polluée et nos enfants meurent de cancers pédiatriques.Et que fait votre gouvernement ? Il supprime 1,3 milliard d’euros consacrés à la protection de l’environnement, dont la perte s’ajoute aux coupes déjà prévues. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – Mme Elsa Faucillon applaudit également.)Les agriculteurs bio connaissent des difficultés financières sans précédent. Certains se déconvertissent tandis que d’autres doivent vendre leurs produits bio au prix des produits conventionnels.Et que faites-vous ? Vous persistez à distribuer des milliards aux agro-industriels et à refuser de soutenir nos petites fermes.
C’est vrai !
Comme si cela ne suffisait pas, vendredi dernier, vous donnez un avis de sagesse au sujet d’un amendement de la droite sénatoriale prévoyant de supprimer l’Agence bio, l’opérateur public chargé de promouvoir l’agriculture biologique et d’en assurer les débouchés ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe SOC.)Est-il donc sage, selon vous, de supprimer l’Agence bio, contre l’avis de l’ensemble de la filière, alors que la Cour des comptes appelle justement à la renforcer en raison de sa grande efficacité ? Est-il donc sage de mettre en péril les agriculteurs dont les pratiques sont les plus vertueuses et qui représentent un sixième de cette profession ?Votre volonté obstinée d’opposer agriculture et agroécologie, de monter les agriculteurs contre le reste de la population, notamment contre nos agents publics, est dangereuse.Nos agents publics et nos […]
La parole est à Mme la ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Votre question en contient plusieurs. S’agissant de l’OFB, ma collègue Agnès Pannier-Runacher et moi-même avons diffusé une circulaire qui appelle à une meilleure compréhension mutuelle des agriculteurs et des agents chargés de la préservation de la biodiversité.
Très bien !
Concernant l’Agence bio, vous faites allusion à un amendement, adopté au Sénat à une large majorité, qui tend en effet à supprimer cette agence. Pour autant, les missions qu’elle exerce ne seraient pas supprimées. (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe GDR.) Elles seraient simplement reprises par FranceAgriMer ou par une autre entité du ministère de l’agriculture.
Vous n’avez pas honte ?
Cet amendement pose la question suivante : quel bénéfice pouvons-nous tirer d’un tel regroupement ? En somme, comment faire mieux avec moins ? La question se pose à de nombreux opérateurs et agences de l’État.Pour ce qui est du bio, j’affirme très clairement que la promotion de l’agriculture biologique constitue une grande politique de mon ministère. (Sourires sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)
On rit !
Libre à vous de ne pas écouter ma réponse. Nous consacrons chaque année 180 millions d’euros à cette politique. Dès lors, pouvez-vous soutenir qu’elle fait l’objet de mépris ? Je ne le crois pas.Il y a deux jours, à l’occasion d’un rendez-vous prévu de longue date, je recevais les représentants des agriculteurs concernés, qui m’ont exposé leurs projets. (Exclamations sur quelques bancs du groupe EcoS.)
Vous ne maîtrisez pas le sujet !
Nous y consacrons des budgets considérables.En tant que consommatrice, députée et ministre, je suis très attachée à notre politique de soutien à l’agriculture biologique. Vous ne pouvez pas raisonnablement affirmer que le transfert des missions de l’Agence bio, qui met en jeu entre 2 et 3 millions d’euros, constitue un abandon de cette politique alors que nous dépensons pour elle 180 millions par an !
Si, si !
Il faut faire preuve de davantage d’honnêteté intellectuelle ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et DR.)
Très bien !
La parole est à M. Antoine Vermorel-Marques.
Monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, il aura fallu à peine vingt-quatre heures à Donald Trump pour diviser l’Europe. D’un côté, le président américain montre les muscles et promet de taxer les produits européens. De l’autre, notre commissaire européen, M. Stéphane Séjourné, commence déjà à brader notre industrie de défense. Au lieu d’assumer le rapport de force, il joue un jeu dangereux en proposant à demi-mot l’achat d’armes américaines contre un libre-échange débridé.Mais notre souveraineté n’est pas à vendre ! Notre indépendance n’est pas à brader ! Nos emplois ne sont pas à bazarder !Que dit la Commission européenne aux salariés de la défense française ? Aux équipes de KNDS, à Roanne, qui font la fierté de nos armées ? On connaissait l’Europe naïve ; nous nous dirigeons vers une Europe soumise à l’influence américaine, à la protection étatsunienne, au bon […]
C’est le bon sens !
Ne soyons pas dupes : alors que certains cherchent à nous diviser et à affaiblir la République dans cet hémicycle, Donald Trump prépare une offensive sans précédent. La voix de la France doit être claire. Le gouvernement soutient-il la position de Sébastien Lecornu, ministre des armées, ou celle de Stéphane Séjourné, commissaire européen ? (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)
La parole est à M. le ministre délégué chargé de la francophonie et des partenariats internationaux.
Les États-Unis sont notre plus ancien allié. L’amitié franco-américaine est vieille de plus de deux siècles. Le président de la République a déjà travaillé avec l’administration Trump.
Ce n’est pas la peine !
Nous savons donc à qui nous avons affaire et comment nous faire entendre et défendre nos intérêts avec vigilance et détermination.La France demeurera engagée aux côtés de ses partenaires européens et des États-Unis au sein de l’Otan en vue de préserver la paix et la sécurité dans la zone euro-atlantique.S’agissant de la défense, nous continuerons de miser sur l’Europe de la défense et le soutien à nos entreprises européennes pour affirmer notre indépendance stratégique dans le domaine de l’armement. Nous défendrons pied à pied l’agenda de Versailles adopté par les membres de l’Union européenne en 2022.Plus largement, concernant les prises de position américaines en matière de multilatéralisme, la France, fidèle à ses valeurs et à ses engagements, continuera de défendre avec ferveur la nécessité de traiter les enjeux environnementaux et de santé mondiale et, plus généralement, de […]
La parole est à M. Laurent Jacobelli.
Monsieur le ministre des armées, depuis huit ans, Emmanuel Macron aura patiemment et méthodiquement détruit tout ce qui faisait la force et la puissance de la France.
On a doublé le budget de la défense nationale en dix ans !
Ce terrible constat s’applique bien évidemment à sa politique intérieure, qui aura partout semé le chaos, mais aussi à sa politique étrangère.L’expulsion de la France du sol africain par ses partenaires historiques en constitue un exemple criant et dommageable. En quelques années de pouvoir, le président de la République aura largement contribué à distendre des liens qui unissaient la France à ses amis africains depuis des décennies, pour le plus grand plaisir de la Chine, de la Russie et de la Turquie. Il n’y a plus de politique africaine de la France, ni même de politique de la France en Afrique, mais une succession de décisions hasardeuses et catastrophiques. L’une des plus graves a été la suppression du corps diplomatique français, qui a pourtant produit des générations de diplomates experts des questions africaines.Mais, là-bas comme ici, la suffisance du président, son mépris, son […]
La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants.
Je rends également hommage à tous les militaires, en particulier à ceux qui ont consenti jusqu’au sacrifice ultime pour défendre la France et combattre le terrorisme. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)Le président Hollande a eu raison d’intervenir militairement au Sahel en 2013, à la demande – je le rappelle – de nos partenaires. Nos armées ont mené cette mission à bien et fait reculer le terrorisme dans la région en remportant des victoires militaires incontestables. Imaginez-vous ce que serait le Sahel si la France n’avait pas arrêté la progression des djihadistes ?Le président Emmanuel Macron l’a dit : nous nous sommes parfois substitués aux dirigeants politiques des pays concernés dans la lutte contre le terrorisme. Il faut en tirer la leçon.Il est normal que la France se désengage lorsque les autorités, en l’occurrence tchadiennes, le décident. Le Tchad est un État […]
La parole est à M. Jean-Pierre Bataille.
Madame la ministre des comptes publics, à quelques jours du vote final du PLF pour 2025 au Sénat et avant une CMP décisive, il est crucial pour nos collectivités de savoir précisément sur quelles bases elles peuvent préparer leurs budgets, dont je rappelle qu’ils doivent être sincères et équilibrés.Au-delà des tractations politiciennes et des victoires supposées des uns et des autres, une attention particulière doit être portée à leur budget. Certes, elles ont accepté de contribuer au redressement tant nécessaire de nos comptes publics, mais rappelons que leur déficit ne représente que 8 % du déficit public total alors qu’elles assurent 70 % de l’investissement public. Elles doivent donc être traitées au regard de leurs efforts d’investissement et de leur taux d’épargne disponible.Votre gouvernement a poursuivi les négociations qui étaient en cours dans le cadre du projet de loi de […]
La parole est à M. le ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation.
Et du respect !
Vous avez eu raison de rappeler le rôle éminent des collectivités territoriales pour la cohésion nationale mais également pour l’investissement public ; vous avez cité le chiffre de 70 %, qui est parfaitement exact et c’est tenant compte de cette réalité que, sur les recommandations du premier ministre, nous avons décidé d’abaisser sensiblement le prélèvement sur les collectivités locales initialement prévu. Ces dernières ne nient pas la nécessité d’un effort de leur part, mais elles considèrent que ce qui leur est demandé doit être égal à ce qu’elles font, compte tenu notamment de leur part dans le poids de la dette, sachant qu’environ 7 % de la dette nationale relève d’elles. L’effort que nous leur demandons aujourd’hui est donc à peu près de 7 % : la réduction du FCTVA qui devait les priver de 800 millions d’euros environ est supprimée et le prélèvement sur les ressources réelles de […]
La parole est à M. Édouard Bénard.
Monsieur le premier ministre, vous nous aviez promis de changer radicalement de méthode avec votre gouvernement et de mettre en pratique votre fameuse culture du compromis… Premier constat : vous refusez à notre assemblée de débattre du budget de la France pour l’année 2025 en nous imposant de poursuivre la discussion budgétaire sur la base du projet de loi de finances déposé par votre prédécesseur. (« Eh oui ! » sur plusieurs bancs du groupe EcoS.) Autre constat : vous faites le choix d’une méthode violente, et j’utilise sciemment ce mot, dans la discussion en cours au Sénat !La méthode Bayrou, ce sont ainsi de véritables coups de rabot de plusieurs centaines de millions d’euros sur la majorité des missions budgétaires, sous forme d’amendements déposés au dernier moment et même en pleine nuit ! Des millions d’euros qui s’ajoutent, parfois en quelques minutes seulement, aux réductions […]
La parole est à Mme la ministre chargée des comptes publics.
La menace, c’est de ne pas avoir de budget. La menace, c’est d’avoir une économie à l’arrêt. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)
Alors proposez un bon budget !
La menace, c’est vous !
La menace, c’est l’incertitude pour les agriculteurs, pour les patrons de PME, pour les artisans, pour les maires et pour les Français. La menace, c’est le surendettement, la perte de confiance des Français et des marchés financiers, et 330 milliards à financer cette année qui ne pourront peut-être pas être trouvés si nous ne retrouvons pas cette confiance.Il est vrai que la méthode que nous suivons consiste à repartir du texte déjà sur la table pour disposer d’un budget le plus vite possible afin que l’économie puisse repartir le plus vite possible. Notre méthode est celle du compromis, comme le montrent les votes au Sénat : parfois il y a des majorités, parfois non. Le compromis continuera en commission mixte paritaire la semaine prochaine. Il se fait avec l’ensemble des forces politiques qui défendent des positions non pas pour elles mais pour les Français. Et notre méthode consiste […]
Faire des choix, c’est faire de la politique.
Nous avons fait le choix de valoriser l’éducation, la sécurité, la défense, les outre-mer, la justice, l’hôpital, l’ensemble des sujets qui importent aux Français. Oui, nous faisons des choix en considérant que nous pouvons, sans toucher aux politiques publiques, réorganiser l’action publique, chercher davantage d’efficacité pour que les Français en aient pour leurs impôts. La méthode qui nous est demandée à tous consiste, je le crois, à être capables de nous opposer sans censurer, sans chercher le blocage. C’est bien pourquoi le gouvernement cherche ainsi à avancer avec les parlementaires.Je conclurai sur un point important : Éric Lombard, aujourd’hui à Bruxelles, a retrouvé la confiance de nos partenaires européens.
Et celle des Français, ça ne vous intéresse pas ?
Nous devons maintenant retrouver la confiance des Français ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.)
La parole est à M. Inaki Echaniz.
Monsieur le premier ministre, depuis plus de deux ans, nous sommes plusieurs parlementaires de divers groupes, dont des membres du bloc macroniste, à vous alerter sur l’absence d’une politique pour résoudre les difficultés grandissantes en matière d’accès au logement. Une telle absence a un impact considérable sur la vie de nos concitoyens mais aussi sur nos entreprises, en particulier les TPE-PME, et sur les recettes de l’État puisque le secteur du logement rapporte plus qu’il ne coûte. Alors que le sujet est central pour l’équilibre des territoires, la réindustrialisation et le maintien des services publics, qu’il est une des conditions d’une vie digne, nous apprenons avec sidération que parmi les nombreuses coupes budgétaires annoncées au Sénat, vous avez décidé de baisser de 900 millions d’euros le budget consacré au logement ! Nous notons notamment une coupe de 530 millions pour […]
C’est un scandale !
Les Français n’arrivent plus à se loger, nous ne savons plus comment vous le faire comprendre ! En 2024, notre pays a connu le plus faible nombre de mises en chantier depuis 1950. Oui, 1950 ! Plus de 17 000 entreprises du BTP sont en difficulté et le nombre de demandeurs de logement social atteint un record absolu à 2,7 millions, soit près d’un million de plus en dix ans. (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe EcoS.)Que faut-il faire pour que vous preniez enfin au sérieux cette question majeure ?
Priorité nationale !
À la suite des négociations avec le groupe Socialiste et apparentés, vous vous êtes engagé à étendre le champ du prêt à taux zéro, dont vous aviez vous-même réduit le périmètre, à rétablir une aide pour les maires bâtisseurs et à baisser le montant de la réduction du loyer de solidarité que vous aviez imposée aux bailleurs sociaux. Mais ces nouveaux reculs, ces nouvelles coupes surprises marquent un recul sanglant pour le logement ! Quel sera votre bilan sur la question, mis à part un grand déni et des coupes budgétaires inconséquentes ? Les Français méritent des actions ambitieuses de la part du gouvernement pour leur premier poste de dépense, pour ce qui conditionne leur émancipation et leur projet de vie ! (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et EcoS ainsi que sur plusieurs bancs du groupe Dem.)
La parole est à Mme la ministre chargée du logement.
Vous avez raison, le secteur du logement connaît une crise inédite. Depuis ma nomination, je suis mobilisée avec tous les parlementaires pour apporter des réponses, et le budget qui va être proposé les reprendra. Je continuerai à défendre l’extension à tout le territoire du prêt à taux zéro mais aussi à encourager la défiscalisation des donations pour l’achat de logements neufs. Cet après-midi, au Sénat, je défendrai un amendement baissant la réduction du loyer de solidarité, comme le propose d’ailleurs le groupe socialiste.
Très bien, madame la ministre !
Je proposerai aussi d’augmenter le budget de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine et de financer la réhabilitation des logements sociaux du bassin minier comme je m’y étais engagé devant cette assemblée.
Très bien, madame la ministre !
Toutes ces mesures sont couplées à la baisse du taux du livret A qui va permettre d’investir massivement dans la construction et dans la rénovation de logements sociaux. Les débats seront aussi l’occasion de créer l’aide destinée aux maires bâtisseurs qui a été annoncée par le premier ministre.Vous avez raison aussi…
Un socialiste peut avoir deux fois raison ? (Sourires.)
…d’évoquer le contexte budgétaire, qui nous oblige à une plus grande vigilance au sujet de plusieurs postes de dépense. (« Ah ! » sur les bancs du groupe SOC.) Ce sera le cas sur les APL, mais sans toucher à aucun paramètre puisque les prévisions sont en dessous de ce qui était anticipé lorsque le budget a été voté l’été dernier. Ce sera aussi le cas sur MaPrimeRénov’ en optimisant encore davantage la trésorerie. En revanche, je veux le dire très clairement : le gouvernement ne modifiera pas les paramètres retenus début décembre dernier pour ne pas stopper la dynamique de rénovation : nous ne toucherons pas aux monogestes,…
C’est bien, les monogestes : tout effort mérite d’être encouragé !
…et, si la dynamique s’avérait meilleure que prévu, le gouvernement sera au rendez-vous des attentes, je le dis devant Mme de Montchalin. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.)
La parole est à Mme Brigitte Klinkert.
Ma question s’adresse au ministre de l’Europe et des affaires étrangères.Hier, Donald Trump a été investi président des États-Unis. Son retour à la Maison-Blanche marque pour nous, Français et Européens, une ère d’instabilité politique et d’incertitude vis-à-vis de ce grand pays allié. En effet, les États-Unis sont un allié et un partenaire de l’Europe et de la France, mais dans le contexte que nous connaissons, il est difficile de considérer qu’il s’agit encore d’un partenaire fiable, constant et loyal. Nos relations commerciales avec les États-Unis, mais aussi notre défense militaire, notre souveraineté numérique et l’intégrité de nos processus démocratiques : voilà beaucoup d’enjeux pour la vie des Européens.Face au réveil des puissances, l’Europe ne peut pas s’affaiblir. Plus que jamais, nous devons affirmer la souveraineté européenne. Nous avons besoin d’une deuxième assurance vie […]
Ça n’existe pas !
Nous avons aussi besoin de faire respecter nos règles vis-à-vis des géants du numérique, et de sortir de notre naïveté commerciale vis-à-vis de la Chine et des États-Unis. Nous devons redevenir un continent d’innovation, une puissance économique. Cette souveraineté en matière industrielle, énergétique et agricole, nous ne la réussirons que tous ensemble, à vingt-sept.Alors que demain, nous célébrons la Journée de l’amitié franco-allemande, j’ai plus que jamais la conviction que la réaffirmation de la puissance et de la souveraineté européenne dépend du moteur formé par nos deux pays. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.) Quelles initiatives peut prendre la France avec son partenaire allemand pour relancer l’Europe ? (Mêmes mouvements.)
La parole est à M. le ministre délégué chargé de la francophonie et des partenariats internationaux.
La France soutient un programme de renforcement de la souveraineté européenne essentiel pour défendre ensemble nos intérêts dans un contexte marqué par le retour de la force.Depuis 2017, grâce à l’impulsion donnée par le président de la République lors de son discours de la Sorbonne, l’Europe s’est dotée d’instruments pour lutter contre les pressions commerciales, développer son industrie de défense et mener de front les transitions numérique et environnementale.
Ça a l’air de bien marcher !
Vous avez raison de dire, madame la députée, que le couple franco-allemand reste incontournable pour faire avancer l’Europe. Ainsi, mercredi, le président de la République recevra le chancelier allemand pour préparer avec lui le Conseil européen informel du 3 février. Avec nos partenaires allemands, nous avons la volonté de développer notre politique industrielle, de provoquer un choc de compétitivité et de renforcer notre défense. Ce moteur franco-allemand n’exclut pas d’autres axes de travail. Nous collaborons par exemple avec la Pologne dans le cadre du Triangle de Weimar.Nous avons les outils pour agir. Il faut maintenant que l’Europe les emploie et s’affirme comme la puissance stratégique qu’elle est. Ni les frontières de l’Europe ni l’intégrité de nos processus électoraux ne sont négociables. La dynamique franco-allemande va continuer à se renforcer et les députés prennent toute […]
La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian.
Monsieur le premier ministre, votre action se situe dans la droite ligne de celle des gouvernements précédents :…
Mais pas dans la ligne droite !
…vous financez votre politique probusiness par des économies sur les travailleurs. D’abord, vous annoncez une nouvelle journée de solidarité, c’est-à-dire un jour de congé en moins pour tous les travailleurs. C’est gratuit… Ensuite, vous conservez la plus juteuse mesure budgétaire concernant la paye des fonctionnaires : 10 % de salaire en moins en cas d’arrêt de travail, c’est presque 1 milliard d’économies faites sur le dos des agents publics malades. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Avec vous, ce sont toujours les plus fragiles qui trinquent !De même, vous refusez de voir les conséquences sociales désastreuses de la réforme des retraites pour les personnes dans l’incapacité de travailler en raison des effets de la pénibilité de leurs anciens postes ; pour les femmes, qui y perdent beaucoup ; pour les salariés à la carrière longue ; pour celles et ceux qui occupent des […]
Parfait !
La parole est à Mme la ministre chargée du travail et de l’emploi.
Taxeuse de retraités !
Vous posez la question cruciale de l’avenir de notre système de retraite. Vendredi dernier s’est tenue une réunion très importante, avec toutes les organisations syndicales et patronales représentatives, plus l’Unsa et la FNSEA. Les participants se sont engagés dans ces discussions avec un grand sens des responsabilités. Le dialogue social passe par de la responsabilité et par des discussions sur tous les sujets, sur la base d’un diagnostic partagé. (« Ha ! Ha ! » sur les bancs du groupe RN.)La démarche évoquée par le premier ministre lors de sa déclaration de politique générale et précisée lors de cette réunion commencera par le recours à une autorité indiscutable, la Cour des comptes,…
Ça veut dire de la taxe !
…pour avoir un diagnostic sur l’effort actuel de la nation quant au financement des retraites. Cette phase, au cours de laquelle les instances compétentes, comme le Conseil d’orientation des retraites, seront sollicitées, se terminera le 19 février.Ensuite, pendant trois mois, les partenaires sociaux auront une discussion à bâtons rompus sur tous les sujets, sans aucun tabou, pas plus l’âge de départ à la retraite qu’un autre. (« Pléonasme ! » sur les bancs du groupe RN. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Si vous êtes aussi respectueux que le premier ministre et moi du dialogue social, vous conviendrez que cette phase peut avoir trois issues.
On va voter, cette fois-ci ?
Soit un accord global aura été conclu et il vous sera présenté. Soit les accords porteront sur des points précis d’amélioration de la réforme de 2023 – la pénibilité, la situation des femmes, le travail des seniors, etc. – et feront également l’objet de discussions. Soit aucun accord n’aura été trouvé.
On veut voter !
Dans ce cas, il n’y aura pas de discussion au Parlement (Exclamations prolongées sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS) et nous reviendrons à la réforme de 2023 parce que nous respectons d’abord le dialogue social et le compromis entre les partenaires sociaux. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et DR.)
Quel enfumage !
La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian.
Les choses sont donc très claires : le patronat, qui n’a aucun intérêt à l’accord, ne le recherchera pas.
Vous n’en savez rien !
Vous venez de nous dire que vous tenez mordicus à la retraite à 64 ans et que vous ne permettrez pas que le débat reprenne ici ni que le Parlement puisse voter sur la base du mandat donné par les électeurs et les électrices. C’est très grave ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP, dont les députés se lèvent, ainsi que sur les bancs du groupe GDR, dont plusieurs députés se lèvent également. – Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)
La parole est à M. Jean-Hugues Ratenon.
À La Réunion, les facteurs du désordre convergent vers l’explosion sociale, entre une crise sanitaire inévitable du fait de l’épidémie du chikungunya et la poussée très inquiétante du trafic de drogues dures, à l’origine, selon moi, de la hausse de l’insécurité et de l’instauration d’un climat d’angoisse dans les villes. D’autres facteurs de désordre sont le manque de logements et la cherté de la vie, résultats incontestables d’abus que le pouvoir parisien fait mine de ne pas voir.Parmi les nombreuses causes du désordre, je vais m’attarder sur la pénurie d’eau. La Réunion n’échappe ni aux bouleversements climatiques ni à la pression démographique et l’eau y devient rare. Pourtant, la présidente de mon groupe, Mathilde Panot, nous avait alerté, à l’issue de son enquête parlementaire, sur les risques d’aggravation de la pénurie, notamment dans les outre-mer, et préconisé des solutions à […]
La parole est à M. le ministre d’État, ministre des outre-mer.
Vous avez attiré mon attention sur la situation inédite de La Réunion, qui est touchée par la sécheresse. Inédite en raison du niveau exceptionnellement bas des précipitations depuis septembre dernier. Non seulement l’île a connu un déficit global de précipitations de 22 % par rapport aux normales mais surtout, la saison des pluies, qui débute normalement à la mi-décembre, n’a pas encore commencé. La situation est d’autant plus inédite qu’elle touche l’est de l’île, particulièrement la commune de Saint-André, alors qu’il s’agit habituellement de la partie de La Réunion la plus arrosée. (Mme Sophia Chikirou s’exclame.)Ce sujet relève de la compétence des collectivités locales. C’est d’ailleurs pour cela que la communauté intercommunale Réunion Est, présidée par Patrice Selly, et la commune de Saint-André ont pris en début de semaine plusieurs mesures d’urgence. Chaque jour, 36 000 litres […]
La parole est à Mme Laurence Robert-Dehault.
Sept ans après l’entrée en fonction d’Emmanuel Macron, l’ambitieuse politique de saccage social, économique et industriel du président « Mozart de la finance » porte plus que jamais ses fruits. Les chiffres de l’année 2024 sont tombés : la situation industrielle du pays est catastrophique. Pour la première fois depuis 2015, il y a eu plus de fermetures que d’ouvertures d’usines en France.Dans mon département de la Haute-Marne, les Aciéries Hachette et Driout, autrefois un fleuron de l’industrie locale, sont en liquidation judiciaire.
C’est comme les Ardennes, la Haute-Marne !