Séance du 7 novembre 2025 /// n°39 /// 482 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Session ordinaire 2025 -2026

Séance du 7 novembre 2025 — 39e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Hélène Laporte.

482prises de parole
67orateurs
5points à l'ordre du jour
13scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
3542 le sous-amendement n° 2656 de M. Turquois après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 44 / 124 rejeté
3543 l'amendement n° 2437 de M. Isaac-Sibille après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 72 / 103 rejeté
3544 l'amendement n° 2288 de M. Valletoux après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 87 / 93 rejeté
3545 l'amendement n° 1337 de Mme Dubré-Chirat après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 80 / 106 rejeté
3546 l'amendement n° 2412 de M. Valletoux et l'amendement identique suivant après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour … 74 / 107 rejeté
3547 l'amendement n° 528 de Mme Sebaihi après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 102 / 118 rejeté
3548 l'amendement n° 510 de Mme Runel et l'amendement identique suivant après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026… 57 / 169 rejeté
3549 le sous-amendement n° 2603 de M. Descoeur après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 69 / 123 rejeté
3550 l'amendement n° 457 de Mme Runel et les amendements identiques suivants après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour… 85 / 131 rejeté
3551 l'amendement n° 1306 de M. Thierry après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 34 / 123 rejeté
3552 l'amendement n° 404 de Mme Sandrine Rousseau et l'amendement identique suivant après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité socia… 59 / 99 rejeté
3553 l'amendement n° 377 de M. Davi après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 21 / 117 rejeté
3554 l'amendement n° 941 de Mme Leboucher après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 42 / 106 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 482 — page 1 / 3.

Hélène Laporte president · RN #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026

Hélène Laporte president · RN #6

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (nos 1907 et 1999, 2057, 2049).

Deuxième partie (suite)

Hélène Laporte president · RN #8

Cet après-midi, l’Assemblée nationale a poursuivi l’examen des articles, s’arrêtant à l’amendement no 2437 portant article additionnel après l’article 11.

Après l’article 11 (suite)

Hélène Laporte president · RN #10

Je suis saisie de cinq amendements, nos 2437, 2288, 1337, 2412 et 2438, pouvant être soumis à une discussion commune. Plusieurs d’entre eux font l’objet de sous-amendements. Les amendements nos 2412 et 2438 sont identiques. La parole est à M. Cyrille Isaac-Sibille, pour soutenir l’amendement no 2437, qui fait l’objet d’un sous-amendement no 2656.

article Après_ 11 · amendement 2437

En 1945, on a fait une promesse aux Français : comportez-vous à votre guise, fumez, buvez et mangez ce que vous voulez, car le jour où vous serez malades, vos soins seront pris en charge. Cela explique qu’à l’heure actuelle, l’assurance maladie dépense plus de 260 milliards pour soigner les gens. Je rappelle que 80 % de notre santé est liée à nos déterminants et 20 % seulement aux soins.L’industrie agroalimentaire, pour des raisons multiples, bonnes comme mauvaises, produit des plats ultratransformés en ajoutant des conservateurs artificiels. Cela conduit à l’augmentation de nombreuses pathologies chroniques et de certaines maladies, notamment digestives. Le but de ces amendements est de contraindre cette industrie, qui reste nécessaire, à adopter les bons comportements et les bons procédés de fabrication.

article Après_ 11 · amendement 2437

Je vous rappelle ce qui a été convenu en conférence des présidents : les prises de parole pour défendre les amendements ne peuvent excéder une minute. Il nous reste 1 000 amendements pour deux jours de débat. Nous sommes censés terminer dimanche à minuit ; une séance prolongée sera peut-être annoncée, mais elle se poursuivrait jusqu’à très tard dans la nuit. Je pense que nous avons tout intérêt à respecter ce qui a été prévu.La parole est à M. Nicolas Turquois, pour soutenir le sous-amendement no 2656.

Si vous le permettez, je présenterai aussi les sous-amendements nos 2653 et 2657. Le sucre est un vrai poison pour notre société. C’est l’objet des amendements de nos collègues Cyrille Isaac-Sibille, Frédéric Valletoux et Nicole Dubré-Chirat. Toutefois, je ne suis pas favorable à la taxation et à l’augmentation des prix alimentaires, car j’estime qu’il vaut mieux inciter les professionnels à changer leurs formules. Je sais que des discussions sont en cours, à l’image de celles qui ont permis de diminuer le taux de sel dans la production des boulangers.Je propose que les amendements de nos collègues s’appliquent à partir du 1er décembre 2026. Cela laisse presque un an aux industriels pour s’adapter et diminuer le taux de sucre dans les aliments.

article Après_ 11 · amendement 2437
Hélène Laporte president · RN #17

La parole est à M. le président de la commission des affaires sociales, pour soutenir l’amendement no 2288.

article Après_ 11 · amendement 2288
Frédéric Valletoux président de la commission des affaires sociales · HOR #18

Si vous le voulez bien, je présenterai aussi l’amendement no 2412. J’aimerais revenir sur la discussion que nous avons eue à la fin de la séance précédente. La fiscalité, à elle seule, ne fait pas une politique de santé publique, chacun en est conscient. Mais peut-on avoir une politique de santé publique, c’est-à-dire une politique incitative, sans l’outil de la fiscalité ? C’est une autre question.Permettez-moi de vous donner un exemple : quand on a accéléré la politique de lutte contre le tabagisme, avec le premier plan Cancer, sous Jacques Chirac, au début des années 2000, le paquet de cigarettes coûtait entre 3 et 3,50 euros. La fiscalité incitative a permis d’accompagner cette accélération : les études ont montré qu’une augmentation de 20 % de la fiscalité sur le tabac avait permis de faire diminuer de 10 % le nombre de fumeurs. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur […]

article Après_ 11 · amendement 2288
Hélène Laporte president · RN #23

Sur l’amendement no 2288 et les amendements identiques nos 2412 et 2438, je suis saisie par le groupe Horizons & indépendants de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme Nicole Dubré-Chirat, pour soutenir l’amendement no 1337, qui fait l’objet d’un sous-amendement no 2653.

Cet amendement suit les préconisations du rapport « Charges et produits » de l’assurance maladie. Il tend à créer une taxe sur les produits alimentaires transformés contenant des sucres ajoutés, sur le modèle de la taxe soda renforcée que nous avions adoptée l’an dernier.Il s’inspire également d’une note sur la fiscalité nutritionnelle du Conseil des prélèvements obligatoires suggérant d’étendre le champ de la fiscalité nutritionnelle au-delà des boissons pour cibler les produits transformés.Cette taxe contraindrait les industriels à revoir progressivement la composition de leurs produits, en leur imposant une contribution dont le montant sera dégressif au fur et à mesure qu’ils diminueront la teneur en sucre de leurs produits.La responsabilisation des industriels est un véritable enjeu de santé publique à l’heure où plus de 10 millions de Français sont en situation de surpoids ou […]

article Après_ 11 · amendement 2288
Hélène Laporte president · RN #29

Le sous-amendement no 2653 de M. Nicolas Turquois a été défendu.Nous en venons aux amendements identiques nos 2412 et 2438, qui font l’objet d’un sous-amendement no 2657. L’amendement no 2412 de M. le président de la commission a été défendu.La parole est à M. Cyrille Isaac-Sibille, pour soutenir l’amendement no 2438.

article Après_ 11 · amendement 2288

Il est de repli par rapport à l’amendement no 2437. Les publications scientifiques établissent un lien direct entre l’augmentation des pathologies chroniques et de certains cancers et les plats ultratransformés que les Français consomment quotidiennement – c’est le nouveau mode de vie.Comme le disait le président Valletoux, le but n’est pas de taxer, mais d’inciter les industriels à revoir leurs formules et à diminuer la teneur en sucre de leurs produits, pour réduire leur nocivité. Les artisans sont exclus du champ de la contribution proposée.

article Après_ 11 · amendement 2288
Hélène Laporte president · RN #34

Le sous-amendement no 2657 de M. Nicolas Turquois a été défendu.La parole est à M. Thibault Bazin, rapporteur général de la commission des affaires sociales, pour donner l’avis de la commission.

article Après_ 11 · amendement 2288
Thibault Bazin rapporteur général de la commission des affaires sociales · DR #36

Nous commençons une longue série d’amendements qui proposent de créer des contributions sur les produits alimentaires transformés ou ultratransformés, solides ou semi-solides, contenant des sucres ajoutés, des édulcorants de synthèse ou des additifs chimiques. Certains de ces amendements ont été vus par la commission, d’autres non. Ce sont des variantes ; je ne reprendrai donc pas longuement la parole par la suite.Je reconnais que ces amendements ont été rédigés avec soin. Vous avez bien défini les opérations industrielles permettant d’identifier la transformation, vous avez bien renvoyé aux dispositions européennes concernant les agents d’édulcoration et d’aromatisation, et vous prévoyez des paramètres très inspirés de la taxe soda. Bref, vous êtes devenus des experts en fiscalité incitative.Sur le fond, vous voulez encore une fois mobiliser le levier fiscal, mais je pense que la […]

La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, pour donner l’avis du gouvernement.

Stéphanie Rist ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées · EPR #43

Avis défavorable. Nous partageons bien sûr l’objectif de ces amendements, à savoir diminuer les teneurs en sucres ajoutés dans les produits alimentaires. Néanmoins, je considère que nous pouvons l’atteindre en mobilisant d’autres leviers que la taxation. Mes prédécesseurs Catherine Vautrin et Yannick Neuder ainsi que la ministre de l’agriculture Annie Genevard ont lancé en septembre une démarche pour poursuivre la réflexion sur ce sujet avec les industriels en vue d’aboutir à des accords collectifs. Dans ce cadre, la filière viennoiserie s’est par exemple engagée à baisser de 5 à 10 % la teneur en sucres de ses produits.

La parole est à Mme Anne Genetet.

Je voudrais parler en médecin : la quantité de sucre – on pourrait aussi évoquer le sel – ajoutée dans certains produits transformés est une catastrophe pour l’hygiène alimentaire et la santé de nos concitoyens, y compris les plus jeunes enfants. Néanmoins, lorsque nous instaurons une taxe, les industriels augmentent leurs prix et celui qui paiera le plus, celui que nous pénaliserons, c’est au bout du compte le consommateur final. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et HOR. – Exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et SOC.)Il faut bien avoir conscience que la consommation de ces produits transformés est avant tout, très souvent, le fait des populations les plus socialement défavorisées ; je le sais pour avoir travaillé auprès d’elles. Nous devons nous atteler à attaquer l’industriel : c’est auprès de lui qu’il faut agir, avec une politique énergique et […]

La parole est à Mme Béatrice Bellay.

Nous devons nous appuyer à ce sujet sur l’expérience des pays des océans, où le docteur André Atallah a signalé en 2011 – il suffisait pour cela des chiffres de l’agence régionale de santé (ARS) – une prévalence, d’ailleurs restée très forte, de l’hypertension, de l’obésité, du diabète, dont les conséquences incluent dialyses, amputations et longues maladies. Encore une fois, madame la ministre, l’État doit prendre ses responsabilités touchant la sécurité de nos concitoyens. Vos prédécesseurs avaient émis l’idée de vraies politiques de prévention, allant jusqu’à l’interdiction : soyons sérieux, c’est ce rôle que nous devons jouer ! En matière de politique comportementale, vous direz toujours que ce sont les clients qui paieront.

Merci, madame Bellay.

Assumons la responsabilité qui est celle de l’État, légiférons au sujet de ces quantités insondables, parfois indicibles, de sucre, et faisons en sorte de protéger… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice.)

Étant donné le nombre des demandes, je veux bien accorder la parole plus largement ; mais il importe que chaque orateur – un par groupe – s’en tienne à une minute, sans quoi nous ne nous en sortirons pas. La parole est à M. Antoine Léaument.

Bien sûr, la logique consistant à augmenter les prix du tabac a montré son efficacité, mais tel ne serait pas le cas sans politiques de prévention. Vous avez devant vous un ancien fumeur : j’ai arrêté il y a deux ans. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et RN.)

N’applaudissez pas : il n’a pas dit ce qu’il fumait !

Ce sont ces politiques de prévention qui fonctionnent, notamment le Mois sans tabac, l’une des plus efficaces, dont les résultats sont vraiment probants. En effet, lorsqu’on augmente le prix d’un produit dont ils sont dépendants, les gens peuvent avoir tendance à se tourner vers le marché noir. Cela pose d’autres problèmes de santé publique, à commencer par la qualité – ces produits tuent de toute façon, mais certaines déclinaisons sont encore plus dangereuses. Parce qu’une politique d’augmentation des prix sans politique de prévention ne fonctionne pas, nous nous abstiendrons lors du vote de ces amendements. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

La parole est à M. Richard Ramos.

Il faut fabriquer en nos enfants non des consommateurs, mais des mangeurs. Lorsque les enfants sont accoutumés très tôt à rencontrer le sucre partout, ils ne savent plus quel est le goût des choses, ce que c’est que l’acide, ce que c’est que l’amer. Associons à notre démarche le ministre de l’éducation nationale, faisons en sorte qu’ils ne soient pas shootés au sucre matin, midi et soir, que l’école leur apprenne à manger – et en fin de classe de troisième, à lire une étiquette ! En fabriquant des mangeurs et non des consommateurs, nous arriverons à mener une politique de santé publique auprès des plus jeunes. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.)

La parole est à Mme Sabrina Sebaihi.

Nous sommes favorables à ces amendements. Ce qui sanctionne le consommateur, c’est ce qu’il mange et qui le rend malade. Les produits ultratransformés – on parle d’ailleurs de produits, non d’aliments – sont pleins de sucres cachés : il n’est pas normal qu’une barquette de carottes râpées contienne, à l’insu du consommateur, 11 grammes de sucre. Le sucre possède un pouvoir addictif extrêmement important ; contre cette addiction, il faut lutter dès le plus jeune âge. (Mme Ségolène Amiot applaudit.)La transparence alimentaire est importante : vous avez raison, c’est une politique globale qu’il convient de mener. On ne peut plus accepter, par exemple, que des marques qui ne souscrivent pas à l’évolution du nutriscore retirent ce dernier de leurs emballages, c’est-à-dire estiment qu’elles n’ont pas à faire preuve de transparence vis-à-vis du consommateur. Nous devons d’une part adopter […]

La parole est à M. Corentin Le Fur.

Nous comprenons la logique, l’intention est louable, mais notre groupe s’opposera à toutes ces propositions de taxes comportementales. Bien sûr, nous sommes en faveur de la prévention : le nutriscore a été très utile pour mettre en évidence la présence excessive de sucre dans bien trop d’aliments. En revanche, taxer des produits de consommation revient à pénaliser nos compatriotes, en particulier les plus modestes, dans leur pouvoir d’achat.

La parole est à M. Thomas Ménagé.

Comme Marine Le Pen l’a dit il y a quelques heures, le groupe Rassemblement national s’opposera à l’ensemble de ces taxes comportementales. Ce soir, c’est le bal des hypocrites : vous cherchez uniquement de l’argent, chers collègues macronistes qui vous déclarez favorables aux amendements alors que vous n’êtes pas tous d’accord, pour financer en partie le deal que vous avez conclu avec le Parti socialiste. (Exclamations sur quelques bancs du groupe EPR.)Nous vous l’expliquons clairement : de telles mesures ne serviront à rien, sinon à faire souffrir les Français et à réduire leur pouvoir d’achat, puisque les industriels vont répercuter ces taxes sur le prix que paieront les consommateurs, nos compatriotes. (Mme Béatrice Bellay s’exclame.) Assumez donc le fait que vous voulez simplement faire rentrer de l’argent dans les caisses afin de financer certains accords. Nous, je le répète, nous […]

Rappel au règlement

Hélène Laporte president · RN #67

La parole est à M. Richard Ramos, pour un rappel au règlement – le premier de cette belle soirée.

C’est pas vrai ! Il fout tout en l’air…

Il se fonde sur l’article 100 du règlement. On nous attaque au sujet d’un deal avec les socialistes : je ne reproche pas au Rassemblement national d’avoir des deals avec des lobbyistes et des industriels. Qu’on nous respecte ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes Dem, EPR et SOC.)

La liberté d’après M. Ramos !

Après l’article 11 (suite)

La parole est à M. Frédéric Maillot.

Outre-mer, nous sommes très touchés par le diabète, notamment le diabète de type 2. Vous le savez, mais un chiffre vous fera peut-être mieux comprendre cette réalité : chez nous, à La Réunion, cette maladie entraîne 360 amputations par an ! Il faut donc manifestement lutter contre ce que notre ARS a surnommé les silent killers – tueurs silencieux –, ces produits, notamment des boissons, quatre ou cinq fois plus sucrés que ce qui existe en métropole, fabriqués sur l’île et qui passent sous les radars de la loi dite Lurel. Laissez-moi ajouter une information…

Merci, monsieur Maillot.

Madame la présidente, ce que j’allais dire est important !

Je ne dis pas le contraire, cher collègue, mais le temps imparti est le même pour tout le monde.

Je conclurai par là.

Faites-le très vite, alors !

Un enfant de 8 ans a d’ores et déjà consommé plus de sucre que son grand-père tout au long de sa vie. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, SOC et Dem.) Par conséquent, combattons le sucre, combattons le fléau du diabète… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur.)

Hélène Laporte president · RN #80

Je mets aux voix le sous-amendement no 2656.

#81

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Hélène Laporte president · RN #82

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 211 Nombre de suffrages exprimés 168 Majorité absolue 85 Pour l’adoption 44 Contre 124

#83

(Le sous-amendement no 2656 n’est pas adopté.)

Hélène Laporte president · RN #84

Je mets aux voix l’amendement no 2437.

#85

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Hélène Laporte president · RN #86

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 209 Nombre de suffrages exprimés 175 Majorité absolue 88 Pour l’adoption 72 Contre 103

#87

(L’amendement no 2437 n’est pas adopté.)

Hélène Laporte president · RN #88

Je mets aux voix l’amendement no 2288.

#89

(Il est procédé au scrutin.)

Hélène Laporte president · RN #90

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 209 Nombre de suffrages exprimés 180 Majorité absolue 91 Pour l’adoption 87 Contre 93

#91

(L’amendement no 2288 n’est pas adopté.) (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

#92

(Le sous-amendement no 2653 est adopté.) (Exclamations sur quelques bancs du groupe EPR.)

· ADOPTION d’un sous-amendement (main levée) ss-adt
Hélène Laporte president · RN #93

Je vous assure que, de mon poste, le résultat est très clair. Néanmoins, je vous invite à lever franchement la main, afin que votre geste soit bien visible. (Brouhaha.) S’il vous plaît, chers collègues, nous ne sommes pas à la foire. Merci ! Je mets aux voix l’amendement no 1337 ainsi sous-amendé.

#94

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Hélène Laporte president · RN #95

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 216 Nombre de suffrages exprimés 186 Majorité absolue 94 Pour l’adoption 80 Contre 106

#96

(L’amendement no 1337, sous-amendé, n’est pas adopté.)

#97

(Le sous-amendement no 2657 n’est pas adopté.)

· REJET d’un sous-amendement (main levée) ss-adt
Hélène Laporte president · RN #98

Je mets aux voix les amendements identiques nos 2412 et 2438.

#99

(Il est procédé au scrutin.)

Hélène Laporte president · RN #100

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 213 Nombre de suffrages exprimés 181 Majorité absolue 91 Pour l’adoption 74 Contre 107

#101

(Les amendements identiques nos 2412 et 2438 ne sont pas adoptés.)

Hélène Laporte president · RN #102

La parole est à M. Yannick Favennec-Bécot, pour soutenir l’amendement no 1357 rectifié.

article Après_ 11 · amendement 1357 rectifié

Dû à Stéphane Viry, il vise à étendre la contribution existante sur les boissons non alcooliques édulcorées à l’ensemble des denrées alimentaires solides ou semi-solides contenant des édulcorants de synthèse. Son objectif est avant tout préventif : inciter les industriels à réduire l’usage de ces substances, limiter l’exposition des consommateurs, notamment des enfants et des jeunes, aux risques qu’elles présentent. Rappelons que les édulcorants de synthèse sont désormais présents dans des milliers de produits alimentaires de consommation courante : yaourts, confiseries, chewing-gums, desserts, biscuits ou encore plats préparés.

article Après_ 11 · amendement 1357 rectifié

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #105

Cet amendement est quelque peu étonnant : vous souhaitez intégrer les denrées solides ou semi-solides contenant des édulcorants à l’assiette de la taxe sur les boissons non alcooliques édulcorées, taxe dont la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2025 prévoit l’augmentation à partir de 2026, et qui concerne par définition les liquides – je ne connais pas de boissons solides. (Sourires.)

Logique !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #107

Peut-être n’y êtes-vous pour rien, mais ça ne tourne pas, si je puis m’exprimer ainsi. S’ajoute à cela un second problème : il est précisé dans l’amendement « y compris les denrées alimentaires destinées à des fins médicales spéciales ». Au sein de la phrase où il figure, « y compris » renvoie-t-il à l’assiette de la taxe ou à l’exception faite en faveur « des denrées destinées à une alimentation particulière » ? S’il s’agit d’exclure de l’assiette les produits pour bébés mais d’y inclure ceux adaptés aux besoins nutritionnels très spécifiques de personnes malades, nous ne devons surtout pas adopter cet amendement. Je vous invite à le retirer ; à défaut, avis défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Stéphanie Rist ministre · EPR #109

Avis défavorable.

La parole est à Mme Annie Vidal.

La pédagogie est l’art de la répétition ; je vais donc répéter ce qui a déjà été dit.Nous sommes défavorables aux taxes comportementales.L’augmentation ici prévue n’est pas très importante. On peut légitimement penser que les consommateurs qui utilisent ces produits de manière occasionnelle se tourneront vers d’autres produits, mais les consommateurs qui en sont véritablement dépendants continueront à les acheter. Ce n’est qu’avec une politique de lutte contre toutes les addictions que nous parviendrons à changer les comportements face à ces produits addictifs. La fiscalité ne réglera pas ce problème de santé publique. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

#114

(L’amendement no 1357 rectifié n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Hélène Laporte president · RN #115

Sur l’amendement no 528, je suis saisie par le groupe Écologiste et social d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Je suis saisie de quatre amendements, nos 528, 460, 1356 et 461, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à Mme Sabrina Sebaihi, pour soutenir l’amendement no 528.

Il s’agit à nouveau de taxer les sucres ajoutés dans les produits ultratransformés.Je rappelle quelques chiffres pour alimenter le débat. Aujourd’hui, 36 % de l’apport énergétique des adultes provient d’aliments ultratransformés. Le diabète coûte plus de 9 milliards d’euros par an à l’assurance maladie, sans compter les coûts indirects. On sait qu’une hausse de 10 % de la part d’aliments ultratransformés dans le régime alimentaire d’un individu augmente de 10 % son risque de mortalité, toutes causes confondues.Il existe une vraie inégalité sociale concernant le surpoids : le taux d’obésité s’élève à 18 % chez les ouvriers contre seulement 9 % chez les cadres supérieurs. On retrouve à peu près le même ratio pour les enfants : 16 % des enfants d’ouvriers, contre 7 % des enfants de cadres.Les taxes incitatives sur le comportement des consommateurs sont donc une manière de rétablir une […]

Hélène Laporte president · RN #121

La parole est à M. Thierry Sother, pour soutenir l’amendement no 460. Puis-je vous suggérer une présentation commune avec l’amendement no 461 ?

article Après_ 11 · amendement 460

Volontiers, madame la présidente. Les chercheurs ont recensé quarante-cinq pathologies associées à une consommation excessive de sucre alimentaire : dix-huit maladies endocriniennes, dix maladies cardiovasculaires, sept cancers et dix autres pathologies.Ce constat est d’autant plus alarmant que les produits sucrés sont davantage consommés par les enfants. Aujourd’hui, 87 % des enfants et 47 % des adultes consomment une dose de sucre supérieure aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).Le sucre est bon marché, mais il est addictif. Il améliore la conservation, mais il est nocif pour la santé. Il est rentable pour les industriels, mais il n’est pas bon pour la santé de nos concitoyens. Nous devons corriger cette incohérence. C’est ce que nous proposons à travers l’institution d’une taxe progressive sur les concentrations de sucre dans les produits transformés.Bien […]

Hélène Laporte president · RN #128

La parole est à M. Paul-André Colombani, pour soutenir l’amendement no 1356.

article Après_ 11 · amendement 1356

Il reprend également la proposition visant à instaurer une contribution sur les sucres ajoutés dans les produits alimentaires transformés destinés à la consommation humaine. Adoptée par notre assemblée lors de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2025, elle n’avait pas été reprise dans le texte gouvernemental après le 49.3.Il s’agit de renforcer la prévention des maladies chroniques liées à la surconsommation de sucre et d’encourager la reformulation plus saine des produits. Cette contribution vise un triple objectif préventif, sanitaire et budgétaire.Sur le plan économique, la mesure introduirait une cohérence de traitement entre les produits solides et liquides en alignant la fiscalité nutritionnelle sur les objectifs de santé publique.Les produits non ou faiblement sucrés ne seraient pas concernés, afin de ne pas pénaliser les entreprises […]

article Après_ 11 · amendement 1356
Hélène Laporte president · RN #133

L’amendement no 461 de M. Thierry Sother a déjà été défendu.

article Après_ 11 · amendement 1356

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #135

J’ai écouté avec attention la présentation de ces quatre amendements. Vous semblez dire qu’en augmentant la fiscalité, on augmente le prix du produit, dissuadant ainsi les consommateurs de l’acheter,…

Ce n’est pas ce que nous disons !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #137

…ou alors que les fabricants changeront sa composition.

Oui.

Thibault Bazin rapporteur général · DR #139

Mais les consommateurs changeront-ils vraiment leur mode de consommation ? Ce qui est en jeu, c’est la question du rapport entre production et consommation. On a tendance à produire ce qui est consommé. Les groupes industriels sont parfois malins : ils peuvent modifier les compositions des produits pour contourner les règles. Je ne suis donc pas sûr que ce levier soit le plus pertinent.Il me semble que le levier réglementaire est important en la matière ; ce n’est pas seulement une question de prévention. S’il y a des éléments dangereux pour la santé, il faut prendre des mesures par la voie réglementaire.Avis défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Stéphanie Rist ministre · EPR #143

Je répète que je vous rejoins sur l’objectif de baisser les teneurs en sucres ajoutés dans les produits alimentaires.Pour répondre aux arguments entendus tout à l’heure, vous savez que le ministère de la santé travaille sur un plan Obésité. Je voudrais y associer les parlementaires intéressés avant sa publication. Vous l’avez rappelé, les conséquences en matière de santé publique sont majeures.Je voudrais aussi redire, comme l’a fait Richard Ramos, qu’il est nécessaire de développer l’éducation à la santé sur ce sujet. Olivia Grégoire et d’autres sur ces bancs ont pris des initiatives intéressantes en la matière ; il faut les poursuivre.Je souhaitais rappeler l’intérêt de ce plan quant à notre objectif commun de réduire les sucres ajoutés. En revanche, je suis défavorable à ces amendements.

La parole est à M. Julien Guibert.

Après l’écologie punitive, voici venir la nutrition punitive. (Mme Sabrina Sebaihi s’exclame.)À chaque problème, la gauche n’a qu’une réponse : une taxe de plus ! Sous prétexte de santé publique, vous voulez surtaxer les produits transformés jugés trop sucrés. Mais derrière ces belles intentions, ce sont encore les Français ordinaires qu’on pointe du doigt, qu’on culpabilise, qu’on infantilise. On leur dit qu’ils mangent mal, qu’ils ne savent pas choisir, et bientôt, qu’ils sont de mauvais parents.Nous avons déjà le nutriscore, les logos, les campagnes de prévention. Les industriels français ont fait leur part : ils réduisent le sucre, améliorent leurs recettes, s’adaptent aux attentes, s’améliorent sur le plan de la recherche et développement. L’entreprise Jacquet Brossard, dans ma ville de Clamecy, a diminué de 35 % le taux de sucre dans ses produits et affiche le nutriscore sur 100 % […]

La parole est à Mme Élisa Martin.

Permettez-moi de faire un petit détour en prenant l’exemple de l’amiante. Dès le début du XXe siècle, il y avait un fort soupçon quant à sa dangerosité. En 1945, cette dangerosité a été établie. En 1975, il a été décidé d’équiper les travailleurs de façon à les protéger de ce produit. Et ce n’est qu’en 1997 que l’amiante a été interdit.Vous comprenez bien pourquoi je cite cet exemple. On entend parler de taxation et de prévention. Certes, la prévention est impérative, mais il y a sans doute aussi une réflexion à mener sur la réglementation relative aux modalités de fabrication et aux contenus des produits dont nous parlons. (Mme Mathilde Panot applaudit.)

La parole est à Mme Sabrina Sebaihi.

Je rappelle qu’il y a 17 % de personnes obèses dans notre pays ; 8 millions de Français sont concernés. Souvenez-vous que pendant le covid, les personnes en situation d’obésité présentaient des facteurs de comorbidité et ont saturé les services de réanimation et les urgences à l’hôpital. C’est donc un véritable enjeu de santé publique.L’objectif de ces amendements est de faire baisser les teneurs en sucre dans les produits que nous consommons, pas d’augmenter le prix pour le consommateur ! Je le redis, car c’est très important : il ne s’agit pas de sanctionner le consommateur mais de protéger sa santé.Je vais vous donner un exemple qui fonctionne. Vous avez évoqué le nutriscore ; sachez que certaines marques de céréales ont baissé le taux de sucre dans la composition de leurs produits pour obtenir un meilleur score, parce qu’elles savent que le consommateur est attentif à ce qu’il mange.

C’est ce que j’ai dit !

Pour certains, c’est une question de vie ou de mort. Il faut absolument travailler sur la baisse des teneurs en sucre dans nos aliments. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, SOC et GDR. – M. Richard Ramos applaudit aussi.)

La parole est à M. Fabien Di Filippo.

Je vous alerte sur le fait que ces amendements pourraient avoir un effet tout à fait contraire à votre intention.Des discussions sont en cours entre les filières industrielles et le gouvernement, par exemple dans le secteur des viennoiseries. Certaines sont très avancées et des engagements ont été pris, notamment pour réduire de 5 à 10 % le taux de sucre selon les produits. La pâtisserie suit ; demain, les nectars.Si vous leur imposez une taxe, vous allez avoir un double effet : une augmentation des prix d’environ 7 % en moyenne et l’arrêt des négociations sur ces produits. (Exclamations sur les bancs du groupe SOC.)Je prends deux exemples de négociations constructives. D’abord, les industriels se sont engagés à baisser de 20 % le taux de sel dans le pain. Ils ont tenu leurs engagements. Cette avancée n’a pas été obtenue par la loi, mais par la discussion. De même en ce qui concerne […]

Hélène Laporte president · RN #168

Je mets aux voix l’amendement no 528.

#169

(Il est procédé au scrutin.)

Hélène Laporte president · RN #170

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 221 Nombre de suffrages exprimés 220 Majorité absolue 111 Pour l’adoption 102 Contre 118

#171

(L’amendement no 528 n’est pas adopté.)

#172

(Les amendements nos 460, 1356 et 461, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Hélène Laporte president · RN #173

La parole est à M. Thierry Sother, pour soutenir l’amendement no 513.

article Après_ 11 · amendement 513

Colorants, conservateurs, agents de texture sont autant d’additifs que nous cherchons à éviter dans notre consommation courante, nous qui avons les moyens de rechercher des aliments plus sains et moins transformés.Beaucoup de ces additifs ont un impact mineur sur le produit ou correspondent à une philosophie de perfection de l’aliment qui n’a rien à voir avec leur qualité.Ces additifs sont certes autorisés par l’Autorité européenne de sécurité des aliments, mais beaucoup, comme l’aspartame ou les nitrites, sont très contestés par la communauté scientifique. En l’absence de certitude, je préfère attendre avant de consommer. Pour que tout le monde puisse avoir ce luxe, il faut que les industriels n’aient plus intérêt à les intégrer à la composition de leurs produits. C’est l’objet de la taxe comportementale que propose cet amendement. Elle fait appel à la sagesse du gouvernement, puisque […]

article Après_ 11 · amendement 513

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #178

Cet amendement a été rejeté par la commission. Avis défavorable à titre personnel du rapporteur général.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Stéphanie Rist ministre · EPR #180

Défavorable.

La parole est à M. Théo Bernhardt.

Vous voulez maintenant taxer les additifs alimentaires, mais ils sont quasiment partout dans notre alimentation – vous devez le savoir.Il est vrai que les études scientifiques nous disent qu’il faut faire attention avec ces additifs, mais avec votre amendement, vous allez augmenter les prix de quasiment tous les produits vendus en grande surface. Au Parti socialiste, vous vous targuez souvent de défendre les plus défavorisés, mais vous allez les mettre dans des situations encore plus précaires. Vous êtes finalement, comme d’habitude, une arnaque. Seul le Rassemblement national, avec Marine Le Pen, défend réellement le pouvoir d’achat des Français que la gauche a oubliés. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Votre amendement aura un impact sur nos industries, sur nos filières et, indirectement, sur nos agriculteurs, qui sont déjà dans une situation très précaire, notamment à […]

La parole est à M. Thierry Sother.

Si vous pouviez éviter les caricatures, nous pourrions peut-être avancer de manière plus constructive ce soir.Il semblerait que votre seule intention soit de ne rien faire.

Ce n’est pas ce que j’ai dit !

C’est très bien, fermez les yeux, mettez des œillères ! Quand il y aura des problèmes de santé publique, on ne vous entendra pas !Nous pensons au contraire qu’il faut agir. Mettons les mots sur ce phénomène : le sucre est une addiction et un véritable problème de santé publique, qui gangrène notre société et notre population dès le plus jeune âge. On ne peut pas l’ignorer comme vous le faites au Rassemblement national ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

#191

(L’amendement no 513 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Hélène Laporte president · RN #192

Je suis saisie de trois amendements, nos 508, 1801 et 734, pouvant être soumis à une discussion commune ; ils font l’objet de plusieurs sous-amendements. Les amendements nos 508 et 1801 sont identiques. La parole est à Mme Sandrine Runel, pour soutenir l’amendement no 508.

article Après_ 11 · amendement 508

Cette série d’amendements propose que le nutriscore soit désormais affiché sur l’ensemble des produits. Selon certains de nos collègues, ce n’est pas la bonne manière de faire, mais à les entendre, il n’en existe aucune ! Les industriels sont en train de nous empoisonner, nous et nos enfants, et ils regardent ailleurs ! Les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’obésité et les maladies chroniques ne se combattront pas uniquement par des belles paroles !L’an dernier, à la suite du vote de certains de nos amendements, Nestlé – qui n’est pas un petit industriel – a changé la recette des Chocapic. Je ne sais pas si vos enfants mangent des Chocapic,…

article Après_ 11 · amendement 508

Ils n’en mangent pas ! On n’est pas chez les Américains !

Qu’est-ce que c’est ?

…mais depuis notre arrivée ici, ils sont meilleurs pour la santé qu’auparavant. Pour que les marques qui ont fait cet effort continuent à le faire et pour préserver la santé de nos enfants et la nôtre, nous demandons que le nutriscore soit affiché sur l’ensemble des produits alimentaires. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC.)

article Après_ 11 · amendement 508
Hélène Laporte president · RN #198

La parole est à Mme Sabrina Sebaihi, pour soutenir l’amendement no 1801.

article Après_ 11 · amendement 1801

Ma collègue l’a dit, le nutriscore est un dispositif qui a fait ses preuves. De nombreux jeunes, qui ont compris sa logique, achètent leurs produits en fonction des notes attribuées. L’idée est de rendre le nutriscore obligatoire sur tous les emballages pour que le consommateur puisse choisir en connaissance de cause.Les grandes marques ne jouent pas le jeu : Ferrero ou Coca-Cola, dont les produits sont notoirement mauvais pour la santé, se gardent bien d’utiliser le nutriscore. Après que certains de ses produits ont vu leur score baisser de B à D, Danone l’a retiré de tous ses emballages. Avec cet amendement, cela ne sera plus possible ! Le nutriscore sera obligatoire : c’est une question de santé publique et de transparence pour les consommateurs. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)

article Après_ 11 · amendement 1801
Hélène Laporte president · RN #201

La parole est à M. Jean-François Rousset, pour soutenir le sous-amendement no 2585 à l’amendement no 508.

article Après_ 11 · amendement 1801

Le poète Jean Ferrat chantait :« Mais ils savaient tous à proposTuer la caille ou le perdreau Et manger la tomme de chèvre […] Mais il faisait des centenairesÀ ne plus que savoir en faire. » (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

article Après_ 11 · amendement 1801

Que la montagne est belle !

Les produits de nos terroirs – faits avec amour par des gens qui se lèvent tous les matins pour reproduire des recettes remontant parfois à plusieurs siècles – ne doivent pas être comparés à des produits ultratransformés.

article Après_ 11 · amendement 1801

Il a raison !

Ce sous-amendement, soutenu par des parlementaires de plusieurs groupes, vous invite à dispenser de l’obligation d’apposition du nutriscore les produits bénéficiant d’un label national ou européen officiel de qualité et d’origine. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, SOC, DR et HOR.)Ces produits forment le goût de nos enfants et vont permettre de faire évoluer nos habitudes alimentaires. De grâce, votez ce sous-amendement ! Je viens d’un territoire qui le mérite bien. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et HOR. – M. Inaki Echaniz applaudit également.)

article Après_ 11 · amendement 1801
Hélène Laporte president · RN #208

La parole est à M. Vincent Descoeur, pour soutenir le sous-amendement no 2599 à l’amendement no 508.

article Après_ 11 · amendement 1801

Dans le droit fil des propos de notre collègue Rousset, il vise à alerter nos collègues cosignataires de l’amendement imposant l’obligation d’apposer le nutriscore : si l’intention est louable, la mesure s’avérerait fatale aux filières de qualité qui font notre fierté et celle de nos terroirs. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.)Le sous-amendement vise donc à exclure les produits bénéficiant d’une appellation d’origine protégée (AOP) ou d’une indication géographique protégée (IGP) de l’obligation d’apposer le nutriscore, car ses critères de notation leur sont inadaptés.

article Après_ 11 · amendement 1801

Il a raison !

C’est particulièrement vrai pour les fromages AOP comme le cantal, le picodon ou le roquefort, auxquels seront attribuées à tort de mauvaises notes…

article Après_ 11 · amendement 1801

Et alors ?

… malgré leurs qualités nutritionnelles reconnues – ils apportent des nutriments et des oligoéléments essentiels –, un cahier des charges exigeant et des systèmes de production vertueux et respectueux de l’environnement. Soyez très prudents au moment de voter : l’amendement serait fatal à ces filières ! (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur quelques bancs du groupe EPR.)

article Après_ 11 · amendement 1801
Hélène Laporte president · RN #215

La parole est à M. Cyrille Isaac-Sibille, pour soutenir l’amendement no 734.

article Après_ 11 · amendement 734

Mme la ministre a évoqué l’existence de plusieurs leviers. Pour moi, les taxes incitatives sont un levier que nous avons eu tort de rejeter. L’information constitue un deuxième levier, l’éducation un troisième. Avec le nutriscore, il s’agit d’informer et non de taxer.Nos concitoyens ont-ils le droit d’être informés de ce qu’ils mangent et de ce que contiennent les produits qu’ils consomment ? Vous n’allez pas me répondre que non !Pour tenir compte des observations du rapporteur général, cet amendement prévoit une date d’entrée en vigueur – au plus tard le 31 décembre 2026.Il y a effectivement plusieurs leviers… (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur, dont le temps de parole est écoulé.)

article Après_ 11 · amendement 734
Hélène Laporte president · RN #220

L’amendement no 734 fait l’objet de trois sous-amendements, nos 2583, 2640 et 2606. Les deux premiers sont identiques. La parole est à M. Jean-François Rousset, pour soutenir le sous-amendement no 2583.

article Après_ 11 · amendement 734

Après que nous avons évoqué le cantal, mon voisin me parle du reblochon…Pour ma part, je voudrais rappeler que nous fêtons le centième anniversaire de l’AOP roquefort (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR et HOR), première AOP mondiale. Cela mérite d’être salué !

article Après_ 11 · amendement 734
Hélène Laporte president · RN #222

La parole est à M. Richard Ramos, pour soutenir le sous-amendement no 2640.

article Après_ 11 · amendement 734

Remercions un grand serviteur de l’État, Serge Hercberg, qui se bat depuis vingt ans pour le nutriscore. Il a été beaucoup décrié au départ. Merci, Serge Hercberg ! Nous avons besoin de gens comme toi ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR, SOC et EcoS.)Un seul bémol : si je défends moi aussi le nutriscore depuis vingt ans, il ne faut pas y soumettre nos produits AOP, nos bons Saint-nectaire, nos bons roquefort, notre foie gras d’Alsace ou du Gers. Imposons le nutriscore aux produits industriels et respectons ces artisans qui composent la France, c’est-à-dire les 577 morceaux de terroirs que nous représentons ! Vive les produits du terroir ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem, EPR et DR.)

article Après_ 11 · amendement 734
Hélène Laporte president · RN #225

La parole est à M. Vincent Descoeur, pour soutenir le sous-amendement no 2606.

article Après_ 11 · amendement 734

Je vais compléter les propos de notre collègue Ramos. À l’heure où cette assemblée recherche des compromis, nous en proposons un : il s’agit d’adopter ces sous-amendements sans lesquels nous ferions la part belle aux produits hypertransformés.

article Après_ 11 · amendement 734

Il a raison !

Notre collègue l’a dit, les industriels adapteront leurs recettes ; mais pour les filières du terroir, ce sera désastreux. Que vos mains ne tremblent donc pas au moment de voter ! (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – M. Jean-Luc Fugit applaudit également.)

article Après_ 11 · amendement 734

Le nutriscore suscite beaucoup de débats. Je vais donc donner la parole à un orateur par groupe, mais pour la discussion commune suivante, qui concerne également le nutriscore, nous nous en tiendrons à un orateur pour et un orateur contre.Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #231

Une dizaine d’amendements traitent du nutriscore. Quel bonheur d’entendre Jean-François Rousset, Vincent Descoeur et Richard Ramos ! Joyeux centième anniversaire au roquefort ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.) Je dois avouer que je me souviens du camembert dans chaque bureau ici…Par cohérence avec ce que je dis depuis le début de la semaine, il me faut souligner que l’affichage d’informations sur des produits relève davantage du droit commercial, du droit de la consommation ou de la régulation de l’économie que du champ du financement de la sécurité sociale. Même si vous avez imaginé une taxe pour passer le barrage de la recevabilité, parce que vous êtes malins, nous sommes quand même un peu éloignés du PLFSS.Nous disposons sur le sujet d’un rapport de mai 2024 de la mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale (Mecss). Il […]

Très bien !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #237

…parce que certains produits de très grande qualité – produits sous signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine (Siqo) et produits bénéficiant d’une AOP ou d’un Label rouge – ne doivent pas être pénalisés par une étiquette qui ne reflète pas tout ce que Vincent Descoeur a si bien rappelé.

Bravo, monsieur le rapporteur ! Vous êtes un bec fin !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #239

Après les réunions de la commission, je me suis amusé à chercher un beurre classé A, car j’essaie de manger correctement. Je n’ai pas trouvé : le meilleur est étiqueté C. Même chose avec l’huile de très bonne qualité.

La difficulté est la même pour le fromage !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #241

Le problème n’est pas forcément la composition, mais la quantité de produit consommée. L’exemple du roquefort est édifiant. On ne va pas en manger 2 kilos !

La portion normale est de 100 grammes.

Thibault Bazin rapporteur général · DR #243

Les amendements ne sont pas exactement les mêmes et, à partir du no 734, la taxe prévue en cas d’absence de nutriscore ne porte pas sur les dépenses de publicité mais sur le chiffre d’affaires.J’observe que la nouvelle classification utilisée par nutriscore place des produits laitiers à boire au même niveau que les produits sucrés ou les sodas, ce qui n’a pas de sens. Selon moi, l’amélioration de l’offre alimentaire passe par une coopération entre tous les acteurs de la chaîne alimentaire pour faire avancer la réglementation et éviter les publicités néfastes.Tous ces éléments m’amènent à émettre un avis défavorable sur l’ensemble des amendements et un avis favorable sur l’ensemble des sous-amendements. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe DR.) L’avis demeure cependant défavorable sur les amendements sous-amendés.

C’est le principal !

Quel est l’avis du gouvernement ?

Stéphanie Rist ministre · EPR #248

Mme la ministre Amélie de Montchalin et moi nous remémorions le vote du nutriscore en 2018 dans cet hémicycle. Nous sommes toutes deux convaincues de l’intérêt de ce logo. Rappelons que les consommateurs font le marché ! D’où l’importance de l’éducation à l’alimentation, qui ne concerne pas seulement les enfants mais l’ensemble des Français. Il est clair que choisir des produits sur lesquels figure le nutriscore poussera les industriels à apposer ce logo sur leurs produits.Toutefois, les amendements contreviennent au droit de l’Union européenne et font naître un risque de sanction sur le fondement de l’inconventionnalité. La nouvelle fiscalité serait alors sans base objective. Je donne donc un avis défavorable à l’ensemble des amendements.

La parole est à M. Julien Limongi.

Par cette série d’amendements, la gauche et les macronistes nous prouvent qu’ils excellent autant dans le domaine de la création de normes que dans celui de la création de taxes. Ces normes sont de véritables impôts de papier. Elles coûtent 60 milliards d’euros par an à notre pays. C’est un fléau économique, un carcan qui étouffe nos entreprises, nos artisans et nos territoires ! Ce n’est plus possible !Derrière ces amendements de contrainte, vous ne touchez pas seulement les grandes structures mais nos petits producteurs et nos AOP. Vous avez parlé du cantal et du roquefort ; je pourrais y ajouter le brie, qui fait vivre notre terroir de Seine-et-Marne et son patrimoine. Alors que de nombreux artisans se battent chaque jour pour préserver un savoir-faire d’excellence, assez de ces normes, refusons ces amendements !Monsieur Isaac-Sibille, vous qui, en bon élu Modem, vous faites le […]

La parole est à Mme Delphine Lingemann.

L’algorithme du nutriscore range 90 % des fromages français dans les classes D ou E. Je tiens à rappeler que dans le Puy-de-Dôme, l’appellation d’origine contrôlée (AOC) Saint-Nectaire représente 1 200 producteurs, 250 fermes et des centaines d’emplois locaux. Nos produits sous signe officiel – AOP, AOC, IGP et Label rouge – sont à l’origine de 200 000 emplois en France et leur valeur économique s’élève à 25 milliards.Nos producteurs ne peuvent pas corriger la recette d’un produit AOP car elle relève de leur terroir, de leur savoir et de notre histoire. À l’inverse, il est possible de modifier la composition de certains produits ultratransformés.Le sous-amendement de notre collègue Rousset, que j’ai cosigné, vise à éviter cette injustice : nos producteurs locaux, qui font vivre nos territoires, ne doivent pas être pénalisés. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes Dem et EPR.)

Très bien !

La parole est à M. Jérôme Guedj.

Le nutriscore n’est pas une interdiction. C’est un pari sur l’intelligence du consommateur. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)

Eh oui !

Ce sont des faillites dans les filières !

L’intelligence du consommateur peut en effet s’exercer dès lors qu’il est informé et éclairé. Notre collègue Ramos a rappelé le travail piloté depuis tant d’années par Serge Hercberg pour mener à bien ce projet né en France et adopté par sept pays européens.J’entends les objections, madame la ministre. Il nous appartient cependant, dans une démarche messianique (Exclamations sur divers bancs), si j’ose dire,…

C’est Le Meilleur des mondes !

…de promouvoir cet outil. Un des arguments avancés consiste à expliquer que des produits auxquels nous tenons sont menacés. Mais les consommateurs savent bien que le beurre, l’huile ou les fromages que nous aimons ne peuvent être rangés dans la classe A ! Il n’est pas pour autant interdit de les consommer : le nutriscore nous invite simplement à le faire avec la modération nécessaire.

Il influence le consommateur ! Il le manipule !

Je vais vous donner un exemple de l’utilité du nutriscore. On compte trente-cinq variétés de müesli aux pépites de chocolat en France, classées de A et E. Grâce au nutriscore, le consommateur sait lesquelles sont les plus vertueuses et… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Plusieurs députés des groupes SOC et Dem applaudissent ce dernier.)

La parole est à M. Hadrien Clouet.

Je suis au regret d’entendre, dans certaines interventions, l’écho de grands monopoles – Ferrero, Coca-Cola, Mars ou Lactalis – (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) qui, depuis des décennies, luttent contre toute réglementation ou information sur l’alimentation.Ils se battent par tous les moyens, à coup d’études truquées, en utilisant des trolls sur internet, en se référant à d’autres indicateurs ou en renvoyant vers des sites totalement obscurs et introuvables. Bref, ils usent de toutes les méthodes des monopoles capitalistes pour empêcher le consommateur de savoir ce qu’il va manger.Il nous appartient de choisir si nous tenons ou si nous capitulons face aux pressions industrielles et économiques. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Venez donc voir un fabricant du Cantal !

J’espère que nous allons tenir, parce que nous avons besoin d’informations faciles à comprendre.

Vous mangerez de La Vache qui rit !

Vous dites qu’il faut s’inquiéter parce que certains produits sont mal classés. Honnêtement, qui se nourrit exclusivement de produits classés A par le nutriscore ? Personne. Votre argument n’a pas de sens. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)Je vais vous donner un argument qui, lui, a du sens : certaines informations qui nous sont données sont incompréhensibles. Si je vous dis par exemple qu’un produit contient de l’acésulfame K, aussi appelé E-950, qu’est-ce que cela signifie ? (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Quelques députés du groupe LFI-NFP applaudissent celui-ci. )

La parole est à M. Fabrice Brun.

Je vous remercie, madame la présidente, de permettre à un député de l’Ardèche, élevé en plein air à la châtaigne, de s’exprimer sur le nutriscore.J’entends le gouvernement et le président de la commission parler des agriculteurs, des artisans et des filières courtes dont il est question dans l’article 11. Or – cela se vérifie une fois encore – nous avons une propension, dans ce pays, à scier la branche sur laquelle nous sommes assis.Nos AOC, nos AOP, nos IGP, nos produits du terroir représentent notre histoire, nos traditions et nos emplois. Alors, de grâce, valorisons nos picodons, nos fromages du Cantal, notre bœuf de Charolles.

Ne les condamnez pas !

C’est bon pour le goût et pour la santé – y compris celle de nos enfants. Valorisons nos savoir-faire, qui font la fierté de la France et que le monde entier nous envie !Nous vous remercions donc de voter pour les sous-amendements de bon sens de nos amis Vincent Descoeur et Jean-François Rousset ! (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – M. Jean-François Rousset applaudit également.)

La parole est à M. Benoît Biteau.

Mon profil ne me trahit pas : je ne suis pas fâché avec les bons produits AOP. Il me semble que vous confondez la valeur organoleptique d’un produit – c’est-à-dire son goût, ce qui fait que nous l’aimons – et ses effets sur la santé.L’ambition du nutriscore est bien de protéger notre santé. Il est donc normal qu’il nous informe aussi sur le contenu des produits à haute valeur organoleptique – ce qui ne nous empêche pas pour autant d’en consommer.

Le lait cru, c’est bon pour la santé ! Il faut le dire !

Cher collègue, il faut vous calmer ! Est-ce que je vous ai interrompu ? (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et SOC.)Je suggère de revoir certaines règles du nutriscore. Par exemple, si l’on introduisait comme critère l’équilibre entre oméga 3 et oméga 6, ces produits de qualité labellisés AOP obtiendraient une meilleure note. Je suis sûr que Richard Ramos sera d’accord avec moi sur ce point. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)

Rien à voir !

La parole est à M. Alexandre Allegret-Pilot.

Le nutriscore est une fausse bonne idée, d’autant plus s’il est obligatoire. Le véritable enjeu ne réside pas dans la qualité du produit mais dans l’équilibre nutritionnel. On ne peut pas consommer uniquement des produits classés A. C’est pourtant ce que certains comprennent à cause de la dimension très scolaire, voire infantilisante du nutriscore. Cet outil détourne le citoyen de l’analyse nutritionnelle. Une telle ultrasimplification est préjudiciable et hautement démagogique. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)C’est en réalité la lecture de la composition du produit sur l’étiquette qui compte – M. Guedj donnait l’exemple des müesli. Rien n’empêche le consommateur de lire l’étiquette. Bien au contraire, il doit la lire plutôt que se contenter de la note du nutriscore.Le mitage du dispositif serait encore pire que son maintien, car il le viderait totalement de son […]

La parole est à Mme Camille Galliard-Minier.

Contrairement à ce qui vient d’être dit, le nutriscore est une très bonne idée. Il permet à chacun de consommer mieux, de façon intelligente. C’est un outil clair et lisible, qui simplifie l’information. Il a d’ailleurs été défendu pendant plusieurs années, de façon transpartisane, par Marisol Touraine, puis Amélie de Montchalin et Olivier Véran. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Actuellement, 1 500 marques affichent le nutriscore. Cet outil au service du consommateur pourrait prendre ce soir une nouvelle dimension en devenant obligatoire.

La parole est à Mme Anne-Cécile Violland.