Séance du 24 juin 2025 — 253e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Tours 201 à 400 sur 749 — page 2 / 4.
Quel aveu !
Quels sont vos résultats ?
Iriez-vous jusqu’à soutenir que Pasqua était laxiste ?
Où étiez-vous pendant les trente dernières années ? Au pouvoir !
…ou avec quelques vidéos postées sur TikTok. Vous appartenez au grand syndicat du « y a qu’à, faut qu’on » ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR, DR et Dem.)Si seulement c’était aussi facile que cela ! Je revendique mes résultats.
Vos résultats ? Zéro !
Oui, je revendique mes résultats ! Depuis le début de l’année, le nombre de régularisations a diminué de 24 %, tandis que celui des éloignements forcés a progressé de 14 %. Le nombre de naturalisations a reculé de 14 % quand celui des expulsions d’origine préfectorale ou ministérielle a augmenté de 104 %.
Et les visas ? On en délivre plus qu’avant !
Cela vous étonne certainement – peut-être même le regrettez-vous –, mais vous voyez qu’une politique de fermeté peut produire des effets, même quand le gouvernement qui l’applique ne dispose pas d’une majorité à l’Assemblée nationale.Le débat sur le coût de l’immigration, légitime dans une démocratie, est ouvert.
Il n’y a aucun débat à avoir à ce sujet.
Il est d’autant plus important que la France se trouve dans une situation budgétaire compliquée.
C’est le moins qu’on puisse dire ! Au passage, les Français ne vous remercient pas !
Je souhaite que ce débat soit éclairé par la représentation nationale car, oui, l’immigration a un coût.
Combien rapporte-t-elle ?
J’ai d’ailleurs dit à plusieurs reprises que parce qu’on ne la maîtrisait plus, l’immigration n’était plus une chance pour la France. (Protestations sur plusieurs bancs du groupe EPR.)
Oh non !
Il faut être objectif : l’ascenseur social est en panne, l’assimilation et l’intégration aussi. La politique migratoire doit être soumise à un débat démocratique dont je n’ai pas peur.Ce que je souhaite, c’est que la loi de la République soit respectée et que l’immigration irrégulière puisse reculer. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe DR.)
La parole est à M. Jordan Guitton.
Monsieur le ministre, l’obsession du Rassemblement national, c’est la sécurité des Français et ce sont les textes que nous attendons, mais qui ne viennent pas ! Vous resterez la béquille du gouvernement. Depuis la nomination de M. Castaner il y a huit ans, rien n’a changé. Pour cela, les Français vous sanctionneront dans les urnes ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
La parole est à Mme Sandrine Le Feur.
J’associe à ma question notre collègue Jean-Luc Fugit, président du Conseil supérieur de l’énergie. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)Quand l’écologie figure à l’ordre du jour de nos débats, c’est sans l’enthousiasme d’avant que je prends place dans cet hémicycle, mais la poitrine serrée : je sais qu’on va reculer, encore ; depuis des mois, les abandons écologiques se succèdent ; aucun dispositif n’est épargné, ni les zones à faibles émissions ni l’objectif zéro artificialisation nette.
Ah !
Jeudi dernier, une nouvelle étape, historique dans ce qu’elle a de destructeur, a été franchie.
C’est sévère, très sévère même !
Grâce au vote commun de la droite et de l’extrême droite, l’Assemblée nationale a adopté un amendement qui prévoit l’arrêt de tous les nouveaux projets de développement des énergies renouvelables en France. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Quelle honte !
Où étiez-vous au moment du vote ?
Ses défenseurs ont réussi un coup de maître : provoquer une catastrophe écologique, économique, industrielle et sociale !
Il y en avait aussi de votre camp !
Vous n’étiez pas présente en séance !
Vous êtes en week-end le jeudi !
C’est rare, un désastre aussi complet qui pénalise tout le monde !
Où étiez-vous ?
Ce vote pourrait déclencher l’un des plus grands plans sociaux découlant du vote des députés : il y va de 80 000 emplois dans les filières de l’éolien, du solaire, de la méthanisation et de l’hydroélectricité ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)
C’est de votre faute !
C’est ça, la souveraineté !
L’avenir de centaines d’entreprises et de milliers de salariés, souvent de territoires ruraux ou périurbains, est compromis par cette décision :…
Vous n’étiez pas là ! L’Assemblée nationale, ce n’est pas que les questions au gouvernement !
…voilà que ceux qui prétendent porter la voix du vrai peuple signent un texte qui l’attaque lui, son travail et ses perspectives.Ce populisme est un poison pour le pays !
Exactement !
Demandez plutôt aux Français ce qu’ils en pensent !
Il n’y a ni vision ni responsabilité ; il n’y a qu’un rejet dogmatique du progrès. Affaiblir les énergies renouvelables aujourd’hui,…
Vous voulez parler des énergies intermittentes ?
…c’est compromettre notre souveraineté énergétique, creuser notre dépendance aux énergies fossiles importées, aggraver notre retard dans la lutte contre le changement climatique et offrir aux pays exportateurs de pétrole un cadeau qu’ils n’auraient même pas osé demander à la France.Alors que le vote solennel de la proposition de loi portant programmation nationale énergie et climat pour les années 2025 à 2035 est prévu cet après-midi, comment comptez-vous protéger… (Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice, dont le temps de parole est écoulé. – Les députés du groupe EPR applaudissent cette dernière.)
Elle n’était même pas dans l’hémicycle au moment du vote !
La parole est à M. le ministre chargé de l’industrie et de l’énergie.
Notre cap, notre stratégie et notre vision en matière énergétique, vous les connaissez. Ils sont clairs : il s’agit de nous décarboner, de sortir de la dépendance aux énergies fossiles qui représentent 60 % de notre consommation énergétique et pèsent pour 70 milliards d’euros dans le déficit de notre balance commerciale.Nous n’avons que trois mois de stock d’énergie fossile et on voit bien que les fracas que connaît le monde, et plus particulièrement le Proche-Orient, font pendre une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes.Nous maintenons le cap de la décarbonation et électrifierons nos usages. Cela suppose de produire sur notre sol une électricité décarbonée.Nous avons fait le choix d’un mix énergétique qui équilibre la part de l’énergie nucléaire et celle des énergies renouvelables. Les nouvelles capacités nucléaires ne seront mises en service qu’en 2038 et, d’ici là, nous aurons […]
Mme Le Feur n’était même pas présente ! C’est de sa faute !
Irresponsable, car l’application de ce moratoire signerait l’arrêt de mort de la filière des énergies renouvelables, qui représente des dizaines de milliers d’emplois et dont l’empreinte industrielle est réelle dans nos territoires.Ceux qui ont voté cet amendement n’ont certainement pas pris la mesure de ce qui était en train de se passer.
Vos soutiens n’avaient qu’à être là !
Certains du groupe EPR l’ont voté ! Vous devriez balayer devant votre porte !
Mme Le Feur aura égaré son balai !
Dans quelques minutes, le moment venu de s’exprimer une dernière fois sur ce texte, le gouvernement prendra ses responsabilités. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)
Nous avons terminé les questions au gouvernement.
La séance est suspendue.
(La séance, suspendue à seize heures vingt-cinq, est reprise à seize heures trente-cinq, sous la présidence de Mme Naïma Moutchou.)
La séance est reprise.
L’ordre du jour appelle les explications de vote et le vote par scrutin public sur l’ensemble de la proposition de loi portant programmation nationale énergie et climat pour les années 2025 à 2035 (nos 463, 1522).
La parole est à M. Julien Brugerolles.
Nous arrivons au terme de l’examen d’un texte censé combler l’absence d’une loi de programmation énergie et climat qui n’a jamais été présentée depuis 2023. Les gouvernements successifs se sont en effet dérobés devant leurs responsabilités et ont refusé de fixer le cap stratégique clair dont notre pays et les acteurs de l’énergie avaient besoin pour agir. Le premier ministre s’est résigné à mettre à l’ordre du jour la présente proposition de loi d’origine sénatoriale, tout en confirmant l’objectif d’une publication rapide de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) par décret. Au terme de nos débats, et puisque la fin du parcours de ce texte est plus qu’incertaine, tout porte à craindre qu’il n’en sera pas réellement tenu compte.Votre tentative de rattrapage de façade ne trompe personne : sans étude d’impact ni travaux préparatoires, sans définition des grandes trajectoires et […]
C’est très bien dit !
L’urgence climatique nous presse pourtant d’agir avec détermination et cohérence, sans nous réfugier dans des postures ni croire que l’on pourra régler les problèmes au fil de l’eau, dans l’improvisation permanente et sans moyens à la hauteur. Pour toutes ces raisons, les députés du groupe GDR ne voteront pas le texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR. – M. Maxime Laisney applaudit également.)
La parole est à M. Éric Michoux.
Nous avons eu de la chance : le gouvernement était prêt à dépenser plusieurs centaines de milliards d’euros par décret, en catimini, sans que nous ayons le moindre débat sur la programmation de l’énergie pour les prochaines années ; cela ne s’est pas produit et c’est heureux. Mais quelle arnaque, quelle indignité ! Vous transformez notre assemblée en un théâtre d’ombres, vous abîmez notre démocratie, méprisez et abandonnez les Français – d’ailleurs, vous les fatiguez. Vous instaurez un monde de la défiance, laquelle engendre de la défiance, qui est la mère de tout déclin, que vous organisez avec la complicité de l’extrême gauche et de leurs idiots utiles, les écolos. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR.)
Mais bien sûr !
C’est vous, les idiots utiles !
Ces derniers nous expliquent que pour décarboner l’économie, il faudrait importer de Chine des panneaux photovoltaïques et des éoliennes, soit des matériels gorgés de substances per- ou polyfluoroalkylées (PFAS) et de terres rares, issus de l’exploitation des enfants dans des mines, transportés par cargos… (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS.)
D’où vient l’uranium, à votre avis ?
Vous auriez donc voté pour l’interdiction des PFAS ? Première nouvelle !
Les éoliennes enlaidissent nos paysages et sont un danger pour la biodiversité, mais cela ne dérange pas les écolos de salon !
Vous, vous êtes un danger pour la biodiversité !
Pire : ces mâts de ferrailles ont un coût de raccordement au réseau électrique de 130 milliards d’euros.
Vous êtes irresponsables !
La nature étant ce qu’elle est, nous ne maîtrisons pas la force des vents. Cela n’empêchera pas les écolos de demander, demain, de subventionner des machines à souffler sur les éoliennes pour créer du vent quand il n’y en a pas.
Vous vous croyez drôle ?
L’avantage des écolos, c’est qu’ils osent tout ; c’est même à ça qu’on les reconnaît. (Protestations sur les bancs du groupe EcoS. – Brouhaha.)
Continuez ainsi et nous porterons plainte !
Enfin ! Madame la présidente !
Face à votre dictature verte, l’union large des droites a su se dresser, avec raison, pour dire non à l’éolien. Les Français n’en veulent pas ! Ils ne veulent pas de votre arnaque écologique !
Vos propos sont creux et vulgaires !
Pitoyable !
La rhétorique des bobos de boulevard encourageant la fermeture des centrales nucléaires à la faveur des énergies renouvelables ne tient plus.
Ils obtiennent 5 % des voix lors élections européennes !
Prenez les Allemands : ils ont arrêté le nucléaire pour se lancer dans l’éolien. À présent, ils ferment des parcs éoliens et rouvrent des centrales à charbon. Le clou du spectacle étant que nous exportons outre-Rhin notre électricité pour zéro euro – c’est le contribuable français qui paie !Pendant que vous agissez en idéologues, nous agissons au service des Français (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS), de ceux que vous méprisez, que vous considérez comme des gueux et que vous appelez les sans-dents ; nous agissons en faveur de ceux qui ont vu leur facture d’électricité doubler ces dernières années – tendance qui n’est pas près de s’inverser.
Vous voulez supprimer 80 000 emplois, bravo l’UDR ! Vous êtes les idiots utiles du RN ! (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)
Un peu de silence, s’il vous plaît !
Les Français comprennent désormais que ces augmentations consistent en un nouvel impôt déguisé destiné à financer l’utopie des éoliennes.
Vous êtes un clown, un ignorant !
Le système est intrinsèquement mal foutu : on paie pour financer des énergies instables, alors même que, d’après Mme Lauvergeon, nous n’utilisons que 67 % des capacités de nos centrales nucléaires.Dotons-nous de véritables perspectives, avec un prix stable de l’électricité et une véritable vision à long terme, en mettant fin au dogmatisme vert, en relançant le nucléaire, en encadrant les prix de l’électricité afin de rassurer les entreprises.
Comment comptez-vous faire en passant par le marché ?
Bel exemple de pensée magique !
C’est aussi pour tout cela que la droite élargie a voté pour la réouverture de Fessenheim (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS),…
Encore bravo, félicitations !
Ce truc est infaisable !
Ridicule ! Il ose ressortir Fessenheim !
…que nous avons voté pour le maintien d’une capacité production d’énergie nucléaire de 63 gigawatts, pour une capacité supplémentaire de 27 gigawatts, pour la reconnaissance de la dimension stratégique du nucléaire pour le pays, pour l’arrêt des constructions d’éoliennes.
Bravo !
Pour l’ensemble de ces raisons, le groupe UDR votera la proposition de loi.
Quelle surprise !
Il existe deux catégories de doctrine, chers collègues : celle qui œuvre à améliorer le pouvoir d’achat des Français, et celle…
Qui les plonge dans l’abîme !
…qui creuse le déficit de la France au nom d’une idéologie. Vous, vous creusez ! (« Bravo ! » et applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy.
Après la copie, voici l’original !
Rarement une discussion parlementaire n’aura autant confirmé cet adage romain : il n’est point de vainqueur sans l’aveu des vaincus. La victoire idéologique de Marine Le Pen est à la hauteur des aveux de tous nos adversaires défaits, ici réunis après avoir tant brillé par leur absence.Notre première victoire, c’est d’avoir débusqué votre hypocrisie. L’hypocrisie des mouvements de gauche qui manipulent et abusent des justes inquiétudes de notre peuple face aux périls environnementaux. Où étiez-vous, collègues de gauche et du centre, pour arrêter les fameux cavaliers de l’Apocalypse du réchauffement climatique, de la pollution atmosphérique, du gaspillage des ressources et de notre dépendance aux importations ? Nulle part, et sûrement pas ici ! Vous aimez beaucoup parler et, surtout, vous entendre parler de la fin du monde.
Écoutez-nous, vous pourriez apprendre quelque chose !
Vous n’avez tellement rien à proposer, sinon des incantations, des malédictions et des anathèmes, que vous ne vous êtes même pas mobilisés pour défendre votre propre programme. Il est bien facile de faire des manifs, des colloques et des happenings pour emmerder la vie des Français et les culpabiliser ! (Sourires sur plusieurs bancs du groupe RN.) En revanche, il vous est totalement impossible d’assumer politiquement votre programme dans un texte qui conduirait à la ruine de l’économie française, à la pénurie générale et à des factures multipliées par quatre. (Sourires sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)
Allons donc, pourquoi pas par six !
La gauche votera donc, par idéologie, contre le tarif régulé et populaire du gaz, contre le service public d’EDF et surtout contre la sortie des règles européennes libérales de l’énergie. Mais il est vrai que ces règles ont été créées par les socialistes ; finalement, vous revenez à la niche ! (Sourires sur plusieurs bancs du groupe RN.)Notre deuxième victoire, c’est d’avoir débusqué le mensonge. Le mensonge des socialistes et des macronistes, qui ont honte de voter en faveur du lancement de quatorze nouveaux réacteurs, après avoir décidé, ici même, il y a dix ans, la fermeture de quatorze réacteurs. (« Eh oui ! » sur plusieurs bancs du groupe RN.) Le « en même temps » aura décidément signifié dire tout et son contraire, faire tout et défaire n’importe quoi, avec une seule constance : à la fin, les Français paieront !Chers collègues macronistes, vous avez déserté cet hémicycle parce que […]
Ils ne sont même pas là !
Chers collègues LR, à force de dire tout et le contraire de tout, vous ne dites plus rien du tout. Sur l’énergie, le Rassemblement national a débusqué votre hypocrisie. Ce texte vient du Sénat, il a été conçu et voté par des sénateurs LR. Or que proposiez-vous dans ce texte ? Le programme d’Emmanuel Macron : davantage d’éoliennes, davantage de solaire, une facture multipliée par deux et quelques réacteurs nucléaires pour amuser la galerie. Mais bien sûr, pour le grand public, dans vos circonscriptions, vous prétendez être alignés sur le Rassemblement national. En campagne électorale, vous êtes évidemment contre les éoliennes ; mais là, vous vous abstiendrez. En campagne électorale, vous êtes contre les règles stupides du marché européen de l’électricité ; mais là, vous allez les défendre. En campagne électorale, vous êtes contre les règles européennes de l’électricité, mais vous n’avez […]
Elle vous arrange bien, cette béquille !
La seule solution réaliste, c’est celle que propose Marine Le Pen. La seule obsession du Rassemblement national, c’est de diviser les prix de l’énergie par deux. Chers collègues macronistes, vous avez fui le débat qui aurait dû se tenir dans cet hémicycle : comment une industrie, des agriculteurs et des artisans auraient-ils pu tenir avec une énergie dont votre texte allait multiplier le prix par deux ? Vous n’avez pas voulu avoir ce débat car vous savez que vous avez tort et que seuls vos mensonges dissimulent votre incompétence. Il est grand temps que Marine Le Pen entre à l’Élysée : là, nous diviserons la facture par deux ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
La parole est à M. Jean-Luc Fugit.
Au-delà du vote d’aujourd’hui, un défi doit nous rassembler : l’avenir énergétique de notre pays. C’est un défi immense qui demande de la lucidité, de la responsabilité et de la cohérence. L’année 2025 marque les dix ans de l’accord de Paris : dix ans d’engagement collectif pour atteindre la neutralité carbone en 2050 ; dix ans à bâtir une trajectoire face au seul défi qui s’impose, celui de la sortie progressive de notre dépendance aux énergies fossiles. Ces dernières représentent encore 60 % de notre consommation énergétique et pèsent lourdement sur l’économie et le climat.La France s’est dotée d’une stratégie pour l’énergie et le climat qui repose sur quatre piliers complémentaires : sobriété, efficacité énergétique, énergie nucléaire et énergies renouvelables. Notre pays dispose d’un atout considérable : un mix électrique déjà décarboné à 95 %, reposant sur le nucléaire pour les […]
Nous étions présents, nous, au moins !
Un double discours opportuniste, révélateur d’une absence totale de cap, si ce n’est peut-être celui de ne pas vouloir sortir de notre dépendance aux énergies fossiles.Or nous avons besoin d’un cap, d’une trajectoire, d’une vision. C’est à cette condition que les filières, les acteurs, les Français seront pleinement mobilisés pour accomplir la transition énergétique mise en œuvre ces dernières années. Nous leur devons cohérence et constance.
Vous avez fermé quatorze réacteurs !
Ce texte n’y répond pas ; il n’apporte plus aucune vision cohérente et n’est pas à la hauteur des enjeux.
Ce texte n’est pas macroniste !
Le texte issu de nos débats multiplie les caricatures, les dispositions juridiquement fragiles et les mesures techniquement irréalisables, telles que le rétablissement des tarifs réglementés du gaz, la transformation d’EDF en établissement public industriel et commercial (Epic) et la réouverture de Fessenheim.Nous sommes allés encore plus loin dans l’absurde avec l’adoption d’un amendement du groupe Droite républicaine, soutenu par le RN et l’UDR : un moratoire sur le développement de l’éolien et du photovoltaïque.
Très bien !
Cette décision interdit toute nouvelle autorisation, instruction ou modernisation des projets dans ces filières.
C’est très bien !
Cette mesure est un non-sens industriel, économique, écologique et stratégique. Soyons clairs : elle va à l’encontre de notre souveraineté nationale.
De la souveraineté chinoise !
S’agissant de l’emploi, elle revient à lancer un plan de licenciements massif dans notre pays : des dizaines de milliers d’emplois seront menacés…
Menteur comme un arracheur de dents !
…et une perte irréparable de savoir-faire sera causée, dans des domaines où la France excelle. Pour les territoires, notamment ruraux, qui se trouvent en première ligne et pleinement engagés dans le développement des énergies renouvelables, ce moratoire représente un manque à gagner majeur en investissements et en ressources fiscales. Dans ma région, en Auvergne-Rhône-Alpes, 1 700 entreprises et 23 000 emplois pourraient ainsi disparaître. Ce moratoire met en danger le tissu économique de la région, engagé dans la transition – une région qui accueille aussi l’Institut national de l’énergie solaire. Je n’imagine pas qu’un seul député d’Auvergne-Rhône-Alpes puisse apporter son soutien à ce texte.Sur le plan de la souveraineté comme sur le plan climatique, ce moratoire est un renoncement. Il nous expose à une géopolitique mondiale incertaine en accroissant notre dépendance aux énergies […]
Ne pas être là !
…constante et cohérente, avec comme perspective le développement des énergies nucléaire et renouvelables, en additionnant les solutions plutôt qu’en les opposant. Par exemple, nous avons soutenu à la fois les dispositions de l’article 3 proposant une relance ambitieuse de la filière nucléaire et l’amendement du groupe socialiste portant à 200 térawattheures la production d’électricité renouvelable en 2030, soit une hausse de 33 % par rapport à 2024.Chers collègues, nous n’écrivons pas une liste au père Noël, mais la stratégie énergétique qui engagera notre pays pour les dix prochaines années. Ce sont nos vies, nos industries, notre économie qui seront directement touchées par les décisions que nous prenons. La politique énergétique de la France exige rigueur, constance et ambition. Elle doit s’appuyer sur la science, la réalité industrielle et l’intérêt des générations futures. Ne […]
La parole est à M. Maxime Laisney.
Nous vivons sans doute l’été le plus frais du reste de notre vie. C’est ce que déclare le climatologue Christophe Cassou, qui ajoute que notre inaction face au changement climatique est suicidaire. Valérie Masson-Delmotte affirme, quant à elle, que l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius à la fin du siècle « n’est plus atteignable ».Canicules, sécheresses, inondations, incendies : nous allons connaître une augmentation de la fréquence et de l’intensité de ces événements extrêmes. Des gens vont perdre leur maison, des gens vont mourir, des gens meurent déjà.
Oh là là !
Si la France ne saurait résoudre seule un problème mondial, comment croire que les autres pays s’y consacreront davantage lorsque la sixième économie du globe choisit de reculer ? Cinq ans après la Convention citoyenne pour le climat, jetée aux orties par Emmanuel Macron, nous devons nous prononcer sur un texte qui restera comme une nouvelle gifle flanquée par François Bayrou aux jeunes générations.
Eh oui !
Plus préoccupé de sauver son poste que l’avenir de la planète, le premier ministre a préféré chercher un nouveau socle avec le Rassemblement national. Refusant de trouver une majorité à gauche pour fixer une programmation énergétique crédible d’ici à 2035, ministre et rapporteur se retrouvent avec une loi tout-nucléaire d’extrême droite. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)
Il a raison !
Une extrême droite qui aura montré son visage trumpiste, climatosceptique, défendant bec et ongles le vieux monde, celui qui engraisse les capitalistes et détruit notre écosystème. (« Eh oui ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)
EDF, capitaliste ?
Effrayée par sa propre disparition, la droite a encore copié son extrême. C’est pourtant Jacques Chirac qui déclarait, en 2002 : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. » Mais la Droite républicaine…
…regarde toujours ailleurs !
…l’a compris comme une consigne.Quant aux députés macronistes, ils demeurent obnubilés par la perte de leurs sièges, même si on ne les y voit plus depuis des mois. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) C’est devenu une stratégie : leur désertion conduit au détricotage de leurs propres textes, les obligeant à les rejeter, laissant ainsi tout pouvoir au Sénat. Le prétendu bloc central n’est qu’une droite honteuse. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Cette proposition de loi sur l’énergie sera donc rejetée dans quelques minutes. Qu’en retiendra M. Bayrou, nos victoires ou vos régressions ? Conservera-t-il la prise en compte de l’empreinte carbone dans la PPE, le retour d’EDF comme établissement public (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP), le rétablissement des tarifs réglementés du gaz, l’extension des tarifs réglementés de […]
Eh oui !
En ce qui concerne la sortie des énergies fossiles, l’arnaque est totale puisqu’il est proposé un objectif de 58 % d’énergies dites décarbonées, incluant le nucléaire et les énergies renouvelables, pour finalement en exclure les énergies renouvelables.Celles-ci auront été les grandes victimes de la tornade de mensonges qui a ravagé notre hémicycle. Nous avons bien obtenu 200 térawattheures d’énergies renouvelables d’ici à 2030. Mais sans le photovoltaïque et sans l’éolien, le Rassemblement national peut-il nous dire combien de vallées il compte noyer pour construire ses nouveaux barrages ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)D’ici à 2035, nous ne disposerons d’aucune nouvelle installation nucléaire. Sans nouvelles éoliennes sur terre et en mer, sans nouveaux panneaux solaires, nous allons tout simplement manquer d’électricité. Nous devrons l’importer massivement, ce […]
Il y a une belle usine au Havre !
Fini le « plug, baby, plug », mais Emmanuel Macron pourra continuer à trinquer en russe puisque l’obsession nucléariste nous place chaque jour davantage dans les mains de Poutine pour notre approvisionnement en uranium, au détriment de notre souveraineté.Nous ne savons toujours rien des délais, des coûts, ni des modèles de réacteurs qui seraient construits et financés dès l’an prochain par nos factures d’électricité. Les piscines de La Hague débordent, aucune solution n’existe pour nos déchets les plus dangereux et EDF est déjà contrainte de réduire sa production à cause de fleuves trop chauds. Ce texte parie pourtant sur un mix électrique encore plus nucléarisé que le plus nucléarisé des scénarios sur la table.Vous méprisez les experts autant que le réel, un réel dans lequel la guerre a fait son retour, morbide et fracassant, et dans lequel les sites nucléaires civils constituent […]
La parole est à M. Karim Benbrahim.
Comment réussir la décarbonation de nos activités ? Comment garantir à nos concitoyens et à nos entreprises une énergie à un prix compétitif ? Comment renforcer notre souveraineté énergétique et industrielle ? Voilà trois questions auxquelles cette proposition de loi aurait dû répondre. Mais, après une semaine de débat, force est de constater qu’elle n’est pas à la hauteur des enjeux que je viens d’énoncer.Durant l’examen de ce texte, le groupe Socialistes et apparentés a défendu une voie exigeante, équilibrée, loin des dogmatismes, et fondée sur la science. La voie que nous vous avons proposée aurait permis de renforcer notre indépendance et notre capacité d’action diplomatique. Nous avons défendu l’idée de réduire nos importations énergétiques en provenance de pays qui menacent nos intérêts fondamentaux. Mais, pour vous y opposer, députés du socle commun, vous avez préféré mêler vos […]
Il ne fallait pas abandonner le nucléaire !
Ce texte est une occasion ratée ; les députés socialistes et apparentés voteront donc résolument contre.
La parole est à M. Jérôme Nury.
Au terme de débats pour le moins animés, la semaine dernière, nous parvenons au vote de cette proposition de loi qui, quoi qu’il en soit, poursuivra son cheminement grâce à la navette parlementaire afin d’être complétée, modifiée et enrichie.
Eh oui, il y a la navette !
C’est pour moi l’occasion de redire mon étonnement, voire ma stupéfaction, face au manichéisme dont certains font preuve lorsqu’il s’agit d’énergie. Je sais bien que le système médiatico-politique ne pousse guère à la nuance…
C’est parce qu’ils en manquent !
Vous, en matière de nuance…
…et qu’il est toujours plus simple – et plus profitable en termes de communication – de caricaturer plutôt que d’argumenter sur le fond. Mais les propos tenus par certains donneurs de leçons dans cet hémicycle et tout le week-end, par ceux qui procrastinent – ils repoussent depuis deux ans une loi de programmation de l’énergie censée être adoptée depuis 2023 –, me sidèrent. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)Ce sont les mêmes qui ont méticuleusement démantelé notre filière nucléaire d’excellence, qui opérait depuis des décennies,…
Eh oui !
…les mêmes qui envisagent ouvertement de contourner le Parlement avant la fin de l’examen de cette proposition de loi, et les mêmes qui expliquent que le « en même temps énergétique » est salutaire, sans étude d’impact et sans analyse sérieuse, objective et à jour.
Il a raison !
Cherchons des éléments positifs pour aller de l’avant. Nous sommes tous convaincus qu’il faut décarboner notre énergie et sortir progressivement des énergies fossiles. Mais nous, sur les bancs de la Droite républicaine, pensons que la priorité doit être donnée à l’accélération de la décarbonation des usages (Mme Alma Dufour s’exclame) – pour la mobilité, dans l’industrie, dans l’habitat.
Très bien !
C’est pour ça que vous avez voté contre l’interdiction des passoires énergétiques ?
D’autant que notre électricité est l’une des plus décarbonées au monde grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables, qui fournissent une énergie propre à près de 97 %.Il faut donc réintroduire du bon sens dans notre approche énergétique. (« Exactement ! » sur plusieurs bancs du groupe DR.)
Le bon sens n’a jamais fait une politique énergétique !
Le bon sens, c’est d’abord relancer un programme d’investissement massif dans l’énergie nucléaire, avec une vision claire à long terme, permettant d’augmenter de 27 gigawatts la puissance de notre parc. Je me réjouis que cette mesure, supprimée en commission de manière totalement irresponsable par un vote commun de la gauche et du RN, ait pu être réintroduite.
Bravo !
Le bon sens, c’est aussi se soucier de la souveraineté de notre électricité et de sa robustesse, tout en veillant au montant de la facture pour les Français et les entreprises. C’est le sens de la mesure suspendant les autorisations d’implantation des énergies renouvelables intermittentes, en attendant les conclusions d’une étude précise et objective.
Et RTE, vous en faites quoi ?
Une telle étude devrait permettre de calibrer au plus juste nos besoins, tout en préservant certains projets locaux raisonnables – notamment ceux des agriculteurs ou ceux destinés à l’autoconsommation. Elle permettrait de vérifier techniquement les conséquences des stop and go de plus en plus fréquents des centrales nucléaires, au fur et à mesure que les énergies renouvelables sont introduites dans le réseau, et de s’assurer que les risques de blackout, comme en Espagne, sont écartés. (M. Charles Fournier s’exclame.)Enfin, une telle étude permettrait de calculer les coûts réels du développement de ces énergies sur la facture d’électricité des Français. Il faut en effet tenir compte des projets déjà autorisés et des appels d’offres en cours – non concernés par cette suspension temporaire – qui vont permettre de presque doubler la puissance installée en énergies renouvelables, passant de […]
C’est pour ça que vous avez voté le moratoire ?
…tout en veillant à ne pas alourdir davantage la facture d’électricité des Français, qui a déjà doublé en dix ans et risque encore de doubler si nous surproduisons avec des énergies renouvelables intermittentes. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe DR.) Il est par conséquent essentiel d’être informés et éclairés, en toute transparence, avant de lancer des appels d’offres supplémentaires sur ces énergies. Il ne s’agit donc pas d’un big bang, malgré vos cris d’orfraie.
C’est n’importe quoi !
C’est simplement du bon sens, dans un contexte qui évolue et alors que notre consommation électrique, qu’on pensait en hausse, reste au niveau de celle des années 2000.Notre approche est responsable. (« Très bien » sur plusieurs bancs du groupe DR.) Elle ne cède rien aux démagogues qui voudraient fragiliser EDF en changeant son statut, ni à ceux qui ont introduit la sortie risquée de la France du marché européen de l’énergie. Ces ajouts dénaturent totalement ce texte, qui ne peut être voté en l’état. (Mme Alma Dufour s’exclame.)Ce n’est pas en clivant, en jetant des anathèmes, en caricaturant que nous mettrons la France sur les bons rails. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe EcoS.) Ce n’est pas non plus en hurlant et en sanglotant dans l’hémicycle, en mode tirade TikTokienne, déstructurée et pathétique, que nous ferons avancer la question des énergies, si cruciale pour l’avenir […]
Très bien !
Une société de décadence, c’est une société qui substitue les moyens aux fins, disait en substance Bernanos.
Très belle pensée !
Or j’ai parfois eu le sentiment que nos débats nous entraînaient dans cette décadence, tant les moyens d’atteindre les objectifs deviennent une fin en soi.Il revient désormais aux parlementaires de se hisser à la hauteur des enjeux. En responsabilité, notre groupe se prononcera à l’issue de la navette parlementaire afin de doter le pays d’une loi de programmation ambitieuse, respectueuse du pouvoir d’achat de nos concitoyens et résolument tournée vers une France souveraine et bas-carbone. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)
Il faut lire les rapports de la Cour des comptes, monsieur Nury !
La parole est à Mme Julie Laernoes.
Comment en sommes-nous arrivés là ? La semaine dernière, nous avons franchi une frontière que nous redoutions : les scientifiques annoncent que le seuil de 1,5 degré Celsius de réchauffement global sera dépassé. Ce n’est plus un risque mais un signal d’alerte définitif.Nous avons franchi les dernières balises qui nous laissaient espérer tenir les engagements de l’accord de Paris. Notre pays traverse une canicule exceptionnelle : des fêtes d’école sont annulées, des activités deviennent impraticables. Le dérèglement n’est plus une abstraction – il est là, il frappe à nos portes.Comment en sommes-nous arrivés là ? Il nous faut nous prononcer sur une proposition de loi de capitulation climatique, d’abdication énergétique – il faut appeler les choses par leur nom.Vous avez transformé la proposition de loi Gremillet, déjà déséquilibrée à sa sortie du Sénat et calibrée pour le tout-nucléaire […]
Et le nucléaire ?
Rappelons-le : tous les scénarios du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) supposent une baisse massive de la consommation d’énergies fossiles. Certains incluent le nucléaire, d’autres non. Mais aucun ne permet d’atteindre nos objectifs climatiques sans un développement massif des énergies renouvelables. Stopper leur développement, c’est relancer celui des énergies fossiles, c’est précipiter le chaos climatique, faire flamber les factures et menacer directement 80 000 emplois en France. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs des groupes RN et DR.)
Mais regardez ce qui se passe en Allemagne ! Ce n’est pas ce qui s’y passe !
Ce moratoire – une folie – est soutenu par l’alliance d’une droite radicalisée, soumise à ses notables antiéoliens et partie prenante du gouvernement, avec une extrême droite climatosceptique qui nie le dérèglement climatique et rêve d’un retour à l’âge fossile.Le programme du RN est limpide : dépendance au gaz, au pétrole et à ses alliés autoritaires, pas de place pour le renouvelable – mais pour des factures qui flambent et un climat hors de contrôle. (Mme Dominique Voynet applaudit.)Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment la France, à la pointe en 2015 de l’accord de Paris, est-elle devenue cette nation à contretemps de l’histoire ?Je pense à ce syndicaliste de General Electric que j’ai croisé, en juin dernier, sur le marché de Saint-Sébastien-sur-Loire. Il me disait sa crainte de voir le Rassemblement national arriver au pouvoir : « Si ça arrive, c’est la fin des renouvelables. »
Au moins, il est lucide !
Mais il ne pensait pas que, sans que le Rassemblement national soit majoritaire, son programme serait appliqué et que ceux qui sont censés lui faire barrage allaient lui dérouler le tapis rouge.
Le tapis bleu marine, plutôt !
Il ne pensait pas non plus devoir, moins d’un an plus tard, changer de métier.Pourquoi, alors, en sommes-nous arrivés là ? Parce que les parlementaires macronistes, depuis trois ans, ont fait une croix sur l’écologie et sur le climat. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – M. Maxime Laisney applaudit également.) N’est-ce pas vous, monsieur Attal, qui avez supprimé le ministère de la transition énergétique ?
On n’attaque pas les absents !
Vous annoncez aujourd’hui voter contre ce texte : grand bien vous fasse ! Sachez pourtant que ce vote ne vous absoudra pas. Vous avez gommé, depuis trois ans, tout ce qui s’apparente, de près ou de loin, au climat et à l’écologie. (M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit.)
Ça, c’est vrai !
Vous avez renoncé à présenter un projet de loi avec des objectifs clairs pour les énergies renouvelables. À force de reculer, à force d’avoir les énergies renouvelables honteuses, vous avez cassé des filières entières, dans l’indifférence politicienne qui vous habite. Où étiez-vous, hier, tandis que l’extrême droite écrivait la loi ? Vous étiez absent, vous étiez complice. Monsieur Attal,…
Il n’est toujours pas là !
…vous n’avez participé à aucun des scrutins publics lors des débats de la semaine dernière. (Mme Dominique Voynet applaudit.) Vous avez laissé, seuls au front, la gauche et les écologistes porter la voix de la vérité scientifique et des exigences de la transition écologique (Mme Christine Arrighi applaudit. – Exclamations sur les bancs du groupe RN) ainsi que repousser les délires les plus fous de l’extrême droite. Vous les avez laissés faire le sale boulot afin de ne pas froisser vos partenaires du groupe Droite républicaine – et vous faites maintenant mine de vous offusquer face à l’ampleur du désastre ? Mais c’est vous qui, sciemment, l’avez laissé prospérer.
C’est vrai !
Même si, aujourd’hui, vous votez contre ce texte, le mal est fait : vous avez envoyé un message désastreux aux filières industrielles, aux collectivités, aux ONG et à toutes celles et tous ceux qui s’échinent, quand l’État déserte, à tenir les objectifs climatiques. Le climat, notre avenir énergétique, notre souveraineté et les factures des Français méritent mieux que votre jeu politique. Il est temps d’arrêter de jouer, quand nous perdons un temps que nous n’avons plus ! Chaque minute qui passe est volée à la lutte contre le changement climatique – elle est volée aux Français.Réveillez-vous ! Reprenez vos responsabilités, redevenez dignes de vos mandats et choisissez, enfin, le camp du climat ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)
Je fais annoncer dans l’enceinte de l’Assemblée nationale le scrutin public sur l’ensemble de la proposition de loi.La parole est à M. Philippe Bolo.
Alors que nous avons été nombreux à réclamer, avec force, un débat sur les orientations énergétiques de la France, le résultat de nos débats sur cette proposition de loi sénatoriale n’est à la hauteur ni des enjeux, ni des attentes, ni de l’urgence.La loi « énergie-climat » de 2019 avait donné au Parlement un rendez-vous majeur : celui d’une loi quinquennale sur les objectifs et les orientations de la stratégie énergétique de notre pays. Nous attendions que le Parlement se saisisse pleinement de ce sujet stratégique ; à la place, nous avons obtenu un projet de décret. Nous avons fini, avec cette proposition de loi sénatoriale, par avoir le débat que nous attendions ; mais c’est une déception immense.Nous avons assisté, ces dernières semaines, à un concours Lépine du non-sens énergétique, à un théâtre d’annonces, à un empilement de contradictions. Comme beaucoup d’autres parmi vous, je […]