Séance du 22 juin 2026 /// n°279 /// 530 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Session ordinaire 2025-2026

Séance du 22 juin 2026 — 279e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Sébastien Chenu.

530prises de parole
49orateurs
5points à l'ordre du jour
15scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
7439 l'amendement n° 1291 (rect.) de M. Bentz à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvelle lecture). 40 / 81 rejeté
7440 l'amendement n° 372 de Mme Gruet à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvelle lecture). 44 / 82 rejeté
7441 l'amendement n° 623 de M. Sitzenstuhl à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvelle lecture). 45 / 82 rejeté
7442 l'amendement n° 1078 de M. Bentz à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvelle lecture). 64 / 99 rejeté
7443 l'amendement n° 102 de M. Bentz et l'amendement identique suivant à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvelle… 53 / 77 rejeté
7444 l'amendement n° 22 de M. Hetzel et l'amendement identique suivant à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvelle… 59 / 79 rejeté
7445 l'amendement n° 350 de Mme Mansouri à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvelle lecture). 56 / 80 rejeté
7446 l'amendement n° 219 de Mme Lorho à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvelle lecture). 55 / 79 rejeté
7447 l'amendement n° 1083 de M. Bentz à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvelle lecture). 56 / 79 rejeté
7448 l'amendement n° 1437 de M. Golliot à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvelle lecture). 51 / 79 rejeté
7449 l'amendement n° 626 de M. Sitzenstuhl à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvelle lecture). 53 / 78 rejeté
7450 l'amendement n° 386 de Mme Gruet à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvelle lecture). 48 / 76 rejeté
7451 l'amendement n° 1891 de M. Verny à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvelle lecture). 44 / 79 rejeté
7452 l'amendement n° 383 de Mme Gruet et l'amendement identique suivant à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvell… 38 / 76 rejeté
7453 l'amendement n° 384 de Mme Gruet à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvelle lecture). 37 / 76 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 530 — page 1 / 3.

Sébastien Chenu president · RN #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

Nouvelle lecture (suite)

Sébastien Chenu president · RN #7

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion, en nouvelle lecture, de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir (nos 2773, 2915 rectifié).

Discussion des articles (suite)

Sébastien Chenu president · RN #9

Cet après-midi, l’Assemblée a commencé la discussion des articles de la proposition de loi, s’arrêtant à l’amendement no 21 à l’article 2.

Article 2 (suite)

Sébastien Chenu president · RN #11

Je suis saisi de cinq amendements, nos 21, 391, 830, 19 et 1238, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 19 et 1238 sont identiques. La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 21.

article 2 · amendement 21

L’article 2 vise à répondre à l’argument central avancé en faveur de l’aide à mourir : la peur de souffrir sans réponse. Là où la proposition de loi transforme cette peur en justification d’un droit à la mort, l’amendement apporte une garantie forte, opposable et juridiquement sécurisée, pour s’assurer que les douleurs puissent être soulagées.Il montre que la liberté et la dignité ne supposent pas la possibilité automatique de donner la mort, mais l’assurance effective que la société ne laissera personne souffrir sans réponse.Et, quand on regarde de près, c’est vraiment le sujet : c’est à la fois l’argument mobilisé pour justifier l’aide à mourir et, lorsque l’on interroge nos concitoyens, leur demande principale. Il convient donc de se concentrer sur ce point.Ainsi, cette nouvelle rédaction de l’article 2 permet d’apporter une réponse à cette inquiétude sans aller vers un suicide […]

article 2 · amendement 21
Sébastien Chenu president · RN #16

La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir l’amendement no 391.

article 2 · amendement 391

Il s’inscrit dans la continuité de celui de mon collègue. Le cœur de notre préoccupation est de parvenir à soulager la douleur. Lors de l’examen du texte sur les soins palliatifs, nous n’avons pas introduit de droit opposable afin d’éviter de judiciariser notre système de santé. Pourtant, l’intention initiale du législateur était bien de contraindre les hôpitaux à ne pas considérer la ligne des soins palliatifs comme une variable d’ajustement dans leurs arbitrages budgétaires, dépendante des financements restant après ceux consacrés aux traitements curatifs.L’amendement vise donc à affirmer que toute personne a droit au meilleur soulagement possible de la douleur, jusqu’à son décès, et que ce droit est opposable. Il constitue une composante du droit au soulagement de la souffrance.L’objectif est d’adresser un message, en particulier aux acteurs du système de santé : l’accompagnement de […]

Sébastien Chenu president · RN #21

L’amendement no 830 de M. Vincent Trébuchet est défendu.La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 19.

article 2 · amendement 391

Cet amendement propose une nouvelle rédaction de l’article et dispose que l’assistance au suicide est l’acte accompli dans l’intention de permettre à une personne capable de discernement de mettre fin à ses jours après la prescription de médicaments par un médecin à des fins de suicide. Cette rédaction correspond à celle proposée par l’Académie suisse des sciences médicales.

Sébastien Chenu president · RN #24

L’amendement no 1238 de M. Antoine Valentin est défendu.La parole est à Mme Brigitte Liso, rapporteure de la commission des affaires sociales, pour donner l’avis de la commission.

article 2 · amendement 391
Brigitte Liso rapporteure de la commission des affaires sociales · EPR #26

Ces amendements proposent tous une nouvelle rédaction de l’article 2. Je ne m’étendrai pas sur la sémantique et l’emploi du mot « suicide » – nous avons déjà eu ce débat à maintes reprises. La notion d’aide à mourir repose sur l’accompagnement médical de la personne. Certains de vos amendements suppriment précisément cette référence à l’accompagnement.Ceux qui excluent toute possibilité pour un tiers d’administrer la substance létale semblent contraire au principe d’égalité – certaines personnes sont physiquement incapables de s’administrer elles-mêmes la substance.Avis défavorable sur tous les amendements.

La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, pour donner l’avis du gouvernement.

Stéphanie Rist ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées · EPR #30

Même avis défavorable.

#31

(Les amendements nos 21, 391 et 830, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
#32

(Les amendements identiques nos 19 et 1238 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Sébastien Chenu president · RN #33

Je suis saisi de trois amendements, nos 1291 rectifié, 372 et 623, pouvant être soumis à une discussion commune. Sur l’amendement no 1291 rectifié, je suis saisi par les groupes Rassemblement national et La France insoumise-Nouveau Front populaire de demandes de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Christophe Bentz, pour soutenir l’amendement no 1291 rectifié.

Cet amendement de repli vise à supprimer les alinéas 1 à 5, faute d’avoir pu supprimer l’article 2 dans son ensemble et faute, pour l’instant, d’avoir réussi à faire rejeter ce texte.Madame la rapporteure, en commission, je vous ai posé plusieurs fois une question simple afin que nous tentions de nous entendre. Il ne s’agit pas tant de sémantique que de la portée juridique de cette proposition de loi.À l’heure où nous parlons, ce texte n’est pas entré en vigueur ; il n’a donc pas de valeur légale et il n’existe pas de droit au suicide – le suicide est proscrit par la loi. Pouvez-vous me confirmer qu’en l’état du droit, si une personne – quelle que soit sa situation – s’injecte ou s’administre une substance létale, cet acte constitue juridiquement et sémantiquement un suicide ?

Sébastien Chenu president · RN #37

Sur les amendements nos 372 et 623, je suis saisi par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir l’amendement no 372.

Nous sommes en train d’inscrire un acte dans le code de la santé publique mais nous sommes intimement convaincus qu’il ne s’agit pas d’un soin. Or c’est ce qui distingue ce qui doit ou non figurer dans le code de la santé publique.Certes, vous nous avez expliqué que de nombreux autres dispositifs, sans lien avec la santé, figuraient déjà dans ce code mais, en l’espèce, il s’agit d’un geste – une injection létale – qui provoque la mort, ce qui me semble très éloigné de l’idée que je me fais du soin et de l’accompagnement et du sens que je leur donne.Mon amendement vise donc à instituer le droit à l’aide à mourir hors du code de la santé publique, et à en faire une disposition autonome. Il ne s’agit pas de retirer ce droit, tel que vous souhaitez le définir, à qui que ce soit, mais seulement d’envoyer un signal : non, ce droit ne relève pas du code de la santé publique, mais d’une loi […]

Ce n’est pas ce que j’ai dit !

Sébastien Chenu president · RN #44

La parole est à M. Charles Sitzenstuhl, pour soutenir l’amendement no 623.

article 2 · amendement 623

C’est un amendement d’opposition, mais aussi de repli. Il s’agit de créer une nouvelle partie dans le code de la santé publique afin de singulariser le sujet de l’euthanasie.Cela me permet de rebondir sur la discussion que nous avons eue en fin de séance cet après-midi, au cours de laquelle Mme la ministre Darrieussecq indiquait que ce texte devait rester un texte d’exception. Je suis au regret de lui répondre que ce n’est pas le cas, et c’est précisément ce qui pose un problème majeur à ceux qui s’y opposent ou qui hésitent – ceux qui se sont abstenus lors des précédentes lectures.Malheureusement, cette proposition de loi vise à créer un droit et plusieurs députés qui le soutiennent l’ont dit clairement : il s’agit d’une nouvelle liberté, d’un principe universel. Certes, il existe des critères, mais ils ne sont pas aussi stricts que ce que certains affirment. L’objectif est bien […]

Quel est l’avis de la commission ?

Brigitte Liso rapporteure · EPR #49

Ces trois amendements visent à modifier la codification des dispositions de l’article 2. Il n’est pas anormal que le code de la santé publique traite de santé – je ne vois pas dans quel autre code nous pourrions inscrire ces mesures.Nous avons déjà eu cette discussion lors de l’examen de l’article 1er. Avis défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Stéphanie Rist ministre · EPR #52

Même avis.

La parole est à M. René Pilato.

Monsieur Bentz, vous n’avez pas eu de réponse. Vous demandiez si une personne qui s’injecte une substance létale commet un suicide. Bien sûr !

Ah ! Intéressant !

Mais ce n’est pas le sujet.

Mme Caroline Colombier #57

Si ! C’est bien la question !

Pourquoi ? Parce qu’une personne qui veut se suicider n’a pas besoin de remplir les cinq critères. Elle veut juste mettre fin à ses jours pour de multiples raisons.Votre question démontre toute la force du texte et éclaire précisément la différence : en l’espèce, la personne sait qu’elle va mourir – elle est condamnée – et elle n’avait peut-être pas l’intention de se suicider. Elle souffre de douleurs qu’aucun médicament ne peut soulager. Elle demande à la puissance publique de l’aider à mettre fin à ses souffrances.Le suicide existe depuis toujours alors que les dispositions de ce texte visent seulement à accompagner une personne condamnée par la maladie, que les traitements ne peuvent plus soulager et qui souffre atrocement. Merci donc pour votre question.

Je vous en prie !

Monsieur Mattei, je donne la parole à un orateur contre l’amendement et à un orateur pour. Un orateur contre l’amendement vient déjà de s’exprimer. La parole est à M. Christophe Bentz.

Monsieur Pilato, je vous remercie pour votre réponse, que je n’avais pas obtenue du banc des commissions. Sincèrement, sans ironie, nous sommes d’accord.J’aurais aimé que la rapporteure ou le rapporteur général soient aussi clairs. Votre réponse est fondamentale, et vous savez où je veux en venir. Ce texte vient légaliser un suicide. Si une personne recourt à une substance létale – ce sont les termes du texte –, se suicide-t-elle ? Vous m’avez répondu « Oui. » (M. René Pilato fait « cinq » de la main.) Dans ce cas, nous légiférons sur le suicide, mais sans le dire. (« Mais non ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous le dites, cher collègue, mais, aux bancs des commissions, on ne le dit pas.

Élise Leboucher rapporteure · LFI #65

Vous n’avez pas écouté ce qu’il a dit !

Quant aux critères – que vous appelez garde-fous et que je qualifierai de pseudo-garde-fous –, ils sont ponctuels et provisoires.

C’est votre avis !

Malheureusement, les exemples européens, en Belgique et aux Pays-Bas, l’illustrent, ces critères prétendument restrictifs sauteront un à un sur le temps long.

Sébastien Chenu president · RN #69

Je mets aux voix l’amendement no 1291 rectifié.

#70

(Il est procédé au scrutin.)

Sébastien Chenu president · RN #71

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 122 Nombre de suffrages exprimés 121 Majorité absolue 61 Pour l’adoption 40 Contre 81

#72

(L’amendement no 1291 rectifié n’est pas adopté.)

Sébastien Chenu president · RN #73

Je mets aux voix l’amendement no 372.

#74

(Il est procédé au scrutin.)

Sébastien Chenu president · RN #75

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 127 Nombre de suffrages exprimés 126 Majorité absolue 64 Pour l’adoption 44 Contre 82

#76

(L’amendement no 372 n’est pas adopté.)

Sébastien Chenu president · RN #77

Je mets aux voix l’amendement no 623.

#78

(Il est procédé au scrutin.)

Sébastien Chenu president · RN #79

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 128 Nombre de suffrages exprimés 127 Majorité absolue 64 Pour l’adoption 45 Contre 82

#80

(L’amendement no 623 n’est pas adopté.)

Sébastien Chenu president · RN #81

Nous en venons à quarante-trois amendements, no 1078 et suivants, parmi lesquels plusieurs séries d’amendements identiques, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à M. Christophe Bentz, pour soutenir l’amendement no 1078, sur lequel je suis saisi par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

article 2 · amendement 1078

Le débat sur l’article 2 est à la fois sémantique et juridique. Sémantique, parce qu’il faut qu’on se comprenne avec les bons termes, ce que j’appelle les termes de vérité, qui ne sont pas présents dans le texte ; juridique, parce que nous sommes des législateurs et que nous devons donc accomplir un travail légistique sérieux.Nous l’avons dit en première, puis en deuxième lecture, mais il faut le répéter encore et encore, l’aide à mourir, l’accompagnement de la personne qui souffre vers la mort, c’est, selon nous, le travail qu’accomplissent les médecins en soins palliatifs. Ils le disent eux-mêmes : ils font de l’aide à mourir tous les jours. C’est leur métier. Ils accompagnent les malades jusqu’à la fin, mais ils ne provoquent jamais la mort de manière intentionnelle.Lorsque vous parlez d’« aide à mourir », c’est donc une usurpation, puisque ce terme appartient au registre des soins […]

article 2 · amendement 1078
Sébastien Chenu president · RN #85

La parole est à Mme Sandrine Dogor-Such, pour soutenir l’amendement no 118.

article 2 · amendement 118

Derrière les mots se joue aujourd’hui une bataille essentielle, celle de la vérité. Depuis le début de l’examen de ce texte, vous refusez de nommer clairement ce que vous voulez légaliser. Vous parlez d’aide à mourir, comme si cette formule pouvait masquer la réalité. Pourtant, le dispositif que vous proposez ne consiste pas à mieux accompagner, à mieux soigner ou à mieux soulager. Il consiste à organiser juridiquement un acte dont l’issue recherchée est la mort du patient. Quand la loi prévoit l’administration d’une substance létale, quand elle organise les conditions de son utilisation, quand elle fixe une date, une procédure pour provoquer un décès, nous ne sommes plus dans l’aide, nous sommes dans la programmation de la mort.Les mots ont un sens, et une portée particulière lorsqu’ils figurent dans la loi. Refuser de nommer les choses, c’est empêcher un débat sincère devant les […]

article 2 · amendement 118
Sébastien Chenu president · RN #88

La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir les amendements nos 376 et 374, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

article 2 · amendement 376 et 374

L’amendement no 376 est un amendement de coordination qui porte sur l’ensemble de l’article et définit ce qui est en jeu ici, à savoir l’accès à la mort provoquée. En effet, il ne s’agit pas d’un simple accompagnement médical mais bien de l’accès à une injection létale provoquant la mort.Si, comme vous le dites, les mots ne vous font pas peur, je ne comprends pas pourquoi vous vous arc-boutez sur la sémantique et votre définition. À chaque lecture, vos arguments ont mis en avant ce que l’aide à mourir comportait de compassion, ce qui incite à faire le parallèle avec l’accompagnement pratiqué au quotidien par les soignants. C’est sur cet accompagnement quotidien des mourants que se penchait la loi Claeys-Leonetti créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie.Le texte que vous défendez est, au contraire, un texte d’exception mais dans lequel vous reprenez […]

article 2 · amendement 376 et 374
Sébastien Chenu president · RN #92

La parole est à Mme Hanane Mansouri, pour soutenir les amendements nos 1881, 1868, 1888, 1882, 1883 et 1884, qui peuvent également faire l’objet d’une présentation groupée.

Ce sont à nouveau des amendements de sémantique et, dans sa générosité, mon collègue Gérault Verny vous fait plusieurs propositions.Vous avez raison, nous revenons à des questions de sémantique à chaque lecture – ce sera au moins la troisième –, mais c’est parce que nous n’obtenons jamais de réponses, ni moi ni d’autres. Vous refusez de mettre des mots précis sur l’acte qui va être accompli. Certes, nous parlons de personnes en fin de vie, mais cet acte provoquera la mort, et je me demande sincèrement pourquoi vous refusez de le nommer en conséquence. Est-ce parce que vous-mêmes vous avez peur et que vous avez conscience de la violence qu’il y a à donner la mort ? (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe SOC.)

Oh là là !

Sébastien Chenu president · RN #96

L’amendement no 638 de Mme Karine Lebon est défendu.La parole est à M. Christophe Bentz, pour soutenir l’amendement no 1080.

Toujours dans le registre sémantique et juridique, il s’agit, cette fois-ci, d’un amendement qui va vous plaire, puisqu’il reprend votre propre définition de l’aide à mourir : administrer une substance létale. Je vous propose donc simplement de l’écrire ainsi. N’ayez pas peur de la vérité ! Ce sont les termes que vous utilisez quelques lignes plus bas mais que je suggère de placer à cet endroit, car c’est légistiquement plus cohérent.Ensuite, madame la rapporteure et monsieur le rapporteur général, je vous poserai la question dix, quinze, vingt fois, on a le temps. Je considère en effet que la représentation nationale a le droit d’obtenir des réponses à ses questions, qui sont autant de sujets d’inquiétude. Puisque notre collègue Pilato y a répondu, lui, avec clarté, je la reformule donc une énième fois : êtes-vous d’accord avec la réponse qu’il a faite, oui ou non ?

Sébastien Chenu president · RN #100

La parole est à Mme Hanane Mansouri, pour soutenir les amendements nos 1885, 1889 et 1886, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

J’ai bien noté que ma précédente prise de parole ne vous avait pas plu mais le sujet est important. Nous sommes en train de produire du droit qui, à n’en pas douter, sera source d’un important contentieux une fois que des personnes seront mortes – mais c’est un autre sujet, sur lequel nous reviendrons.Si vous vous fichez d’écrire le droit avec précision, pensez au moins aux gens qui nous regardent et qui ne comprennent pas ce que nous sommes en train de faire. Nous en sommes peut-être à la troisième lecture, mais tout le monde n’a pas suivi nos débats depuis l’origine, et, lorsqu’on entend parler de droit à l’aide à mourir, on est enclin à penser que c’est un droit plein d’humanité. Quand on décrit, en revanche, avec des mots précis ce qui est une mort « intentionnellement provoquée », alors le sentiment est tout autre. Par sincérité, par esprit démocratique et pour permettre à chacun […]

Sébastien Chenu president · RN #103

La parole est à M. Charles Sitzenstuhl, pour soutenir l’amendement no 624.

article 2 · amendement 624

Il s’agit, une fois de plus, d’user explicitement du terme d’euthanasie. Il est intéressant de constater qu’il n’est plus assumé par les partisans de « l’aide à mourir », comme ils disent désormais. J’avais déjà eu l’occasion, lors de la précédente ou de la première lecture, d’indiquer que, lorsqu’on fouille dans les profondeurs du site internet de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD), on tombe sur d’anciennes communications qui mentionnent clairement l’euthanasie. Et puis ce terme a disparu, et, chaque fois que la question a été abordée, on a eu droit au grand numéro du précédent rapporteur général, qui ne tardait pas à atteindre le point Godwin.Je tenais à remettre le sujet sur la table car, si l’Assemblée nationale débat aujourd’hui de cette proposition de loi, c’est que, depuis plusieurs décennies, les militants de l’euthanasie ont poussé leur projet dans le […]

article 2 · amendement 624
Sébastien Chenu president · RN #107

L’amendement no 1378 de Mme Véronique Besse est défendu.La parole est à Mme Caroline Colombier, pour soutenir l’amendement no 1350.

article 2 · amendement 624

Je vais réitérer ce que vous venez d’entendre, mais je tiens à le faire parce que je n’ai pas eu l’occasion de prendre la parole jusqu’à présent.Je respecte vos convictions, mais cet amendement vise à dire les choses très clairement. La proposition de loi parle d’un droit à l’aide à mourir mais, derrière cette formule adoucie, se cache une réalité précise qui est la possibilité d’administrer une substance létale pour provoquer la mort. Comme viennent de le dire mes collègues, cela porte un nom, l’euthanasie.On ne débat pas correctement d’un sujet aussi grave avec des mots flous ou euphémisés. Créer un prétendu droit à l’aide à mourir, c’est laisser croire qu’il existerait un droit opposable à obtenir la mort provoquée. C’est un basculement majeur qui remet en cause la protection de la vie, la mission des soignants et l’interdiction de donner volontairement la mort.Sur un tel sujet, les […]

article 2 · amendement 624
Sébastien Chenu president · RN #114

Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 375 et 875. La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir l’amendement no 375.

article 2 · amendement 375

Vous faites preuve d’obstination déraisonnable…

article 2 · amendement 375

C’est vous qui faites preuve d’une obstination déraisonnable !

…en refusant de distinguer entre l’auto-administration et l’injection par un tiers de la substance létale. On est à la limite de l’acharnement.Ce qui est paradoxal, c’est que nous sommes 577 à utiliser couramment l’expression « aide à mourir », puisque nous travaillons sur ce texte depuis des mois. Or les gens qui abordent le sujet lorsque je les croise dans la rue – ils sont peu nombreux car nous avons fait de cette proposition de loi une priorité à traiter avant l’été, mais ce n’est que la dix-septième priorité des Français –, ne me parlent pas d’aide à mourir mais d’euthanasie, ou beaucoup plus rarement de suicide assisté. Ils emploient en réalité les mots du langage courant ou que l’on retrouve dans des législations étrangères.Cet amendement a donc pour objet de remplacer « le droit à l’aide à mourir » par « l’accès au suicide assisté et à l’euthanasie ». On ne parle plus de droit […]

article 2 · amendement 375
Sébastien Chenu president · RN #120

La parole est à M. Philippe Juvin, pour soutenir l’amendement no 875.

article 2 · amendement 875

Permettez-moi de revenir sur le point que Mme Gruet vient de développer. Tous les soignants aident à mourir. Ça fait partie de leur métier. Aider à mourir, c’est accompagner, c’est soulager, c’est aider. Or vous faites de l’aide à mourir un synonyme de l’euthanasie. Pourtant, si on pratique tous les jours l’aide à mourir, on ne pratique pas tous les jours l’euthanasie.Choisir de ne pas faire figurer ce mot dans la proposition de loi pour lui préférer un euphémisme revient, comme l’a dit tout à l’heure notre collègue Sitzenstuhl, à mener une opération de communication. Vous ne voulez pas dire les choses. Pourquoi ? Parce qu’on sait que, dans certains pays, notamment au Québec, la loi est passée, précisément parce que le mot n’avait pas été prononcé – ce fut une tactique de communication essentielle du gouvernement. Les soignants aident tous les jours des patients à mourir, mais ils ne […]

article 2 · amendement 875
Sébastien Chenu president · RN #123

La parole est à Mme Sandrine Dogor-Such, pour soutenir l’amendement no 324.

article 2 · amendement 324

Vous craignez de choquer, en nommant les choses, et d’empêcher ainsi l’adoption de votre proposition de loi. L’aide à mourir ne veut rien dire ; tout soignant aide son patient jusqu’à son dernier souffle si nécessaire, sans provoquer la mort. Vous pouvez être pour ou contre, mais employez les mots justes. Il faut utiliser le bon vocabulaire car nous avons un devoir de clarté en démocratie. C’est difficile pour vous, car vous savez que si vous utilisez les termes d’euthanasie et de suicide assisté, vous allez choquer.Je reviens aux propos de Mme la rapporteure lors de la présentation du texte. Vous avez précisé combien de députés avaient voté pour et combien avaient voté contre. (Protestations sur les bancs des commissions.)Ce que je constate, c’est que l’euthanasie, plus on en parle, moins on l’aime : en 2021, 79 % des députés ont voté pour ; en 2024, 64 % ; en 2025, 54,4 % et, en 2026 […]

article 2 · amendement 324
Sébastien Chenu president · RN #127

La parole est à M. Dominique Potier, pour soutenir l’amendement no 1496.

article 2 · amendement 1496

C’est un amendement Orwell : il fait appel à la décence commune, à ce que les gens autour de nous entendent dans le texte. Surtout, il rend hommage à tous les soignants et plus particulièrement à ceux qui travaillent dans les unités de soins palliatifs, qui toute leur vie, jour et nuit, dimanche et jours fériés, accompagnent ceux qui souffrent dans leur lutte contre la douleur et la solitude. Employer les bons termes, éviter toute novlangue, c’est assurer l’intelligibilité de la loi, et respecter ce à quoi nous invite le Conseil constitutionnel.

article 2 · amendement 1496
Sébastien Chenu president · RN #129

La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 742.

article 2 · amendement 742

Cet amendement de notre collègue Anne-Laure Blin a deux objectifs : d’une part, rendre la loi intelligible, d’autre part, éviter l’euphémisation.Nous sommes en train de parler de suicide assisté et d’euthanasie : vouloir euphémiser ne permet ni de nommer correctement les choses, ni de rendre la loi intelligible. Cela plaide en faveur d’un retour à la réalité. D’autant que l’avis du Conseil d’État, qui portait sur le projet de loi de la précédente législature, employait les termes que vous refusez d’employer, sans que cela lui pose aucun problème.

article 2 · amendement 742
Sébastien Chenu president · RN #132

Les amendements nos 1880 et 1887 de M. Gérault Verny sont défendus.La parole est à Mme Tiffany Joncour, pour soutenir l’amendement no 1066.

article 2 · amendement 742

Il soulève une question simple : de quoi parlons-nous exactement ? Depuis le début des débats, le texte comporte l’expression « aide à mourir ». Pourtant, l’article que nous examinons autorise soit l’administration, par la personne elle-même, d’une substance létale, soit son administration par un tiers. Ces actes portent déjà un nom dans le débat médical, juridique et éthique : le suicide assisté dans un cas, l’euthanasie dans l’autre.Pourquoi refuser de les nommer ? Le Parlement ne rend pas service aux Français lorsqu’il remplace les mots par des formules plus consensuelles. Sur un sujet aussi grave, la clarté devrait être une exigence. Que l’on soit favorable ou opposé à ce texte, chacun devrait au moins s’accorder sur une chose : la loi doit dire précisément ce qu’elle autorise. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

article 2 · amendement 742
Sébastien Chenu president · RN #136

La parole est à Mme Annie Vidal, pour soutenir l’amendement no 802.

article 2 · amendement 802

C’est aussi un amendement dit sémantique, mais il porte également sur le fond, parce qu’il importe, sur un sujet d’une telle gravité, de nommer les choses telles qu’elles sont. Nous parlons ici d’euthanasie ou de suicide assisté. Le terme euphémisant n’efface pas le geste.En Belgique, on n’a pas hésité à utiliser le terme d’euthanasie. Dans ses différents avis, le Conseil d’État l’a également employé treize fois. Vous nous direz que nous en sommes à la troisième ou à la sixième lecture. Cependant, alors que nous sommes nombreux, à chaque fois, à revenir sur ce sujet, nous ne sommes pas entendus, et c’est regrettable. Si nous l’avions été, peut-être que nos débats ne se seraient pas ainsi enlisés.

article 2 · amendement 802

Ce n’est pas vrai !

Vous auriez voté le texte ?

Sébastien Chenu president · RN #141

La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir l’amendement no 373.

article 2 · amendement 373

Cet amendement vise à désigner explicitement les actes concernés par la section créée. En effet, la présentation actuelle entretient une confusion entre l’accompagnement de fin de vie et l’organisation d’un geste visant à provoquer la mort. Employer les termes exacts permet d’assumer pleinement la portée éthique et politique du texte.Au-delà de ce que l’on peut penser du droit nouveau ou de l’accès à une liberté individuelle que nous sommes en train de créer, je ne parviens pas à comprendre votre obstination, d’une part, à refuser de dissocier l’autoadministration et l’injection par un tiers – qu’on le veuille ou non, éthiquement, ce sont deux gestes bien différents – et d’autre part, à entretenir une confusion entre l’aide à mourir et les soins palliatifs, comme vous l’avez fait lors des différentes lectures. Vous n’avez pas avancé d’argument qui m’ait convaincue.Parfois, on nous […]

article 2 · amendement 373
Sébastien Chenu president · RN #145

Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 177 et 358. La parole est à M. Philippe Juvin, pour soutenir l’amendement no 177.

article 2 · amendement 177

Selon la loi de 2016, toute personne a le droit de recevoir des traitements et des soins visant à soulager la souffrance. Celle-ci doit être, en toutes circonstances, prévenue, prise en compte, évaluée et traitée. Le médecin met en place l’ensemble des traitements analgésiques et sédatifs pour répondre à la souffrance même s’ils peuvent avoir comme effet de hâter la mort, sans jamais avoir l’intention de la donner. C’est la définition actuelle de la sédation profonde et continue.

article 2 · amendement 177

Jusqu’au décès !

C’est la loi.

article 2 · amendement 177

C’est pour cela qu’on la change !

C’est ainsi que l’on aide réellement le patient.

article 2 · amendement 177

La finalité est la même.

Vous allez être surpris, mais en pratique, c’est ce que nous faisons : nous aidons les patients à mourir, sans leur donner la mort.

article 2 · amendement 177
Frédéric Valletoux président de la commission des affaires sociales · HOR #153

C’est très hypocrite !

C’est pour ça qu’on change la loi !

Vous faites de l’aide à mourir un synonyme d’euthanasie, alors que nous aidons déjà les patients, y compris en leur procurant les sédatifs dont vous avez parlé, mais sans jamais avoir l’intention de donner la mort.

article 2 · amendement 177

C’est pour cela qu’on change la loi !

Sébastien Chenu president · RN #157

La parole est à M. Thibault Bazin, pour soutenir l’amendement no 358.

article 2 · amendement 358

Cette confusion pose une question beaucoup plus profonde. Elle est évidemment juridique : qu’appelle-t-on aide à mourir ?

article 2 · amendement 358
Stéphanie Rist ministre · EPR #159

C’est dans l’article 2.

Cette confusion nuit à l’intelligibilité de la loi, qui pourrait être une question constitutionnelle. On peut aider à mourir sans provoquer intentionnellement la mort. Mais le problème le plus préoccupant, c’est la relation soignant-soigné. Quand une personne – qui n’est peut-être pas en fin de vie puisque son pronostic vital n’est pas engagé à court terme – dit « aidez-moi à mourir », cela ne veut pas forcément dire « injectez-moi une substance létale ». Dans cette relation entre le soignant et le soigné, vous introduisez une confusion problématique. Vous impliquez le soignant et la société tout entière.D’ailleurs, je remercie M. Pilato dont le propos a montré qu’il existe une différence entre une personne qui se suicide – et c’est malheureux – et ce que nous sommes en train d’envisager.

article 2 · amendement 358

C’est l’aide à mourir.

Élise Leboucher rapporteure · LFI #163

Il y a une différence parce que ce n’est pas la même chose !

Nous créons une réponse de la société, que vous appelez aide à mourir. Or notre société se glorifie déjà d’aider à mourir les gens sans leur donner intentionnellement la mort. Les soins palliatifs ont la beauté de connaître cette limite, d’accompagner jusqu’au dernier souffle, en soulageant la souffrance. C’est ce que les personnes nous demandent.

article 2 · amendement 358

Vous commencez à mentir par omission !

Soulager la souffrance en administrant une substance létale diffère notablement d’un soulagement concret.

article 2 · amendement 358

Ce n’est pas ce que dit le texte !

Philippe Vigier rapporteur général · Dem #168

Parce que l’aide à mourir ne soulage pas la souffrance peut-être !

D’ailleurs, le souhait de mourir est divisé par dix, en l’espace de sept jours, à partir du moment où l’on apporte les soins palliatifs aux patients.

article 2 · amendement 358

Mais tant mieux !

Il est donc important d’éviter de modifier la relation entre soignants et soignés. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

article 2 · amendement 358
Sébastien Chenu president · RN #172

L’amendement no 325 de M. Matthias Renault est défendu.La parole est à M. Christophe Bentz, pour soutenir l’amendement no 1077.

article 2 · amendement 358

Faites-nous gagner du temps ! Nous vous proposons une longue liste de formules différentes pour dire la vérité aux Français, en toute transparence : choisissez un amendement ! Ensuite, le débat sémantique sera clos et nous pourrons avancer.

article 2 · amendement 358

Arrêtez l’obstruction, pour gagner du temps !

Plusieurs options sont possibles. Comme le dit notre collègue de l’UDR, Hanane Mansouri, nous avons été généreux en amendements sémantiques.En l’occurrence, je vous propose, par cet amendement, d’employer la formule d’assistance médicale au suicide, qui avait été retenue par le Sénat. Les amendements qui suivront vous proposeront le suicide assisté ou délégué. À titre personnel, vous le savez, je n’utilise plus le terme euthanasie. Par contre, je considère que ce texte est une légalisation du suicide, quelle que soit sa forme.

article 2 · amendement 358

Le suicide n’est pas interdit !

Ce n’est pas illégal, le suicide ! Vous dites n’importe quoi !

Ce peut-être une autoadministration, c’est alors un suicide assisté, ou l’administration d’une substance létale par un tiers – en l’occurrence le soignant – c’est donc un suicide délégué à un soignant.

article 2 · amendement 358
Sébastien Chenu president · RN #181

La parole est à M. Thierry Frappé, pour soutenir l’amendement no 96.

article 2 · amendement 96

Cet amendement de repli concerne l’intitulé de la section 2 bis, en symétrie avec celui de la section 2, en soulignant explicitement les actes pratiqués : suicide assisté ou délégué.

article 2 · amendement 96

C’était très intéressant !

Sébastien Chenu president · RN #184

La parole est à M. Jordan Guitton, pour soutenir l’amendement no 1030.

article 2 · amendement 1030

Je participe au débat depuis cette nouvelle lecture. Il est très important de nommer les choses dans ce texte, car il aura des répercussions sur toute la société, dans tous nos territoires. Mal nommer ce texte serait une erreur fondamentale, comme l’a rappelé mon collègue Christophe Bentz. Il faut un terme – fin de vie, aide à mourir, suicide assisté ou euthanasie – pour savoir dans quelle loi nous voulons, ou pas, plonger les Françaises et les Français. De nombreux Français renoncent déjà aux soins, or cette nouvelle forme de soins risque malheureusement de mener nombre d’entre eux à choisir le suicide assisté, l’euthanasie, la fin de vie ou la mort.Ce texte doit être borné car je ne voudrais pas qu’il ouvre la porte à des dérives, comme c’est le cas dans de nombreux pays. Je ne voudrais que des suicides assistés pour des raisons économiques puissent avoir lieu, comme c’est le cas au […]

article 2 · amendement 1030
Philippe Vigier rapporteur général · Dem #187

Oh là là !

…que des dizaines et des dizaines d’adolescents choisissent le suicide assisté ou l’euthanasie chaque année, comme aux Pays-Bas, ou qu’il y ait des suicides pour dépression, comme en Belgique. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

article 2 · amendement 1030

Vous savez que ce n’est pas possible avec ce texte !

Excusez-moi de vous dire que je ne veux pas cela dans le système de soins de notre pays.

article 2 · amendement 1030

Vous dites n’importe quoi ! Lisez le texte !

Malheureusement, ce texte ouvre la porte à ce genre de dérives car un nouveau législateur pourrait, demain, pousser ses dispositions plus loin encore. Au nom de l’égalité, le Conseil constitutionnel pourrait se saisir des recours des associations pour ouvrir davantage le droit à l’aide à mourir ou à l’euthanasie – appelez-le comme vous voulez.

article 2 · amendement 1030

N’importe quoi !

Vous mentez volontairement ! Il faudra aller à confesse !

À la fin des fins, il faudra trouver un nom à ce texte, qui s’appellera définitivement la mort. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RN et UDR. – Exclamations sur les bancs du groupe SOC.)

article 2 · amendement 1030
Sébastien Chenu president · RN #196

L’amendement no 152 de Mme Marine Hamelet est défendu.

article 2 · amendement 1030
Sébastien Chenu president · RN #197

Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 20 et 378. La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 20.

article 2 · amendement 20

C’est un amendement de repli. Si l’utilisation des termes « suicide assisté » ou « euthanasie » était rejetée, il resterait une solution : parler d’aide « active » à mourir. Les professionnels de santé en soins palliatifs considèrent que ce qu’ils font relève dans certains cas de l’aide à vivre, mais que s’il s’agit de donner la mort, il faut expliciter les choses. Une manière de le faire, c’est au moins de parler d’aide active à mourir – c’est une raison toute simple.

article 2 · amendement 20
Sébastien Chenu president · RN #199

La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir l’amendement no 378.

article 2 · amendement 378

C’est aussi un amendement de repli, et, si vous le permettez, je défendrai aussi par anticipation l’amendement no 377. Lors des précédentes lectures, on nous avait répondu qu’une aide est forcément active et qu’une aide passive n’existe pas – j’imagine que vous nous opposerez ces arguments. Figurez-vous qu’entre l’aide active à mourir, l’aide à mourir et l’accompagnement, je vois une différence dans l’intention.

article 2 · amendement 378
Stéphanie Rist ministre · EPR #201

Pas moi !

Jean Leonetti faisait cette différence, notamment dans la loi Claeys-Leonetti, en rappelant que l’objectif du texte est de laisser mourir en soulageant la souffrance, d’endormir, de soulager sans chercher à tuer. Finalement, c’est laisser mourir plutôt que faire mourir.

article 2 · amendement 378

Votre parti était contre cette loi !

On revient au cœur de nos débats, à la distinction entre deux catégories de personnes : celles qui vont mourir et celles qui veulent mourir. En l’état, la loi Claeys-Leonetti suffit pleinement, mais, comme nous l’avions souligné en 2023 dans le rapport de sa mission d’évaluation, elle reste trop méconnue et trop peu appliquée, que ce soit par les soignants ou les patients. Finalement, s’il est seulement question d’un pronostic vital engagé à court terme, cette loi permet déjà aux soignants de travailler et aux patients d’être soulagés, même si les difficultés d’application sont sûrement liées au manque de moyens. En revanche, vous méconnaissez complètement la deuxième catégorie, celle des patients qui veulent mourir et dont le pronostic vital est engagé à terme beaucoup plus évolutif. Il importe que nous bornions les choses correctement.Ces amendements ne distinguent pas l’euthanasie et […]

article 2 · amendement 378
Sébastien Chenu president · RN #206

Toujours dans la discussion commune, je suis saisi de deux amendements identiques, nos 377 et 1497.Mme Gruet vient de soutenir son amendement no 377.

article 2 · amendement 377
Sébastien Chenu president · RN #207

La parole est à M. Dominique Potier, pour soutenir l’amendement no 1497.

article 2 · amendement 1497

Le choix d’un mot plutôt qu’un autre est tout sauf neutre et pourrait être irrespectueux de l’histoire. Les soins palliatifs sont nés d’une résistance à des pratiques euthanasiques qui ne disaient pas leur nom, telles que les cocktails létaux, principalement du fait d’autorités médicales et qui étaient courantes jusque dans les années 1970. Ce sont des soignants, des oncologues et d’autres qui, prenant en considération cette violence et se révoltant contre l’autorité médicale, ont inventé une autre médecine.Ces pratiques sont nées en Angleterre et ont été importées en France à partir du terrain grâce à des soignants engagés : nous devons veiller que la sémantique rende hommage à notre histoire et à leur épopée humaniste et qu’il n’y ait pas de confusion dans les termes.En parlant de ce qui est au minimum une aide active à mourir, nous disons qu’il s’agit d’un acte intentionnel qui […]

article 2 · amendement 1497
Sébastien Chenu president · RN #211

Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 688 et 743. La parole est à M. Thibault Bazin, pour soutenir l’amendement no 688.

article 2 · amendement 688

Dans l’exposé des motifs de cet amendement, Nathalie Colin-Oesterlé, notre collègue du groupe Horizons & indépendants, rappelle à juste titre que l’article L. 1110-5 du code de la santé publique prévoit déjà que « toute personne a le droit à une fin de vie digne et accompagnée du meilleur apaisement possible de la souffrance ». Ce droit existe donc et se fonde sur un équilibre subtil auquel M. le rapporteur général sera sensible : pas d’obstination déraisonnable et un accès aux soins nécessaires.Plusieurs éléments m’ont interpellé, et il ne faut pas être naïf. Que se passerait-il si on proposait, y compris à des personnes qui ne seraient pas intéressées, le choix entre une réponse rapide – « vous vous administrez une substance létale simplement parce que vous êtes éligible » – et des soins palliatifs qui pourraient soulager leurs souffrances, mais dont ni l’accès ni l’opérationnalité ne […]

article 2 · amendement 688
Sébastien Chenu president · RN #216

La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 743.

article 2 · amendement 743

Il est identique au précédent. Ce texte pose une question fondamentale parce qu’il considère que si l’un de nos concitoyens demande à mourir, on accédera ipso facto à cette demande – même si vous indiquez qu’un certain nombre de critères seront exigés. Il s’agit d’une ligne de rupture entre nous.Quel que soit le cas de figure, je le répète nous franchissons une ligne, nous sortons du cadre habituel – j’en veux pour preuve nos débats sur le suicide.Ce qui est en jeu, c’est la possibilité pour un malade de se donner la mort – suicide assisté – ou de demander à un tiers de lui administrer la mort. Ce n’est pas neutre,…

article 2 · amendement 743

Personne a dit que c’était neutre !

…d’autant plus que le code pénal est déjà très précis sur cette question. Il prévoit même que l’on puisse être inquiété lorsqu’on ne prête pas assistance aux autres. On abandonne ce paradigme et on considère, si ce texte venait à être adopté, que ce qui avait prévalu jusqu’à présent ne vaut plus.C’est ce point qui nous amène à nous interroger sans avoir de réponses car, en fait, cela revient à dépénaliser, à légaliser quelque chose qui, au moment où nous nous parlons, n’est pas légal : l’acte de donner la mort.

article 2 · amendement 743

C’est la porte ouverte à toutes les fenêtres !

Sébastien Chenu president · RN #224

Nous arrivons aux derniers amendements en discussion commune. La parole est à M. Christophe Bentz, pour soutenir l’amendement no 1075. Peut-être pouvez-vous aussi défendre le no 1029 ?

Bien sûr, monsieur le président. Pour un opposant à ce texte, c’est un amendement de repli de repli de repli…

Repliez-vous complètement, ça nous fera gagner du temps !

Cela étant, bien qu’il soit en discussion commune avec des amendements sémantiques, c’est un amendement purement légistique, qui traite du fond. C’est d’ailleurs un amendement qu’Agnès Firmin Le Bodo et le groupe Horizons & indépendants devraient normalement soutenir, puisqu’il y a quatre ans, lorsque Agnès Firmin Le Bodo, alors ministre déléguée, avait présenté le projet de loi qui est, en quelque sorte, à l’origine de nos débats, il prévoyait seulement une possibilité par exception et non un droit, lequel garantirait un accès universel.J’espère que cet amendement de repli récoltera un maximum de votes, puisqu’il vise à revenir à une version de la proposition de loi d’avant les dérives vécues pendant la navette, donc plus proche de la version initiale du projet de loi, qui certes était plus restrictive, mais pas beaucoup plus.

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements ?

Brigitte Liso rapporteure · EPR #230

Nous partagerons le plaisir de répondre avec M. le rapporteur général. Je serai assez brève et rappellerai simplement que la définition de l’aide à mourir est très claire et qu’elle ne souffre aucune ambiguïté quant à l’auteur de la demande, puisqu’il s’agit bien d’une demande de la personne concernée. Il en va de même s’agissant de la nature de l’acte et de sa finalité, ainsi que de ses conditions d’exercice : elles sont précisément définies aux articles 4 à 10 de la proposition de loi. L’auteur du geste final ne peut être que la personne elle-même, un médecin ou un infirmier.J’aimerais également répondre à quelques députés en particulier. Madame Mansouri, vous regrettez qu’on ne vous donne pas de réponses. Ce n’est pas vrai, on vous en donne, mais elles ne vous conviennent pas.

Du coup, c’est ça la réponse ?

Brigitte Liso rapporteure · EPR #233

Madame Gruet, vous affirmez qu’on vous parle régulièrement de suicide assisté et d’euthanasie, raison pour laquelle vous proposez d’insérer ces termes ; quant à moi, on me parle souvent de loi du soulagement, mais ce n’est pas pour autant que je souhaite l’inscrire dans le texte. Vous regrettez aussi qu’on continue de débattre de la sémantique à ce stade. Je ne peux qu’être d’accord avec vous.Madame Vidal, vous déclarez que si nous avions accepté vos propositions, cela ferait longtemps que nous n’aurions plus ces débats.

Eh oui !

Brigitte Liso rapporteure · EPR #236

Mais que fallait-il accepter ? « Mort délibérément provoquée » ? « Acte de donner la mort » ? « Mise à mort médicalement assistée » ? « Mort sur demande médicalement organisée » ? « Mort intentionnellement provoquée par un professionnel de santé » ? La liste est encore longue. Écrire « aide à mourir » est amplement suffisant et complet.

#237

(À vingt-deux heures vingt-cinq, Mme Marie-Agnès Poussier-Winsback remplace M. Sébastien Chenu au fauteuil de la présidence.)

La parole est à M. Philippe Vigier, rapporteur général, pour la commission des affaires sociales, de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir.

Philippe Vigier rapporteur général, pour la commission des affaires sociales, de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir · Dem #240

Monsieur Bentz, à chacune des lectures, nous avons eu ce débat. Vous ne pouvez donc pas dire qu’il a été tronqué ou qu’on ne vous répond pas. Lorsque nous avons adopté le texte en commission, vous avez vous-même reconnu que les débats avaient été apaisés et que vous aviez eu des réponses. Nous vous avons répondu pendant trois jours en commission – les comptes rendus l’attestent –, mais nous pouvons recommencer. Nous ne serons jamais avares pour répondre à vos interrogations.Brigitte Liso est très bien revenue sur les termes employés, notamment « aide à mourir ». Madame Mansouri, comment être plus clair ? « Aide » implique un accompagnement… (Mme Hanane Mansouri s’exclame.) Madame Mansouri, j’ai eu la gentillesse de vous écouter, je vous demande de faire de même.

Je vous écoute.

Philippe Vigier rapporteur général · Dem #243

Et il y a « mourir » : je suis convaincu que tout le monde comprend ce terme. Vous avez aussi parlé de sémantique, dont il a beaucoup été question, mais allons dans la rue et demandons aux gens ce qu’ils comprennent plus facilement : « sédation profonde et continue » ou « aide à mourir ». Je connais par avance le résultat. (Mme Nicole Le Peih et Mme Agnès Pannier-Runacher applaudissent.)

Ce n’est pas la même chose !

Philippe Vigier rapporteur général · Dem #245

Monsieur Hetzel, vous nous avez expliqué, avec votre enthousiasme infaillible, que les soins palliatifs étaient indispensables. Je n’aurai pas la rudesse de vous rappeler que vous avez voté contre la loi Claeys-Leonetti en première lecture. Je suis très heureux que vous lui trouviez désormais des vertus et que vous ayez changé d’avis – j’ai moi-même évolué.

Je l’assume !

Philippe Vigier rapporteur général · Dem #247

Je n’irai pas jusqu’à dire que vous avez connu une rupture anthropologique. Je ne dirai pas non plus que les mots employés ne sont pas les bons, car que dit le Conseil d’État à l’alinéa 6 de son avis, que vous avez bien sûr lu ? Il explique que l’emploi du terme « aide à mourir » ne pose pas de difficultés.

À condition qu’elle soit bien définie !

Ce que vous dites est faux !

Philippe Vigier rapporteur général · Dem #250

Monsieur Sitzenstuhl, vous reprochez aux promoteurs du texte de ne plus utiliser « euthanasie » ou « suicide assisté », termes que vous voudriez absolument employer. « Aide à mourir » est clair, on sait qu’à la fin on décède ; pareil pour la sédation profonde et continue qui se poursuit jusqu’au décès. Si je ne me trompe, « mort » et « décès » sont des synonymes.Vous connaissez, comme moi, la racine grecque d’euthanasie qui veut dire bonne ou belle mort. Mais pourquoi ce terme n’est-il plus utilisé ? Vous qui connaissez parfaitement l’histoire, vous voudriez que nous utilisions ce mot qui a été souillé ?

Votre prédécesseur nous a fait déjà ce numéro ! C’est bon ! La Belgique utilise le terme « euthanasie » !

Philippe Vigier rapporteur général · Dem #253

Pourquoi vouloir l’utiliser ? Parce que vous voulez que ce texte fasse peur, alors que nous ne cherchons qu’à respecter la volonté des patients. Je vous le dis avec beaucoup de gravité et d’humilité : écoutez la volonté des patients ! Rappelons toujours le contexte : ils ne sont pas tous concernés, madame Gruet, mais à un moment ou à un autre, certains arrivent au bout du chemin. L’article 4 décrit parfaitement cela et permet de déterminer à qui le texte peut s’appliquer. Vous connaissez ces dispositions aussi bien que moi. Lorsqu’on entame un processus irréversible, vous savez bien que le chemin est très court.

Philippe Vigier rapporteur général · Dem #254

Monsieur Juvin, vous avez dit tout à l’heure qu’il n’y avait pas d’intentionnalité de donner la mort, mais vous savez très bien – vous êtes médecin – que l’arrêt de tout apport hydrique et nutritionnel provoque l’arrêt du fonctionnement des organes, ce qui entraîne la mort. Vous ne pouvez pas affirmer le contraire !Il faut arrêter d’opposer sans arrêt, comme certains le font, les soins palliatifs et l’aide à mourir. Cette dernière est un droit supplémentaire et je ne peux pas vous laisser dire, madame Mansouri, que c’est l’un ou l’autre. Plus loin dans le texte, à l’article 5 – vous le lirez, si vous ne l’avez pas déjà très bien lu –, il est écrit que le médecin s’assure que la personne qui le souhaite a accès de manière effective aux soins palliatifs. Dire le contraire, c’est faire un raccourci qui n’est pas juste.J’ai entendu un collègue du Rassemblement national dire tout à l’heure […]

Pourquoi dites-vous qu’on n’a pas le droit ? C’est pourtant vrai !

Philippe Vigier rapporteur général · Dem #259

Peut-être qu’un grand journal du matin a inspiré votre intervention, mais ce n’est pas la vérité et on ne laissera pas dire des choses pareilles !

C’est pourtant vrai !

Philippe Vigier rapporteur général · Dem #261

L’expression d’« aide à mourir » a été choisie parce qu’elle est compréhensible par tout un chacun. Elle ne rappelle pas les mauvais relents de l’histoire et elle est différente de celle de « suicide assisté », que vous utilisez.

Bien sûr que vous créez l’aide à mourir pour des raisons économiques !

Philippe Vigier rapporteur général · Dem #263

Vous ne pouvez pas comparer à un suicide la situation de quelqu’un qui est en fin de vie et dont le pronostic vital est engagé. Vous n’avez pas le droit de faire cela, parce que ces situations ne concernent pas les mêmes personnes.Nous respectons vos prises de parole et votre avis différent, nous répondons à toutes vos interventions, mais, de grâce, ne dites pas autre chose que ce qui est dans le texte ! En tant que parlementaires, la moindre des choses est de lire la proposition de loi. On peut être en désaccord sur la manière de la fabriquer ensemble, en revanche on ne peut pas être en désaccord sur la manière dont on lit les mots qui s’y trouvent. Chaque mot a un sens, chaque mot a été pesé en responsabilité (« Ah ! » sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR) par les uns et par les autres. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem, EPR, SOC et EcoS.)

Quel est l’avis du gouvernement ?

Stéphanie Rist ministre · EPR #266

Ces amendements visent à changer le titre de la section 2 bis de l’article 2, qui est actuellement « Droit à l’aide à mourir ». Évidemment, on a le droit de débattre de sémantique – c’est parfois même le travail des parlementaires –, mais le Conseil d’État a validé l’expression d’« aide à mourir » – comme il aurait pu en valider d’autres –, à condition qu’elle soit définie correctement. C’est tout l’enjeu de l’article 4.Avant la levée de la précédente séance et à l’occasion d’autres discussions, nous avons pu donner des réponses. Il faut maintenant que le Parlement s’exprime sur ce titre, pour que nous puissions avancer et procéder au travail de définition que le Conseil d’État nous a demandé.

La parole est à Mme Danielle Simonnet.

En tout état de cause, ceux qui manifestent une volonté l’obstruction ne ménagent pas leurs efforts !

C’est une professionnelle qui parle !

Parole d’experte !

Il y a un certain professionnalisme, c’est clair.J’ai cherché les termes dans lesquels on avait débattu de la loi Claeys-Leonetti – je n’étais pas députée à l’époque.

Moi non plus !

Les opposants à cette loi, qui étaient dans ces travées (L’oratrice désigne les bancs de la droite de l’hémicycle), parlaient d’« euthanasie déguisée » ou d’« euthanasie lente. » Comme maintenant, il y avait alors une bataille sur les termes. M. Gosselin, de LR, parlait de « dérive euthanasique ».J’ai consulté des comptes rendus plus anciens encore, ceux des débats sur la constitutionnalisation de l’IVG.

Je n’y étais pas !

Les mêmes, sur les mêmes bancs, parlaient d’« euthanasie prénatale » et Jean-Marie Le Méné influençait un bon nombre de députés siégeant à la droite ou à l’extrême droite de l’hémicycle. Plus récemment, Christophe Bentz a qualifié l’IVG de « génocide de masse ». Toujours les mêmes références !Sur le fond, ce n’est pas simplement une bataille sémantique qui est menée. Sur le fond, vous êtes opposés au fait qu’à nous, citoyennes et citoyens, on puisse permettre de maîtriser notre vie, notre corps et notre mort ! Vous êtes opposés au fait que la société puisse accompagner la femme dans son avortement ou le malade en phase terminale dont le pronostic vital est engagé et dont les souffrances sont réfractaires à tout traitement !Oui, je souhaite que la médecine et les soins palliatifs puissent continuer à faire d’énormes progrès. Si demain, on pouvait mourir sans souffrir, grâce aux soins […]

Philippe Vigier rapporteur général · Dem #281

Très bien !

La parole est à M. Jean-François Rousset.

Nous avons assisté à une longue bataille de mots. Nous, nous n’avons pas peur des mots : nous sommes pour l’aide à mourir ! Vous, ses opposants, vous êtes contre cette proposition de loi, quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse.