Séance du 16 juillet 2026 /// n°16 /// 629 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Première session extraordinaire 2026

Protection des enfants : l'Assemblée vote l'imprescriptibilité des crimes sur mineurs

Après une longue série d'amendements sur l'article 10 encadrant les délais d'enquête, les débats se sont concentrés sur les articles additionnels après l'article 11, où le gouvernement s'est dit favorable, à titre personnel, à l'imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs. Malgré les critiques de la rapporteure et de plusieurs groupes sur la méthode — légiférer par amendements sans étude d'impact ni avis du Conseil d'État sur un sujet aussi lourd —, l'amendement no 362 étendant l'imprescriptibilité à l'ensemble des crimes commis sur mineurs a été adopté (93 voix contre 51), faisant tomber les amendements concurrents plus restrictifs. La séance s'est aussi illustrée par des échanges vifs sur les moyens de la justice, sur l'affaire de la petite Rosa et sur les propos tenus lors du procès pour inceste évoqué par plusieurs députées. La discussion sur les peines planchers, proposées par la Droite républicaine, a été interrompue par la levée de séance.

629prises de parole
51orateurs
9points à l'ordre du jour
19scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
8290 l'amendement n° 876 de Mme Maximi à l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture). 22 / 17 adopté
8291 l'amendement n° 592 de M. Dragon à l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture). 18 / 68 rejeté
8292 l'amendement n° 594 de M. Dragon à l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture). 24 / 70 rejeté
8293 l'amendement n° 44 de Mme Capdevielle à l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture). 23 / 62 rejeté
8294 l'amendement n° 505 de Mme Blin et l'amendement identique suivant à l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enf… 63 / 60 adopté
8295 l'amendement n° 206 de Mme Mercier à l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture). 33 / 52 rejeté
8296 l'amendement n° 689 de Mme Maximi à l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture). 90 / 11 adopté
8297 l'amendement n° 366 de M. Arnaud Bonnet à l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture). 12 / 76 rejeté
8298 l'amendement n° 700 de M. Raux à l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture). 47 / 33 adopté
8299 l'amendement n° 718 de Mme Firmin Le Bodo à l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture). 52 / 58 rejeté
8300 l'amendement n° 593 de M. Dragon à l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture). 36 / 61 rejeté
8301 l'amendement n° 894 de Mme Gervais à l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture). 64 / 56 adopté
8302 l'amendement n° 717 de Mme Parmentier-Lecocq à l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lectur… 55 / 80 rejeté
8303 l'amendement n° 15 de Mme Blanc à l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture). 37 / 101 rejeté
8304 l'amendement n° 406 de Mme Capdevielle à l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture). 71 / 53 adopté
8305 l'amendement n° 1172 de Mme Hamelet à l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture). 37 / 99 rejeté
8306 l'amendement n° 701 de M. Raux à l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture). 120 / 22 adopté
8307 l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture). 154 / 0 adopté
8308 l'amendement n° 362 de M. Arnaud Bonnet après l'article 11 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture… 93 / 51 adopté

Verbatim Le compte rendu

Tours 601 à 629 sur 629 — page 4 / 4.

Suspension et reprise de la séance

Marianne Maximi rapporteure · LFI #866

C’est n’importe quoi !

La parole est à Mme Sophie Blanc.

Le principe d’individualisation de la peine est pleinement préservé par les peines planchers puisque chaque juridiction conserve la possibilité de prononcer une peine inférieure – je n’entre pas dans le détail.Le groupe Rassemblement national avait déjà proposé leur rétablissement lors de sa journée de niche parlementaire. Nous ne cessons de le crier et vous l’avez tous rejeté.Aujourd’hui, vous reprenez ce principe. Très bien, nous nous en réjouissons, mais que de temps perdu ! Les victimes auraient mérité que vous l’adoptiez plus tôt.Toutefois, en députés intelligents, raisonnables et non sectaires que nous sommes, nous voterons en faveur de cet amendement. (Mme Caroline Parmentier applaudit.)

La parole est à Mme Émilie Bonnivard.

Disons que nos visions politiques sont différentes. Il est évident que, contre l’impunité, la lutte passe par la certitude d’être pris, par la prévention, etc. Mais, pour moi, il existe un troisième pan de l’action publique, à savoir le caractère performatif de notre code pénal.

Le « caractère performatif » du code pénal, ça n’existe pas ! Cela ne veut rien dire !

Or l’impunité est telle en matière de crimes sexuels sur enfant qu’il convient à mes yeux de marcher sur les deux jambes, et l’une d’elles est un code pénal beaucoup plus sévère à l’égard des auteurs d’infractions sexuelles sur mineur.

C’est de la bêtise !

Je crois que cela fait partie d’un ensemble qui va nous permettre de révolutionner les choses.

La parole est à Mme Gabrielle Cathala.

Je voudrais demander une suspension de séance au nom de mon groupe.

Je ne vais pas suspendre à une minute de la levée de séance.

Alors, je vais faire un rebond, mais normalement…

Je sais, mais Mme Capdevielle est inscrite avant vous. Je lui donne la parole, puis nous conclurons.

Je n’ai demandé aucune suspension de séance depuis le début de la séance. Elle est donc de droit.

Je sais, mais je vais donner la parole à Mme Colette Capdevielle, avant de lever la séance.

Cet amendement est insupportable. Les peines planchers ont été supprimées par le législateur parce qu’elles sont inutiles et dangereuses. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

Mme Taubira s’est trompée : il faut rétablir les peines planchers !

Les peines planchers n’ont jamais dissuadé quiconque. On le sait bien, cela a été documenté.

Mais si, elles sont dissuasives !

Surtout, le message que vous envoyez est très dangereux car il s’agit d’une atteinte directe à la liberté d’appréciation du juge : vous portez atteinte aux juridictions, notamment aux cours criminelles départementales et aux cours d’assises, puisque vous estimez que les juges n’ont pas la liberté d’appréciation et qu’il vous revient de leur dire, dans la loi, comment juger.

Pas du tout !

Quand vous les avez instaurées, on s’est rendu compte que cela n’a absolument pas fait diminuer la criminalité et encore moins la criminalité sexuelle. (Mme Émilie Bonnivard proteste.) Autrement, cela se saurait, madame Bonnivard ! Ces crimes n’ont fait qu’augmenter, en dépit des peines planchers.

Tout à fait !

Pensez-vous qu’avant de commettre son crime, un criminel, en particulier un criminel sexuel, consulte le code pénal pour savoir ce qu’il risque ? Bien sûr que non ! Ces peines planchers relèvent du populisme pénal ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur plusieurs bancs du groupe EcoS.) Vous le savez très bien.Une telle disposition ne sert à rien, elle est dangereuse et constitue une atteinte directe à toute la magistrature. Vous êtes en train de dire aux juges qu’ils ne savent pas juger. Alors que c’est leur métier, vous prétendez le faire à leur place. Il s’agit d’un glissement, terriblement dangereux, vers une forme de dictature (Exclamations sur les bancs du groupe DR) où le législateur prétend dire au pouvoir judiciaire : voici comment juger !

Sébastien Chenu president · RN #895

La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.

Ordre du jour de la prochaine séance

Sébastien Chenu president · RN #898

Prochaine séance, cet après-midi, à quinze heures : Suite de la discussion du projet de loi relatif à la protection de l’enfance. La séance est levée.

#899

(La séance est levée à treize heures.)

#900

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra