Séance du 8 novembre 2025 /// n°40 /// 668 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Session ordinaire 2025 -2026

Séance du 8 novembre 2025 — 40e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Marie-Agnès Poussier-Winsback.

668prises de parole
78orateurs
9points à l'ordre du jour
30scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
3555 l'amendement n° 942 de M. Maudet après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 19 / 44 rejeté
3556 l'amendement n° 61 de Mme Duby-Muller et les amendements identiques suivants après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale… 83 / 119 rejeté
3557 l'amendement n° 883 de M. Wauquiez après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 35 / 166 rejeté
3558 l'amendement n° 884 de M. Wauquiez après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 32 / 168 rejeté
3559 l'amendement n° 5 de Mme Buffet et les amendements identiques suivants après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour … 202 / 4 adopté
3560 l'amendement n° 380 de M. Davi et l'amendement identique suivant après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (… 37 / 120 rejeté
3561 le sous-amendement n° 2654 de M. Colombani à l'amendement n° 738 de M. Isaac-Sibille après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité… 75 / 93 rejeté
3562 l'amendement n° 738 de M. Isaac-Sibille après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 51 / 130 rejeté
3563 l'amendement n° 405 de Mme Sandrine Rousseau après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 54 / 144 rejeté
3564 le sous-amendement n° 2666 de M. Colombani à l'amendement n° 1110 de Mme Runel après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité socia… 80 / 116 rejeté
3565 le sous-amendement n° 2667 de M. Colombani à l'amendement n° 1110 de Mme Runel après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité socia… 81 / 111 rejeté
3566 l'amendement n° 1110 de Mme Runel et l'amendement identique suivant après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 202… 53 / 150 rejeté
3567 l'amendement n° 459 de M. Sother après l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 67 / 142 rejeté
3568 l'amendement de suppression n° 943 de Mme Leboucher et les amendements identiques suivants à l'article 12 du projet de loi de financement de la sécuri… 118 / 137 rejeté
3569 l'article 12 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 147 / 119 adopté
3570 l'amendement n° 14 de Mme Sylvie Bonnet et les amendements identiques suivants après l'article 12 du projet de loi de financement de la sécurité socia… 145 / 109 adopté
3571 l'amendement n° 418 de M. Descoeur et les amendements identiques suivants après l'article 12 du projet de loi de financement de la sécurité sociale po… 98 / 158 rejeté
3572 l'amendement n° 1628 de M. Rancoule après l'article 12 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 87 / 177 rejeté
3573 l'amendement n° 1828 de M. Dessigny après l'article 12 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 90 / 177 rejeté
3574 l'amendement n° 1629 de M. Rancoule et l'amendement identique suivant après l'article 12 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2… 85 / 160 rejeté
3575 l'amendement n° 1027 de Mme Leboucher après l'article 12 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 73 / 143 rejeté
3576 l'amendement n° 31 de Mme Gruet et les amendements identiques suivants après l'article 12 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour … 72 / 143 rejeté
3577 l'amendement n° 2306 de M. Davi après l'article 12 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 67 / 155 rejeté
3578 l'amendement n° 2115 de M. Ben Cheikh après l'article 12 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 55 / 171 rejeté
3579 l'amendement n° 2114 de M. Ben Cheikh après l'article 12 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 54 / 175 rejeté
3580 l'amendement n° 1030 de M. Maudet après l'article 12 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 79 / 83 rejeté
3581 le sous-amendement n° 2641 de M. Ménagé à l'amendement n° 1685 de M. Gernigon après l'article 12 du projet de loi de financement de la sécurité social… 88 / 150 rejeté
3582 le sous-amendement n° 2669 de M. Christophe à l'amendement n° 1685 de M. Gernigon après l'article 12 du projet de loi de financement de la sécurité so… 127 / 125 adopté
3583 l'amendement n° 1685 de M. Gernigon après l'article 12 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 176 / 79 adopté
3584 l'amendement n° 1839 de Mme Amiot après l'article 12 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture). 83 / 50 adopté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 668 — page 1 / 4.

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à neuf heures.)

Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (nos 1907 et 1999, 2057, 2049).

Deuxième partie (suite)

Hier soir, l’Assemblée nationale a poursuivi la discussion des articles du projet de loi, s’arrêtant à l’amendement no 792 portant article additionnel après l’article 11.

Après l’article 11 (suite)

L’amendement no 792 de M. Charles de Courson n’est pas défendu.La parole est à M. Thibault Bazin, rapporteur général de la commission des affaires sociales.

article Après_ 11
Thibault Bazin rapporteur général de la commission des affaires sociales · DR #12

Je reprends cet amendement, qui vise à combler un oubli. Le législateur souhaitait préserver les établissements de jeux qui ont d’autres activités – café, thalassothérapie, hôtel, petit musée –, afin que leurs dépenses de publicité sans lien avec le jeu ne soient pas soumises à la contribution prévue à l’article L. 137-27 du code de la sécurité sociale. Cet amendement de précision et de bon sens est fidèle à l’équilibre que nous avons trouvé. Je me permets de le reprendre, même si le collègue Charles de Courson est absent, parce qu’il a été examiné par la commission en application de l’article 88 du règlement.

La parole est à Mme la ministre de l’action et des comptes publics, pour donner l’avis du gouvernement.

Amélie de Montchalin ministre de l’action et des comptes publics · LaREM #14

Il s’agit de clarifier une mesure prise dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025. Avis favorable.

#15

(L’amendement no 792, modifié par la suppression du gage, est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt

Sur l’amendement no 942, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme Ersilia Soudais, pour soutenir cet amendement.

Un travailleur social me le rappelait à juste titre : il y a une complémentarité des addictions. C’est la raison pour laquelle il faut une politique globale en la matière, qui n’en néglige aucune sorte.L’addiction aux jeux d’argent doit être prise au sérieux : en France, 1,2 million de personnes sont considérées comme des joueurs problématiques. La publicité particulièrement agressive, notamment sur les paris sportifs, la favorise largement. Or l’année prochaine aura lieu la Coupe du monde de football, propice aux paris sportifs. Ils seront d’autant plus plébiscités que le contexte social est délétère et que les publicités n’ont de cesse de promouvoir socialement les parieurs. C’est pourquoi nous vous demandons une vigilance particulière et proposons d’augmenter la contribution des opérateurs de jeu d’argent à hauteur de 20 % de leurs dépenses publicitaires.

article Après_ 11

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #21

Cet amendement a été rejeté par la commission. Avis défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #23

Même avis. La réforme de la contribution sur la publicité des jeux d’argent avait donné lieu à des débats nourris dans le cadre de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 (PLFSS). Elle est entrée en vigueur le 1er juillet 2025. Si des ajustements doivent être apportés, il serait bon qu’ils le soient après une période d’observation des pratiques et des recettes fiscales plus longue que quatre mois.

Je mets aux voix l’amendement no 942.

#25

(Il est procédé au scrutin.)

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 64 Nombre de suffrages exprimés 63 Majorité absolue 32 Pour l’adoption 19 Contre 44

#27

(L’amendement no 942 n’est pas adopté.)

La parole est à M. le rapporteur général, pour soutenir l’amendement no 1704.

article Après_ 11 · amendement 1704
Thibault Bazin rapporteur général · DR #29

Nous avons parlé hier des laboratoires et nous aurons l’occasion d’évoquer aujourd’hui les officines. Entre les deux se trouvent des répartiteurs, qui répondent à des obligations de service public afin de permettre à chaque officine de disposer de stocks de médicaments dans des délais convenables pour les patients. Or, à la suite d’une décision prise il y a deux ans, le circuit de distribution de certains produits a été modifié, engendrant une perte de 20 millions d’euros pour les répartiteurs, qui ne peuvent ajuster leur tarification puisqu’elle est encadrée par la législation et la réglementation.Afin de ne pas fragiliser davantage les répartiteurs, je propose d’abaisser légèrement le taux de la première part de la contribution sur la vente en gros de spécialités pharmaceutiques. Alors que ce débat revient à chaque examen du PLFSS, il s’agirait d’un ajustement sectoriel bienvenu. J’y […]

article Après_ 11 · amendement 1704

La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, pour donner l’avis du gouvernement.

Stéphanie Rist ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées · EPR #32

Je comprends le sens de l’amendement. Les grossistes répartiteurs sont des acteurs essentiels de la chaîne de distribution des produits de santé. La suspension de l’arrêté du 4 août 2025 nous donne l’occasion de lancer un travail avec les pharmaciens et toute la chaîne du médicament afin d’améliorer le système et de répondre aux difficultés de financement final du médicament. Les grossistes répartiteurs seront consultés. Avis défavorable.

La parole est à M. Philippe Vigier.

Le rapporteur général souligne un point important : les répartiteurs rencontrent de grandes difficultés. Auparavant, les radiologues prescrivaient les produits de contraste et les patients se les procuraient en pharmacie avant de revenir passer leur radiographie. La réforme entrée en vigueur en 2024 a fait deux perdants, le distributeur et le pharmacien, tout en mécontentant les radiologues, qui doivent désormais commander eux-mêmes les produits de contraste auprès des laboratoires. Cette décision unilatérale prise par votre prédécesseur de l’époque, madame la ministre, aurait pu être mieux préparée ; il conviendrait de remettre un peu d’ordre.

La parole est à M. Hadrien Clouet.

Le rapporteur général estime les pertes pour le secteur à 18 millions d’euros. Mais comment se répartissent-elles ? Pèsent-elles sur les fabricants, à l’instar de Guerbet, dont les difficultés économiques ont conduit au départ de son directeur général ? Ou davantage sur l’aval de la chaîne de distribution ? Les perdants sont-ils plutôt les gros, plutôt les petits, ou chacun est-il touché de la même façon ? Nous souhaitons comprendre l’enjeu financier de l’amendement pour l’ensemble de l’économie des produits de contraste.

La parole est à M. le rapporteur général.

Thibault Bazin rapporteur général · DR #38

Les 18 millions d’euros correspondent au coût de la modification décidée il y a deux ans. L’amendement coûterait une trentaine de millions d’euros. Le coût pour les répartiteurs varie en fonction de la densité de population : il est plus élevé dans les métropoles.

#39

(L’amendement no 1704 est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt

Je suis saisie de plusieurs amendements, nos 61, 68 rectifié, 87, 883, 884, 5, 374, 472, 882, 1164, 1862, 1869, 2238, 144 et 532, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 61, 68 rectifié et 87 sont identiques, de même que les amendements nos 5, 374, 472, 882, 1164, 1862, 1869 et 2238, ainsi que les amendements nos 144 et 532.Je suis saisie par le groupe Droite républicaine de plusieurs demandes de scrutin public : sur les amendements no 61 et identiques ; sur les amendements nos 883 et 884 ; sur les amendements no 5 et identiques. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Josiane Corneloup, pour soutenir l’amendement no 61.

article Après_ 11 · amendement 61

Il vise à redonner compétence au législateur pour déterminer chaque année, à l’occasion de l’examen du PLFSS et en cohérence avec l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam), le niveau des plafonds des remises commerciales consenties par les fournisseurs des pharmacies d’officine prévues à l’article L. 138-9 du code de la sécurité sociale, comme c’était le cas avant 2014.Le réseau officinal est aujourd’hui très précarisé, avec un grand nombre de fermetures d’officine : 4 000 d’entre elles ont cessé leur activité depuis 2007, soit une pharmacie par jour. Leur disparition dégrade l’accès aux soins et aggrave la désertification médicale. Elle dévitalise les communes et les villages.Un arrêté pris le 4 août 2025, de façon unilatérale, a abaissé le plafond des remises de 40 % à 30 %, avec pour objectif de le fixer à 20 % au 1er juillet 2027, ce qui a suscité la colère de […]

article Après_ 11 · amendement 61

L’amendement no 68 rectifié de M. Ian Boucard est défendu.La parole est à Mme Josiane Corneloup, pour soutenir l’amendement no 87.

article Après_ 11 · amendement 61

J’ajoute que ces remises commerciales sont indispensables au maintien des officines, notamment en milieu rural. À la suite de l’arrêté du 4 août, la panique s’est installée : des pharmaciens vendent prématurément leur officine et les jeunes ne s’installent plus.

article Après_ 11 · amendement 61

Les amendements nos 883 et 884 de M. Laurent Wauquiez sont défendus.La parole est à Mme Françoise Buffet, pour soutenir l’amendement no 5.

article Après_ 11 · amendement 61

Cet amendement a été adopté par la commission des affaires sociales. Les remises commerciales accordées par les laboratoires constituent un pilier du modèle économique des officines et soutiennent le dynamisme du médicament générique au bénéfice de l’assurance maladie. Il convient de préserver ce modèle gagnant-gagnant. L’abaissement du plafond de ces remises ne produira pas d’économies nouvelles, l’État procédant déjà à des ajustements de prix selon les remises déclarées. En revanche, il risque d’opacifier les conditions tarifaires et de priver le réseau officinal d’environ 520 millions d’euros ; il risque également d’accélérer les fermetures de pharmacie, notamment dans les communes rurales.L’amendement vise également à demander au gouvernement un rapport sur les effets du système de remises, sur son évolution et sur le modèle de rémunération des pharmaciens.

article Après_ 11 · amendement 61

La parole est à Mme Marie-José Allemand, pour soutenir l’amendement no 374.

article Après_ 11 · amendement 374

Le gouvernement a décidé unilatéralement d’abaisser le plafond des remises commerciales ; nous y sommes fortement opposés. En effet, ces remises constituent une part essentielle du financement des officines des zones rurales, auxquelles nous tenons particulièrement : elles sont indispensables pour faire reculer les déserts médicaux.

article Après_ 11 · amendement 374

L’amendement no 472 de Mme Josiane Corneloup est défendu.La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir l’amendement no 882.

article Après_ 11 · amendement 374

Cet amendement est important pour les députés du groupe de la Droite républicaine. En effet, nous pensons que nous devons cultiver le lien de confiance avec les officines de proximité et reconnaître leur travail de maillage territorial. Le changement des règles du jeu en cours d’exercice a provoqué une perte de visibilité et de stabilité pour les pharmaciens. Inscrire le plafond des remises commerciales dans la loi nous permettra de mieux relayer les attentes des territoires concernés.

article Après_ 11 · amendement 374

La parole est à M. Frédéric Maillot, pour soutenir l’amendement no 1164.

article Après_ 11 · amendement 1164

Je le défends au nom de mon collègue Marcellin Nadeau. Les remises commerciales constituent une ressource indispensable au fonctionnement du réseau officinal et participent au dynamisme de l’économie du médicament générique. C’est donc un modèle gagnant-gagnant pour la filière officinale et pour l’assurance maladie.Avant 2014, la détermination des plafonds de ces remises relevait de la compétence du législateur. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2014 a transféré au pouvoir réglementaire le soin de les fixer, dans la limite de 50 %. L’objectif était de maximiser les économies réalisées en relevant le plafond de façon significative.

article Après_ 11 · amendement 1164

La parole est à Mme Joëlle Mélin, pour soutenir l’amendement no 1862.

article Après_ 11 · amendement 1862

L’arrêté unilatéral du 4 août 2025 a amputé de plus de 30 % les remises ordinaires – en 2027, elles seront amputées de 50 %. Ces remises, pourtant, sont essentielles à l’activité économique des officines.Il y a là deux paradoxes. Le premier est qu’un contrat commercial de droit privé ait pu passer sous tutelle réglementaire. Le second est que, quand nous courrons ici après des programmations pluriannuelles, les officines, elles, ne disposent plus d’aucune visibilité. Vont-elles devoir licencier maintenant, à partir du 1er janvier ou bien à partir du 1er août ? Vont-elles pouvoir rembourser leurs emprunts ? Vont-elles pouvoir investir ?Avec une perte de 520 millions, le modèle gagnant-gagnant devient un modèle qui n’est sans doute pas gagnant pour la sécurité sociale et qui est certainement perdant pour les officines. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN et sur quelques bancs du […]

article Après_ 11 · amendement 1862

La parole est à Mme Delphine Batho, pour soutenir l’amendement no 1869.

article Après_ 11 · amendement 1869

Cet amendement est cosigné par le groupe de travail transpartisan contre les déserts médicaux. (M. Hadrien Clouet applaudit.) Nous devons entendre le cri d’alarme des pharmaciennes et des pharmaciens mis en grand danger, notamment dans les territoires ruraux, par cette décision de baisser les plafonds des remises sur les médicaments génériques. Au nom du combat contre les déserts médicaux, nous proposons d’en rester à la situation actuelle et de fixer ces plafonds dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale, comme c’était encore la norme jusqu’en 2014.

article Après_ 11 · amendement 1869

Les amendements nos 2238 de la commission et 144 de Mme Marie-Christine Dalloz sont défendus.La parole est à Mme Valérie Bazin-Malgras, pour soutenir l’amendement no 532.

article Après_ 11 · amendement 1869

Il vise à permettre au législateur de réévaluer chaque année, à l’occasion de la discussion du PLFSS et en cohérence avec l’Ondam, le niveau des plafonds des remises attribuées aux pharmaciens.Le législateur doit veiller à préserver le maillage territorial des pharmacies, notamment dans les zones rurales, où elles rendent un service à la population des petites communes. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.)

article Après_ 11 · amendement 1869

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #70

Une majorité se dessine pour rendre des marges de manœuvre à nos officines. Ces dernières sont en difficulté et il en ferme chaque jour dans notre territoire. Les remises dont nous parlons ont pour but d’encourager la distribution des médicaments génériques, moins coûteux pour l’assurance maladie : c’est un dispositif gagnant-gagnant, pour les pharmaciens comme pour l’assurance maladie.Vous proposez par ces amendements que le législateur décide à nouveau du plafond de ces remises, fixé provisoirement à 40 % par voie réglementaire. Les trois premiers identiques vont bien au-delà de la situation actuelle, puisqu’ils visent à porter ce plafond à 50 %. Comme vous tous, j’ai beaucoup échangé avec la profession cet été : elle demande simplement que l’on en revienne à la situation antérieure.

Exactement !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #73

Soyons donc raisonnables et restons-en à 40 %. Je demande donc aux collègues les ayant défendus ainsi qu’aux auteurs des deux suivants de les retirer. Nous aurons à examiner, après cette discussion commune, d’autres amendements visant à laisser cette décision au pouvoir réglementaire. Je pense, pour ma part, que nous devons en effet rendre cette compétence au législateur. Je vous invite à voter les amendements no 5 et identiques : ils présentent le meilleur équilibre et correspondent à la rédaction transpartisane proposée par la commission. Pour tous les autres, demande de retrait ; sinon, avis défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Stéphanie Rist ministre · EPR #75

Les remises commerciales sont en effet une source importante de revenus pour les pharmaciens d’officine. L’arrêté pris cet été ne faisait que s’inscrire dans la suite de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) de 2025 – vous avez donc voté pour qu’un tel arrêté soit pris, censure du gouvernement mise à part.

Mme Ségolène Amiot #76

Nous ne l’avons pas voté !

Et vous le savez bien !

Stéphanie Rist ministre · EPR #78

Suite à cet arrêté et à sa suspension, nous avons confié à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et à l’Inspection générale des finances (IGF) une mission sur la transparence des prix du médicament et sur les flux financiers, mission dont les conclusions seront rendues à la fin de l’année. Une fois que nous en aurons pris connaissance, nous ouvrirons, au mois de janvier, une concertation – dont nous avons commencé de dessiner le périmètre – sur la redéfinition du modèle économique des pharmacies.Vos amendements, en fixant le plafond dans la loi, risquent de rigidifier la situation ; nous pensons qu’il faut plutôt travailler avec tous les acteurs à partir d’un diagnostic partagé. Je vous invite à suivre la position du gouvernement. Avis défavorable.

Sur ces amendements, je donnerai une minute de temps de parole à chaque groupe.La parole est à M. Cyrille Isaac-Sibille.

Nous sommes favorables à ces amendements, mais il est anormal que les pharmaciens soient rémunérés par des remises et nous devrions réfléchir à un autre système. En outre, ces remises ne sont pas les mêmes pour toutes les pharmacies : comme leur niveau est fonction du chiffre d’affaires, elles profitent plus aux grosses qu’aux petites, alors que nous souhaitons soutenir le réseau de proximité. Une réforme de plus grande ampleur est donc nécessaire.

La parole est à M. Hadrien Clouet.

Alors que nous nous préoccupons de l’avenir des pharmaciennes et des pharmaciens, le gouvernement explique, à 9 h 22, réfléchir à la composition d’une commission qui aura pour mission de réfléchir… C’est fascinant ! Nous ne renoncerons pas à ces amendements sous prétexte d’un engagement on ne sait pas quand, d’on ne sait pas qui. On pourrait en rire un soir à 23 h 30, mais pas si tôt dans la journée !

On avait dit une minute !

Trente secondes suffiraient !

Nous soutiendrons ces amendements pour éviter un transfert de charges des industries pharmaceutiques vers les pharmaciennes et les pharmaciens. C’est bien à la loi de décider du plafond de remise sur les génériques. C’était d’ailleurs l’état du droit jusqu’en 2014 – à l’époque, nous vivions très bien comme ça, la France était un pays développé et ne traversait pas un hiver nucléaire !Les syndicats de pharmacie, par ailleurs, nous ont fait savoir que le gouvernement leur avait demandé d’intervenir auprès des parlementaires pour qu’ils rejettent ces amendements : nous dénonçons de telles pressions, qui sont inacceptables. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

La parole est à M. Thierry Benoit.

Ce sujet illustre bien les difficultés de fonctionnement que connaît notre pays. Il ne manque pourtant pas de monde pour s’occuper des questions relatives à la santé : l’Igas, l’IGF et, dans les territoires, les ARS, les agences régionales de santé. Il est anormal que l’on prenne, au cœur de l’été, un arrêté semant la panique chez les pharmaciens de France. Nous avons passé l’été à essayer d’éteindre le feu, ici et là, à cause de ce bazar – il n’y a pas d’autre mot – venu d’en haut ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN, LFI-NFP, SOC, DR, EcoS, HOR, LIOT, GDR et UDR.)Nous avons la chance qu’il existe une organisation professionnelle appelée l’Ordre national des pharmaciens ! Ceux que j’ai rencontrés sont prêts à se pencher sur la question du modèle économique de la distribution des médicaments et de la rémunération des pharmaciens. On travaille en dépit du bon sens dans ce […]

La parole est à M. Jérôme Guedj.

Il existe un consensus contre l’application brutale de l’arrêté pris cet été. Vous ne souhaitez pas, madame la ministre de la santé, que nous gravions quoi que ce soit dans le marbre avant la concertation que vous annoncez. Je suis d’accord avec Cyrille Isaac-Sibille : même si cette concertation devait déboucher sur une révision d’ampleur des modalités de rémunération des pharmaciens sur la base des remises commerciales et, plus largement, du modèle économique des officines, nous aurons besoin de dispositions législatives pour la décliner. Au regard de la brutalité de la décision que vous avez prise par voie réglementaire, il me semble que qui peut le plus peut le moins.

Les pharmaciens et tous ceux qui les soutiennent préfèrent qu’il existe un petit verrou législatif pour vous empêcher de faire n’importe quoi, n’importe quand, (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, RN, LFI-NFP, DR, EcoS, HOR, LIOT, GDR et UDR) et pour que, de manière certaine, nous puissions délibérer ici, au terme de cette concertation, sur le meilleur moyen de protéger les officines, les gens qui les fréquentent, ainsi que l’ensemble des assurés sociaux. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs des groupes DR et EcoS.)

La parole est à Mme Joëlle Mélin.

Le périmètre de contrôle de la sécurité sociale, permettez-moi de le rappeler, est de 666 milliards. On devrait donc y regarder à deux fois avant d’aller chercher 520 millions – c’est une somme, je le concède – par un arrêté pris le 4 août sans prévenir personne et de mettre en émoi toute une profession en fragilisant le maillage territorial – aussi bien celui des villes que celui de leur périphérie et de la ruralité. N’ajoutons pas des déserts pharmaceutiques aux déserts médicaux ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

La parole est à M. Michel Lauzzana.

L’article L. 138-9 du code de la sécurité sociale a le défaut de traiter aussi bien des grosses pharmacies de ville, qui font d’importants bénéfices, que des pharmacies rurales, indispensables à notre maillage territorial, notamment dans les déserts médicaux. Nous ne pouvons l’accepter.Je soutiens les amendements no 5 et identiques, qui nous permettront de fixer le taux des remises et peut-être de pousser plus avant une réflexion sur une rémunération plus juste des pharmaciens, au moment où la pharmacie rebute de plus en plus les jeunes étudiants. Pour maintenir le maillage territorial, nous devons également réfléchir au financement des petites pharmacies. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem. – M. Jérôme Guedj applaudit également.)

La parole est à Mme Delphine Batho.

Faute de concertation et de travail de fond, la confiance a été rompue (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe Dem) – même si le gouvernement n’était alors pas celui-ci. Revenons à la situation antérieure : nous aurons le temps ensuite d’engager des concertations et des réflexions. Avant que nous ne passions au vote, je tiens à remercier le rapporteur général pour son avis favorable sur les amendements no 5 et identiques.

La parole est à Mme la ministre.

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #104

Nous avons tous été témoin, cet été, des inquiétudes et des interrogations des pharmaciens. L’un d’entre vous a expliqué que les plafonds des remises devaient figurer dans la loi pour que le gouvernement ne fasse pas « n’importe quoi, n’importe quand ».Je vais expliquer pourquoi le gouvernement a agi comme il l’a fait,…

Pourquoi vous faites n’importe quoi ?

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #107

…sans chercher à nous exonérer de notre responsabilité et en en revenant simplement aux faits. Pour commencer, personne n’a rappelé que les prix des médicaments avaient baissé. Les industriels ont ainsi fourni le plus gros de l’effort collectif dans la chaîne du médicament. Ne donnons pas l’impression que nous cherchons à sauver la sécurité sociale en faisant tout reposer sur les pharmaciens.Ensuite, l’arrêté du mois d’août avait commencé à être discuté avec les pharmaciens au mois de mai puisque l’article 33 de la LFSS pour 2025 imposait la révision des remises sur les médicaments biosimilaires.

De 15 % !

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #110

Au mois de juin, un comité d’alerte de l’Ondam a appelé le gouvernement à réagir, constatant qu’un certain nombre d’économies prévues par la LFSS n’avaient pas encore été mises en œuvre – notamment que l’arrêté sur les biosimilaires n’avait pas encore été pris. Le comité d’alerte a alors enjoint au gouvernement de prendre des mesures d’urgence pour éviter que le déficit de la sécurité sociale n’aille complètement dans le décor – si vous me permettez l’expression – en 2025.

Mais ce n’est pas sur les génériques qu’il faut taper !

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #112

Dans le cadre de l’accord sur les biosimilaires, il a donc été décidé d’une évolution que les pharmaciens – reçus toutes les semaines, si ce n’est tous les jours, par Yannick Neuder, Catherine Vautrin et leurs équipes – n’ont certes pas acceptée.Autre élément que je souhaite vous rappeler : dans le PLFSS pour 2026 tel que proposé par le gouvernement, les pharmaciens bénéficieront de plus de 45 millions d’euros de soutien au titre de l’avenant conventionnel de 2024. Le texte que vous examinez prévoit notamment : une aide financière pouvant aller jusqu’à 20 000 euros par an pour les officines en difficulté dans les zones rurales ; une revalorisation des astreintes et des honoraires de garde, ainsi que la création d’un horaire de nuit profonde, entre minuit et 6 heures, lorsque les pharmacies sont ouvertes ; la tarification de nouvelles missions de santé publique – prise en charge des […]

Mais non !

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #117

Si tout est figé dans la loi, à quoi bon s’organiser ? Le sujet n’est pas binaire : il n’y a pas d’un côté le méchant gouvernement et de l’autre les gentils pharmaciens ; il y a simplement l’État qui cherche à activer le réseau de proximité, qui a conscience que la réalité des pharmacies rurales n’a rien à voir avec celle des pharmacies de centre-ville et qui souhaite accompagner une évolution collective et concertée. La loi pourra traduire la concertation une fois celle-ci achevée, mais ce serait faire les choses dans le mauvais sens que de l’anticiper.

La parole est à M. le rapporteur général.

Thibault Bazin rapporteur général · DR #119

Ce que les pharmaciens nous demandent, c’est d’adopter la mesure dont nous sommes convenus en commission – les amendements no 5 et identiques. Elle constitue la meilleure combinaison sur le fond et nous a tous rassemblés : il s’agit de revenir à la législation en vigueur avant 2014. Mais j’ai la conviction profonde que, même en votant ces amendements, nous ne sauverons pas toutes les pharmacies de France.

Absolument ! Il a raison !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #121

Le modèle économique des officines est en grande difficulté.

Oui !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #123

Les génériqueurs ne bénéficient pas seulement de l’aide de 20 000 euros et la convention actuelle prévoit déjà plusieurs des dispositifs que vous avez évoqués, madame la ministre de l’action et des comptes publics. Les montants supplémentaires que vous proposez sont les bienvenus, mais ils ne suffiront pas à consolider, à pérenniser et à rendre le métier attractif. Ainsi, il y a deux ans, il manquait 1 000 étudiants en deuxième année de pharmacie.

C’est énorme !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #125

Mesurez-vous ce que cela représente ? Nous risquons de voir se multiplier les déserts pharmaceutiques dans quelques années ! Les amendements no 5 et identiques ne font que revenir à la législation en vigueur avant 2014 – peut-être modifiée pour de bonnes raisons, je n’étais pas là à l’époque.Ce que la loi fait, la loi peut le défaire. Si la mission que vous avez lancée porte ses fruits courant 2026, nous nous orienterons alors sans doute vers une évolution du modèle et la rémunération de l’acte de dispensation. Nous pourrons apporter des modifications au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 avec une vision d’ensemble et une étude d’impact et la représentation nationale pourra se prononcer. (Mme Delphine Batho applaudit.)Pendant des années, nous avons rejeté des amendements qui favorisaient la substitution par les médicaments biosimilaires. Puis le débat a évolué […]

Eh oui !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #129

En outre, pour accélérer l’adoption des biosimilaires, il aurait été judicieux de dépasser le seuil des 15 % de remises commerciales autorisées. Leur montée en puissance prend du temps – ce fut le cas pour les génériques. On ne peut pas dire aux pharmaciens qu’ils vont bénéficier de remises un peu plus élevées sur les biosimilaires, remises incertaines et lentes à être appliquées, et leur faire perdre des remises sur les génériques !Enfin, madame la ministre, vous évoquez le comité d’alerte et les mesures d’urgence, mais là nous sommes face à un exemple typique de coup de rabot bête et méchant. Des économies sont nécessaires face à des indus ou pour réagir à un phénomène exceptionnel, mais ici ce n’étaient que de mauvaises économies. De même, les actes de kinésithérapie devaient être revalorisés d’un peu plus de 1 euro au 1er juillet 2025, conformément à l’accord signé il y a plus de […]

#132

(L’amendement no 68 rectifié est retiré.)

Les amendements no 61 et 87 sont également retirés.

Plusieurs députés du groupe LFI-NFP #134

Ils sont repris !

Je mets aux voix les amendements identiques nos 61 et 87.

#136

(Il est procédé au scrutin.)

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 206 Nombre de suffrages exprimés 202 Majorité absolue 102 Pour l’adoption 83 Contre 119

#138

(Les amendements identiques nos 61 et 87 ne sont pas adoptés.)

Je mets aux voix l’amendement no 883.

#140

(Il est procédé au scrutin.)

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 209 Nombre de suffrages exprimés 201 Majorité absolue 101 Pour l’adoption 35 Contre 166

#142

(L’amendement no 883 n’est pas adopté.)

Je mets aux voix l’amendement no 884.

#144

(Il est procédé au scrutin.)

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 204 Nombre de suffrages exprimés 200 Majorité absolue 101 Pour l’adoption 32 Contre 168

#146

(L’amendement no 884 n’est pas adopté.)

Je mets aux voix les amendements identiques nos 5, 374, 472, 882, 1164, 1862, 1869 et 2238.

#148

(Il est procédé au scrutin.)

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 206 Nombre de suffrages exprimés 206 Majorité absolue 104 Pour l’adoption 202 Contre 4

#150

(Les amendements identiques nos 5, 374, 472, 882, 1164, 1862, 1869 et 2238 sont adoptés ; en conséquence, les amendements no 144 et identiques ainsi que les amendements nos 470, 25 et 1591 tombent.) (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN, EPR, SOC, DR, EcoS, Dem, HOR, LIOT et UDR. – MM. Yannick Monnet et Pierre-Yves Cadalen applaudissent également.)

Je suis saisie de trois amendements, nos 148, 146 et 566, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à M. Richard Ramos, pour soutenir l’amendement no 148.

article Après_ 11 · amendement 148

Il s’agit simplement d’ouvrir la voie à l’interdiction de l’hexane, un solvant d’origine pétrolière que nous retrouvons dans nos assiettes depuis quarante ans sans le savoir. L’hexane est reconnu comme étant responsable de maladies professionnelles et pourtant il est encore autorisé. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas un additif alimentaire, mais un auxiliaire technologique.C’est un scandale d’État qui dure depuis quarante ans ! Avec mon collègue Julien Gabarron, dans le cadre de notre mission flash sur l’incidence économique de l’utilisation d’hydrocarbures dans la production d’huiles alimentaires et leur mise sur le marché, nous souhaitons ouvrir la voie à une régulation.Nos auditions nous font penser qu’une taxe serait un bon début. Nous sommes encore inaudibles sur le sujet, car nous voulons interdire le produit, mais nous espérons avancer avec le gouvernement afin que les […]

article Après_ 11 · amendement 148

Et tu n’as pas confiance en l’administration ?

Les amendements nos 146 de M. Richard Ramos et 566 de M. Boris Tavernier sont défendus.Quel est l’avis de la commission ?

article Après_ 11 · amendement 148
Thibault Bazin rapporteur général · DR #159

Je n’ai pas votre expertise, monsieur Ramos, je le reconnais. Vous êtes un expert culinaire, moi je suis un épicurien, et je n’ai pas tous les éléments ! (Sourires.) Je vous ferai donc une réponse de rapporteur général. Vous insérez un I bis à l’article L. 138-10 du code de la sécurité sociale relatif à la clause de sauvegarde, qui n’a pas vraiment à voir avec le sujet.

Mais vous êtes pour ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #161

Sur le fond, la commission des affaires économiques a lancé une mission flash dont vous êtes le corapporteur.

Oui, avec M. Gabarron !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #163

Je ne sais pas si vous avez rendu vos conclusions. Je suppose que des recherches ont été menées puisque le 7 janvier dernier, le commissaire européen chargé de la santé a déclaré que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) n’avait relevé aucun problème sanitaire immédiat lié à l’exposition orale à l’hexane. L’Efsa a toutefois jugé nécessaire de réévaluer la sécurité d’utilisation de l’hexane à la lumière de certaines publications récentes. Cette réévaluation est en cours, tout comme votre mission.En l’état, votre amendement ne fonctionne pas. C’est pourquoi je vous invite à le retirer. Je précise qu’il n’a pas été examiné par la commission.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Stéphanie Rist ministre · EPR #166

J’ai découvert le sujet grâce à cet amendement, monsieur Ramos ; je vous en remercie. En mai 2025, la Commission européenne a mandaté l’Efsa, qui a lancé un appel de données sur l’hexane. Le travail est en cours puisque les données seront recueillies jusqu’en décembre. Ce travail est très important : soit l’Efsa conclura que le produit est dangereux et nous en revenons à la discussion qui nous a occupés hier – ce n’est pas une évolution de la fiscalité qu’il faut, mais une interdiction ; soit il ne l’est pas. Dans l’attente des conclusions de l’Efsa et compte tenu du principe de précaution, je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée.

Ah !

La parole est à M. Théo Bernhardt.

Le sujet est important. Votre exposé sommaire vise les industriels qui importent du n-hexane. Mais les laboratoires de recherche utilisent également ce solvant dans le cadre de leurs travaux. Vont-ils subir les conséquences de votre amendement ?

La parole est à M. Jean-François Rousset.

L’hexane représente un vrai problème. Tout part d’une mauvaise publication scientifique dans les années 1930 qui avait prétendu qu’il s’agissait d’un produit stable, donc sans danger. Il est pourtant transformé dans l’organisme et, bien qu’on ne dispose pas encore de preuves avérées, plusieurs études ont montré qu’il contribuait sans doute à déclencher des maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer. Il faut pousser plus loin les investigations et encourager la recherche sur cette substance pour protéger notre santé. Les scientifiques demandent unanimement la réouverture du dossier ; alors n’hésitons pas !

#172

(L’amendement no 148 est adopté ; en conséquence, les amendements nos 146 et 566 tombent.) (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 380 et 938, qui font l’objet d’une demande de scrutin public par le groupe Écologiste et social. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Hendrik Davi, pour soutenir l’amendement no 380.

article Après_ 11 · amendement 380

L’alcool est responsable de plus de 40 000 décès prématurés par an ; il est impliqué dans les cancers du sein, du colon, du rectum, de la bouche, du pharynx, du foie, de l’œsophage et de l’estomac. Des millions de nos concitoyens présentent une dépendance à l’alcool ; des centaines de milliers sont de ce fait hospitalisés chaque année.L’amendement vise à harmoniser la fiscalité sur l’alcool en étendant la cotisation versée à la sécurité sociale à toutes les boissons alcoolisées, alors qu’elle ne frappe actuellement que celles d’une teneur en alcool supérieure à 18 %.

article Après_ 11 · amendement 380

Vous voulez tuer nos agriculteurs ! C’est la police du kif !

La fiscalité actuelle, fondée sur le type de boisson plutôt que sur le volume d’alcool pur, est contraire aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui préconise d’agir sur le prix de l’alcool pour réduire la consommation. En rendant la contribution plus équitable et cohérente, l’amendement permettrait de renforcer la prévention : ceux et celles qui nous écoutent doivent savoir que le problème n’est pas le degré d’alcool de la boisson, mais la quantité totale d’alcool pur – un petit verre de cognac équivaut en ce sens à une chope de bière. La mesure rapporterait également des recettes à la sécurité sociale.

article Après_ 11 · amendement 380

La parole est à Mme Ségolène Amiot, pour soutenir l’amendement no 938.

article Après_ 11 · amendement 938

Nous proposons d’harmoniser et de simplifier la fiscalité sur les alcools en soumettant à la taxation toutes les boissons alcoolisées et pas seulement les alcools dits forts. (Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) L’alcool fait l’objet d’une forme d’hypocrisie… (Les exclamations vont croissant.)

article Après_ 11 · amendement 938

Oh, sérieux, ça va !

Peut-on laisser Mme Amiot présenter l’amendement ?

C’est qu’on cherche à tuer nos agriculteurs !

L’alcool fait l’objet d’une forme d’hypocrisie puisqu’on taxe et surtaxe, pour financer l’assurance maladie, uniquement les alcools forts. Or ces boissons sont servies en petites quantités : le whisky par exemple est servi par 4 centilitres alors que la bière peut l’être par pinte. On ne verra jamais – ou très rarement – une pinte de whisky ! (Les exclamations se poursuivent.) Pourtant 1 gramme d’éthanol reste 1 gramme d’éthanol. Par ailleurs, la taxe sur les alcools ne couvre qu’à 51 % les dépenses de l’assurance maladie dues aux dégâts de l’alcool. Nous proposons donc d’élargir la taxe à tous les types de boisson alcoolisée.

article Après_ 11 · amendement 938

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #185

La fiscalité sur l’alcool…

Chers collègues, on peine à entendre M. le rapporteur général tant il y a de brouhaha. Merci de respecter la parole des orateurs !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #187

Je me permets d’être court car nous avons déjà débattu de la fiscalité sur l’alcool hier. Ces amendements sont mal conçus : ils ne tiennent pas compte de la différence entre 1 hectolitre de boisson et 1 hectolitre d’alcool pur. Je vous invite à les retirer, faute de quoi j’y serai défavorable. La commission les a rejetés.

Très bien !

Quel est l’avis du gouvernement ?

Stéphanie Rist ministre · EPR #190

Même avis.

La parole est à M. Maxime Michelet.

Collègues du NFP – nouveau front de la prohibition ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) C’est bien la prohibition qui se trouve au bout de votre réflexion.

On parle de santé !

Vous voulez faire baisser la consommation alors que les filières concernées subissent déjà une crise des ventes. De plus, comme nous nous échinons à vous l’expliquer depuis hier, les taxes comportementales ne font pas baisser la consommation des personnes atteintes d’addiction. La solution n’est pas de taxer mais d’éduquer. Ce n’est pas l’alcool mais l’excès d’alcool qui tue.

Eh oui !

Comme la taxe n’éduque pas, elle échouera, et c’est l’interdiction que vous demanderez demain.Vos amendements disent cibler les grands industriels, mais c’est méconnaître notre viticulture : les filières en question – cidre, bière et vin – sont fondées sur le maillage d’exploitations familiales. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.) C’est méconnaître aussi l’apport économique du secteur : la filière française du vin représente 10 % du vignoble mondial, 450 000 emplois et 11 milliards d’excédent commercial. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

Je mets aux voix les amendements identiques nos 380 et 938.

#199

(Il est procédé au scrutin.)

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 160 Nombre de suffrages exprimés 157 Majorité absolue 79 Pour l’adoption 37 Contre 120

#201

(Les amendements identiques nos 380 et 938 ne sont pas adoptés.)

Sur l’amendement no 1815, je suis saisie par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Hervé de Lépinau, pour soutenir l’amendement.

article Après_ 11 · amendement 1815

Les taxes ne modifient pas les comportements ; en revanche, elles minent notre agriculture, considérée comme une vache à lait lorsqu’il s’agit de combler le trou de la sécurité sociale – et c’est un euphémisme. Les taxes qui frappent les alcools, notamment fabriqués à partir de fruits, sont déjà élevées – je rappelle qu’elles représentent 72 % du prix d’une bouteille de poire ou de chartreuse ! –, mais elles font de surcroît l’objet d’un mécanisme d’augmentation automatique. Il est temps de marquer une pause dans cette taxation qui emporte une partie du chiffre d’affaires réalisé par les agriculteurs. Notre agriculture en a besoin ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

article Après_ 11 · amendement 1815

Quel est l’avis de la commission ?

Thibault Bazin rapporteur général · DR #205

Je ne suis producteur ni de poire ni de chartreuse…

Dans votre coin, c’est plutôt la mirabelle !

Il y a de la pomme aussi !

Thibault Bazin rapporteur général · DR #208

…mais j’essaierai de vous répondre sur le fond, vous rappelant d’ailleurs les reproches que vous m’aviez faits hier. Avec le présent amendement, vous laissez une marge de manœuvre absolue à l’autorité réglementaire, qui sera libre d’indexer ou non la taxation sur l’inflation comme de fixer l’ampleur de cette éventuelle indexation. Au vu de l’exposé sommaire, je doute que votre intention était d’accorder une confiance aussi aveugle au gouvernement, mais c’est bien ce qui résulte de la rédaction proposée. Comme vous ne précisez ni le taux ni l’assiette, votre amendement nous ferait tomber dans l’incompétence négative et le Conseil constitutionnel pourrait considérer que la disposition n’est pas recevable. C’est au législateur de fixer ces grandeurs.Par ailleurs, même si je comprends votre raisonnement, cela signifierait que pour un niveau d’inflation donné, le prix des boissons […]

Quel est l’avis du gouvernement ?

Stéphanie Rist ministre · EPR #212

Même avis.

La parole est à M. Christophe Bentz.

Merci, monsieur le rapporteur général, pour ces éclaircissements. L’amendement a pour objectif d’exprimer notre soutien de principe à nos arboriculteurs, à nos bouilleurs, à nos viticulteurs, à nos agriculteurs.

Vous faites de la politique sur un amendement !

J’entends néanmoins vos remarques relatives à l’aspect légistique et juridique ; nous retirons l’amendement.

#217

(L’amendement no 1815 est retiré.)

Je suis saisie de quatre amendements, nos 738, 405, 1110 et 1847, pouvant être soumis à une discussion commune et faisant l’objet de plusieurs sous-amendements. Les amendements nos 1110 et 1847 sont identiques. Sur l’amendement no 738, je suis saisie par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Cyrille Isaac-Sibille, pour soutenir l’amendement.

article Après_ 11 · amendement 738

Cette série d’amendements concerne la publicité pour les alcools, notamment les alcools forts, en particulier celle ciblant les jeunes sur les réseaux sociaux. L’association Addictions France montre que 15 % des élèves de quatrième et de troisième ont déjà connu un épisode de binge drinking, ou beuverie express, et que l’alcool est, pour les jeunes, le premier facteur d’hospitalisation et la deuxième cause de mortalité évitable.

article Après_ 11 · amendement 738

Le tabac n’est pas mal aussi !

La police du kif !

Le but de mon amendement est d’interdire la publicité sur les réseaux, dont les industriels, souvent étrangers – rien à voir, donc, avec notre agriculture ! –, se servent pour alcooliser notre jeunesse. Vu les répercussions que cette consommation a sur la santé des jeunes, le nombre d’hospitalisations et de décès, il faut interdire ces publicités.

article Après_ 11 · amendement 738

La parole est à M. Paul-André Colombani, pour soutenir les sous-amendements nos 2654 et 2655, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

article Après_ 11 · amendement 738

Je défendrai l’ensemble de mes sous-amendements aux amendements en discussion commune, tous rédigés dans le même esprit.Je partage l’objectif énoncé par M. Isaac-Sibille : encadrer la promotion de l’alcool déployée par des acteurs disposant de moyens publicitaires importants. Je propose néanmoins, dans mes sous-amendements, de relever le seuil du chiffre d’affaires qui rend les entreprises redevables de la taxe à 40 ou à 50 millions d’euros. Fixer un seuil trop bas pénaliserait les acteurs des territoires que sont les petites brasseries régionales ou les caves coopératives.

article Après_ 11 · amendement 738

Sur amendement no 405, je suis saisie par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Sandrine Rousseau, pour soutenir l’amendement.

article Après_ 11 · amendement 405

Il tend à appliquer une taxe…

article Après_ 11 · amendement 405

Taxes, taxes, taxes… Mme Rousseau adore les taxes !

…de 3 % sur les frais de dépenses publicitaires des producteurs d’alcool dont le chiffre d’affaires dépasse 10 millions d’euros – autant dire que nous ne sommes pas dans une folie de taxation, la mesure étant très limitée.

article Après_ 11 · amendement 405

Mais à force de les accumuler…

Ce seuil exclut les petits producteurs et les artisans du champ de l’amendement : la taxe ne concernerait que les grosses entreprises qui se livrent à une publicité massive pour convaincre les jeunes de consommer leurs boissons alcoolisées, dont elle vante les mérites.Je rappelle qu’un tiers des jeunes ont une consommation d’alcool répondant aux critères du risque et qu’un Français sur trois présente des signes d’addiction. Nous débattons du budget de la sécurité sociale, donc de la gestion des maladies. L’addiction est une maladie ; je vous propose donc de voter cette taxe.

article Après_ 11 · amendement 405

Des taxes, des taxes, des taxes !

Les sous-amendements nos 2664 et 2665 de M. Paul-André Colombani ont été défendus.Sur les amendements no 1110 et identique, je suis saisie par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Sandrine Runel, pour soutenir l’amendement.

article Après_ 11 · amendement 405

L’alcool représente la deuxième cause de cancer évitable dans notre pays, causant chaque année près de 600 000 hospitalisations et 41 000 décès. La publicité pour l’alcool s’est massivement déplacée vers les réseaux sociaux, où elle échappe à tout contrôle réel. Les producteurs utilisent influenceurs et contenus viraux pour séduire une cible toujours plus jeune : 79 % des 15-21 ans déclarent ainsi voir des publicités pour l’alcool chaque semaine. Cette exposition précoce banalise la consommation et ouvre la voie à des comportements à risque dès l’adolescence.Face à cette situation, l’amendement propose de responsabiliser les grands acteurs du secteur en taxant leurs dépenses publicitaires. C’est une mesure de cohérence et de justice : que ceux qui profitent économiquement d’un produit à hauts risques pour la santé contribuent à en réparer les dégâts ! (Applaudissements sur quelques […]

article Après_ 11 · amendement 405

La parole est à Mme Élise Leboucher, pour soutenir l’amendement no 1847.

article Après_ 11 · amendement 1847

Le diagnostic est simple : les recettes des taxations issues de l’alcool couvrent à peine la moitié du coût des soins engendrés par la consommation d’alcool. Nous devons corriger ce problème car l’alcool est la deuxième cause de cancer évitable. Il provoque près de 600 000 séjours hospitaliers et plus de 49 000 morts par an du fait d’accidents de la route et de maladies.La crise sanitaire a fait augmenter la consommation des personnes souffrant déjà d’une addiction. À cela s’ajoute la publicité, encore très mal régulée sur les réseaux sociaux, où les marques touchent les jeunes de 15 à 21 ans. Ce risque sur la santé publique doit nous encourager à faire davantage contribuer les alcooliers aux actions de prévention. C’est à cette fin que nous proposons de taxer les publicités des produits alcooliques.

article Après_ 11 · amendement 1847

Les sous-amendements nos 2666 et 2667 de M. Paul-André Colombani ont été défendus.Quel est l’avis de la commission sur ces amendements et ces sous-amendements en discussion commune ?

article Après_ 11 · amendement 1847
Thibault Bazin rapporteur général · DR #243

La commission ne les a pas tous examinés. En tout cas, aucun n’a été adopté.Monsieur Isaac-Sibille, vous parlez d’interdiction de la publicité pour les mineurs. L’idée est intéressante, d’autant qu’il est interdit de leur vendre de l’alcool, mais une telle mesure n’a pas sa place dans le PLFSS. Le dispositif que vous prévoyez reprend une idée adoptée l’année dernière par le Sénat à l’initiative d’une sénatrice socialiste de La Réunion. J’avais indiqué dans mon rapport, en février, que ce dispositif posait problème et il n’a pas été repris dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025. Non seulement il ne définit pas les boissons alcooliques concernées, mais l’assiette est incompréhensible. Vous risquez donc une annulation ou un contentieux. Et surtout, vous renvoyez les modalités de recouvrement à un décret, exposant la mesure de manière certaine à la censure du Conseil […]

Quel est l’avis du gouvernement ?

Stéphanie Rist ministre · EPR #248

Défavorable. Toutefois, les chiffres relatifs à l’alcoolisation des jeunes nous imposent de renforcer notre action sur ce sujet. L’alcool est interdit aux mineurs et nous devons faire respecter cette interdiction, notamment en utilisant les modes de communication actuels et en passant par les influenceurs. Nous préparons actuellement une campagne à destination des jeunes pour les dissuader de boire de l’alcool et pour qu’il soit désormais mal vu de s’alcooliser, comme il l’est désormais de fumer. Nous devons y arriver !

Ils boiront en cachette !

La parole est à M. Jean-René Cazeneuve.

Vous abordez un sujet important, mais je crains que vous ne méconnaissiez la réalité. La publicité sur l’alcool est interdite de façon générale et elle l’est aussi sur les réseaux sociaux et sur les sites web. Celle qui cible les mineurs est interdite, et heureusement ! Vous inventez donc une taxe qui ne rapportera rien, puisque les acteurs de ce secteur ne font pas de publicité, ou alors de façon extrêmement limitée dans les revues et les salons professionnels. (Mme Sandra Marsaud applaudit.)Derrière la multiplication des taxes, – même si je reconnais que c’est un sujet sérieux – se cache en réalité votre volonté de nuire à la filière viticole. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR. – Mme Justine Gruet applaudit également.) On vous le répète pourtant : cette filière souffre de la déconsommation, des taxes et des aléas climatiques, mais vous en rajoutez en lui mettant la […]

Elle existe, et vous le savez !

La parole est à M. Hadrien Clouet.