Séance du 23 mai 2025 /// n°213 /// 935 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Session ordinaire 2024-2025

Séance du 23 mai 2025 — 213e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Xavier Breton.

935prises de parole
61orateurs
13points à l'ordre du jour
36scrutins

Votes Les scrutins de cette séancetous les scrutins →

ScrutinVoixRésultat
2025 l'article 9 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 38 / 19 adopté
2026 l'amendement n° 588 de Mme Le Peih à l'article 10 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 45 / 65 rejeté
2027 l'amendement n° 2294 de M. Verny à l'article 10 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 7 / 80 rejeté
2028 l'amendement n° 2255 de M. Verny à l'article 10 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 33 / 83 rejeté
2029 l'amendement n° 1855 de M. Allégret-Pilot à l'article 10 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 34 / 76 rejeté
2030 l'amendement n° 2413 de M. Verny à l'article 10 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 35 / 80 rejeté
2031 l'amendement n° 2342 de M. Verny à l'article 10 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 33 / 83 rejeté
2032 l'amendement n° 2330 de M. de Lépinau à l'article 10 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 40 / 86 rejeté
2033 l'amendement n° 2329 de M. de Lépinau à l'article 10 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 41 / 86 rejeté
2034 l'amendement n° 2324 de M. Verny à l'article 10 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 39 / 80 rejeté
2035 l'amendement n° 2438 de M. Verny à l'article 10 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 36 / 83 rejeté
2036 l'amendement n° 1472 de M. Renault à l'article 10 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 36 / 76 rejeté
2037 l'amendement n° 2325 de M. Verny à l'article 10 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 39 / 75 rejeté
2038 l'amendement n° 2321 de M. Verny à l'article 10 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 42 / 86 rejeté
2039 l'amendement n° 1295 de M. Bentz à l'article 10 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 40 / 81 rejeté
2040 l'amendement n° 2406 de M. Bernhardt à l'article 10 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 42 / 81 rejeté
2041 l'amendement n° 2259 de M. Verny à l'article 10 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 36 / 86 rejeté
2042 l'amendement n° 2214 de M. Verny à l'article 10 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 39 / 86 rejeté
2043 l'article 10 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 87 / 48 adopté
2044 l'amendement n° 376 de Mme Runel à l'article 11 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 43 / 46 rejeté
2045 l'amendement n° 1468 de Mme Firmin le Bodo à l'article 11 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 36 / 64 rejeté
2046 l'amendement n° 2140 de M. Verny l'article 11 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 31 / 83 rejeté
2047 l'article 11 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 99 / 15 adopté
2048 l'amendement n° 1885 de M. Allégret-Pilot à l'article 12 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 32 / 77 rejeté
2049 l'amendement n° 1398 de M. Verny à l'article 12 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 36 / 75 rejeté
2050 l'amendement n° 699 de Mme Blin et l'amendement identique suivant à l'article 12 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (premièr… 33 / 78 rejeté
2051 l'amendement n° 1895 de M. Monnet à l'article 12 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 101 / 6 adopté
2052 l'amendement n° 1063 de M. Ménagé à l'article 12 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 37 / 77 rejeté
2053 l'amendement n° 2375 de Mme Leboucher à l'article 12 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 39 / 68 rejeté
2054 l'article 12 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 77 / 14 adopté
2055 l'amendement de suppression n° 68 de M. Hetzel et les amendements identiques suivants à l'article 13 de la proposition de loi relative au droit à l'ai… 26 / 71 rejeté
2056 l'amendement n° 2014 de M. Trébuchet et l'amendement identique suivant à l'article 13 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (pr… 33 / 68 rejeté
2057 l'article 13 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 72 / 17 adopté
2058 l'amendement n° 1495 de M. Verny à l'article 14 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 25 / 72 rejeté
2059 l'amendement n° 1686 de M. Bazin et l'amendement identique suivant à l'article 14 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (premiè… 40 / 76 rejeté
2060 l'amendement n° 2123 de M. Verny à l'article 14 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture). 35 / 79 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 401 à 600 sur 935 — page 3 / 5.

Article 10

Monsieur est trop bon !

Il ne faut pas faire d’amalgame entre une personne qui se suicide et quelqu’un qui va mourir,…

Nous allons tous mourir !

…qui éprouve des souffrances atroces et demande l’aide à mourir. Il a le droit de choisir les personnes qui l’accompagneront dans ses ultimes moments, et s’il ne veut pas que ce soient sa famille ou des proches, vous devez respecter cela ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe SOC.)

Ça n’a rien à voir avec l’amendement !

La parole est à M. Stéphane Delautrette, rapporteur.

Stéphane Delautrette rapporteur · SOC #525

Je vais tâcher d’apaiser ce débat en rappelant deux principes : le respect de la volonté de la personne – c’est à elle seule qu’il appartient de communiquer ou non la décision qu’elle a prise pour elle-même ; le secret médical – aucun de nous ici voudrait prendre une disposition qui entraîne sa violation.Vous prétendez que nous voulons isoler les personnes, alors que notre démarche est inverse. À l’alinéa 5 de l’article 7, il est bien précisé que la personne « peut être entourée par les personnes de son choix pendant l’administration de la substance létale. » Cela suppose qu’elle a informé de sa décision ces personnes, dont elle considère qu’elles sont proches, même si elle n’a pas de lien de sang avec elles, et dont on peut penser qu’elles seront tout autant affectées par ce décès.Ne laissez pas entendre que nous voulons que la personne soit isolée, sans lien avec son entourage. Ce que […]

Xavier Breton president · DR #528

Je mets aux voix l’amendement no 2259.

#529

(Il est procédé au scrutin.)

Xavier Breton president · DR #530

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 132 Nombre de suffrages exprimés 122 Majorité absolue 62 Pour l’adoption 36 Contre 86

#531

(L’amendement no 2259 n’est pas adopté.)

Xavier Breton president · DR #532

La parole est à M. Gérault Verny, pour soutenir l’amendement no 2214.

article 10 · amendement 2214

Je suis étonné que vous ayez autant de mal à lire mes amendements – et pourtant, M. Clouet n’est pas là ! Le no 2259 complétait ainsi l’alinéa : « Un membre de la famille proche est systématiquement informé de la relance, sauf opposition écrite de la personne » : c’est écrit en français.

article 10 · amendement 2214

On a compris !

Les proches doivent être associés dans toutes les étapes de ce drame, au moment où la procédure est relancée ou, comme le prévoit le présent amendement, au moment où il est décidé d’interrompre la procédure. Les enjeux ne sont pas les mêmes, mais la nécessité d’informer reste aussi forte.Lorsqu’un médecin décide de mettre fin à la procédure d’aide à mourir, cette décision ne peut rester confidentielle, au risque de créer des malentendus. Et ne me faites pas le procès de vouloir passer outre la volonté du patient : il ne s’agit ici que de notifier la décision à la famille, pas de la consulter ou de l’associer à cette décision. Imaginez la situation : la famille croit que la procédure est en cours, elle attend et se prépare, puis découvre que tout s’est arrêté sans qu’on l’ait simplement prévenue – c’est insoutenable. Je ne pense pas que la charge d’informer doive revenir au patient – […]

article 10 · amendement 2214

Selon sa volonté !

Quel est l’avis de la commission ?

Stéphane Delautrette rapporteur · SOC #539

Avis défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #541

Avis défavorable.

La parole est à M. Patrick Hetzel.

Madame la ministre, vous disiez fort pertinemment que toutes les familles ne sont pas des havres de paix.

Et leurs membres ne sont pas toujours d’accord entre eux !

Hélas !, c’est vrai. Dès lors, pourquoi nous a-t-on refusé tous les amendements qui visaient à prévenir les abus de faiblesse ? Il y a là une contradiction majeure. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Exactement !

Il peut y avoir conflit sans qu’il y ait pour autant abus de faiblesse !

La parole est à Mme Nicole Dubré-Chirat.

Moi non plus, je ne sais pas dans quelle langue il faut le dire : nous partons de la demande du patient ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.) Nous sommes dans le cadre d’une maladie incurable, dans un processus tout au long duquel les patients, traités et suivis, dialoguent avec leur famille, leur conjoint, leur entourage – avec les personnes de leur choix.

Oui, ils choisissent !

Ce sont les patients qui choisissent avec qui et à propos de quoi ils veulent communiquer. Il ne s’agit donc pas de faire, du jour au lendemain, une notification écrite ou orale. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.)

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #552

Exactement !

Xavier Breton president · DR #553

Je mets aux voix l’amendement no 2214.

#554

(Il est procédé au scrutin.)

Xavier Breton president · DR #555

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 135 Nombre de suffrages exprimés 125 Majorité absolue 63 Pour l’adoption 39 Contre 86

#556

(L’amendement no 2214 n’est pas adopté.)

Xavier Breton president · DR #557

Je mets aux voix l’article 10.

#558

(Il est procédé au scrutin.)

Xavier Breton president · DR #559

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 135 Nombre de suffrages exprimés 135 Majorité absolue 68 Pour l’adoption 87 Contre 48

#560

(L’article 10 est adopté.)

Après l’article 10

Xavier Breton president · DR #562

Je suis saisi de trois amendements identiques, nos 246, 635 et 2571 portant article additionnel après l’article 10.Les amendements nos 246 de Mme Josiane Corneloup et 635 de Mme Anne-Laure Blin sont défendus.La parole est à M. Philippe Juvin, pour soutenir l’amendement no 2571.

article Après_ 10

Une personne peut-elle donner ses organes quand elle a recours à la mort assistée ? Oui, rien ne l’empêche dans la loi. Il est intéressant de noter qu’au Québec, d’après les chiffres publiés par le Canadian Journal of Medicine, la part des prélèvements effectués sur les personnes décédées par euthanasie est passée de 5 % en 2018 à 14 % en 2022. L’euthanasie est donc devenue un mode très banal pour donner ses organes. Cela relève de la liberté de chacun, me dira-t-on, néanmoins les Québécois posent une question à laquelle je ne sais pas répondre et que je vous soumets. La décision de donner ses organes peut avoir un impact positif sur le patient en fin de vie. Comment donc s’assurer de l’indépendance entre le don d’organes et la décision de se faire euthanasier ? Autrement dit, la possibilité de donner ses organes crée-t-elle une incitation à recourir à l’aide à mourir ? Cette question […]

article Après_ 10

N’importe quoi ! Comment un médecin peut-il dire une chose pareille ?

Quel est l’avis de la commission sur les trois amendements identiques ?

Olivier Falorni rapporteur général · Dem #567

Avis défavorable, pour deux raisons. D’abord, quand une personne aura obtenu le droit de recourir à l’aide à mourir, c’est qu’on aura considéré, dans le cadre d’une procédure collégiale, qu’elle était bien atteinte d’une affection grave et incurable, en phase avancée ou terminale engageant le pronostic vital, et qu’elle présentait une souffrance physique ou psychologique réfractaire ou insupportable.Ensuite, toute personne est présumée donneuse d’organes, sauf si elle a exprimé la volonté contraire – je me permets de le rappeler. L’interdiction, générale, de donner ses organes pour une personne ayant recours à l’aide à mourir serait donc attentatoire au principe d’égalité, dès lors que l’interdiction ne serait pas motivée par la situation médicale particulière de la personne.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #570

Monsieur Juvin, je vous serais reconnaissante de bien vouloir communiquer les sources sur lesquelles vous vous appuyez.

Il ne peut pas car c’est du pipeau !

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #572

J’ai demandé à mes collaborateurs et, en observant les données concernant les dons d’organes au Canada, je ne vois pas ce qui pourrait donner lieu à une telle préoccupation. Je constate simplement qu’il y a eu 11 % de donneurs d’organe vivants supplémentaires en 2019 par rapport à l’année précédente. Il y avait alors 822 donneurs d’organe décédés et 614 donneurs d’organe vivants – des chiffres pas si élevés.

La parole est à M. Yannick Monnet.

Monsieur Juvin, je trouve très intéressant de se demander si le lien entre don d’organe et dispositif d’aide à mourir peut donner lieu à des dérives et la réponse du rapporteur général est éclairante. Je ne suis pas médecin, mais il me semble qu’il faut que le délai entre la mort et le prélèvement soit court.

Absolument !

La date de la mort, dans la procédure de l’aide à mourir, étant connue à l’avance, le prélèvement d’organe en est sans doute facilité.

Oui !

En soi, ce n’est pas immoral. C’est sans doute ce qui explique que la part des dons d’organe dans ce cadre soit plus élevée.

La parole est à M. Philippe Juvin.

Il ne s’agit pas d’un phénomène anodin, dès lors que 14 % des donneurs d’organe sont des personnes qui ont reçu une aide à mourir.

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #581

Quelles sont vos sources ?

Je ne dis pas qu’il faut interdire le don d’organe.

C’est pourtant l’objet de l’amendement !

Il me semble qu’on pourrait réfléchir à la possibilité que le don d’organe soit une incitation pour une personne qui demande l’aide à mourir et va jusqu’au bout de la démarche – quand toutes les conditions sont remplies, évidemment.Monsieur Monnet, il est vrai que le prélèvement est simplifié quand la date de la mort est connue par avance.Comment cela se passe-t-il aujourd’hui, dans le cadre d’une limitation ou d’un arrêt de soins ? On attend que le cœur du patient s’arrête, puis on le réanime pour procéder au prélèvement. Cela paraît incroyable, mais c’est la pratique. Je ne dis pas que c’est scandaleux ou qu’il ne faut pas le faire, je dis qu’il y a un impensé. Je suis étonné que nous n’ayons pas réfléchi aux conséquences éthiques d’un tel geste. Nous n’avons pas eu cette discussion, c’est dommage.

#587

(Les amendements identiques nos 246, 635 et 2571 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts

Article 11

La parole est à M. Patrick Hetzel.

Le texte confie au pouvoir réglementaire le soin de déterminer des éléments fondamentaux. Il faut toujours s’interroger lorsque la loi renvoie à un décret, et ce quand bien même certains domaines relèvent du réglementaire.Pour que la loi apporte certaines garanties, il est nécessaire de disposer d’une demande écrite, datée et signée de la main du patient chaque fois que cela est possible et, en cas d’impossibilité, de s’assurer de la manière dont le consentement a été donné. Le décret doit prendre en considération la question des personnes bénéficiaires d’une mesure de protection juridique – tutelle, curatelle ou sauvegarde de justice –, l’évaluation obligatoire par un collège de trois professionnels de santé, la réitération formelle de la demande. Il s’agit de déterminer le suivi de la procédure ex ante comme ex post, nous devrons donc être très vigilants.

Xavier Breton president · DR #592

Les amendements nos 2390 de Mme Hanane Mansouri et 453 de M. Charles de Courson sont défendus.

#593

(Les amendements nos 2390 et 453, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

Xavier Breton president · DR #594

La parole est à Mme Agnès Firmin Le Bodo, pour soutenir l’amendement no 1467.

article 11 · amendement 1467

En commission, nous avions travaillé sur la traçabilité des actes liés à l’aide à mourir. La formulation retenue était celle d’un enregistrement « au fur et à mesure ». Nous proposons de la remplacer par l’expression « à chacune des étapes de la procédure » afin de renforcer l’exigence, qui est la nôtre et qui sera celle des professionnels de santé, que tous les actes liés à l’aide à mourir soient enregistrés avec précision, à chaque stade.

article 11 · amendement 1467
Xavier Breton president · DR #596

La parole est à M. le rapporteur, pour soutenir le sous-amendement no 2729 à l’amendement no 1467.

article 11 · amendement 1467
Stéphane Delautrette rapporteur · SOC #597

Je propose de garantir que l’enregistrement des actes dans le système d’information intervienne « sans délai ». Nous nous assurerons ainsi de la traçabilité de la procédure, un objectif recherché par tous ceux qui ont contribué à cette nouvelle rédaction.

article 11 · amendement 1467

Quel est l’avis du gouvernement sur l’amendement et sur le sous-amendement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #599

Sagesse.

#600

(Le sous-amendement no 2729 est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
#601

(L’amendement no 1467, sous-amendé, est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #602

L’amendement no 376 de Mme Sandrine Runel est défendu.Quel est l’avis de la commission ?

article 11 · amendement 1467
Stéphane Delautrette rapporteur · SOC #604

Avis défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #606

Même avis.

#607

(Le vote à mains levées n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Xavier Breton president · DR #608

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 96 Nombre de suffrages exprimés 89 Majorité absolue 45 Pour l’adoption 43 Contre 46

#609

(L’amendement no 376 n’est pas adopté.)

Xavier Breton president · DR #610

La parole est à M. le rapporteur, pour soutenir l’amendement no 2120.

article 11 · amendement 2120
Stéphane Delautrette rapporteur · SOC #611

Je propose d’apporter des modifications rédactionnelles à une disposition introduite lors de l’examen en commission. Il s’agit de préciser la finalité du codage de ces actes afin de garantir leur identification, leur remontée et leur traçabilité.

article 11 · amendement 2120
#612

(L’amendement no 2120, accepté par le gouvernement, est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #613

Sur l’amendement no 1468, je suis saisi par le groupe Horizons & indépendants d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Xavier Breton president · DR #614

L’amendement no 1380 de M. Nicolas Sansu est retiré.

article 11 · amendement 2120
#615

(L’amendement no 1380 est retiré.)

Xavier Breton president · DR #616

Je suis saisi de deux amendements, nos 1468 et 2527, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à Mme Agnès Firmin Le Bodo, pour soutenir l’amendement no 1468.

article 11 · amendement 1468

Nous avons beaucoup travaillé sur les finalités de la consultation des données enregistrées dans le système d’information. Je propose que nous ajoutions cinq alinéas pour encadrer les conditions d’accès à ces données.

article 11 · amendement 1468
Xavier Breton president · DR #618

L’amendement no 2527 de M. Philippe Juvin est défendu.Quel est l’avis de la commission sur les deux amendements ?

article 11 · amendement 1468
Olivier Falorni rapporteur général · Dem #620

Avis défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #622

Ils sont satisfaits ; avis défavorable.

Xavier Breton president · DR #623

Je mets aux voix l’amendement no 1468.

#624

(Il est procédé au scrutin.)

Xavier Breton president · DR #625

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 102 Nombre de suffrages exprimés 100 Majorité absolue 51 Pour l’adoption 36 Contre 64

#626

(L’amendement no 1468 n’est pas adopté.)

#627

(L’amendement no 2527 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #628

La parole est à M. Alexandre Allegret-Pilot, pour soutenir l’amendement no 1860.

article 11 · amendement 1860

Quand toutes les garanties – notamment d’ordre procédural – que nous essayons de poser sont rejetées, je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a un loup ; quand chacune de nos tentatives de faire intervenir le juge est repoussée, je vois une meute ! (« Ah ! » sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)L’idée, avec cet amendement, est d’imposer, ou de permettre, au juge de contrôler les données en précisant qu’il a un accès continu au système d’information. C’est un minimum. La saisine du juge n’est prévue qu’en cas de doute « sérieux » ; il pourra accéder aux données pour se faire son opinion. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR.)

article 11 · amendement 1860
#631

(L’amendement no 1860, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #632

Sur l’article 11, je suis par le groupe Ensemble pour la République d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Stéphane Delautrette, rapporteur, rapporteur, pour soutenir l’amendement no 871.

Stéphane Delautrette rapporteur · SOC #634

Il fait suite à notre débat en commission et tend à consacrer le droit de la personne qui souhaite recourir à l’aide à mourir de demander la communication des actes la concernant, enregistrés dans le système d’information.

article 11 · amendement 1860

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #636

Je partage votre souci de transparence à l’égard de la personne. Il semble opportun de prévoir que ce droit s’exerce auprès de la commission pour l’ensemble des actes et non auprès de chaque professionnel susceptible d’être concerné.Néanmoins, une limite à ce droit d’accès doit être prévue en ce qui concerne l’ordonnance de prescription de la substance létale. Compte tenu de la nature de cette substance, l’ordonnance doit rester dans un circuit sécurisé. Seuls les professionnels de santé impliqués dans la procédure doivent pouvoir accéder à cette donnée, à l’exclusion de la personne concernée. Cette sécurité n’étant pas assurée, l’avis est défavorable.

#638

(L’amendement no 871 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #639

L’amendement no 454 de M. Paul-André Colombani est défendu.

article 11 · amendement 1860
#640

(L’amendement no 454, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #641

Sur l’amendement no 2140, je suis saisi par le groupe UDR d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.L’amendement no 2562 de M. Philippe Juvin est défendu.

#643

(L’amendement no 2562, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #644

L’amendement no 2140 de M. Gérault Verny est défendu.Je mets aux voix l’amendement no 2140, qui a reçu un double avis défavorable de la commission et du gouvernement.

article 11 · amendement 1860
#646

(Il est procédé au scrutin.)

Xavier Breton president · DR #647

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 116 Nombre de suffrages exprimés 114 Majorité absolue 58 Pour l’adoption 31 Contre 83

#648

(L’amendement no 2140 n’est pas adopté.)

Xavier Breton president · DR #649

Je mets aux voix l’article 11.

#650

(Il est procédé au scrutin.)

Xavier Breton president · DR #651

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 116 Nombre de suffrages exprimés 114 Majorité absolue 58 Pour l’adoption 99 Contre 15

#652

(L’article 11, amendé, est adopté.)

Suspension et reprise de la séance

Xavier Breton president · DR #654

La séance est suspendue.

#655

(La séance, suspendue à dix-sept heures dix, est reprise à dix-sept heures vingt-cinq.)

Xavier Breton president · DR #656

La séance est reprise.

Article 12

La parole est à Mme Anne Sicard.

L’article 12 porte sur le droit au recours contre une décision d’euthanasie – ou plutôt, devrais-je dire, sur l’absence de droit au recours, et ce en violation de tous les principes élémentaires de notre droit.En effet, il est indiqué que la décision du médecin se prononçant sur une demande d’euthanasie ou de suicide assisté ne pourra être contestée que par le patient qui a formé cette demande.Autrement dit, toute personne qui justifierait d’un intérêt à agir – un proche ou un membre de la famille – et qui aurait connaissance d’un fait susceptible d’altérer le discernement du patient serait dans l’impossibilité de contester la décision du médecin et donc d’empêcher l’euthanasie ou le suicide assisté.Cet article crée un droit au recours à deux vitesses puisque seules les décisions de refus d’une euthanasie sont susceptibles de faire l’objet d’un recours. On affirme donc implicitement […]

La parole est à M. Thibault Bazin.

L’article 12 prévoit que « la décision du médecin se prononçant sur la demande d’aide à mourir ainsi que la décision de mettre fin à la procédure […] ne peuvent être contestées que par la personne ayant formé cette demande […]».Si le médecin répond favorablement à la demande, il n’y aura pas de recours puisque la seule personne autorisée à former un recours sera décédée. Vous avez envisagé que le patient puisse exercer un recours contre une décision de refus – ce qui est légitime.Pour ma part, en commission – et, déjà, l’an dernier –, je vous ai mis en garde contre les contestations dues à une acceptation. En 2024, le Conseil d’État a expliqué que les garanties n’étaient pas suffisantes en la matière, notamment pour les personnes protégées. Il faut que celles et ceux qui sont chargés de cette protection puissent former un recours. À cet égard, l’amendement no 1895 de notre collègue […]

Dans ce cas, il ne faut pas supprimer l’article ! (Sourires.)

Je ne fais que m’exprimer sur l’article !Il prévoit que la décision du médecin peut être contestée par la personne chargée de la mesure de protection. Mais que se passe-t-il ensuite ? La saisine du juge met-elle fin à la procédure ? Vous avez refusé de le prévoir. Je pense que c’est hautement contradictoire.Je considère que le médecin n’est pas infaillible. Il est d’autant plus important de prendre ce fait en considération qu’il n’y aura pas de témoin de la demande initiale ni de trace écrite des avis des autres médecins et personnes qui seront intervenus.La procédure est fort légère, alors que l’acte envisagé est très grave et, surtout, irréversible. Cela peut aussi créer, dans les relations sociales, du tumulte, du trouble, des traumatismes. Il faut ouvrir des possibilités de recours, comme il peut en exister dans le cadre de la procédure de sédation profonde et continue jusqu’au […]

Xavier Breton president · DR #674

Nous en venons à l’examen des amendements. Je suis saisi de quatre amendements identiques, nos 66, 1346, 1680 et 2395, tendant à supprimer l’article. La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 66.

article 12 · amendement 66

On nous parle bien de recours à l’article 12, mais on peut avoir des doutes sur leur effectivité. En réalité, le seul recours que peut former le patient, c’est contre la décision du médecin de ne pas le déclarer éligible à l’aide active à mourir. Il n’y a pas d’autre recours possible, ce qui est particulièrement troublant.Accorder le droit au recours au seul mourant contrevient à l’article 13 de la Convention européenne des droits de l’homme. Selon la Cour européenne des droits de l’homme, « un recours doit être capable de porter directement remède à la situation critiquée ». En outre, « des exigences trop restrictives peuvent rendre le recours ineffectif ». On peut considérer que l’article 12, tel qu’il est rédigé, rend le recours très largement ineffectif : une fois que la personne sera décédée, sa capacité de former un recours sera caduque. C’est tout de même très troublant !

article 12 · amendement 66
Xavier Breton president · DR #677

La parole est à M. Charles Sitzenstuhl, pour soutenir l’amendement no 1346.

article 12 · amendement 1346

Voilà ce qui figure à la page 67 du rapport : « Cet article […] définit les modalités suivant lesquelles un recours juridictionnel peut être formé à l’encontre de la décision du médecin relative à une demande d’aide à mourir. Il prévoit […] qu’elles ne pourront être contestées que par la personne qui a formulé la demande d’aide à mourir. Cette disposition ferme [donc] la capacité à agir des tiers. » C’est très clair.Cela étant entendu, on peut se poser des questions sur l’effectivité de l’article, puisqu’il sera quasiment impossible de former un recours. Partant de là, monsieur le rapporteur général, madame la ministre, il convient de se demander si l’article est conforme aux engagements européens de la France.Je veux mentionner également, à l’appui de cette réflexion, l’arrêt Mortier contre Belgique, rendu par la Cour européenne des droits de l’homme. Au-delà des conclusions de l’arrêt […]

article 12 · amendement 1346
Xavier Breton president · DR #681

La parole est à M. Thibault Bazin, pour soutenir l’amendement no 1680.

article 12 · amendement 1680

En l’état du texte, la personne chargée d’une mesure de protection ne peut pas former de recours. J’espère que nous remédierons au moins à cette difficulté, mais je regrette vivement que nous n’ayons pas prévu la suite et les cas où, le juge ayant répondu « Non, surtout pas ! », il serait mis fin à la procédure.Mais il y a une question plus large : un tiers, qu’il soit parent ou professionnel de santé intervenant auprès de la personne, ne peut pas former recours contre la décision du médecin, quand bien même ce serait dans des délais raccourcis. Pourquoi fermer toute possibilité de recours ? Quel est, finalement, l’intérêt de cet article ? On s’aperçoit que le texte ne prévoit pas la présence d’un témoin lors de la formulation de la demande, que le médecin qui la recueille peut aussi être celui qui accomplira l’acte, sans avoir bien vérifié tous les éléments. Je me demande moi aussi si […]

article 12 · amendement 1680
Xavier Breton president · DR #686

L’amendement no 2395 de Mme Hanane Mansouri est défendu.Quel est l’avis de la commission ?

article 12 · amendement 1680
Olivier Falorni rapporteur général · Dem #688

L’article 12 prévoit que la décision sur la demande et que la décision de mettre fin à la procédure ne peuvent être contestées, devant la juridiction administrative, que par la personne ayant formé la demande.Il n’est pas opportun – c’est le moins qu’on puisse dire – de permettre à des tiers d’introduire un recours contre une décision qui répond à l’expression, libre et éclairée, de la volonté d’une personne. Il y va du respect de son autonomie, la décision étant de surcroît prise à la lumière de sa situation médicale.Il convient de noter que, dans les cas de limitation ou d’arrêt des soins ou de mise en œuvre d’une sédation profonde et continue, il n’est pas requis que le patient manifeste sa volonté libre et éclairée. Cela justifie que des tiers puissent former un recours contre la décision.Par ailleurs, les dispositions de l’article ne font pas obstacle à la saisine du juge pénal par […]

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #698

Même avis. L’équilibre de ce dispositif repose sur plusieurs considérations. D’abord, le recours contre la décision sur la demande n’est ouvert qu’au demandeur, puisque, si elle est négative, elle affecte son droit d’accéder à l’aide à mourir. Ensuite, la demande de l’aide à mourir étant personnelle et couverte par le secret médical, les proches du demandeur n’ont pas vocation à être informés de la procédure si la personne s’y oppose.Par l’arrêt Mortier, la Cour européenne des droits de l’homme a jugé que l’absence d’information des proches quant à la décision prise par une personne de bénéficier de l’euthanasie ne portait pas atteinte à leur droit au respect de la vie privée et qu’elle s’imposait en vertu du secret médical.L’impossibilité de former recours pour les tiers répond au souhait du gouvernement de sécuriser et de ne pas retarder les procédures d’aide à mourir. Il s’agit aussi […]

La parole est à M. Nicolas Turquois.

Chers collègues qui avez déposé des amendements de suppression, votre démarche dessert votre projet. Si on suit votre raisonnement, le recours devrait pouvoir être formé par un tiers. Mais alors, un tiers pourra contester le refus du médecin d’accorder l’accès à l’aide à mourir et ester en justice pour que le demandeur, quand bien même il n’aurait pas formé recours, puisse en bénéficier ! Il y a quelque chose qui ne va pas… Seul le demandeur doit avoir la possibilité de former recours. Autrement, il pourrait y avoir abus dans les deux sens.

La parole est à M. Thibault Bazin.

Il me semblait avoir été clair en expliquant que c’est justement en cas de décision favorable à la demande que cette disposition pose souci, puisqu’il n’y aura pas recours si la seule personne autorisée à le former est décédée. L’amendement de notre collègue Yannick Monnet est le bienvenu puisqu’en cas de doute ou de conflit, le juge des tutelles pourra être saisi. Je rappelle cependant que cette saisine ne sera pas automatique, qu’il s’agit d’une simple faculté.Il faut examiner cette question du recours à l’aune de toutes les autres dispositions : procédure express pouvant être expédiée en quatre jours – deux jours plus deux jours ; pas de contrôle a priori de la commission de contrôle et d’évaluation, dont on se demande quelles sont les prérogatives ; pas de saisine, en l’état du texte, par la personne chargée de la mesure de protection.Madame la ministre, j’ai évoqué les points 29 à […]

La parole est à M. Charles Sitzenstuhl.

Madame la ministre, monsieur le rapporteur général, je partage votre lecture de l’arrêt Mortier – j’ai lu des articles de doctrine et les communiqués de presse de la Cour européenne des droits de l’homme, plutôt bien faits. Madame la ministre, confirmez-vous que si le recours d’un tiers ne sera pas possible devant l’ordre administratif, il restera possible devant l’ordre judiciaire, c’est-à-dire au civil ou au pénal ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #714

Oui.

Très bien, c’était la clarification que je demandais.

La parole est à Mme Sandrine Runel.

L’article 12 est essentiel puisqu’il permet à la personne concernée d’exercer un recours. Je ne vois pas pourquoi vous voulez le supprimer, d’autant qu’il protège le professionnel de santé d’éventuels recours de tiers, dont les motivations seraient très subjectives. Pour garantir que l’aide à mourir se déroule de manière apaisée et dans le respect de la volonté de la personne malade, la procédure doit être avant tout individuelle et ne pas être judiciarisée à l’excès.Par ailleurs, la compétence octroyée au juge administratif donne beaucoup plus de latitude aux parties. Le groupe socialiste votera contre ces amendements de suppression.

#719

(Les amendements identiques nos 66, 1346, 1680 et 2395 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Xavier Breton president · DR #720

Je suis saisi de deux amendements, nos 2041 et 2615, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à M. Cyrille Isaac-Sibille, pour soutenir l’amendement no 2041.

article 12 · amendement 2041

Même si c’est quelque peu répétitif, je propose de préciser que c’est l’avis du médecin qui peut faire l’objet d’un recours. Le patient prend une décision, le médecin rend un avis.

article 12 · amendement 2041
Xavier Breton president · DR #722

L’amendement no 2615 de M. Philippe Juvin est défendu.

article 12 · amendement 2041
#723

(Les amendements nos 2041 et 2615, repoussés par la commission et le gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Xavier Breton president · DR #724

L’amendement no 1827 de Mme Nathalie Colin-Oesterlé est défendu.

article 12 · amendement 2041
#725

(L’amendement no 1827, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #726

La parole est à M. Alexandre Allegret-Pilot, pour soutenir l’amendement no 1885.

article 12 · amendement 1885

Si je comprends bien, il y a à ce stade plusieurs voies de recours possibles. Le recours devant le juge administratif devra être introduit par la personne demandeuse de l’euthanasie ou du suicide assisté. Mais c’est occulter l’état de faiblesse manifeste du demandeur – au point d’avoir entamé la procédure prévue – qui, à mon avis, sera bien en peine d’engager un tel recours. Je pense donc qu’on peut écarter cette hypothèse.Cela n’empêche pas de prévoir un filet de sécurité, absent du texte. On pourrait prévoir le recours par un tiers au titre, par exemple, de la procédure du référé-liberté, mais il faudrait une atteinte manifestement illégale à une liberté pour pouvoir l’activer. Et faute d’accès au dossier, il serait quasiment impossible d’en apporter la preuve. Quant à invoquer l’intérêt à agir, cela ne semble pas fonctionner non plus. La saisine du juge serait possible en cas de […]

article 12 · amendement 1885

Très bien !

Xavier Breton president · DR #732

Sur l’amendement no 1885, je suis saisi par le groupe UDR d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Quel est l’avis de la commission ?

Stéphane Delautrette rapporteur · SOC #734

Les raisons invoquées pour autoriser un tiers à former un recours ne nous semblent pas justifiées. Il y va du respect de l’autonomie de la personne. Mais si je lis bien votre amendement, monsieur Allegret-Pilot, il s’agit d’autoriser « toute » personne à former un recours, même sans lien avec le patient. Il est tout de même assez surprenant d’imaginer que n’importe qui, opposé à l’aide à mourir, pourrait engager un recours après avoir ouï dire que telle personne a demandé à bénéficier du dispositif !

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #736

Vous souhaitez ouvrir à des tiers le recours juridictionnel contre un avis favorable, ce recours étant conditionné à la détention d’informations sur la volonté de la personne souhaitant bénéficier de l’aide à mourir ou sur l’existence d’alternatives palliatives satisfaisantes. C’est une démarche finalement contraire à l’objet de l’article 12. En effet, la décision n’affectera que la situation de la personne, ne fera grief qu’à elle. Pour contester une décision favorable, la personne pourra se rétracter et ce, à tout moment de la procédure – étant entendu qu’elle devra tout du long être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée.

La parole est à M. Alexandre Allegret-Pilot.

Vous ne me répondez pas sur le sujet, pourtant très simple, des manquements procéduraux. Alors que le demandeur sera dans une situation d’extrême détresse, tout un chacun devrait pouvoir former un recours sur ce motif.

Xavier Breton president · DR #739

Je mets aux voix l’amendement no 1885.

#740

(Il est procédé au scrutin.)

Xavier Breton president · DR #741

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 114 Nombre de suffrages exprimés 109 Majorité absolue 55 Pour l’adoption 32 Contre 77

#742

(L’amendement no 1885 n’est pas adopté.)

Xavier Breton president · DR #743

La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 67.

article 12 · amendement 67

Le Conseil d’État considère, dans le point 35 de son avis, qu’il peut y avoir des exceptions à la règle de droit commun en matière de recours « eu égard au caractère éminemment intime de la demande d’accès à l’aide à mourir ». Mais, s’agissant des décisions favorables à la demande, il précise clairement que les dispositions du projet de loi ne font pas obstacle à ce qu’une personne intéressée puisse saisir le procureur d’une plainte.À plusieurs reprises, sur des articles précédents, nous avons insisté sur la nécessité d’inscrire les modalités qui permettront au procureur de procéder à l’interruption ou à la suspension de l’application de la décision. Or on ne retrouve pas les modalités opérationnelles que propose le Conseil d’État dans le texte. Chaque fois que nous avons défendu des amendements en ce sens – l’un d’entre eux, par exemple, prévoyait que la saisine avait un caractère […]

article 12 · amendement 67

Quel est l’avis de la commission ?

Stéphane Delautrette rapporteur · SOC #748

Monsieur Hetzel, vous pouvez ne pas être d’accord, mais le rapporteur général a développé les arguments en réponse aux amendements de suppression. Vous faites référence au Conseil d’État. Je répète qu’il a considéré que les mesures de recours étaient satisfaisantes et qu’il a seulement soulevé la question des personnes sous protection, sujet de l’amendement no 1895 de M. Monnet.

#749

(L’amendement no 67, repoussé par le gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Xavier Breton president · DR #750

Je suis saisi de six amendements, nos 233, 617, 1681, 1927, 505 et 547, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 505 et 547 sont identiques.Les amendements nos 233 de Mme Marie-France Lorho, 617 de Mme Sandrine Dogor-Such et 1681 de M. Thibault Bazin sont défendus.La parole est à M. Cyrille Isaac-Sibille, pour soutenir l’amendement no 1927.

article 12

Je vais lancer un débat que nous n’avons jamais eu, en proposant de renommer l’aide à mourir « droit à mourir ». La proposition de loi a bien pour objet de créer un droit à mourir, entorse encadrée, voire droit contradictoire au tout premier des droits, le droit à la vie – consacré par la Déclaration universelle des droits de l’homme et par la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.Pour aider à mourir, encore faut-il avoir le droit de mourir. Cela résume, au fond, les débats que nous avons eus cette semaine : qu’on puisse ou non bénéficier de manière exceptionnelle d’une aide à mourir, le droit de disposer de son corps va-t-il jusqu’au droit à mourir, qui n’existe pas dans notre législation ?

article 12

C’est très bien !

Xavier Breton president · DR #756

La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 505.

article 12 · amendement 505

Nous proposons que la rédaction de l’article comporte l’expression « aide active à mourir ».

article 12 · amendement 505
Xavier Breton president · DR #758

L’amendement no 547 de Mme Annie Vidal est défendu.Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?

article 12 · amendement 505
Stéphane Delautrette rapporteur · SOC #760

Pour la cinquantième fois : défavorable.

Quel est l’avis du gouvernement ?

Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #762

Même avis !

#763

(Les amendements nos 233, 617, 1681 et 1927, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
#764

(Les amendements identiques nos 505 et 547 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Xavier Breton president · DR #765

Sur l’amendement n° 1398 et sur les amendements identiques nos 699 et 1813, je suis saisi par le groupe UDR de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Je suis saisi de plusieurs amendements, nos 1398, 699, 1813, 1684, 1682 rectifié, 1683 rectifié, 2316, 1685, 589, 1381, 499, 2138 et 2564, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 699 et 1813, ainsi que les amendements nos 589 et 1381, sont identiques.L’amendement no 1398 de M. Gérault Verny est défendu.La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 699.

Nous proposons qu’outre le patient, sa personne de confiance, son conjoint, ses parents solidairement ou ses enfants solidairement puissent contester la décision du médecin. Nous devons en débattre : la demande de bénéficier de l’aide à mourir a des incidences qui ne se limitent pas strictement au patient.

article 12 · amendement 505
Xavier Breton president · DR #770

La parole est à M. Alexandre Allegret-Pilot, pour soutenir l’amendement no 1813.

article 12 · amendement 1813

Une autre question se pose, celle de la disponibilité d’informations qui permettraient de confirmer ou d’infirmer le fait que le jugement a été vicié et, donc, d’introduire un recours. Notre assemblée parle beaucoup d’équilibre depuis quelques jours. Cette proposition est équilibrée car elle limite la possibilité de former recours à certaines personnes, les parents ou les enfants ne pouvant, par ailleurs, agir que solidairement.

article 12 · amendement 1813
Xavier Breton president · DR #772

La parole est à M. Thibault Bazin, pour soutenir les amendements nos 1684, 1682 rectifié et 1683 rectifié, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

Le droit au recours est très fermé, puisque même les proches du patient en sont exclus. On peut même parler d’un article qui fait semblant d’autoriser des recours : en cas de feu vert à l’aide à mourir, la seule personne qui pourrait en faire un ne sera plus là. Je trouve cela gênant, même si je comprends qu’il vous était difficile de faire autrement et de ne prévoir aucun appel.Par l’amendement no 1684, je propose d’ouvrir le droit au recours à un parent, à un allié, au conjoint, au concubin, au partenaire de pacs ou à un ayant droit du patient. Par les amendements nos 1683 rectifié et 1682 rectifié, je propose d’ouvrir complètement ce droit, devant la seule justice administrative pour le premier, devant également une juridiction judiciaire pour le second. Par l’amendement no 1685, je propose que la personne de confiance puisse former recours. Il serait bon qu’au moins trois de ces […]

Xavier Breton president · DR #775

La parole est à M. Christophe Marion, pour soutenir l’amendement no 2316.

article 12 · amendement 2316

La personne de confiance doit pouvoir former un recours au nom du malade. Étant donné l’état de santé de la personne, sa représentation par un tiers de confiance apparaît humainement nécessaire. Ce recours ne pourrait se faire sans l’autorisation du patient. Il ne contournerait donc pas sa volonté, mais le soulagerait d’une charge administrative supplémentaire.

Xavier Breton president · DR #777

L’amendement no 1685 de M. Thibault Bazin a été défendu.

article 12 · amendement 2316
Xavier Breton president · DR #778

La parole est à Mme Nicole Le Peih, pour soutenir l’amendement no 589.

article 12 · amendement 589

Il a pour objet de permettre à sa personne de confiance d’exercer un recours au nom du malade. Il s’agit de garantir l’effectivité des droits des personnes pour qui, en raison de leur état de santé et d’une altération physique importante, exercer personnellement un recours est difficile, voire impossible. Permettre à la personne de confiance d’agir devant la juridiction administrative, sur la base d’un mandat exprès du patient, serait conforme à l’esprit de l’article L. 1111-6 du code de la santé publique.L’affaire Vincent Lambert a illustré le rôle déterminant de la personne de confiance dans la procédure d’arrêt des traitements et, par extension, la nécessité de lui reconnaître une capacité à contester une décision médicale, à la demande du patient.

article 12 · amendement 589
Catherine Vautrin ministre · Les Républicains #781

Vincent Lambert ne disposait plus de son discernement…

Un arrêt du Conseil d’État rappelle d’ailleurs que le médecin doit accorder une importance toute particulière à la volonté antérieurement exprimée par le patient, notamment lorsqu’elle est attestée par la personne de confiance. Cet amendement vise donc à consolider les garanties entourant les droits des patients et à protéger leur dignité en prenant en compte les réalités cliniques et humaines susceptibles d’entraver le respect de leur volonté.

article 12 · amendement 589
Xavier Breton president · DR #783

La parole est à M. Nicolas Sansu, pour soutenir l’amendement no 1381.

article 12 · amendement 1381

La personne de confiance doit pouvoir déposer le recours en lieu et place du patient dont la demande d’aide à mourir n’a pas été acceptée, car ce dernier n’a pas forcément la capacité physique ou psychologique de le faire.

article 12 · amendement 1381
Xavier Breton president · DR #785

L’amendement no 499 de Mme Marie-France Lorho est défendu.La parole est à Mme Brigitte Liso, rapporteure de la commission des affaires sociales, pour soutenir l’amendement no 2138.

article 12 · amendement 1381
Brigitte Liso rapporteure de la commission des affaires sociales · EPR #787

La décision du médecin sur la demande d’aide à mourir et la décision du médecin de mettre fin à la procédure sont notifiées au patient, seul à pouvoir exercer un recours. Il paraît préférable d’abandonner la négation et d’écrire qu’elles « peuvent être contestées par la personne ayant formé la demande ».

article 12 · amendement 1381
Xavier Breton president · DR #788

L’amendement no 2564 de M. Philippe Juvin est défendu.Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?

article 12 · amendement 1381